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Full text of "Annales de la Société des lettres, sciences et arts des Alpes-Maritimes"

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SOCIÉTÉ 


DBS 

LETTRES, SCIENCES ET ARTS 

DES ALPES-MARITIMES 


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ANNAL ES 


DB I.A 

SOCIÉTÉ 


LETTRES, SCIENCES * ARTS 

des 


ALPES-MAR I Tl M ES 

DÉCLARÉS . 

ÉTABLISSEMENT D’UTILITÉ PUBLIQUE 

par décret du 25 août 1879 


Tome VI 



NICE 

IMPRIMERIE ANOLO-FRANÇAI8E 
MALVANO-MIGNON 

M — filofr^o. — 

et chez tous les libraires 


PARIS 

XX. CHAMPION 
libraire-éditeur 
CORRESPONDANT DR LA SOCIETE 

f K» Quai H «laquais 


1 979 


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Tous droits rései'vés 


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SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE DU 19 MARS 1877 


DISCOURS 


du Président M. le Docteur LAMBRON 


SCR 

LES TRAVAUX ET SUR L’INFLUENCE SCIENTIFIQUE ET MORALE 
DE LA SOCIÉTÉ 


Mesdames, Messieurs, 

Nous vivons au temps des études sérieuses et dans une 
des phases les plus remarquables du développement des con- 
naissances humaines. 

Ce grand mouvement intellectuel, qui fera la gloire de no- 
tre siècle, est la conséquence des découvertes scientifiques 
faites depuis moins de cent ans. 

Pour ne parler que des principales, ne devons-nous pas, 
en effet, à la vapeur : 

1° D’une part, le développement immense de toutes les 
industries par la possibilité de mettre en action des machi- 
nes de plus en plus puissantes, de plus en plus ingénieuses, 
de plus en plus perfectionnées, qui nous permettent ainsi de 
fabriquer vite, bien, en grande quantité et à bon marché ; 

2* D’une autre part, la facilité des échanges commerciaux 
sur tous les points du globe par suite de la rapidité des 
voyages et des transports sur terre et sur mer ? 


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Au télégraphe, les communications pour ainsi dire ins- 
tantanées entre presque toutes les parties du monde : de 
sorte, qu’en évitait les pertes de temps considérables d’au- 
trefois , cette admirable invention augmente véritablement 
la durée de l’existence humaine ? 

A notre époque, en effet, on compte la longueur de la 
vie, moins par le nombre des années, que par le nombre des 
affaires réalisées. 

De toutes parts on s’efforce de développer et d’entretenir 
cet essor de l’esprit humain. Les grands Etats du globe ou- 
vrent, tour ‘à tour, et comme à l’envi les uns des autres, de 
splendides expositions internationales et convient tous les 
peuples à .venir admirer, ainsi réunies, les merveilles in- 
ventées par le génie de l’homme et exécutées par sa patience 
et par son habileté. 

Les nations, et surtout les nations européennes, pour rap- 
procher des ouvriers, qui ne peuvent se déplacer, les pro- 
duits si variés de leurs travaux, ouvrent, plus ou moins pé- 
riodiquement, dans leurs capitales, dans leurs principales 
villes, des concours, des expositions plus ou moins impor- 
tantes, mais toujours d’un grand intérêt, des principaux 
produits de l’agriculture , de l’ industrie , des lettres , des 
sciences, des arts ; et, ainsi, incitent puissamment dans les 
classes ouvrières l’intelligence, le zèle et l’émulation. 

De plus, ces nations ont voulu mettre les travailleurs en 
rapport constant les uns avec les autres, en favorisant le 
plus possible, sur leurs territoires réciproques, la création 
des Sociétés savantes, qui, quoique indépendantes, vivent 
cependant dans des rapports intellectuels communs et cons- 
tants par l’échange de leurs publications. 

, La France, en particulier, est couverte de Sociétés de 
lettres, de sciences, d’arts, d’agriculture. . . Tous ses chefs- 
lieux de département en possèdent plusieurs ; on en voit 
aussi dans bon nombre de ses chefs-lieux d’arrondissement. 

Ces Sociétés toutes en rapport, comme nous venons de le 
dire, par l’échange de leurs travaux, sont en outre réliées 
entre elles par des Sociétés centrales, spécialement par 17ns- 


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titut des provinces, qui a son siège à Paris et possède trois 
cents membres titulaires, un nombre illimité de correspon- 
dants et au moins un délégué dans chaque département; puis 
par les grandes assises scientifiques que, sous le nom de 
Réunion annuelle des délégués des Sociétés savantes à la 
Sorbonne, le gouvernement fait tenir, chaque année, vers 
Pâques, à Paris, en réunissant, dans le vaste amphithéâtre 
de la Sorbonne, les savants qui s’y rendent de tous les points 
de la France, et en distribuant des prix et des couronnes à 
ceux qui lui apportent les œuvres les plus méritantes. 

Par contre, d’autres Sociétés centrales se déplacent pour 
aller trouver leurs sœurs cadettes et ouvrent chaque année, 
ordinairement au temps des vacances, tour à tour, sur diffé- 
rents points de la province et même des Etats voisins, une 
grande réunion générale, où elles appellent tous les délégués 
des autres Sociétés traitant des mêmes points de la science. 

Dans Sa petite sphère, quelle part prend donc la Société 
des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, à ce 
grand développement des connaissances humaines? 

D’abord, elle a tous les quinze jours d’intéressantes séan- 
ces, dans lesquelles ses membres apportent le résultat de 
leurs travaux, de leurs recherches, de leurs découvertes, et 
ainsi provoquent, par de savantes lectures ou par des im- 
provisations, des discussions d’un haut intérêt et qui profi- 
tent, non-seulement aux collègues qui les écoutent, mais 
encore aux auteurs eux-mêmes; car de la discussion jaillit la 
lumière. 

Ensuite, au moyen de ses publications annuelles, autre- 
ment dire de ses Annales, notre Société porte au loin le fruit 
de ses incessants travaux. Dans un instant nous dirons quel- 
les résolutions elle vient de prendre pour sauver de l’oubli 
et peut-être de la destruction, les Chartres, les documents 
historiques que ce département possède en très-grand 
nombre. 

Enfin, depuis l’an dernier, elle a créé des concours, afin 
d’inciter tous les travailleurs, proches ou éloignés, et de les 
déterminer à produire et à nous adresser des Mémoires di- 


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gnes d’obtenir nos récompenses modestes, mais non pas 
sans gloire. Dans un moment vous entendrez deux intéres- 
sants rapports sur les travaux qui nous ont été envoyés 
pour le concours de cette année, et nous proclamerons avec 
joie les noms des vainqueurs. C’est pour donner plus d’éclat, 
plus de retentissement à ces victoires que la Société vient 
vous demander, Mesdames et Messieurs, votre puissant et 
très-honorable concours en vous conviant tous les ans à une 
semblable séance solennelle. 

Un autre but de la Société, en créant cette séance publi- 
que annuelle, a été de développer le goût du travail et des 
études scientifiques. Car elle porte ainsi ses travaux à la 
connaissance de ceux qui ne reçoivent point ses publications 
et des personnes auxquelles de nombreuses affaires ne lais- 
sent pas le temps de les lire. 

Enfin, elle a voulu faire appel et tendre la main aux tra- 
vailleurs qui, par trop de modestie, restent dans l’isolement, 
craignant de faire partie d’une Société savante, parce qu’ils 
trouvent trop faible leur bagage scientifique. Erreur pro- 
fonde ! Sachez vous mieux apprécier, mes futurs collègues ; 
car, ce que le vrai savant sait le mieux, c’est qu’il ne sait 
rien. Chacun de nous a son aptitude, sa spécialité ; et s'il ne 
connaît qu’un ordre de choses, généralement il le connaît 
bien : il peut donc être assuré qu’il sera sur ce point supé- 
rieur, et qu’il ne pourra apporter que de précieuses lumiè- 
res sur tout ce qui touchera au sujet de ses études favorites. 
Or, c’est précisément l’ensemble, la réunion de ces spécia- 
lités qui fait le grand avantage des Sociétés savantes : on 
s’éclaire les uns par les autres. Avec quel empressement se 
réuniraient à nous les travailleurs, qui se tiennent ainsi trop 
modestement à l'écart, s’ils savaient quel charme on trouve 
à ce contact avec des collègues savants et courtois ! Combien 
dans nos communications et dans nos discussions scientifi- 
ques on apprend de choses en quelques.heures ! Combien 
souvent on évite des pertes de temps en de longues recher- 
ches bibliographiques, en ce qu’on est de suite renseigné par 
de courts entretiens avec des collègues plus versés dans 


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telle ou telle spécialité qui se rattache à nos propres tra- 
vaux ! N’est-ce pas en se prêtant ainsi un mutuel appui que 
les diverses parties de la science concourent à former ce 
grand tout qu’on appelle les connaissances humaines ? 

Enfin, quel développement l’esprit trouve dans ces réu- 
nions scientifiques et quelle joie légitime on a de voir ses 
travaux portés ainsi à la connaissance, d’abord de ses collè- 
gues de Nice, puis de tous les érudits du monde par nos 
Annales ! 

Je dois vous dire actuellement les travaux spéciaux de la 
Société pendant l’année qui vient de s’écouler, son influence 
scientifique et morale; puis les flatteurs encouragements 
qu’elle a reçus pour le concours et les constants efforts 
qu’elle a apportés au développement, en ce pays, du grand 
mouvement intellectuel de notre époque. 

M. Lagarrigue, notre honorable trésorier-archiviste, a 
lu à la Société un intéressant Mémoire sur l’état actuel de 
l’instruction publique dans la République Argentine et nous 
a montré que le gouvernement de ce pays a fait les plus 
grands sacrifices pour la propagation de l’instruction, per- 
suadé, à bon droit, que c’est le meilleur moyen de dévelop- 
per la civilisation, d’améliorer les moeurs, d’adoucir la fou- 
gue des esprits et ainsi d’éloigner les causes du plus affreux 
fléau, la guerre ! 

M. Brun a offert à la Société, de la part de M. Toesca, ar- 
chitecte à Nice, des ossements humains que ce dernier a 
trouvés, au mois de novembre 1875, dans une grotte ou ca- 
verne appelée Albarea et située à 4 kilomètres environ de 
Sospel, sur le versant nord du mont Roulabra. Cette po- 
sition est h considérer en ce que c’est précisément sur le 
versant sud de ce même mont, au bord de la mer, que se 
trouvent les grottès de Baoussé-Roussé , dans lesquelles 
M. le docteur Rivière a trouvé ses deux troglodytes ou hom- 
mes préhistoriques. On doit se demander, en effet, si ces 
deux grottes n’avaient pas déjà alors entre elles quelques 
communications souterraines : d’autant mieux qu’ aujour- 
d’hui un sentier les relie en conduisant, à ciel ouvert, sur 


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les flancs du mont Roulabra, de l’une à l’autre de ces 
grottes. 

Ces os humains, encore en partie enveloppés d’une gangue 
de carbonate de chaux, ont été découverts sous une couche 
de ce sel terreux, provenant du dépôt fait, en s’évaporant, 
par des eaux d’infiltration , qui de la môme manière ont 
formé les nombreuses stalactites appendues à la voûte de 
cette caverne. 

On reconnaît que ces os ont appartenu à des personnes 
jeunes ; mais au sujet de leur provenance on ne peut, pour 
le moment et jusqu’à plus ample informé, qu’émettre des 
hypothèses.— Ont-ils appartenu aux premiers êtres humains, 
c’est-à-dire soit aux Atlantes que l’on trouve dans l’étage 
miocène des terrains tertiaires ; soit aux troglodytes que l’on 
trouve dans les terrains quaternaires moyens et plus spé- 
cialement dans les cavernes ? 

Sont-ce, au contraire, les os des impedimenta, c’est-à- 
dire des êtres faibles ou invalides que les races guerrières 
traînaient nécessairement après elles, particulièrement leurs 
femmes et leurs enfants, qu’ils devaient abriter pendant le 
temps des combats? Cette supposition peut bien être la réa- 
lité, en ce que j’ai trouvé moi-même dans une grotte de l’ A- 
riége, celle de Yherme, des ossements humains dans une si- 
tuation tout à fait semblable, et quelques-uns accompagnés 
de colliers de perles faites avec une substance résineuse ou 
d’ambre coloré'; ce qui démontre que ces restes humains 
avaient appartenu à des races d’une civilisation plus avan- 
cée que celle de l’âge de pierre. — Enfin, sont-ce là des 
restes de peuplades qui, dans nos guerres civiles de cause 
politique ou religieuse, auraient été obligées de se réfugier 
dans ces cavernes, où elles auraient trouvé la mort par man- 
que de nourriture ou par asphyxie, comme nous l’avons vu 
pratiquer, de nos jours, hélas! sur des peuplades arabes ré- 
voltées et refoulées dans une caverne de l’Atlas ? 

Le mot Alba-rea, qui veut dire Blanche coupable, ne 
parait-il pas avoir voulu conserver le souvenir d’une exé- 
cution ? 


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Il serait donc très intéressant de faire de nouvelles fouilles 
pour éclairer et fixer la valeur de ces diverses suppositions, 
ainsi que l’âge approximatif de ces ossements antiques ; c’est 
ce que se propose de faire M. Toesca. 

M. Desforges est un musicien d’un grand mérite et très 
versé en esthétique musicale. Malgré ses nombreuses occu- 
pations, il trouve encore le moyen de faire très-brillamment 
sa partie de violoncelle dans des concerts intimes et, à l’oc- 
casion, dans des concerts de bienfaisance. C’est donc avec 
le plus vif intérêt que la Société a écouté la savante analyse 
qu’il nous a faite de la Messe de Requiem de Verdi, d’après 
l’audition du 25 janvier dernier. 

De nombreux éloges ne pouvaient manquer d’être donnés 
au grand compositeur italien ; mais notre collègue, par de 
judicieuses observations d’art pur, par la comparaison de 
cette messe avec les autres œuvres de cet illustre maître, 
a montré que ce n’était pas là son œuvre capitale, qu’il y 
avait même quelques légitimes critiques à lui adresser sur 
la manière dont étaient rendus certains sentiments bibliques. 
Néanmoins M. Desforges no lui a pas ménagé les couron- 
nes, non plus qu’à la merveilleuse réunion d’artistes chargés 
d’exécuter cette œuvre magistrale. 

M. le docteur Collongues a présenté, il y a deux ans, 
à la Société, un instrument consistant en deux bâtons de 
moelle de sureau, posés en croix et suspendus, au moyen 
d’un fil ordinaire, dans une cage en verre. Ce petit appareil, 
exécute, dans un certain ordre, des mouvements de torsion 
et de détorsion, toutes les fois qu’on introduit les mains 
dans cette cage et qu’on les tient en face de ces bâtons de 
sureau. Notre collègue, après une longue et consciencieuse 
étude de ces mouvements, crut voir là des effets de forces 
physiques et vitales, et, pour cette raison, il. donna à cette 
espèce de balance de torsion, qu’il s’efforçait d’appliquer à la 
détermination des divers états physiologiques ou morbides 
du corps humain, le nom fort ingénieux de Bioscope, ce qui 
veut dire : je vois la vie. 

Mais après avoir entendu quelques observations que lui 


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M 


adressèrent certains de ses collègues, après un examen plus 
approfondi du mode d’action de son instrument, il vit que 
cet indicateur des formes vitales était bien plutôt un indi- 
cateur de la transpiration et de l’évaporation de la sueur ; 
alors, sans lui enlever entièrement son premier nom, puis- 
qu’il indique encore dans ce cas, des phénomènes vitaux, il 
le désigne actuellement sous celui de hygrodermomètre, 
ou indicateur du degré de l’humidité de la peau. 

La nouvelle lecture qu’il fit alors à la Société eut pour 
but de démontrer qu’avec cet instrument on peut appré- 
cier la quantité de transpiration, de force expansive ou 
élastique de la sueur, la densité de ce liquide, les lois du 
mouvement organique et fonctionnel du travail de sécrétion 
cutanée; d’où découle cette considération que par la richesse 
ou la pauvreté de la transpiration, on peut déduire la 
richesse et la pauvreté du sang et, par conséquent, déter- 
miner une juste application des médications débilitantes ou 
fortifiantes. 

Ce sont là des données physiologiques et médicales toutes 
nouvelles, qui ont besoin d’être sanctionnées par l’expé- 
rience avant qu’on puisse émettre un jugement définitif sur 
leur valeur. 

M. Domergue possède les connaissances les plus variées; 
aussi les trois communications qu’il a faites à la Société, 
portent-elles sur trois points de science différents : la musi- 
que, la géologie et l’architecture. 

La première lecture a été faite sur la saison musicale à 
Nice, durant l’hiver dernier. On y reconnaît un amateur 
éclairé et compétent de cet art des dieux. La seconde a 
porté sur les stries qu’il a observées sur les roches mises à 
nu par les déblais exécutés au pied du rocher du château de 
Monaco. Ces stries, suivant M. Domergue, dateraient de 
l’époque où la pâte qui constitue ces couches géologiques 
était encore molle. En effet, ces raies sont nettes, dirigées 
à peu près toutes dans le même sens et la surface des roches 
est le plus souvent rugueuse ; tandis que les stries provenant 
de frottements de glaciers présentent des directions diffé- 


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rentes et la surface des roches qui les portent est mamelon- 
née et surtout polie. 

Sa dernière lecture, qui porte le titre de Musique et ar- 
chitecture, offre- un aperçu tout nouveau et fort curieux ; ce. 
sont les rapports que présente Ventrecolonnement et la 
gamme. Suivant notre collègue, les intervalles harmoniques, 
produisant des sons qui charment nos oreilles, sont analo- 
gues aux intervalles architectoniques qui ont fait disposer 
les colonnes d’un édifice de manière à flatter l’œil. 

Assurément les grands architectes de l’antiquité n’ont pas 
eu le sentiment de ces rapports harmoniques ; mais ils ont 
obéi insciemment à la loi supérieure et instinctive, sinon 
calculée, du beau. 

Selon M. Domergue le ton en musique et le module en 
architecture s’expriment par des rapports numériques. Ainsi 
il établit que les cinq espèces d’entrecolonnements recon- 
nues par les Grecs, se rangent sous cette loi, savoir : « Que 
« l’intervalle auquel correspond chaque espèce d’entrecolon- 
« nement, égale le nombre des diamètres des colonnes dont 
« est formé cet entrecolonnement, moins un. » Puis, que 
Je nombre de diamètres de ces divers entrecolonnements re- 
présente exactement le rapport numérique de certains inter- 
valles de la gamme ou, en d’autres termes, donne juste la 
longueur de la portion vibrante de la corde qui fournit ces 
intervalles musicaux. 

Cet ingénieux petit travail a été publié en une brochure 
que je y vous laisse le plaisir de lire. Permettez-moi seule- 
ment de vous transcrire, ici, la haute pensée religieuse par 
laquelle conclut l’auteur de cette théorie musicale de l’en- 
trecolonnement : « Cette rencontre de deux arts, dans leurs 
« rapports les plus éloignés prouve, une fois de plus, l’ad- 
« mirable harmonie de la Création, et il nous plaît de re- 
« monter par l’architecture et la musique jusqu’à Celui qui a 
« si merveilleusement disposé toutes choses en poids, en 
« nombre et en mesure. » 

M. l’abbé Tisserand, aumônier du Lycée, et membre 
correspondant du Ministère de l’instruction publique pour les 


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— U — 

travaux historiques et la carte des Gaules, est un chercheur 
infatigable. Il travaille sans relâche, son érudition est im- 
mense, sa patience à toute épreuve. Il a une véritable pas- 
•sion pour les vieilles Chartres et tous les écrits concernant 
les temps passés : aussi chaque jour sort-il de l’oubli bien 
des documents enfouis sous la poussière des bibliothèques. 
C’est ainsi qu’il a fait , sous le nom de notre Société et 
avec le concours de MM. Carlone et Barthélemi, le Diction- 
naire topographique des Alpes-Maritimes. Cet ouvrage 
est extrêmement important pour ce pays, en ce qu’il renferme 
plus de vingt mille mots et qu’il fournit de précieux ren- 
seignements. 

M. l’abbé Tisserand nous a fait deux lectures. La pre- 
mière est une notice biographique sur le général Luce de 
Gasparis-Belleval. Ce travail offre d’autant plus d’intérêt 
qu’il retrace la vie et les mérites d’un enfant de Grasse, qu’il 
est extrait de lettres d’autant plus importantes, qu’elles ont 
été écrites, jour par jour, par le général à son père, et 
qu’elles donnent de très curieux détails sur les événements 
de la Révolution auxquels M. Luce de Gasparis s’est trouvé 
très fortement mêlé comme militaire, comme homme de la 
haute société de Paris, puis comme émigré. 

La seconde communication de notre respectable collègue 
est une narration des événements tragiques et révolution- 
naires qui se sont passés à Vence, dans la nuit du 14 au 15 
novembre 1797. Non-seulement elle présente un intérêt his- 
torique, mais elle offre un grand enseignement pçur les 
personnes chargées de fonctions publiques sous des gou- 
vernements contestés, variant avec la prépondérance des 
partis et passant sans cesse de la faiblesse à l’extrême ri- 
gueur. 

M. Brun, notre zélé et infatigable secrétaire, s’était pro- 
posé d’aller à Paris, en 1875 et en 1876, pour représenter 
par une lecture notre Société à la réunion annuelle des délé- 
gués des Sociétés savantes à la Sorbonne ; mais chaque fois, 
retenu par une indisposition, il a été réduit à envoyer des 
mémoires. Celui qu’il a adressé à la réunion de 1875, était 


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intitulé Nice et Cimiès ; le second, adressé l’an dernier, était 
une Description, des bains de Cemenelum ou d’anciens 
bains romains, dont les substructions avaient été mises à 
découvert dans la propriété de M. le comte de Garin, à 
Cimiès. — Ces mémoires n’ayant pu être lus par leur auteur 
et discutés en sa présence, n’ont pu avoir un compte rendu 
analytique dans le rapport général de cette grande assem- 
blée. Cependant son savant rapporteur, M. Chabouillet, n’a 
pas cru pouvoir le passer tout à fait sous silence ; car je lis 
dans la Revue du concours de 1876 ce passage très-flatteur 
pour notre collègue : « Nous n’analyserons pas le travail de 
« M. F. Brun ; mais nous ne pouvons nous dispenser de dire 
« qu’en le parcourant nous avons été heureux de constater 
« la science et l’exactitude avec lesquelles ce savant a dé- 
« crit ces bains, dont la conservation est assurée, grâce à la 
« vigilance éclairée de M. le comte de Garin. » 

M. Brun a donné à la Société lecture de cet intéressant 
mémoire et a mis sous nos yeux les plans remarquables qui 
l’accompagnaient, savoir : un plan d’ensemble des fouilles, 
de coupe et d’élévations de Y hypocaustum ; une vue des 
ruines du sudatorium ; un fac-similé d’inscriptions romai- 
nes, malheureusement mutilées, où parait, à deux reprises, 
le nom des Alpes-Maritimes, etc., etc. 

Ces plans sont d’une exécution si parfaite que M. Cha- 
bouillet en demande la publication. Il est, en effet, fort à 
désirer qu’il en soit ainsi ; car les membres de la colonie 
étrangère, qui ne peuvent aller voir en Italie des ruines 
d’anciens bains romains, pourraient, avec ces plans et la 
notice qui les accompagnerait nécessairement, aller visiter 
avec fruit ces ruines de Cimiès et se représenter facilement 
la disposition fort curieuse des établissements balnéaires de 
ce grand peuple. On ferait ainsi une promenade en même 
temps agréable, salutaire et fort instructive. 

M. Brun a fait à la Société une autre lecture ayant pour 
sujet l'homolographe, de MM. Peaucellier et Wagner. 
Laissez-moi vous dire que le premier est colonel et le second 
lieutenant-colonel du Génie et tous les deux anciens mem- 




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bres de notre Société, avant d’être appelés hors de Nice par 
les exigences de leur service ; que M. Peapcellier a eu, de 
l’Académie des sciences de Paris, un prix Montyon pour 
avoir découvert par le calcul seul une forme d’organe pour 
la transmission du mouvement des machines à vapeur, bien * 
supérieure au parallélogramme de Watt. En effet cet organe 
est un losange qui diminue considérablement la perte de 
force due aux frottements et au mode de transmission brisée 
des mouvements que donne le parallélogramme : de sorte 
qu’aujourd’hui, partout, le mécanisme de Watt est remplacé 
par le losange de M. Peaucellier. 

Je reviens à l’homolographe. C’est un instrument fort ingé- 
nieux et très-simple dans sa manipulation, qui annihile toutes 
les chances d’erreur provenant de la lecture ou des calculs 
que nécessitent les opérations de mesurage, de chaînage, 
de levée d’angles et de nivellement. — Avec cet instrument, 
en effet, l’opérateur n’a qu’à viser le point à observer, 
comme on le ferait avec une lunette, et il le rapporte presque 
automatiquement sur le papier par un simple piquage. Autre- 
fois pour lever des côtes et le relèvement des terrains, pour 
établir, en un mot, la topographie très-exacte des lieux, il 
fallait recourir à des opérations d’arpentage et de triangu- 
lation très compliquées et très longues. Aujourd’hui, au con- 
traire, grâce à l’admirable simplicité de l’homolographe, 
on fait ces opérations rapidement et avec la plus grande 
exactitude, et elles embrassent un horizon ou mieux une 
surface d’environ 300 mètres carrés. Cet instrument facilite 
donc extrêmement la reproduction, par des plans en relief, 
du sol des divers lieux soumis à l’observation. Aussi a-t-il 
joui d’une grande faveur à l’exposition géographique tenue 
l’an dernier à Paris» 

Enfin, M. Brun, dans une de nos dernières séances, nous 
a donné une analyse du Bulletin du musée de Rio-Janeiro 
renfermant des études fort curieuses : la première sur des 
antiquités découvertes dans File Sainte-Catherine de l’A- 
mérique du Sud et qui remontent à l’âge de pierre ; la se- 
conde sur les tangas découvertes à l’ile Saint-Jean ou 


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17 — 


Marajo, à l’embouchure de la rivière des Amazones. Ces an- 
tiquités consistent en des plaquettes d’argile décorées d’or- 
nements dont se paraient les femmes des anciens indigènes 
de File de Pacoval, située dans le lac Arozy, qui lui-même 
fait partie de File Saint-Jean. M. Brun, un peu polyglotte, 
a eu le mérite de traduire ce Bulletin publié en portugais. — 
A ce sujet permettez-moi de vous faire remarquer que notre 
Société présente un avantage que les autres Sociétés de 
province offrent rarement, savoir : que les travaux qui lui 
sont adressés, en quelque langue qu’ils soient écrits, sont 
assurés d’y être compris et bien traduits, car la Société des 
Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes a dans son 
sein des membres appartenant à beaucoup de nationalités 
diverses ; puis, par son siège dans une ville aussi cosmopo- 
lite que Nice, elle est assurée de trouver parmi les natio- 
naux de tous les pays, qui forment sa colonie étrangère, les 
traducteurs qu’elle n’aurait pas parmi ses membres. 

M. le docteur Nièpce père nous a fait une lecture pleine 
de judicieuses observations sur la composition de l’air à 
Nice. Il nous a décrit le nombre infini de particules salines 
ou terreuses, d’animalcules, de globules de pollen ou pous- 
sière fécondante des plantes, de débris de végétaux etc., 
qui y sont tenus en suspension, outre les effluves ou produits 
aériformes, que nous ne pouvons voir même au microscope ; 
mais qui s’exhalent de la terre et des eaux, particulière- 
ment des eaux stagnantes provenant du mélange des eaux 
douces et des eaux de la mer, 4 condition le plus à redouter 
pour la production de la fièvre intermittente. 

Mais ne vous inquiétez pas outre mesure : tous ces agents 
microscopiques n’ont pas des influences délétères aussi puis- 
santes qu’on pourrait le croire ; car les recherches analyti- 
ques donnent une composition à peu près semblable à l’air, 
cependant si vivifiant, de la campagne et même des hautes 
montagnes. — D’ailleurs, Nice trouve une compensation dans 
les émanations parfumées et variées à l’infini, que répand sans 
cesse, jour et nuit, sa végétation florale, toujours riche, même 
durant l’hiver. — De plus, elle trouve des conditions de sa- 


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— 48 — 

lubrité non moins actives dans les vents alternatifs qui souf- 
flent deux fois par jour : le matin, de la mer vers la montagne 
et le soir de la montagne vers la mer. — L’ozone ou oxygène 
électrisé dont le vent marin est chargé est encore une cause 
puissante de revivification. 

Enfin, ne manquons point d’observer que la transformation 
incessante des lieux bas, des prairies marécageuses par la 
construction de nombreuses et luxueuses maisons, par la 
création de splendides jardins toujours fleuris, par l’établis- 
sement de vastes égouts couverts, par les arrosages quoti- 
diens au moyen des eaux limpides de la compagnie, ne tar- 
deront pas à avoir fait disparaître le peu qui reste de causes 
morbides ; et Nice ne sera pas seulement citée pour la dou- 
ceur de son climat, pour l’éclat de son soleil, mais encore 
pour sa salubrité. 

M. Sardou est notre président honoraire ; il dirige nos 
publications. C’est donc l’âme de la Société et le véritable 
trait d’union entre elle et les autres Sociétés scientifiques 
françaises et étrangères, puisque, par l’échange réciproque 
de leurs Annales, elles sont toutes dans un constant rap- 
port. 

Mais ce n’est pas son seul titre à notre estime. M. Sardou 
est non-seulement un de nos bons linguistes, mais un ama- 
teur passionné de la vieille langue d’Oc. A ce titre, il re- 
cueille avec amour tous les travaux manuscrits ou imprimés 
qui se rattachent à cet idiome. — Nous lui devons d’avoir 
donné pour nos Annales de l’an dernier la Vida de Sant 
Honorât, poëme provençal du XIII me siècle dû à Raymond 
Féraud, enfant niçois et dont notre ville doit s’honorer 
d’avoir la noble descendance, car on compte encore, ici, 
plusieurs familles de ce nom. 

Ce poëme, d’environ dix mille vers, n’avait jamais été 
publié en entier. Notre respectable collègue a eu le mérite 
de le copier sur les meilleurs manuscrits, de l’enrichir de 
notes d’une grande valeur et d’en surveiller l’impression 
dans nos Annales : de sorte que cette publication a été, 
comme l’a dit l’an dernier mon honorable prédécesseur 


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«9 


M. Leclerc, un véritable événement dans le monde scienti- 
fique. 

Cette année, pour nos Annales de 1876, M. Sardou nous 
a donné un ouvrage ancien, écrit en vers provençaux, avec 
chants notés en musique du temps, et d’un mérite non moins 
grand que celui de la Vie de saint Honorât. C’est le Martyre 
de sainte Agnès ou Mystère en vieille langue d’Oc, par un 
poète inconnu , mais très-probablement contemporain et 
même compatriote de Raymond Féraud. 

Une première édition de ce drame religieux avait été pu- 
bliée à Berlin en 1869, par M. le professeur Bartsch qui en 
avait découvert le manuscrit original à Rome, précieusement 
conservé, depuis des siècles, dans la bibliothèque de la fa- 
mille du cardinal Chigi. Sa publication est venue combler 
une véritable lacune dans la littérature provença^. 

En effet, nous savons que l’art dramatique en France a 
commencé par la représentation à la porte des églises, sur 
la voie publique, puis sur des tréteaux, dès mystères de la 
religion catholique, c’est-à-dire de drames dont les sujets 
étaient tirés de la Bible, du Nouveau Testament, du Marty- 
rologe, et scrupuleusement copiés sur les récits des livres 
saints. — Il est à remarquer que les représentations théâ- 
trales, répudiées aujourd’hui par les âmes pieuses, en raison 
de la licence dans laquelle l’art dramatique tombe trop sou- 
vent, étaient données alors par des corporations religieuses. 
Les frères de la Passion, en effet, avaient ce privilège à 
Paris et jouaient ces mystères en langue d’oii. — Ce sont 
des restes de ces représentations religieuses que l’on voyait 
naguère se faire durant la semaine sainte chez notre voisine, 
la principauté de Monaco et qui se font encore, en cette 
même semaine, avec une pompe inouïe, à Séville, la grande 
ville de l’Andalousie. 

Mais plus d’un siècle avant les représentations des frères 
de la Passion, cet art était arrivé en Provence à un degré 
de perfection très-remarquable, et le Mystère de sainte 
Agnès, représenté à cette époque, a le véritable mérite d’être 
un spécimen, sinon unique, du moins le seul complet, de cet 


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art en France. Il offre de plus cet avantage, précieux pour 
les savants qui s’occupent de l’histoire dramatique, qu’on 
peut le considérer comme l’un des premiers modèles d’une 
action théâtrale dans laquelle le chant se trouve associé au 
dialogue parlé. 

Le bibliophile allemand, M. Bartsch, n’a tenu aucun 
compte de cette vieille musique. C’est une faute que M. 
Sardou ne pouvait pas ne pas réparer. En effet, avec le zèle 
que nous lui connaissons et qui ne se dément jamais, notre 
savant collègue est parti pour Rome, au mois d’avril dernier, 
afin de collationner le manuscrit original et en prendre une 
copie des plus exactes et des plus complètes. Accueilli 
comme il le méritait par le cardinal Chigi, dont l’esprit 
éclairé égale la parfaite bienveillance, il copia tous les an- 
ciens airs mt même releva un certain nombre d’erreurs de 
lecture échappées à M. Bartsch. 

Cette partie musicale consiste généralement en des airs 
populaires, comme l’indiquent les timbres écrits en tête des 
couplets ; et ces airs sont notés dans le système musical de 
Fépoque, sur des portées en encre rouge de quatre, trois et 
parfois deux lignes seulement. Mais cette ancienne musique 
des XI e , XII e et XIII e siècles avait besoin, pour être bien 
comprise aujourd’hui, d’être traduite en notation moderne, 
comme le texte a été traduit par M. Sardou, vers pour vers, 
en notre langue actuelle. M. l’abbé Raillard, du journal 
Les Mondes, membre correspondant de notre Société, l’un 
des hommes les plus expérimentés en archéologie musicale, 
a bien voulu se charger de ce soin et a réussi de la manière 
la plus digne d’éloges. 

La Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes- 
Maritimes, qui déjà l’an dernier a édité à ses frais le grand 
poème de la Vie de saint Honorât, s’est chargée également 
à ses frais, cette année, de la publication de ce précieux 
document littéraire. Elle offre donc aux philologues, aux 
écrivains sur l’art dramatique, aux amateurs du vieux 
langage et surtout de la littérature des troubadours, une 
édition française très-remarquable de cette tragédie, avec 


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le texte en langue d’oc et, en regard, la traduction fran- 
çaise scrupuleusement littérale; de plus avec une copie des 
vieux airs notés d’une part, selon la manière du temps, de 
l’autre, selon la manière d’écrire la musique de notre époque. 

Nous ne saurions trop remercier notre honorable collègue 
M. Sardou, d’employer sa verte vieillesse et son amour pas- 
sionné pour la langue de ses jeunes années, à nous faire 
revivre ainsi d’anciens chefs-d’œuvre restés manuscrits et 
par suite presque ignorés. Il lui reviendra l’honneur de faire 
revivre le goût et l’étude de cette vieille langue-mère parlée 
dans le midi de la France. 

A ces savantes études, à cette haute intelligence, ne re- 
connaissez-vous pas le précurseur, le père de l’un des plus 
éminents et des plus féconds auteurs dramatiques de notre 
époque, M. Victorien Sardou? 

Je sens que cette analyse des travaux de la Société pour 
1876, malgré son insuffisance, est déjà bien trop longue ; 
cependant je ne saurais terminer sans vous parler d’un de 
nos plus anciens et de nos plus laborieux travailleurs. Je 
vous signale donc, sans me laisser arrêter par sa modestie, 
notre bon, notre très affectionné collègue, M. Teysseire. 

Il y a près de trente ans, en effet, qu’il relève, avec la pa- 
tience d’un bénédictin et avec la scrupuleuse exactitude d’un 
véritable astronome, des observations météorologiques, afin 
de bien établir le climat de son cher pays niçois. Il réserve 
plus spécialement le résultat de ses nombreuses et très-com- 
plètes observations pour nos Annales ; mais il se fait un réel 
plaisir de les mettre, avec la plus parfaite obligeance, à la 
disposition des autres corps savants et, même, de toute per- 
sonne qui a besoin de consulter ces documents. Il n’y a pas 
d’autôur, en effet, qui puisse écrire sur la climatologie des 
contrées du littoral méditerranéen sans faire de larges em- 
prunts aux observations météorologiques de M. Teysseire. 
Je ne saurais en donner une meilleure preuve que par les 
intéressantes publications météorologiques qu’un de nos 
plus jeunes collègues, M. le docteur Nièpcefils, fait paraître 
chaque mois, dans le journal Nice-Médica.1. 

* 


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22 


La variété des travaux que je viens de faire passer sous 
vos yeux vous démontre que tout homme studieux peut 
trouver une place à occuper utilement dans la Société des 
Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes. 

Pour finir il me reste à vous entretenir brièvement de la 
vie ou de l’influence morale de notre Société. 

Pleine du brillant souvenir qu’avaient laissé les cours 
faits à Nice, il y a quelques années, par plusieurs de ses 
membres et par des professeurs éminents du Lycée, préoc- 
cupée de la satisfaction à donner à l’opinion publique qui 
réclamait le rétablissement de ces cours, la Société pensa 
que c’était un devoir pour elle de prendre l’initiative de la 
réouverture de conférences dont le but était d’instruire, de 
charmer, puis de faire naître et de développer le goût des 
études sérieuses. 

Elle s’empressa donc de faire des démarches auprès de 
l’autorité supérieure de ce département, pour en obtenir, 
non-seulement un puissant appui, mais encore l’argent né- 
cessaire au fonctionnement de ces cours. M. le Préfet, avec 
la bienveillance que vous lui connaissez tous, nou3 accorda 
sa haute influence avec un empressement des plus flatteurs ; 
mais il nous dit, avec regret, qu’aucuns fonds n’étaient mis 
à sa disposition pour recevoir cette destination. 

En présence de cette difficulté, un de nos collègues, 
M. le docteur Proell, médecin-inspecteur des Eaux de Gas- 
tein, en Autriche, mû par un sentiment qui lui fait honneur, 
crut avoir trouvé le moyen de soulever cette pierre d'achop- 
pement en proposant d’établir, conformément à ce qui se 
passe dans les Eaux d’Allemagne, une kur t&x, c’est-à-dire 
une espèce d’impôt sur tout étranger, après un séjour de 
trois jours, comme droit de séjour en cette ville. Bien que 
cette redevance légère fût une juste manière de faire payer 
les plaisirs, les moyens de distraction et d’instruction par 
ceux-là mêmes qui en profitent, elle ne pouvait être admise 
et surtout imposée par l’administration préfectorale, attendu 
qu’en France tout impôt ne peut être établi que par un vote 
des deux Chambres, qu’il ne saurait frapper sur un seul 


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ordre de citoyens, mais qu’au contraire il doit être toujours 
une charge générale. 

Nos craintes d’un insuccès étaient donc toujours grandes ; 
mais vous connaissez le dévouement de M. le Préfet pour 
tout ce qui touche à l’instruction publique, son amour pour 
la jeunesse qui étudie dans notre Lycée et dans nos écoles 
primaires, les encouragements et les récompenses qu’il tient 
à donner lui-même aux succès des élèves; il ne pouvait 
donc ne pas prendre à cœur le rétablissement des cours 
publics, qu’on pourrait mieux appeler des cours de hautes 
études, en raison des sujets qui y sont traités et des audi- 
teurs qui les suivent. 

Aussi est-ce avec une grande joie que nous venons tous 
d’entendre que, portant sa sollicitude pour les pionniers de 
l’intelligence jusqu’à Paris, il a su associer le ministre à la 
bonne œuvre et en obtenir des allocations pour les cours de 
cette année, et pour ceux de l’an prochain. Qu’il me permette 
de lui adresser de vifs remercîments au nom de notre Société, 
au nom de la colonie étrangère et au nom de la ville entière. 

Par nos Annales nous portons le plus qu’il nous est pos- 
sible nos travaux à la connaissance des personnes qui se 
livrent à la culture de l’esprit. Puis, nous nous efforçons, par 
des publications spéciales de sauver de l’oubli des docu- 
ments enfouis dans les bibliothèques et surtout, en imprimant 
de précieux manuscrits, de les sauver des altérations et 
même de la perte irréparable qui sans cesse les menace. 
C’est dans ce but que déjà ont été publiés par les soins de la 
Société, la Vie de saint Honorât et le Mystère de sainte 
Agnès. Elle vient d’émettre un vote pour publier à l’avenir 
dans ses Annales et en les tirant à part pour en former un 
véritable cartulaire des Alpes-Maritimes, les vieilles chartes 
qui abondent dans les archives de la ville de Nice, dans 
celles du département, des sous-préfectures, de certaines 
mairies et même de quelques villes où ont existé des châ- 
teaux, des familles nobles, des abbayes, des couvents etc. 
Ces Chartres renferment les documents les plus précieux 
pour l’histoire du comté de Nice, de la Provence et même 


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delà France entière. Quelle mine féconde à fouiller pour nos 
historiens, auxquels la Société aura rendu, ainsi, non-seule- 
ment le réel service de conserver ces précieux documents ; 
mais surtout de les mettre à la disposition de tous les tra- 
vailleurs. 

C’est dans ce but que la Société publie, dans ses Annales 
de 1876, en ce moment sous presse, trois cents proverbes 
piémontais recueillis et offerts à la Société par M. Malval, 
son ancien membre titulaire devenu son membre correspon- 
dant depuis qu’il habite Clermont-Ferrand. 

Notre Société a fait classer comme monuments historiques 
les ruines de l’amphithéâtre gallo-romain de Cimiès et le 
monument de la Turbie. Elle a donné de vifs encourage- 
ments, mais en les accompagnant de conseils que lui suggé- 
rait la science, à M. Minisigni, pour deux inventions : 1° un 
nouveau métier à tisser le lin ; 2° une machine propre à 
utiliser les mouvements de roulis et de tangage des navires, 
et par conséquent la force des lames de la mer pour faire 
fonctionner des pompes aspirantes et foulantes de manière 
à vider l’eau de la calle ou celle provenant de quelque avarie. 
Ces inventions fort ingénieuses ont cependant besoin de la 
sanction de l’expérience. 

La Société a pris part à la souscription ouverte pour 
élever une statue à feu M. de Caumont, le célèbre directeur 
de l’Institut des provinces et le véritable fondateur de la 
science archéologique en France. 

Elle fait l’éloge des membres que l’impitoyable mort lui 
ravit. M. Nièpce père vous lira, dans un instant, la remar- 
quable notice biographique qu’il a faite sur M. Gény, enfant 
de ce pays, devenu un vrai savant par son travail, sa pa- 
tience et la force de sa volonté. 

Par réciprocité notre Société a reçu de précieux encou- 
ragements : 

1° M. le Ministre de l’Instruction publique lui a donné un 
secours de 400 franc? ; 

2° Dans sa session du mois d’août, le Conseil général de 
notre département lui a voté une allocation de 300 francs ; 


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— 25 — 


3° Déjà l’an dernier, S. A. S. Mgr. le prince de Monaco 
avait eu la gracieuseté de nous faire remettre un don de 
500 francs; 

4° La Municipalité de Nice, dont un de nos collègues 
M. Auguste Raynaud, est à la tête, nous a fait d’excellentes 
promesses pour cette année ; 

5* Un ami passionné des arts et des artistes, membre de 
notre Société, paye sa cotisation annuelle en grand seigneur 
en nous envoyant un billet de banque représentant la va- 
leur de quatre cotisations. A ce généreux procédé vous avez 
tous reconnu M. Gambart. Il y a lieu d’espérer que ces se- 
cours prendront une importance de plus en plus grande, à 
mesure que l’on pourra juger des services que nous rendrons 
à la science par la publication des chartes manuscrites in- 
téressant le département. 

Enfin, je ne saurais terminer cette allocution sans remer- 
cier le public d’élite qui veut bien s’intéresser à nos travaux 
et dont la présence à cette séance générale annuelle de notre 
Société, n’est jjas le moins flatteur des encouragements qui 
lui sont donnés. — Nous aspirons, Mesdames et Messieurs, à 
tenir nos travaux et notre reconnaissance à la hauteur de 
votre intérêt. Ce qui vous récompensera de vous joindre 
ainsi à nous pour aimer et cultiver les travaux de l’esprit, 
ce sont: le charme, les douceurs, les consolations que ces 
travaux procurent. L’étude, en effet, en détournant des agi- 
tations de la vie, repose aussi de ses labeurs et calme sou- 
vent ses déceptions amères ; en transportant l’homme vers 
des régions nouvelles, lumineuses et pleines d’espérances, 
elle allège les cruelles douleurs du cœur, la perte déchirante 
de nos morts bien-aimés et jusqu’aux souffrances physiques 
de notre pauvre humanité. 

Puisse cette communauté d’intelligence s’agrandir autour 
de nous et votre exemple augmenter chaque année le nombre 
de nos sympathiques auditeurs. 

Le Docteur Ernest Lambron, 

Président de la Société. 


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DEUX VIEILLES TOURS 


AU CANNET 


PRÈS CANNES (ALPES-MARITIMES) 


Ces tours, de forme carrée et construites en matériaux 
identiques à ceux des plus humbles maisons du village, 
sont situées à une assez grande distance l’une de l’autre ; 
en outre la grande différence de leur style architectural in- 
dique suffisamment qu’elles ne datent point de la même épo- 
que : il est donc fort probable qu’elles n’ont jamais appar- 
tenu à un système général de défense, comme parties de 
l’enceinte d’un bourg ou simples dépendances de manoirs 
féodaux. Ce n’étaient sans doute que deux postes fortifiés, 
propres à servir de refuge en cas d’une de ces alertes si fré- 
quentes au moyen âge sur les côtes de la Provence, cons- 
tamment exposées aux descentes des Sarrasins et même de 
pirates autres que ceux qui accouraient des bords africains : 
tels, par exemple, que le Génois Salagerius de Nigro, qui, 
dans une nuit de l’année 1400, envahit Pile de Saint-H o- 
norat, s’empara de la grande tour du monastère et y soutint 
un siège contre les troupes du grand sénéchal de Provence 
Georges de Marie, renforcées de la noblesse du pays et d’un 
grand nombre d’habitants de Cannes, de la Napoule, de 
Mougins, d’Antibes, de Vence, de Cagnes et autres vil- 


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lages de la contrée. (Voy. Histoire de Provence d’Honoré 
Bouche, t. II.) 

L’une de ces tours, la plus ancienne, est appelée dans le 
pays la tour des Danis, du nom du hameau auprès duquel 
elle s’élève ; l’autre est la tour des 'Calvis ou de la Placette, 
à cause d’une petite place dont elle n’est séparée aujourd’hui 
que par une maison relativement moderne. 

• Toutes deux ont subi, depuis peu d’années, de notables 
changements exécutés par leur propriétaire dans un but 
d’intérêt privé, mais extrêmement regrettable au point de 
vue de l’archéologie. La tour de la Placette surtout a été 
transformée à un tel point, que, sans les quelques mâchi- 
coulis sauvés de la destruction sur mes vives instances, 
rien n’indiquerait plus aujourd’hui l’existence séculaire de 
cet intéressant édifice. Heureusement mon fils Victorien a 
retrouvé dans ses cartons deux croquis de nos tours, faits 
par lui avant qu’elles eussent reçu les atteintes d’un rude et 
indifférent maçon. A défaut d’autre mérite, ces dessins au 
simple trait ont du moins celui d’être d’une parfaite exac- 
titude ; et cette raison seule m’a paru suffisante pour jus- 
tifier le parti que j’ai pris d’en mettre la reproduction sous 
les yeux du lecteur. 

La figure 1 représente la façade orientale de la tour des 
Danis, avec sa porte d’entrée surélevée, à laquelle donne 
difficilement accès un escalier tout à fait en ruine et dont, 
bien certainement, la construction était de beaucoup posté- 
rieure à celle de la tour elle-même. L’autre façade est celle 
qui regarde le midi : nous voyons déborder sur l’arête de 
gauche les pousses vigoureuses d’un lierre gigantesque qui 
couvre entièrement la façade occidentale. Ce lierre, depuis 
que le dessin a été fait, s’est considérablement développé 
sur la façade du midi et sur celle du nord. 

M. Viollet-Le-Duc ( Dictionnaire de l'architecture fran- 
çaise du XP au XVI* siècle, t. VI, p. 297) donne de cette 
tour la description suivante, en l’accompagnant d'un très- 
petit dessin, fort inexact, fait par Mérimée pendant une 
saison d’hiver passée à Cannes. 


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*9 


« Sur les côtes de la Méditerranée on trouve parfois des 
» habitations des champs qui affectent la forme d’une tour 
» ou d’un petit donjon, et qui appartiennent à une époque 
» assez ancienne ; mais ces maisons ont été plutôt habitées 
» par des pirates que par des agriculteurs. Il en existe quel- 
» ques-unes entre Toulon et Cannes. » 

« Voici l’une d’elles encore entière, bâtie à l’entrée du 
» village du Cannet, près Cannes, à mi-côte et à quatre 
» kilomètres environ de la mer. Elle consiste en une tour 
» carrée possédant deux étages et un rez-de-chaussée sans 
» communication avec l’extérieur. La porte, relevée de trois 
» mètres au-dessus du terrain extérieur, n’était accessible 
» qu’au moyen d’une échelle que l’on pouvait facilement 
» rentrer pour éviter les importuns. Le premier étage, 
» ou plutôt le second (car on ne communique au rez-de- 
» chaussée que par une trappe ménagée dans le plancher du 
» premier), est percé de six mâchicoulis en forme de hottes, 
» et ne possédait pas de fenêtre. Le premier n’a d’autre 
» ouverture que la porte. De cet étage on montait à celui 
» des mâchicoulis par une échelle de meunier. L’ornement 
» en torsade (fig . 2), qui décore le linteau de la porte in- 
» dique une époque assez ancienne. Au Cannet, cette tour 
» est connue sous le nom de la maison du brigand. Le 
» dernier étage est voûté en moellon sous le comble. On 
» voit encore en Corse un certain nombre d’habitations de 
» ce genre. » 

J’ai quelques remarques à faire sur cette page intéressante 
de M. Viollet-Le-Duc. 

Le seuil de la porte d’entrée est à 2 m 10 au-dessus du sol 
et non à 3 mètres, et le nombre des mâchicoulis n’est pas de 
six mais de huit : la façade occidentale en a deux, de même 
que les autres ; le lierre épais qui couvre cette façade a sans 
doute empêché M. Mérimée de les apercevoir. 

A part ces deux petites inexactitudes, la description de la 
tour des Danis par M. Viollet-Le-Duc, d’après les notes qui 
lui ont été fournies par Mérimée, est très-exacte. Mais je ne 
saurais admettre que des maisons de ce genre aient été, 


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comme il le croit, plutôt habitées par des pirates que par 
des agriculteurs. Cette assertion peut être vraie pour des 
tours semblables que l’on rencontre parfois dans quelques 
pays ; elle ne l’est guère pour celles qui se dressent encore 
sur nos rivages. Ainsi, j’espère pouvoir démontrer que les 
deux tours du Cannet ont été construites pour protéger des 
cultivateurs, et par les moines de Lérins, qui, dans le moyen 
âge, possédaient presque toutes les terres de ce village, 
simple annexe de Cannes, habitations et territoire, jusqu’en 
1774, année où le Cannet fut érigé en commune. 

En second lieu, j’affirme que la tour décrite par M. Viollet- 
Le-Duc n’est nullement connue dans le pays sous le nom 
de maison du brigand, et que jamais les habitants du village 
ne l’ont appelée autrement que la tour des Danis. Je dirai 
plus loin quelle est l’origine de cette dénomination inexacte, 
et comment il est arrivé quelle" a eu cours parmi la co- 
lonie étrangère de Cannes, où Mérimée l’a prise pour la 
transmettre à M. Viollet-Le-Duc. 

Voici quel est l’état présent de la tour des Danis par suite 
des travaux qui y ont été faits, il y a une dizaine d’années. 

A l’extérieur, le vieil escalier, devenu tout à fait imprati- 
cable, a été remplacé par un nouveau, composé de onze 
marches et disposé dans une direction contraire à celle du 
premier. La vieille pierre portant le fragment de torsade qui 
décorait le linteau de la porte (fig. 2) a malheureusement 
disparu ; et le propriétaire a cru faire preuve de bonne inten- 
tion et de goût en reproduisant la torsade complète sur une 
grande pierre toute neuve, formant la voussure de la dite 
porte d’entrée. Une porte donnant accès au rez-de-chaussée 
a été percée au pied de la façade qui regarde le nord : ce qui 
a rendu inutile la trappe par laquelle on communiquait du 
premier étage au rez-de-chaussée. 

A l’intérieur, on a refait l’escalier en bois qui, déjà depuis 
longtemps, avait remplacé l’échelle de meunier au moyen de 
laquelle on montait jadis du premier au second étage. Quel- 
ques autres travaux, dont le plus important a été la construc- 
tion d’un nouvel étage entre les deux anciens, ont rendu 


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34 


cette tour un peu plus habitable comme logement de paysans 
ou d’ouvriers. 

Les dimensions de ce curieux édifice sont encore ce qu’elles 
étaient à l’époque de sa construction, savoir : hauteur 8 œ 65, 
largeur 5 m 35. 

La tour des Calvis ou de la Placette (Jig. 3) était mieux 
pourvue que l’autre de bons moyens de défense. Avant les 
travaux récents qui l’ont complètement défigurée et considé- 
rablement réduite, cette tour mesurait 14 mètres de hauteur 
totale et 6 m ,66 de largeur. Chacune de ses quatre façades 
était garnie d’un rang de sept mâchicoulis, surmonté d’un 
parapet haut lui-même de 2 mètres extérieurement. La fig. 3 
bis montre la forme de ces mâchicoulis. A l’intérieur, la dis- 
position des appartements ayant changé bien des fois dans le 
cours des deux derniers siècles, il nous est impossible de 
savoir ce qu’était la disposition primitive, aujourd’hui sur- 
tout que, pour convertir cette tour en une bonne habitation 
bourgeoise, le maçon a fait disparaître presque toutes les 
traces du passé. Heureusement les quelques mâchicoulis 
conservés sur les deux façades du sud et de l’ouest, suffisent 
pour rappeler le caractère de ce vieil édifice; mais il est 
fâcheux que le parapet qui entourait la plate-forme du som- 
met ait perdu une grande partie de sa hauteur : ce qui a eu 
pour effet d’altérer les proportions du couronnement, écrasé 
d’ailleurs par une sorte de véranda récemment construite 
sur cette plate-forme. 

En présence d’anciens monuments qui appellent l’atten- 
tion des archéologues ou des simples curieux, on se demande 
naturellement quand et par qui ils ont été élevés ; et le plus 
souvent on trouve dans quelque charte ou dans quelque 
vieux livre une réponse précise à ces deux questions ; mais 
c’est en vain que j’ai consulté tous les documents qui auraient 
pu m’apprendre quelque chose de certain touchant les deux 
tours du Cannet : ils ne m’ont rien fourni, ni nom ni date. 

Très-probablement si M. Viollet-Le-Duc eût vu lui-même 
la tour des Danis, ou s’il avait eu sous les yeux un meilleur 
dessin que celui qu’il tenait de Mérimée, son profond savoir 


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— 3 * — 

d’archéologue et sa très-grande expérience, suppléant au 
manque d’un document authentique, lui auraient permis de 
déterminer avec assez d’exactitude l’époque où furent jetés 
les fondements de cette tour. Or, puisque, aussi bien pour 
cet édifice que pour l’autre, nous sommes forcés de nous 
contenter de dates approximatives, demandons-nous d’abord 
quelle est l’origine du village lui-même, et à quelle période 
du passé nous pouvons raisonnablement faire remonter 
cette origine. Ici, du moins, nous ne serons plus réduits à 
ne faire que des suppositions gratuites; car nous avons à 
notre disposition plusieurs vieilles chartes, au moyen des- 
quelles il nous sera facile d’établir une somme de probabi- 
lités équivalente, en quelque sorte, à la certitude historique 
elle-même. 

Quelques personnes, confondant le Cannet près Cannes 
(Alpes-Maritimes) avec leCanet-du-Luc(Var), où se trouvent 
deux inscriptions gallo-romaines et des restes de construc- 
tions antiques *, ont prétendu que le premier de ces deux 
villages avait été d’abord un poste romain; l’auteur d’un 
Dictionnaire administratif et historique des communes du 
département des Alpes-Maritimes, a renchéri sur cette pre- 
mière erreur en assurant que « les Sarrasins y avaient cons- 
truit deux tours, dont il reste encore une partie. » Le fait 
est que le Cannet près Cannes n’a aucun droit à une an- 
cienneté aussi reculée, et que les Sarrasins n’y ont jamais 
rien construit, par la raison infiniment simple qu’ils n’y ont 
jamais fait le moindre séjour. 

Voici ce que nous savons de science certaine. Jusqu’en 
1774 le Cannet n’avait pas, pour ainsi dire, d’existence offi- 
cielle ; ce n’était, comme je l’ai déjà fait remarquer, qu’une 
sorte de faubourg de la petite ville de Cannes, qui était un 
fief de l’abbaye de Lérins, fief comprenant toute l’étendue 
du terrain sur lequel le village est bâti et la plus grande 
partie de son territoire actuel. 


1 . C’est près du Canet-du-Luc, sur les rives de l'Argens, qu’ Antoine et Lépide, réunis* 
saut leurs troupes, jetèrent les bases du triumvirat qu'ils firent avec Octave. (Voy. 
Honoré Bouche et Papon, Histoire de Provence.) 


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33 


Il suit de là que bien des faits relatifs à la ville de Can- 
nes, transmis à notre connaissance par de vieux documents, 
peuvent tout autant concerner le Cannet que Cannes; sans 
qu’il soit possible aujourd’hui, à moins d’indications préci- 
ses, de distinguer ce qui se rapporte spécialement à la 
première de ces deux localités : telles sont entre autres les 
donations faites au monastère de Lérins à diverses époques 
et dont voici les principales. 

En 990, Guillaume, surnommé Gruetta, fils de Rodoard, 
comte d’Antibes, fait don à Gamerius ou Wamerius, abbé 
de Lérins, des terres et habitations d’Arluc *, et confirme la 
donation faite précédemment du port de Cannes (de portu 
CanueJ, c’est-à-dire du bourg et du territoire. (Cartulaire 
de Lérins, P 52, verso.) 

En 1131, Bérenger Raymond, comte de Barcelone, de 
Mergueil et de Provence, approuve les donations faites an- 
térieurement et en particulier celle de Cannes, qu’il exempte 
de toute redevance, à l’imitation de ses prédécesseurs : en 
conséquence de quoi il veut que désormais, au lieu du nom de 
Castrum Marcellinum qu’il portait, ce bourg soit appelé 
Castrum Francum *. Il prend en outre sous sa protection 
Lérins et tout ce que ce monastère possède en Provence. 
(Cartulaire, P 35 recto.) 

Soixante ans après (juin 1190), Alphonse ou Ildefonse I", 
roi d’Aragon et comte de Provence, confirme les donations 
faites par son père Bérenger Raymond et par ses prédéces- 
seurs, des terfes et châteaux de Cannes, Mougins, Arluc, 
Vallauris, Roquefort et Pégomas. (Archives de Lérins, à la 
préfecture des Alpes-Maritimes, liasses 772 et 773.) 

Aucune de ces chartes ne fait mention du Cannet, à 
cause peut-être de leur ancienneté. Mais ce qui parait assez 
surprenant, c’est que, tandis que le Cannet figure sur une 
carte de Provence, gravée en 1621 à Amsterdam et dont la 


1. Village, aujourd’hui détruit, qui était situé au sommet et au pied du monticule de 
Saint-Cassien, dans la plaine de Laval. 

t. D’où le nom de Villefranche, qui était encore le vrai nom de Cannes jusqu’à la fin 
du XIII* siècle. (Voy. Raymond Féraud, Vida de tant Honorât.) 


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34 


Bibliothèque nationale possède un exemplaire, Vincent Bar- 
ralis, religieux de Lérins et auteur d’un livre publié huit 
ans auparavant, ne nomme pas ce village dans la descrip- 
tion suivante de la grande avancée de mer comprise entre le 
cap Roux et la pointe de la Garoupe, masse d’eau qui pour 
lui ne forme qu’un seul golfe, au milieu duquel semblent 
surnager à peine les deux petites îles allongées qui s’ap- 
pellent l’une Sainte-Marguerite, l’autre, la moindre, Saint- 
Honorat. 

« Dans la périphérie de ce golfe, semblable à un vaste 
» amphithéâtre, dit Vincent Barralis, s’élèvent des bourgs 
» le long de la mer : la Napoule, jadis Avenionetum, limi- 
» trophe de Fréjus 1 2 ; la Siagne, cours d’eau rongeur de 
» terres, abondant en poissons de rivière ; Cannes, autrefois 
» Castrum Marcellinum et Castrum Francum; sur le 
» sommet d’une colline, Mougins, anciennement Ville- vieille; 
» Vallauris, dans le voisinage d’Antibes : tous lieux sous le 
» droit féodal du monastère de Lérins *. » 

Vincent Barralis aurait-il, par inadvertance, omis involon- 
tairement dans cette énumération le village du Cannet, qui, 
placé en face même des îles de Lérins, se dessine si bien 
aujourd’hui au fond même du beau panorama que cet écri- 
vain déroule aux yeux de son lecteur? — On ne saurait ad- 
mettre un pareil oubli de la part d’un moine lettré, qui se 
complaît à faire le compte exact des fiefs possédés par son 
monastère tout le long du littoral. Mais le Cannet, dont 
l’existence à cette époque est attestée par la* carte que je 
viens de citer, n’était alors qu’un simple hameau de Cannes, 
peuplé d’un petit nombre d’âmes et perdu peut-être dans des 
massifs d’oliviers et d’orangers. D’où nous pouvons inférer 
que, comme on l’avait certainement fait avant lui, Vincent 


1. Le nom delà ville pour celui du territoire. 

2. In cujus ainûs peripheriâ, in modum ampli Amphitbeatri, insunt oppida secùs mare 
poaita : Neapola, olim Avenionetum, codtermina Forojulii ; fluviua Siagne (sic) vorax, 
amnigerit (sic, pour amnigenis) piscibut abundans ; Canoce, alias Castrum Marcellinum, 
et Francum denominatura ; in vertice collia Muginum, antiquitùs Villa vetua; Valia-aurea, 
in conAnio Antipolitano : cuncta juris Cœnobii Lerinensis. (Chronologie Sanctorum et 
aliorum virorum illustrium ac Abbatium sacrœ insula Lerinensis. Lugduni, sumptibus 
Pétri Rigaud, MDCXIII). 


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35 


Barralis, en disant Cannes, avait entendu parier de tout ce 
qui en dépendait, et par conséquent des quelques habitations 
qui de son temps constituaient ce qu’on appelait le Cannet 
ou petit Cannes. 

Ces habitations n’étaient pas les premières qu’on eût 
construites en ce lieu à l’époque où écrivait le moine Bar- 
ralis : une charte de 1471 1 2 nous apprend que l’abbaye de 
Saint-Honorat possédait de grands biens sur le territoire ac- 
tuel du Cannet, qui, je le rappelle, faisait partie du terri- 
toire de Cannes avant l’année 1774 ; elle en possédait 
d’aussi considérables sur le territoire de Mougins, limitro- 
phe de celui du Cannet *. Tout cela suppose des maisons ha- 
bitées par les ouvriers des champs aux gages de l’abbaye, 
ou par des cultivateurs qui tenaient à ferme des biens du 
monastère, ou encore par des tenanciers, petits propriétai- 
res de terrains à eux concédés sous condition d’une rede- 
vance annuelle. Cette charte, en date du vendredi 17 août 
de l’an de la nativité 1471, est un procès-verbal de délimita- 
tion de propriétés dressé par Barthélemy Delande, baillif 3 
et notaire de la Curie de Lérins ( Curiæ Lerinensis), pour 
déterminer, au moyen de vingt-deux bornes, la portion 
considérable des biens de l’abbaye qui appartenaient spécia- 
lement à l’office de l’infirmerie du monastère. 

La dite délimitation fut faite en présence de Révérend 
Père et Seigneur Isnard, évêque de Grasse et premier abbé 
commendataire de Lérins, d’une part, et de Vénérable et reli- 
gieux homme Dom Guillaume Vayssère, ci-devant abbé et 
présentement infirmier de l’abbaye 4 , d’autre part. L’opération 


1. Archives de 1* préfecture des Alpes-Maritimes, liasse 154 des papiers de Lérins. 

2. Il y a an demi-siècle tout an plus, le territoire de Mougins s’étendait josqu’au 
Cannet même et comprenait quelques rues de ce village. 

3. Baiulus ou bajulus. « Au troisième siècle, on trouve dans certaines églises un 
nouvel Officier ecclésiastique sous le nom du Sénéchal ou Baillif». (Dom de Vaines, Die - 
tionnaire raisonné ds Diplomatique .) 

4. « Ouillelmus IV Vayserius, al. Vazerius sedis apostolic» gratiâ Lerinensem abbatiam 
consequitur an. 1445 eaque privatur an. 1447, Nicolai V summi pontificis auctoritate ». 
(Oallia christiana , t. III, p. 1200 : Paris, Victor Palmé, 1870). — Après la déposition de 
Guillaume Vayssère ou Vaysseri, les moines élurent abbé l’infirmier André Fontano de 
Plaisance, et Guillaume Vayssère prit la place de ce dernier. En 1464 le pape Pie II 
nomma André de Plaisance au siège épiscopal de Sisteron et donna l'abbaye en commende 
i Isnard. évêque de Grasse. 


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36 


du bornage se fit sur le dire et l’attestation de quatre an- 
ciens du village de Mougins, experts ou estimateurs jurés 
( s&pitores ), nommés Pierre Ferrand, Antoine et Vésian 
Rebol ou Reboul, et Barthélemy Peyron. Huit personnes y 
assistèrent comme témoins requis, savoir : Pierre Crispin, 
Guillaume Hulmi, Honorât Escarras, Jean Gazan et Bap- 
tiste Boniface, tous cinq de Cannes, et Etienne Maure, 
Honorât Isnard et Georges Pellegrin, de Mougins. Nous 
trouvons en outre dans cette pièce les noms de trois pro- 
priétaires dont les descendants existent encore au Cannet ; 
ils se nomment Jean Gazan *, Angelier ou Angelet Calvi 
ou Calvy et Augustin Calvi. 

D’après cette charte et autant que nous pouvons en juger 
aujourd’hui, les possessions de l’infirmerie de Lérins au 
Cannet s’étendaient jusqu’aux collines qui dominent le vil- 
lage au nord ainsi qu’au nord-est, et comprenaient au sud 
la majeure partie du bassin qui s’appelait et s’appelle encore 
les Prés, évidemment parce qu’il y avait là des prairies, 
remplacées depuis lors par de nombreux orangers, qui, 
d’après la tradition, y auraient été apportés par les moines 
de Saint-Honorat dès le seizième siècle. 

Deux considérations s’imposent à notre esprit à la lecture 
de ce procès-verbal de délimitation. En premier lieu ces 
terrains, propriété particulière de l’infirmerie du monastère, 
sont comme des pièces de conviction attestant que les 
moines de Lérins avaient reconnu l’admirable situation du 
Cannet et l’excellence de son climat, d’où par conséquent le 
choix d’un lieu très-convenable pour le traitement des ma- 
lades ou le complet rétablissement des convalescents : il est 
donc fort probable que ces moines y avaient un hôpital ou 
tout au moins une maison de santé. En second lieu, ces 
grandes propriétés de Lérins provenaient certainement de 
donations faites longtemps avant l’année 1471, peut-être 
même remontaient-elles à celles de Guillaume Gruetta, vers 
la fin du dixième siècle. Quoi qu’il en soit nous pouvons, 


1. Le même sans doute que l’un des cinq témoins du bourg de Cannes et qui très- 
probablement habitait le Cannet. 


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— 37 ; — . 

sans trop nous écarter de la vérité, faire les conjectures 
suivantes. 

A l’époque, quelle qu’elle soit, où l’abbaye de Lérins de- 
vint propriétaire de la portion du territoire de Cannes sur 
laquelle s’élève aujourd’hui le Cannet et s'étend le territoire 
propre de ce village, tout le sol était probablement inculte 
et couvert de bois ; on prétend même que dans le superbe 
bassin dit des Prés, la place occupée de nos jours par les 
orangers l’était primitivement par de magpifiques châtai- 
gniers. Les moines de Lérins, gens relativement très-ins- 
truits et très-entendus, les seuls peut-être dans tout le pays 
en ces temps de profonde ignorance et de force brutale, 
surent apprécier la bonne qualité d’un terrain merveilleu- 
sement exposé aux rayons solaires et arrosé par des eaux 
fraîches et abondantes, circonstance assez rare dans la con- 
trée : ils se mirent donc à défricher le sol et y construisirent 
les premières habitations. Le nombre des ouvriers devenant 
de plus en plus insuffisant à mesure que la culture s’étendait 
sur les immenses possessions du monastère dans les terri- 
toires de Cannes, de la Napoule, d’Arluc, de Pégomas, de 
Mougins, de Vallauris,etc.,les religieux appelèrent de partout 
et successivement de nouveaux cultivateurs. Plusieurs de ces 
colons vinrent de la partie du littoral italien qu’on appelle 
la Rivière de Gênes, où l’abbaye de Lérins possédait quel- 
ques domaines importants, et entre autres, non loin de Vin- 
timille, la principauté de Sabourg, qui donnait à l’Abbé le 
droit de battre monnaie 1 ; et c’est là ce qui explique l’exis- 
tence actuelle au Cannet do familles qui s’appellent Dani, 
Calvi, Ardisson *, tous noms évidemment italiens, que l’on 
retrouve le long du littoral au-delà de la frontière. 

Les descendants de ces colons, tant provençaux qu’étran- 
gers, se rendirent peu à peu acquéreurs de portions plus ou 
moins grandes des terrains que leurs ancêtres avaient culti- 
vés comme mercenaires ou comme fermiers ; et ce leur fut 


1. Les abbés de Lérins exercèrent ce droit jusqu'en 1686, époque où il fut aboli par 
Louis XIV ; mais la monnaie de Sabourg n’avajt jamais eu cours eu France. 

2. Italien, Ardiuone. 

3. 


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— 38 — 


chose facile dès le jour où commença la décadence rapide 
de Lérins, et dont je n’ai pas à indiquer ici les déplorables 
causes. Il me suffira de dire que dès la fin du quinzième 
siècle ou le commencement du seizième, ce fut le besoin in- 
cessant d’argent qui mit les religieux de Saint-Honorat dans 
la nécessité de recourir à des aliénations partielles et con- 
tinues de leurs propriétés. Mais leurs embarras financiers 
augmentaient d’année en année : et ces embarras s’accrurent 
à un tel point, qu’en 1729 l’abbé de Lérins se vit contraint 
de vendre à Victor-Amédée II, roi de Sardaigne, la princi- 
pauté de Sabourg pour la somme de 142,000 livres, monnaie - 
de Savoie; et que moins de cinquante ans après, l’abbaye de 
Lérins, autrefois si florissante, ayant atteint le dernier degré 
d’abaissement et se trouvant réduite à un personnel de cinq 
religieux, fut sécularisée, c’est-à-dire supprimée par le roi 
Louis XVI d’accord avec le saint-siège. (Édit de 1787.) 

Les nouveaux propriétaires issus des premiers colons se 
bâtirent des demeures sur un sol désormais leur apparte- 
nant ; et telle est l’origine des hameaux dits des Danis, des 
Calvis, des Ardissons, des Michels et des Gourrins. 

Je reviens à ces deux questions : Quand et par qui ont été 
bâties les tours du Cannet ? Serait-ce par les Sarrasins ? 
— Depuis leur expulsion de Fraxinetum. 1 2 , en l’an 972, par 
le comte do Provence Guillaume I er , ils abordent sur nos 
rivages très-fréquemment , il est vrai , et ils se rendent 
tellement redoutables, qu’en 1243 l’évêque d’Antibes Ber- 
trand III obtient du pape Innocent IV la translation du 
siège épiscopal à Grasse à cause des nombreuses descentes 
des pirates sur la côte d’Antibes *. Il est encore vrai que 
durant les siècles suivants, les Sarrasins ne cessent de por- 
ter l’épouvante sur les côtes de la Provence : ainsi en 1475 
des corsaires turcs 3 , dit une chronique, surprennent la ville 
de Fréjus dégarnie de la plupart de ses habitants, appelés 


1. Aujourd'hui 1a Garde-Freyncl , dans les montagnes des Maures, au N. -O. de Saint- 
Tropes (Var). 

2. Et aussi de l'insalubrité de l’air, dit la bulle. 

3. C’est-à-dire mahométant. 


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39 - 


par leurs devoirs religieux au loin dans les environs, un jour 
de grande fête. Ces corsaires pillent et brûlent la ville, mas- 
sacrent ou enlèvent les quelques personnes qui n’ont pas eu 
le temps ou les moyens d’échapper à leur fureur, et rega- 
gnent promptement la haute mer. Ces faits, et beaucoup 
d’autres, fort graves aussi, sont incontestables ; mais il est 
tout aussi certain que jamais les Sarrasins ne se sont établis 
sur nos rivages à la suite d’une de leurs descentes : ni l’his- 
toire ni la tradition n’eussent manqué de nous transmettre 
la connaissance d’un événement aussi important. Ces terri- 
bles ennemis du nom chrétien n’auraient donc pu construire 
les deux tours du Cannet qu’au dixième siècle au plus tard, 
avant leur expulsion de la Garde-Freynet. Or la plus vieille 
de ces tours, celle des Danis, n’est certainement pas anté- 
rieure au quatorzième siècle, et l’autre ne remonte pas au- 
delà du quinzième. 

D’autres pirates, partis des côtes d’Espagne ou d’Italie, 
moins nombreux et moins à craindre que les Sarrasins, se- 
raient-ils parvenus à s’établir sur un point du territoire de 
Cannes, au mépris des forces du comte de Provence et des 
seigneurs de la contrée, et s’y seraient-ils maintenus assez 
longtemps pour y construire des habitations à leur conve- 
nance? Cela n’est pas admissible. 

On est donc parfaitement fondé à croire que les deux 
tours du Cannet ont été élevées par les abbés de Lérins, 
comme l’a été celle de Cannes, pour servir de refuge au petit 
nombre de cultivateurs de ce lieu, en cas d’une attaque im- 
prévue de nombreux pirates assez hardis pour s’avancer 
dans l’intérieur des terres ; peut-être même y avait-il d’au- 
tres maisons fortifiées dont il ne reste plus aucun vestige ; 
mais quel qu’ait été le nombre de ces sortes d’habitations, 
j’estime que le but que l’on avait en vue au moment de leur 
construction est bien celui que je viens d’indiquer. J’ajoute 
qu’il ne saurait y en avoir d’autre ; car, aux époques dont il 
s’agit, c’est-à-dire durant tout le moyen âge, les moines 
de Lérins n’avaient nullement à redouter la rapacité ou les 
insultes des barons du voisinage : aucun de ceux-ci n’aurait 


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40 


osé faire irruption sur des terres jadis offertes en pur don à 
la glorieuse Vierge Marie et au grand saint Honorât, et mises 
sous la protection, non-seulement des comtes de Provence, 
mais aussi du saint fondateur de Lérins, de la mère de Dieu 
et de Dieu lui-même ! 

Il est fort probable, ai-je dit précédemment, que l’infir- 
merie de Lérins avait fondé au Cannet un hôpital ou tout au 
moins une maison de santé. Si le fait est vrai, les moines 
avaient dû choisir l’emplacement le plus convenable pour 
un établissement de ce genre ; et il ne serait pas impossible 
que le quartier de la Placette, sans contredit l’un des mieux 
abrités du village, eût, par cette raison et d’autres encore, 
obtenu leur préférence. Dans ce cas, la tour ne serait peut- 
être qu’un reste du bâtiment principal. 

Cette tour de la Placette, remarquable par sa forme et 
ses dimensions, vénérable par son ancienneté, méritait assu- 
rément d’être conservée intacte : elle le méritait aussi et 
surtout parce que restée debout, elle eût pu longtemps 
encore rappeler aux habitants du Cannet un acte de cou- 
rage et de patriotisme tout à l’honneur de leurs ancêtres. 
L’histoire a noté ce fait, mais brièvement et sans aucun 
des intéressants détails que j’ai eu l’heureuse chance d’ap- 
prendre dans l’occasion que je vais dire, et qui étaient restés 
à peu près inconnus jusqu’à ce jour. 

En 1815 (j’avais alors douze ans), après la rentrée de Louis 
XVIII à Paris et lors de l’arrivée dans notre pays de l’armée 
autrichienne qui avait renversé le roi Murat de son trône 
de Naples, mon vieux grand-père maternel sentit se réveil- 
ler en lui les premiers souvenirs de son enfance. La vue de 
ces troupes étrangères lui rappela l’invasion de décembre 
1746 par l’armée sous les ordres du comte de Brown. « Cette 
» fois-ci, nous dit-il, les Allemands ne nous font pas de mal, 
» parce que le roi a fait la paix avec eux; mais lorsqu’ils 
» sont venus quand j’étais tout petit, ils nous en ont fait 
» beaucoup ; et, d’après ce que j’ai ouï dire à mon père, 
» ils nous en ont fait bien davantage du temps qu’il était 
» encore enfant. » 


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— 41 — 

L’invasion dont mon bisaïeul avait été témoin et qui fut 
en effet cause de grands maux dans toute la contrée, est 
celle de 1707 par les troupes allemandes du célèbre prince 
Eugène, unies aux Piémontais du duc de Savoie Victor 
Amédée II. 

Je priai mon grand-père de me raconter ce qu’il savait de 
cette invasion. On va voir ce qu’il me dit : écoutons d’abord 
le sieur de Vizé, historiographe de France, nous apprenant, 
dans son Histoire du siège de Toulon 1 les premiers ex- 
ploits de l’ennemi après avoir passé le Var dans la nuit du 
10 au 11 juillet. 

« Le village de Saint-Laurent fut pillé et saccagé sous 
» les yeux mêmes de ce prince (le duc de Savoie). On fit le 
» même désordre à Cagnes et à Villeneuve, qui sont à une 
» lieue de Saint-Laurent. MM. Bellissime et Garidel, prieurs 
» de ces deux villages, furent dépouillés et battus à outrance ; 
» les églises furent pillées et on y fit une profanation épou- 
» vantable. On brûla les images ; on tira des coups de fusil 
« au crucifix et on foula aux pieds les saintes hosties, après 
» avoir pris tous les vases sacrés qu’on y trouva. Les fem- 
» mes furent violées, etc. 

« Les ennemis vinrent camper le 15 à Biot, à trois lieues 
» de Saint-Laurent, où ils laissèrent cent-cinquante hommes 
» et cinquante au fort de Saint- Paul. Leur armée continua 
» à faire les mêmes désordres partout où elle passa. Le 
» Cannet, qui est à une demi-lieue de Cannes, fut entiè- 
» rement pillé et brûlé. M. Ardisson, vicaire de cette 
» paroisse, fut blessé à mort, et l’on tua un grand nombre 
» d’habitants. M. le duc de Savoie y envoya un colonel 
» piémontais pour arrêter le carnage, et ce colonel fut tué 
» par les Allemands. » 

Voici maintenant les détails très-circonstanciés que m’ap- 
prit mon grand-père Antoine Ardisson et qu’il tenait lui- 
même do son père, petit-neveu du brave desservant qui 


1. Publiée peu après en deux formats, l’un in-4*, l’autre in-12. Dans cette relation, 
l’auteur, fort mauvais géographe, a estropié divers noms de localités : il a écrit par 
exemple, Cargues au lieu de Cagnes et Cagnes a«i lieu de Cannes. 


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— 42 — 


donna à ses paroissiens le noble exemple d’une résistance 
énergique aux brigandages de l’ennemi. C’est, comme on 
le voit, une tradition de famille. 

« La bande d’Allemands qui de Cannes, où le duc de Savoie 
avait établi son quartier général, s’était portée sur le Cannet, 
fit d’abord irruption dans la petite chapelle de Saint-Claude 
située au confluent des deux ruisseaux qui se réunissent au 
pied de la montée du village ( fig . 4). Ne trouvant rien de bien 
précieux dans ce pauvre oratoire rustique, ils se dédomma- 
gèrent de leur déception en incendiant le modeste mobilier 
qu’il renfermait ; et c’est de ce jour que datent les ruines 
que l’on voit en ce lieu. 

« De là, ces forbans montèrent au hameau de Sainte-Ca- 
therine, où s’élève l’église, la seule du village jusqu’à ces 
derniers temps 1 . Ils enfoncèrent la porte de cette église, 
dérobèrent les vases sacrés et autres objets de prix ; puis, 
se jetant sur les maisons voisines, ils firent main basse sur 
tout ce qui leur parut avoir quelque valeur : après quoi se 
ruant dans les celliers, ils percèrent les tonneaux à la pointe 
de leurs baïonnettes, burent à même et laissèrent le vin 
couler à flots. Quelques propriétaires ayant fait mine de 
vouloir empêcher cette abominable dévastation qui les rui- 
nait, les pillards, à moitié ivres, maltraitèrent horriblement 
ces malheureux et mirent le feu à leurs maisons. 

« Les autres habitants du hameau s’enfuirent précipitam- 
ment vers la partie supérieure du village, qui s’étend à mi- 
côte en forme d’amphithéâtre. Le curé Ardisson, échappé 
par miracle à la fureur des bandits, courut à la chapelle de 
saint Sauveur, située à l’autre extrémité du pays, fit sonner 
le tocsin par la cloche de la chapelle, et se vit bientôt entouré 
d’un petit groupe de ses paroissiens armés de fourches, de 
haches, de faux, de fusils de chasse ; et le digne abbé, mar- 
chant résolûment à leur tête, se rendit à la place du hameau 


1. On en construit actuellement, près de la Placette, une seconde, plus centrale et 
beaucoup plus grande, dans la prévision d'un rapide accroissement de population, 
résultant, comme à Cannes, de l'installation au Cannet d'une nombreuse colonie de 
riches étrangers, séduits par la merveilleuse situation de ce village. 


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43 


des Calvis, agrandie depuis et justement' appelée aujourd’hui 
place Belle-Vue. Il y trouva une troupe assez nombreuse 
d’hommes parfaitement décidés à défendre leurs foyers, pen- 
dant que les femmes, les enfants et les vieillards s’étaient 
réfugiés dans les bois qui couvraient les hautes collines en- 
vironnantes. 

« Les Allemands ne trouvant plus rien à saccager dans le 
pauvre hameau de Sainte-Catherine, envahirent le reste du 
village après s’être partagés en deux bandes. L’une d’elles 
se dirigea à droite, en traversant le hameau des Danis, vers 
la chapelle de Saint-Sauveur, dont la petite cloche conti- 
nuait de faire un appel aux armes ; l’autre suivit le chemin 
qui monte directement à la place Belle-Vue, en passant par 
les hameaux des Michels et de la Calade, qui subirent le 
même sort que celui de Sainte-Catherine. Cette dernière 
bande fut arrêtée aux abords de la place par les courageux 
habitants qu’excitaient les paroles et l’exemple de l’abbé 
Ardisson. Aux premiers coups de feu des Allemands, le 
vaillant abbé tomba dangereusement blessé et avec lui plu- 
sieurs des hommes qui combattaient à ses côtés. 

« Ceux des défenseurs du village que cet engagement meur- 
trier avait laissés en état de lutter encore, malgré l’inégalité 
des armes, se voyant privés de leur héroïque chef et vive- 
ment pressés par l’ennemi, jugèrent prudent de se retirer 
sur les hauteurs qui dominent le village au nord et à l’est, 
où ils pourraient du moins protéger les familles qui s’y 
étaient réfugiées. La majeure partie d’entre eux gagna les 
quartiers dits de la Vignasse; les autres, au nombre de 
vingt-cinq ou trente, descendirent précipitamment la rue 
étroite et tortueuse, seule voie, jusqu’à ces dernières années, 
pour se rendre directement sur les hauteurs de Serro- 
■ capèu l . Mais au dernier détour de la rue, ils virent devant 
eux, en avant du pont des Calvis, le détachement ennemi 
qui, de Sainte-Catherine, avait marché sur la chapelle de 
Saint-Sauveur et s’était attardé au pillage du hameau des 

1. Littéralement terre-chapeau, c’est-à-dire tient-le ferme , sous-entendu pour que 
le vent ne. l'emporte. Ce nom a été corrompu depuis en celui de San Recapèu. 


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44 


Danis et de celui, plus important, des Ardissons. Pris ainsi 
entre deux feux, nos braves Cannettans n’eurent d’autre res- 
source que de s’échapper par la route qui débouche sur la 
Placette et de se barricader dans la tour voisine. Rudement 
attaqués par les assiégeants, ils ripostaient avec rage ; mais 
leurs munitions étaient sur le point d’être épuisées, et ils ne 
se faisaient plus d’illusion sur le sort qui les attendait, lors- 
que, heureusement pour eux, arriva sur les lieux, suivi d’une 
forte escorte, un officier général piémontais, envoyé à la 
hâte par le duc de Savoie, pour mettre fin aux épouvantables 
scènes que la lueur de l’incendie du Cannet et le bruit de la 
mousquetade avaient signalées à ce prince. 

« L’officier piémontais s’avança vers les assiégeants et leur 
intima l’ordre de cesser l’attaque et de rentrer à Cannes ; 
les Allemands, ivres des fumées du vin et de l’odeur de la 
poudre, lui répondirent par une décharge qui l’étendit raide 
mort. A la vue de cette lâche et stupide trahison, l’escorte 
de l’officier piémontais se précipita sur les assassins; la 
garnison de la tour, profitant de cette heureuse diversion en 
sa faveur, fit une sortie, se joignit aux Piémontais, et les 
deux troupes réunies, renforcées bientôt par ceux des habi- 
tants qui s’étaient postés sur les hauteurs de la Vignasse, 
firent subir aux Allemands une déroute complète. » 

Ce récit et celui de l’historiographe de Vizé ne s’accor- 
dent pas sur un point assez important,’ celui des habitants 
du Cannet qui perdirent la vie dans cette affaire. Ainsi de 
Vizé dit que l’abbé Ardisson fut blessé à mort et que l’on 
tua un grand notnbre d’habitants du village ; or, il est certain 
que le digne abbé ne périt point dans le combat livré sur la 
place du Cannet, et il en fut très-probablement de même pour 
la plupart de ses compagnons qui furent atteints par les balles 
de l’ennemi. En effet, les registres de la paroisse constatent 
que Christophe Ardisson, desservant de l’église du Cannet 
depuis l’année 1691, est mort en 1731, à l’âge de soixante-dix 
ans; ils ne nous disent pas que tel jour (celui du combat) a 
eu lieu la mort simultanée de plusieurs habitants du village ; 
enfin , ils nous apprennent qu’en juillet et août 1707, les décès 


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45 


n’ont guère été plus nombreux que durant les autres mois 
de l’année. On peut admettre sans doute que quelques-uns 
des hommes décédés dans la dernière moitié de juillet et 
dans les mois suivants, ont dû mourir des suites de leurs 
blessures ; mais comme la courte note de l’obituaire qui les 
concerne n’indique point la cause de leur mort, nous ne pou- 
vons rien assurer, rien donner de certain à cet égard. 

L’historien de Vizé a donc, en cette occurrence, singu- 
lièrement exagéré les faits. Devons-nous en conclure contre 
sa bonne foi? Nullement; il a pu, il a dû être trompé lui- 
même par des renseignements inexacts. D’ailleurs, l’abbé 
Ardisson et plusieurs de ses hommes, très-gravement bles- 
sés comme lui, ont pu rester plus d’une semaine entre la vie 
et la mort et être considérés comme perdus. 

Nous voyons ici une preuve des difficultés que la vérité 
trouve à se produire et à s’établir, lors même qu’il s’agit de 
faits contemporains. Je citerai, en finissant, un exemple du 
même genre, moins sérieux, mais plus récent : c’est à propos 
de la tour des Danis. J’ai promis de faire savoir d’où était 
venu le nom terrible de maison du brigand donné à cette 
tour ; ce que j’ai à dire à ce sujet n’est qu’une anecdote fort 
simple, mais assez piquante, selon moi, et assez instructive. 
Je tiens cette anecdote du propriétaire de la maison atte- 
nante à la tour, lequel propriétaire avait été témoin du fait 
que je vais raconter; 

Plusieurs années après que Lord Brougham eut fait con- 
naître au monde entier la jolie ville de Cannes, l’un des 
nombreux Anglais qui venaient, pour la première fois, y 
passer la mauvaise saison, fit, par une tiède matinée de dé- 
cembre, une petite promenade sur l’ancien chemin du Can- 
net, dont les bords, à chaque pas que faisait le compatriote 
du noble lord, offraient à ses regards émerveillés des- mira- 
cles de verdure et de floraison en plein hiver. 

Arrivé au petit pont qui touche presque aux ruines de la 
chapelle de Saint-Claude et marque le point où le chemin se 
bifurque, notre promeneur prit à droite, passa le pont, gravit 
le coteau, arriva au hameau des Danis, et quelques pas plus 


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— 46 — 

loin s’arrêta devant la vieille tour qui termine ce hameau. 
Frappé du caractère que présente cette singulière habitation 
et voyant que la porte en était fermée, il interrogea une 
femme âgée qui, assise sur la dernière marche de l’escalier 
délabré de la tour , filait tranquillement sa quenouille aux 
doux rayons du soleil matinier. 

— « Quelqu’un demeure-t-il dans cette tour ? » 

La bonne femme n’entendait guère le français ; mais ces 
paroles du monsieur étranger, prononcées comme le font 
généralement les Anglais, ont une telle analogie avec la 
phrase provençale: qauqun demouoro-t-i dins aquesto 
tourre ? que la vieille paysanne n’eut pas de peine à les com- 
prendre, et elle répondit sur-le-champ : 

— « Aro noun, li a plu dégun ; mai a gairé de tem, li avié un 
« brigan d’omé qué li dioun Agnelin. » 

(Maintenant non, il n’y a plus personne ; mais il y demeu- 
rait naguère un brigand d’homme que l’on appelle Agnelin.) 

— « Un brigand, dites-vous ? » 

— « Si, un ubriac, un piafou vengut dé délà. » 

(Oui, un ivrogne, un piafou 1 venu d’au-delà, sous-en- 
tendu la frontière.) 

De toute cette conversation, notre Anglais n’avait com- 
pris et ne retint que le mot brigand ; et, prenant ce mot 
dans son acception rigoureuse, sans se douter le moins du 
monde que, dans la pensée de son interlocutrice et confor- 
mément à l’usage local, l’expression un brigan d'omé signifie 
tout simplement un vaurien, ou encore un vagabond, un 
homme de rien, le fils d’Albion, rentré à Cannes, raconta 
à ses compatriotes la découverte qu’il venait de faire au 
Cannet, d’une tour extrêmement curieuse, appelée la tour, 
ou maison du brigand par les habitants de ce village. Peut- 
être même pour faire valoir l'importance de sa découverte, 
et son imagination aidant, improvisa-t-il une petite histoire 
dramatique dont cette tour aurait été le théâtre ; toujours 
est-il que depuis lors, pour les touristes, comme pour les 

1. Piafou , terme de mépris appliqué aux gens de la basse classe qui, de la haute 
Italie, viennent chercher leur vie en Provence. 


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47 


auteurs de Guides des Etrangers (M. Elisée Reclus, par 
exemple, Les Villes d'hiver, p. 114), cette tour n’est plus la 
tour des Danis, ce qu’elle n’a pas cessé d’être pour les gens 
du pays, mais la tour ou maison du brigand. 

On a vu que M. Mérimée a fourni à M. Viollet-Le-Duc, en 
même temps que son dessin très-inexact de la tour, la dé- 
nomination plus inexacte encore, et même tout à fait fausse, 
de maison du brigand. 

Le brigand d’homme dont parlait la bonne vieille s’appelle 
en effet Agnelin. C’est un pauvre diable venu du Piémont 
ou de la Rivière de Gênes, jeune alors, vieux aujourd’hui, 
et faisant, comme autrefois et tant bien que mal, les com- 
missions dont on le charge, ainsi que de grossiers travaux de 
toute nature ; mais, resté fidèle à ses anciennes habitudes, il 
va parfois encore parcourant les rues, aux trois quarts ivre 
et chantant bravement des airs de son pays : du reste, point 
méchant et point voleur. 

Ainsi parait démontré de nouveau ce fait (plus fréquent 
qu’on ne le croit à notre époque de scepticisme) qu’aujour- 
d’hui comme jadis, un mot mal interprété suffit pour subs- 
tituer la légende à la vérité. 


A.-L. Sardou 

Président honoraire. 


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ÉPIGRÂPHIE ANTIQUE 

DU 

DÉPARTEMENT DES ALPES-MARITIMES 
DEUXIÈME PARTIE 

ARRONDISSEMENTS DE NICE ET DE PUGET-THÉNIER8 


INTRODUCTION 


GÉOGRAPHIE ANCIENNE 


I 


Considérations générales 

Depuis la publication de la première partie de mon épi- 
graphie, un événement scientifique d’une grande importance 
s’est accompli. Le deuxième volume du tome V du Corpus 
inscriptionum latinarum de M. Mommsen a été publié, et 
dans ce volume, l’auteur a cru devoir comprendre les ins- 
criptions de l’ancien comté de Nice parmi celles de la Gaule 
cisalpine, quoique lui-même ait reconnu que les territoires 
qu’il place aujourd’hui dans cette région, faisaient autrefois 
partie des Alpes-Maritimes et que cette province était com- 
prise dans la Gaule transalpine l . Je ne veux pas rechercher 

I. Mém. «ur le» prov. rom . Th. Mommsen. Trad. E. Picot. 


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— 50 — 

ici quelles sont les raisons, très-graves assurément, qui ont 
poussé F illustre savant à se mettre en contradiction avec 
tous les documents historiques connus et avec lui-même, 
dans des travaux antérieurs ; quelles qu’elles soient, ces rai- 
sons n’ont rien à faire ici, où je dois me contenter d’exposer 
la situation nouvelle qui m’est faite par suite de cette publi- 
cation. 

Entreprendre la publication des inscriptions des Alpes- 
Maritimes quelques mois après l’apparition d'un travail 
identique par M. Th. Mommsen, peut, au premier abord, 
paraître ou complètement inutile ou singulièrement préten- 
tieux ; en effet, de deux choses l’une : ou mon travail ne sera 
que la copie servile de celui de M. Mommsen, ou bien il 
proposera des corrections aux lectures du savant épigra- 
phiste, et, dans ces deux hypothèses, il semble que je ferais 
mieux de m’abstenir. ‘ > 

Heureusement il n’en est point ainsi. Le travail de M. 
Mommsen est certainement fort bien fait et partout où il a 
pu vérifier lui-même les monuments, il reste peu de chose à 
faire ; mais c’est le plus petit nombre qui se trouve dans ce 
cas : car il n’a pu, la plupart du temps, que proposer des le* 
çons toujours hypothétiques, sur de mauvaises lectures; il n’a 
pas pu indiquer, d’une façon précise, ce que sont devenus 
les monuments originaux : de sorte que le lecteur ne sait 
jamais si le monument existe ou s’il a été brisé, égaré, etc. 
Enfin, il n’a pas recherché, dans toute la région qu’il décrit, 
les monuments nouveaux qui ont échappé jusqu’à ce jour à 
tous les autres épigraphistes. A ce triple point de vue, mon 
travail a son utilité; c’est une monographie à côté d’un 
Corpus; ils se complètent l’un par l’autre, et l’on verra dans 
le cours ce travail que, sans me poser en correcteur du 
Corpus, j’ai pu glaner encore dans cet immense champ, 
après la grande récolte des maîtres. 


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5 < 


II 


Administration ancienne 


Les Alpes-Maritimes étaient une province procuratorienne 
équestre ; c’est-à-dire que leur gouverneur, qui avait le titre 
de procurateur d’Auguste, appartenait à l’ordre équestre, 
qu’il était chevalier romain. Une inscription dont je parlerai 
plus loin donne pourtant le de titre præfectus civitatium à 
un gouverneur des Alpes-Maritimes ; Pline mentionne aussi 
le titre de Préfet donné à un gouverneur de cette province 
Je tâcherai d’expliquer plus loin la raison de ces diverses 
dénominations. 

Tous les documents antiques que nous possédons placent 
les Alpes-Maritimes parmi les provinces de la Gaule ; le 
tableau suivant suffit pour mettre ce fait en évidence. 


DIOOESI8 VIENNEN8I8 


Manille, de Vérone 

Rnfns 

Polemlns SilTius 

HotitUDlgnltatnin 

09 Viennensis 

70 Narbonenais prima 

71 Narbonenais secunda 

72 Novem populi 

73 Aquitania prima 

74 Aquitania secunda 

75 Alpes Maritiinœ 

2 Provincia Viennensis 

3 Narbonenais 

4 Novempopulana 

5 Aquitania 

6 Aquitania 

1 Alpes Maritimes 

17 Viennensis 

18 Narbonensis l a 

19 Narbonensis 2* 

22 Novempopulana 

20 Aquitania l a 

21 Aquitania 2* 

24 Alpes Maritimæ 

Viennensis 
Narbonensis l a 
Narbonensis 2 a 
Novem populi 
Aquitania prima 
Aquitania secunda 
Alpes Maritimes 


L’on pourrait objecter à ce tableau que tous ces docu- 
ments sont de basse époque et que dans les commencements 
de l’Empire et à la fin de la République, les Alpes-Maritimes 
faisaient partie de l’Italie, puisque divers géographes ont 
considéré le Var comme la limite entre les Gaules et l’Italie; 
mais il ne faut qu’ouvrir Tacite 1 pour y trouver la preuve 


1. Tacite, liv. II, XII : Blandiebatur oœptis fortune, posaessa per mare etnavee majore 
Italien parte penitus usque ad initium Maritimarum Alpiura ; quibus aggrediendeeque pro- 
vincial Narbonensi 


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62 


évidente du contraire. Cet auteur, parlant des guerres entre 
Othon et Vitellius, s’exprime, en effet, en ces termes : « La 
« fortune favorisait ses entreprises ; sa flotte (d’Othon) l’avait 
« rendu maître de la plus grande partie de l’Italie, jusqu’au 
« pied des Alpes Maritimes. Voulant les franchir et attaquer 
« la Gaule Narbonnaise... » Dire que César, revenant d’Es- 
pagne, a licencié au Var ses légions, qu’il faut en conclure que 
l’Italie commençait là, ou autres raisons de ce genre, c’est 
vouloir quitter le terrain historique, pour ne plus s’appuyer 
que sur des conjectures plus ou moins heureuses. 

Les Alpes-Maritimes, dont l’organisation en province ro- 
maine parait remonter à l’an 740 de Rome l 2 , avaient pour 
limite, à l’est, la chaîne même des Alpes qui formaient aussi 
la limite de la Gaule. Cela ressort, ainsi que je viens de le 
démontrer, de tous les documents anciens authentiques ; et 
de ce que quelques géographes font commencer l’Italie au 
Var, .pour leur propre commodité, après avoir pris soin 
d’avertir le lecteur qu’ils s’en tiendront, dans leur descrip- 
tion, aux limites physiques sans s’occuper des limites poli- 
tiques ou ethnographiques, il ne me semble pas que l’on 
puisse rejeter ainsi les seuls documents anciens que l’on 
possède. C’est ce qu’avait pensé M. Mommsen dans son 
Mémoire sur les provinces romaines ; il change d’avis au- 
jourd’hui, mais il me permettra de ne pas le suivre dans 
cette voie *. A l’ouest, les Alpes-Maritimes s’arrêtaient à 
l’Estérel, comprenant ainsi les civitates de Vence, de Cas- 
tellane, do Glandevez et de Chorges : le Var, dans tout son 
cours, était donc compris dans les Alpes-Maritimes et nulle 
part ne leur servait de limite. La métropole des Alpes- 
Maritimes ayant été Embrun vers la fin de l’Empire, il parait 
que la limite nord touchait les Alpes Cottiennes. En somme, 
l’on peut retrouver assez exactement la figure géographique 
de l’ancienne province dans celle de l’archevêché d’ Embrun. 

1. Dion. Ca»». 54, 84 : al ”AXiteiî al ratpaôaXctaatoi £nw> Arpicnv tS>v Kou 7 )Ttôv 
xaXoautvtov IXeuôt po>ç êti xa'i tore vtaoiÆvai eSouXbtOijaav. 

2 , On trouverait peut-être une raison à cette subite évolution, en remarquant qu’entre 
les deux publications, la guerre de 1870-1871 a eu lieu. 


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— 53 


Plusieurs procurateurs des Alpes-Maritimes sont connus. 
Le corpus en mentionne six ; mais, à l’aide des rehseigne- 
ments qu’a bien voulu me communiquer M. Léon Renier et 
de mes propres recherches, j’ai complété cette liste et je 
puis citer treize noms certains, ce sont : 

1® Caius Baebius Atticus, entre les années 41 et 54 
de J.-C. 

Je le trouve mentionné dans une inscription gravée sur 
une plaque de bronze retrouvée à Zuglio .l’ancienne Julium 
Carnicum, en 1811. Plusieurs auteurs l’ont publiée, mais 
notamment Henzen ', Wilmans 1 2 3 et Mommsen s . Elle est 
ainsi conçue : 

l! BAEBIO P F • CLA 
ATTICO 

II VIR • I • D PRIMO PIL 
LEG • V • MACEDONIC • PRAEF 
CIVITATIVM • MOESIAE • ET 
TREBALLIAe prà EF • ci'VITAT 
IN ALPIBVS MARITVMIS • TR MIL COH 
VHÎ PR • PRIMO PIL • ITER PROCVRATOR 
TI CLAVDI • CAESARIS • A VG • GERMANICI 
IN NORICO 
CIVITAS 

SAEVATVM • ET • LAIANCORVM 

Caio Haebio Publii filio Claudia (tribu) Attico duum- 
viro juredicundo, primopilo legionis quintæ macedonicæ 
praefecto civitatium Mœsiæ et Treballiæ præfecto civita- 
tium in Alpibus Maritumis, tribuno militum cohortis 
octavæ prætoriæ, primipilo iterum, procuratori Tiberii 
Claudii Cæsaris Augusti Germanici in Norico, civitas 
Sævatum et Laiancorum. 

1. N’ 6938. 

2. Exempta inscrip. 1618. 

3. Corpv 8, V. 1838. 


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— 51 — 

A Caius Baebius Atticus fils de Publius de la tribu Claudia, (qui ftit) duum- 
vir rendant la justice, primipile dans la légion cinquième macédonique, préfet 
des cités on Mé-ûe et en Treballie, préfet des cités dans les Alpes-Maritimes, 
tribun militaire dans la huitième cohorte prétorienne, une seconde fois primi- 
pile et enfin procurateur de Tibère Claude Cæsar Auguste Germanique dans 
le Norique. La cité de Sævates et des Laiancores a élevé ce monument. 


Les Sævates sont assurément les mêmes que les 2tùaxt« 
de Ptolomée, qui les place dans le Norique occidental dans 
la partie nord ; on retrouve leur nom dans le Sebatum de 
l’Itinéraire d’Antonin. Quant aux Laiancores, M. Mommsen 
déclare ignorer leur situation, à moins que les AAAYNOI de 
Ptolémée ne soient ces mêmes peuples, auquel cas il fau- 
drait corriger ainsi : AAIArKOI. 

Le titre de præfectus civitatium, paraît avoir été, dans 
l’ancienneté, donné à des magistrats envoyés de Rome avec 
des pleins pouvoirs, dans une région qui n’était pas encore 
bien organisée; on ne le trouve que dans des régions monta- 
gneuses et barbares, difficiles à contenir. Les præfecti ci- 
vitatium semblent avoir eu une grande analogie avec nos 
commandants de cercles en Algérie. C’étaient probablement 
des magistrats investis d’un pouvoir absolu, qui leur permet- 
tait de contenir des pays mal soumis et prêts à saisir la 
première occasion de révolte *. Le titre de præfectus civi- 
tatium disparait d’ailleurs presque immédiatement après 
cette époque, puisque, comme nous le verrons bientôt, sous 
les règnes d’Othon ou de Galba, les Alpes-Maritimes étaient 
gouvernées par des procurateurs. Après Baebius Atticus 
nous trouvons : 

2° Egnatius Calvinus, dont Pline nous a conservé le 
nom dans les termes suivants : Visam in Alpibus a b se 
peculiarem Ægypti et ibim Egnatius Calvinus præfectus 
earum prodidit. 8 II s’agit de l’ibis noir des anciens fsco- 
lopax falcinellusj que l’on croit particulier à l’Egypte. 
Quoique l’on ne puisse pas indiquer au juste la date de la 


1. Voir Bulletin des Antiquaires de France, 1878, p. 247 sq.. la communication do 
M. Héron de Villefosso, séance du 18 décembre. 

2. Pline, Histoire naturelle , livre X. ch. lxviii. 


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55 


préfecture d’Egnatius Calvinus, je la placerais volontiers 
entre celle qui précède et celle qui va suivre, à cause de ce 
titre præfectm que nous ne retrouverons plus à partir du 
règne d’Othon. C’est donc entre les années 54 et 68 qu'elle 
peut être approximativement placée. 

H" Marius Maturus. 

Nous trouvons son nom dans Tacite 1 qui, en deux pas- 
sages différents, le mentionne comme s’opposant à la marche 
des Othoniens. C’est donc en l’année 69 de l’ère chrétienne 
qu’il faut placer sa préfecture. 

4” L. Valerius Proculus. 

Son nom nous a été conservé par l’inscription suivante : 

L • VALERIO LP- QVIR • PROCULO | PRAEF • COHORT JH! 
TRACHVM | SYRIACAE • TRIB • MILIT LEGION | IS • VII • 
CLAVDIAE • P • F idelis | PRAEF • CLASSIS ALEXANDRIN | ET • 
POTAMOIHYLACIAE PROC | AVG • ALPIVM MAR1TVMAR | 
DELECTATORI AVG • PRO cen \ sore PROVINCIAE • VLTER 
HISPAN | BAETIC • PROC PROVINC • CAP | PADOCIAE • PROC 
PROVINCIAE | ASIAE • PROC PROVINCIARVM TRIVM | Dada 
|'R • proc. a rationibus AVG | prae F • annON praef. Aegypli 
R P 1 MALACIT • PATRONO | DD • 

Cette remarquable inscription, qui a été trouvée à Malaga, 
a été déjà bien des fois publiée, notamment par Henzen *, 
Léon Renier s , Mommsen 4 , Wilmans 5 , etc. Elle doit être 
lue ainsi : Lucio Valerio Luci filio Quirina tribu Proculo, 
præfecto cohortis quartæ Trachum Syriacæ, tribuno 
militum legionis septimæ Claudiæ 6 , piæ, fidelis, præ- 
fecto classis Alexandrinæ et potamophylaciæ, procuratori 


1. Hiat. II, 12 : « Maritimas tnm Alpes tenebat procurator Marius Maturus; III. 42, 
haud procul inde, agebat Marius Alpium Maritimarum procurator. » 

2. N* 6928. 

3. Mélangea d’épigraphie , p. 86. 

4. Corpua , t. II, 1970. 

5. Exemp. 1256. 

6. La légion VII ( Uaudia . pia, felix , était cantonnée dans la Mésie supérieure. 


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56 


Augusti Alpium Maritumarum , delectatori Augusti pro- 
censore provinciæ ulterioris Hispaniæ Bæticæ, procura - 
tori provinciæ Cappadociæ , procuratori provinciæ Asiæ , 
procuratori provinciarum trium Daciarum , procuratori a 
rat ionibus Augusti , præfecto annonæ , præfecto Ægypti 
res publica Malacitorum patrono decreto decurionum. 

A Lucius Valérius Procul us fils de Lucius de la tribu de Quirina, préfet 
de la quatrième cohorte des Thraces dite Syriaque, tribun militaire de la lé- 
gion septième Claudia, pieuse, fidèle, préfet de la flotte poUftnophylacienne 
d'Alexandriç, procurateur d'Auguste dans les Alpes-Maritimes, chargé du 
recrutemént des soldats d'Auguste dans la province ultérieure d'Espagne et 
de Bétique, procurateur de la province de Cappadoce, procurateur de la pro- 
vince d'Asie, procurateur des trois provinces de Dacie, procurateur des rations 
d'Auguste, préfet de l’annone et préfet d’Egypte, la république des Malaci- 
tains, d’après un décret des Décurions. 

Nous nous trouvons ici en présence d’un haut personnage 
de Rome ; parmi les fonctions importantes qu’il avait rem- 
plies, on peut remarquer celles de Præfectus classis Alexan- 
drinæ potamophylaciæ , c’est-à-dire commandant de laflotte 
à qui était dévolue la garde du Nil, qui parcourait ce fleuve 
de son embouchure aux cataractes, recueillant les impôts, ra- 
vitaillant les stations, etc. Après quoi, il remplit les fonctions 
de procurateur des Alpes-Maritimes et fut ensuite nommé 
délectateur ou chargé du recrutement en Espagne, et, après 
avoir rempli diverses magistratures intermédiaires, il fut en- 
fin nommé præfectus annonæ. Grâce à une inscription de 
Rome, nous connaissons la date de cette préfecture Lucius 
Valérius Proculus fut préfet de l’annone sous Antonin le 
Pieux en 1 44; ce qui, en comptant en moyenne deux ans pour 
chacune des magistratures qu’il avait remplies, ferait remon- 
ter vers l’année 130 l’époque où il fut procurateur des Alpes- 
Maritimes. Une autre inscription de Malaga, nous fait savoir 
qu’il fut ensuite nommé préfet d’Egypte 8 , ce qui était une 
des plus hautes dignités de l’empire ; et c’est probablement 
à la suite de cette nomination, que Malaga lui éleva ce mo- 
nument. 

1. Corp. VI, 1002. 

î. Corp. II, 1971. 


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57 


5° C. Iunius Flavianus. 

C’est encore une inscription qui nous a conservé le nom 
de ce fonctionnaire ; elle se trouve à Rome, et n’est plus en- 
tière aujourd’hui : mais les parties qui restent concordent par- 
faitement avec les anciennes lectures. Elle est ainsi conçue : 


C • IVNIO -CF- QVIR | FLAVIANO | PRAEFECTO ANNONAE | 
PROC • A • RATIONIBVS PROC 1 PROVINCIARVM LVGDVNESIS | 
ET • AQVITANICAE • PROC • HEREDITAT | PROC • H1SPANIAE 
CITERIORIS | PER ASTVRICAM • ET • GALLAECIAM | PROC 
ALPIVM MAR1TIMARVM | PROMAGISTRO • XX HEREDITATIVM 
I TR • MIL • LEG VII • GEM • PONTIF • MINORI | MERCATORES . 
FRVMENTARI | ET OLEARI • AFRARI 


Caio Junio Caii filio Quirina tribu Flaviano præfecto 
a nnonæ, procuratori a rationibus, procuratori provin- 
ciarum Lugdunensis et Aquitanicre, procuratori Heredi- 
tatis ( Augusli ), procuratori Hispaniæ citerioris per As- 
turicam et Gallæciam, procuratori Alpium Maritimarum 
pro magistro vigesimæ hércditatium, tribuno militum le- 
gionis septimæ geminæ *, pontifici minnri. Mercatores 
frumentarii et olearii Afrari. 


A Caius Junius Flavianus fils de Caius, qui appartient à la tribu Quirina, 
préfet de l'annone, procurateur des rations, procurateur des provinces Lyon- 
naise et Aquitaine, procurateur de l'hérédité d'Auguste, procurateur de l'Es- 
pagne citérieure de l’Asturie èt de la Gallice, procurateur des Alpes-Maritimes 
chargé de lever le vingtième sur les successions, tribun de la légion Vll me 
gemina, pontife mineur. Les marchands de froment et d'huile commerçant 
avec l’Afrique. 

On remarquera que, dans cette inscription, les fonctions 
remplies par ce personnage, sont mentionnées dans l’ordre 
inverse, c’est-à-dire que sa dernière fonction est mentionnée 
la première, tandis qu’au contraire la première est nommée 
la dernière ; ce mode est aussi usité que l’autre. Ce person- 
nage qui certainement appartenait à l’ordre équestre, avait 


1. La légion VU* gemina était cantonnée en Espagne. 


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58 


commencé par être pontife mineur à Rome, après quoi il 
débuta dans la carrière militaire en prenant d’emblée le 
grade de tribun dans la septième légion; il fut ensuite nommé 
percepteur du vingtième sur les successions, impôt qui avait 
été institué pour remplacer le service militaire ; puis pro- 
curateur des Alpes-Maritimes, qui étaient une petite pro- 
vince. Il passa de là dans l’Espagne citérieure, l’Asturie et la 
Gallice; après quoi, il fut chargé de s’occuper des successions 
d’Auguste et de l’administration de son patrimoine. L’on 
sait en effet que de nombreux citoyens, pour une raison ou 
pour l’autre, laissaient leurs biens à l’empereur : il fallait des 
officiers chargés de recueillir ces successions et de les faire 
passer dans le domaine impérial ; c’étaient les procurateurs 
de l’Hérédité, ils avaient sous leur ordre les exacteurs de 
l’Hérédité, qui étaient ordinairement des esclaves ; car on 
tenait à pouvoir leur appliquer la torture au cas ou leur 
charge aurait été malhonnêtement remplie, et la torture ne 
pouvait s’appliquer qu’à des esclaves. Après avoir rempli ces 
fonctions, Caï us Junius fut nommé procurateur des provinces 
Lyonnaise et Aquitaine ; après quoi il devint procurateur 
aux rations et préfet de l’annone, ce qui était une très-haute 
charge. 

Le titre de procurator a rationibus n’est pas antérieur à 
Hadrien, et la mention de l’Asturie et de la Gallice indique 
d’une façon précise une époque antérieure aux Antonins ; je 
placerai donc, sans plus préciser, cette préfecture à la suite 
de celle de Valérius Proculus. 


6 ° 

L’inscription qui relate cette préfecture est malheureuse- 
ment brisée dans son sommet, de façon que le nom du per- 
sonnage est perdu; mais nous savons quelles fonctions il avait 
remplies et l’époque à laquelle il fut procurateur des Alpes- 
Maritimes. Elle a été trouvée récemment à Ephèse *. 


1. Corput. III, 2. 


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59 


S PROC Augg. | nostrOR • ITEM PRAE sidi | Alpiuft 

COTTIAR • ET • MAn7 • praef | veAicVLATIONIS • PANNOnmae 
utriuSQ • ET • MOES1AE • SVP erioris \ et NORICI • PRAEF AL • PR * 
Asturum trHB • LEG • XI • CL • ADVOC • Yisci co | miti Fulvii 
Plautiani pr • pr. j c V • AD • FINIS • DOMINOrwm | nos/rORVM • 
AVGVSTORum | ZyCVS • AVGVSTOrum | ser aDIVTOR TABUL- 
PR ov • Asiae | OR • ARK MAG O | 

S. procuratori Augustorum nostrorum,item præ - 

sidi Alpium Cottiarum et Maritimai'um, præfecto vehi - 
culationis Pannoniæ utriusque et Mœsiæ superioris et 
Norici , præfecto Alæ primæ Asturum, tribuno legionis 
undecimæ Claudiæ l , advocato fisci, comili ( C J Fulvii 
Plautiani præfecti prætoriæ viri clarissimi ad finis do - 
minorum noslrorum Augustorum . Lycus , Augustorum 
servus, adjutor , tabularius , provinciæ Asiæ .... or ark.... 
Mag.... O... 


S. procurateur de nos Augustes et prœses des Alpes Cottienn'es et Mar 

ritimes, préfet des convois de Pannonie, de Mésie supérieure et du Norique, 
préfet de l’aile première des Asturiens, tribun de la onzième légion Claudia, 
appelé au fisc, compagnon de Caïus Fulvius Plautianns, préfet du prétoire, 
homme clarissime aux frontières de nos Augustes. Lycus, esclave des Augus- 
tes, aide percepteur de la province d'Asie 

La chute de Plautien, beau-père de Caracalla, ayant eu 
lieu en 203, c’est antérieurement à cette date que cette ins- 
cription a été gravée et que le gouverneur des Alpes-Mari- 
times, dont le nom nous manque, a occupé sa charge ; nous 
savons seulement de lui qu’il était un ami de Plautien et 
c’est probablement à la protection de ce parvenu, qui fut 
tout-puissant à Rome, qu’il dut sa fortune rapide. La puis- 
sance de Plautien fut telle, qu’il obtint un second consulat, 
sans avoir jamais occupé cette magistrature une première 
fois, afin de contenter son amour-propre, en mettant dans 
son cursus honorum COS.II au lieu de COS. 

L’inscription a été élevée au procurateur inconnu , par 
Lycus, qui était esclave d’Auguste : ce qui nous permet de 


1. La légion XI CloudUo. était cantonnée danala Mésie inférieure 


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60 


constater une fois de plus que les employés au fisc étaient 
des esclaves. 

Les præfecti vehiculationis étaient chargés d’organiser 
et d’assurer le service des convois dans les provinces. 

7° Julius Honoratus. 

Nous connaissons le nom de ce procurateur des Alpes- 
Maritimes par deux inscriptions de ce département, que 
j’ai publiées dans la première partie de ce livre sous les nu- 
méros 3 et 62. La première, qui se trouve à Vence, nous ap- 
prend qu’il procéda comme procurateur à la dédicace d’un 
temple en cette ville ; la seconde nous le montre s’occupant 
de restaurer la voie de Vintium à Snlinium vers l’année 
213. 

8° Tiberius Claudius Demetrius. 

Nous le connaissons par une inscription de Cimiez que le 
lecteur trouvera plus loin ; il y est qualifié de vir egregius 
procurator Augustorum nostrorum item ducenarius epi- 
scepseos choræ inferioris. Je donnerai, en rapportant cette 
inscription, les explications de ces divers titres. Je ne re- 
tiens pour l’instant que celui de procurator Augustorum 
nostrorum, qui doit se rapporter à Valérien et Gallien : ce 
serait donc entre 253 et 260 qu’il faudrait placer la magistra- 
ture de Tibérius Claudius. 

9° Annius Rufinus. 

Nous le trouvons mentionné dans une inscription de Chor- 
ges en Dauphiné, l’ancienne civitas Rigomagensium des 
Alpes-Maritimes, inscription qui a été publiéè bien des fois 
déjà, mais notamment par Gruter, Spon et Bourquelot. La 
voici telle que la donne Bourquelot : 

PIO • PRINCIPI | INVICTO • AVGVSTO | RESTITUTORI • ORBIS | 
PR0V1DENTISSIM0 RETRO PRINCIPVM • AC ' SVPER | OMNES 
FORTISSIMO 1 ANNIVS RVFINVS VE- PROCVRATORI 
ALPIVM MARITIMARVM DETOTVS | NVMINI MAIESTATIQÜE 

• EIVS • 


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64 


Les titres de pius princeps, restitutor orbis providen- 
tissimus, indiquent clairement que l’inscription est dédiée à 
Aurélien ; c’est donc, entre les années 270 et 275 qu’il con- 
vient de placer la magistrature d’Annius Rufinus. Le lieu 
où cette inscription a été trouvée, semblerait indiquer que 
c’est vers cette époque que la métropole des Alpes-Mariti- 
mes a été transportée à Embrun. 

Ce sont là les seuls procurateurs dont nous puissions fixer 
par à peu près les dates ; ceux qui vont suivre ont pu exercer 
leur magistrature avant, comme après ceux que je viens de 
citer, ce sont d’abord : 

10° Marcus Aureuus Masculus, 

Que nous fait connaître une inscription de Cimiez, que le 
lecteur trouvera plus loin ; il y est qualifié de patronus et 
de vir egregius. Les trois collèges de Cimiez lui élèvent un 
monument à l’issue de-sa magistrature, pour le remercier de 
son intégrité, de sa bonté envers tous les habitants et de sa 
munificence, à propos de la réparation d’un aqueduc tom- 
bant de vétusté. C’est une des inscriptions de Cimiez qui 
prouvent que la métropole de la province se trouvait pri- 
mitivement dans cette ville. Elle parait donc antérieure à 
celle d’Annius Rufinus. Je la crois pourtant postérieure aux 
Antonins, car la réparation des bains a dû coïncider avec la 
reconstruction de l’aqueduc, et nous connaissons de source 
certaine l’époque où les bains de Cimiez ont été réparés. 
C’est donc vers le milieu du troisième siècle qu’il faut pro- 
bablement placer cette magistrature. 

11° Publius Ælius Severinus, 

Que nous retrouvons aussi dans une inscription de Cimiez, 
où il est qualifié de vir egregius et de presses. Nous n’avons 
absolument rien qui nous indique la date approximative de 
la magistrature de Publius Ælius Severinus, sinon qu'ayant 
été trouvé à Cimiez, le monument est certainement antérieur 
au transfert de la métropole à Embrun : si donc, je ne me 
suis pas trompé dans ma conjecture, si c’est dans la seconde 


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62 


moitié du troisième siècle que ce transfert a été fait, le mo- 
nument. est antérieur à cette époque. 

12° Marcus Julius Ligurus, 

Nous est connu, par une inscription bilingue de file 
Sainte-Marguerite. Je l’ai publiée dans la première partie 
de ce travail sous le n° 132 ; Marcus Julius Ligurus y est 
qualifié de procurator augusti, par son esclave Agathocles 
qui a fait un vœu au dieu Pan pour le rétablissement de sa 
santé. Il m’est absolument impossible de rien dire sur l’épo- 
que de sa magistrature ; car , l’on comprendra très-bien 
qu’un vœu fait dans l’ile Sainte-Marguerite au dieu Pan, 
qui y avait probablement un temple, n’implique en rien le 
séjour du procurateur à Cimiez ou à Embrun. 

13- 

Enfin, une inscription de Lyon rapportée par Gruter et 
M. de Boissieu, ne porte plus que les lettres suivantes : 

/ ET GALLEC • PROc 

Alpium MARITIMARVM PROC • X • | iriB 

LEG VII • G em | . . .provinciæ fuGVDVNENSIS 

Je serais tenté de rapporter à Caïus Julius Flavianus, cité 
plus haut, ce fragment d’inscription. Nous savons, en effet, 
qu’il fut tribun de la septième légion Gemina, vice-président 
du vingtième sur les successions, préfet des Alpes-Mariti- 
mes, délectateur d’Auguste en Espagne et notamment en 
Gallice etp ocurateur de la province Lyonnaise. Nous trou- 
vons dans le fragment de Lyon bien des points qui paraissent 
se rapprocher de l’inscription de Rome; aussi est-ce sous 
toutes réserves que j’ai mis un numéro à ce monument *. 

14° Lucius Dudistius Novaxus. 


1. M. Ail mer, qui vient de publier cette inscription dans sa Reçue Épigraphique. 
est aussi de cet avis. 


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63 


15° Et Aurelius Saturninus, qui tous deux furent pro- 
curateurs dans les Alpes Cottiennes, ne se rattachent que 
de loin à notre province, qui a parfois été réunie aux Alpes 
Cottiennes, ainsi que le prouve l’inscription que j’ai citée au 
numéro 6 de ce catalogue. 

Les inscriptions font encore mention de flamines de la 
province, ce qui implique l’existence d’un temple provincial 
à la métropole ; or, comme les textes qui mentionnent cette 
dignité ont été trouvés à Cimiez, il s’ensuit que Cimiez > était 
bien la métropole de la province. J’entrerai dans de plus 
grands détails à ce sujet en commentant les inscriptions qui 
mentionnent ces dignités. On trouve aussi à Cimiez des viri 
eÿregii, des putroni et de nombreux collèges. 


III 


DUcuulon sur le* ville* ou lieux mentionné* 
par le* auteur* ancien* 


§ i 

VILLES ET PORTS DE LA CÔTE 

En partant du Var, pour se diriger vers l’Italie, Nicæa. 
était la première ville que l’on rencontrait. C’était une colo- 
nie marseillaise : Etienne de Byzance 1 est formel à ce sujet: 
Ntxata Ks/tix^ç Maaa’aAioTwv îzotxoç, « Nice, ville de lu G mile, co- 
lonie de Marseille. » Ce qui, une fois de plus, prouve que, 
pour les géographes anciens, le territoire de Nice se trouvait 
dans les Gaules. Strabon 2 3 , nous dit qu’elle fut fondée par 
les Marseillais, pour l’opposer aux Salyens et aux Ligures 

des Alpes : xat t/)V ’OXêtav xat 'AvwroXiv xal Ntxatav TW TWV SaXuwv 
î8v*i xat roïç Alywji toîç ri; ‘AXratç oixoùiiv , Pline 8 dit : NiciSSL , Op- 


1. Et. de Byiance. 

2. Strabo lib. IV, cap. i. 5 . 

3. Pline III, v, 47. 


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64 


pidum a Massiliensibus conditum; Ptolomée 1 : N6wt« 
MœreaWGv, Nice des Marseillais. 

L’Epitome de Tite-Live 8 dit : Transalpinos Ligures qui 
Massiliensium oppida Antipolim et Nicæam vastabant. 
Ammien Marcellin 3 , dans sa description de la Gaule, s’ex- 
prime en ces termes : llis prope Salluvii sunt et Nicæa et 
Antipolis insulæque Stœchades; ce qui démontre bien que 
pour cet auteur, comme pour tous les autres, les Alpes-Ma- 
ritimes se trouvaient dans les Gaules ; et, comme le fait re- 
marquer M. Desjardins 4 , s’il oublie de citer cette province 
dans sa liste, c’est par suite d’une simple omission : car elle 
figure dans la liste de Vérone, qui est antérieure de près 
d’un siècle à Ammien Marcellin. L’itinéraire maritime 
d’Antonin décrit ainsi la côte entre le Var et la Roya 5 . 

Ab Albintimilio Hercle Manico portus ... M. P. XVI 


Ab Hercle Manico Avisione portus M. P. XXII 

Ab Avisione Anaone portus M. P. IIII 

Ab Anaone ad Olivulam portus M. P. XII 

Ab Olivula Niciam plagia M. P. V 


Je démontrerai plus ioin que ces distances doivent être 
corrigées ; je ne retiens pour le moment que le nom de Nicia. 
Pomponius Mêla 8 , dans la description de la Gaule Nar- 
bonnaise, dit : Nicæa tangit Alpes. 

Fondée par les Marseillais pour assurer leur commerce, 
Nice n’eut jamais une grande importance. De son histoire 
avant la conquête romaine nous ne savons rien, sinon qu’elle 
fut assiégée par les Décéates et les Oxybiens en même 
temps qu’ Antibes. Pendant la domination romaine, son im- 
portance diminua encore, à cause du voisinage de Cimiez ; 
si bien que, dans les premiers siècles de l’ère chrétienne, on 
ne la trouve plus nommée autrement que Portu Nicæno et 

1. Ptolémée III, i, 3. 

S. Epit. TU. Liv. XI.VII. 

3. Ammien Marcel. XV, xi, 15. 

4. Qiogr . de la Gaule, t. II, p. 180. 

5. Itin. (Ed. G. Porthay et'M. Pinder, in-8^» P- 246, n*' 503, 504. 

0. Pomp. Mel. De SU. Orb. II, 76. 


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65 


Castellum N icæensis- 1 . Mais à partir de la destruction de Ci- 
miez, elle reprend promptement son importance, devient le 
siège incontesté d’un évêché, et, grâce à sa position unique 
au milieu d’une des plus belles contrées des Gaules, grâce 
à l’azur sans égal de son ciel, grâce surtout à la clémence 
incomparable de son climat, elle se développe progressive- 
ment à travers les siècles, jusqu’à ce qu’enfin elle soit de- 
venue de nos jours, la coquette cité des fleurs et des palmiers, 
la reine incontestée des villes de saison de la Méditerranée, 
dont les flots bleus reflètent les superbes villas et les magni- 
fiques jardins, qui nous font songer aux villas et aux jardins 
des environs de Rome. 

Même après l’organisation des Alpes-Maritimes en pro- 
vince, Nice conserva une sorte d’autonomie : sous la domi- 
nation marseillaise et jusqu’à la fin du deuxième siècle, tous 
ses magistrats furent exclusivement grecs ou plutôt massa- 
liotes; mais pendant le courant du troisième siècle, les Ro- 
. mains s’emparèrent peu à.peu de cette administration, qui les 
gênait. Ce fut d’abord sous forme de protectorat que se fit 
cette usurpation : les magistrats romains y prennent le nom 
des anciens magistrats grecs, pour ne pas froisser ouverte- 
ment le sentiment des populations : c’est ainsi que nous ver- 
rons un procurateur des Alpes-Maritimes s’intituler Epis- 
cepseos churœ inferioris, en latinisant les termes grecs que 
ces peuples comprenaient seuls. 

La puissance de Marseille était alors dans son déclin. 
L’astre de l’Athènes des Gaules, qui avait inquiété Carthage 
et dont Rome avait recherché l’alliance , était près de 
s’éteindre ; et son autorité sur ses colonies était si faible, 
qu’il est facile de comprendre qu’un pouvoir voisin, à son 
apogée, profitant de l’impuissance de la métropole à défendre 
ses colonies, ait pu se substituer peu à peu, sans violence, à 
la domination massaliote. 

L’on sait, en effet, que Marseille, tout en conservant une 
grande indépendance dans son administration, n'avait plus, 


1. Mansi Coll . Concit. Il, 476 et le même auteur Litt. Con. VII, 930. 


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66 


à cette époque, qu’une apparence d’indépendance politique, 
quelle ne devait, d’ailleurs, pas garder longtemps encore ; 
puisque, pendant le quatrième siècle, la Notice des provinces 
nous apprend que l’antique cité phocéenne n’était plus qu’une 
simple cioitas de la province viennoise. 

La ville ancienne était construite entre l’embouchure 
actuelle du Paillon et le monticule du Château ; c’est sur la 
plage où l’on voit aujourd’hui les Ponchettes que les anciens 
tiraient leurs navires. Le Paillon avait alors son embouchure 
dans le port actuel qui formait un estuaire profond, et la ville 
était traversée par une voie, la voie Aurélienne, sur le par- 
cours de laquelle l’on a retrouvé de nombreuses tombes et 
tout dernièrement une inscription funéraire qui est aujour- 
d’hui dans le local de la Société des Lettres, Sciences et 
Arts de cette ville. 

On n’y a trouvé aucun monument de l’époque romaine, 
tandis que Cimiez nous montre ses thermes, son amphi- 
théâtre, ses aqueducs et ses temples. Le sol de Nice est 
resté muet ; et, à l'exception de quelques tombes qui, je l’ai 
dit, bordaient la voie, l’on n’a trouvé que de rares monnaies 
impériales et des fragments informes de poterie. 

Cette absence de monuments publics vient bien à l’appui 
de l’opinion que j’émettais, en commençant, sur la médiocre 
importance de Nice à l’époque romaine. C’était un comptoir 
commercial, mais la vraie ville était Cimiez. 

Ap rès Nicæa l’Itinéraire maritime d’Antonin mentionne 
Olivula à sept milles de Nice, tandis que Ptolémée nomme 
un ’HpotxXéouç Xvpirjv que quelques géographes placent dans la 
rade de Villefranche ; c’est là une erreur, due à une 
incorretion du texte de Ptolémée, ainsi que je l’ai démontré 
dans une communication faite à l’Académie des Inscriptions. 
La rade de Villefranche était occupée par Olivula et je dé- 
montrerai, en parlant de Monaco, que le portus lierculis ne 
peut pas être différencié du portus lierculis Monæci. 

C’est ce qu’ont pensé nombre de géographes anciens, au 
nombre desquels il faut citer Cluvier \ dont les oeuvres sont, 

1. Cluverius, liai, ant t. I, p. 63 et suiv 


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67 


à juste titre, si estimées des géographes, et notre grand 
maître à tous, d’Anville 1 2 : Bouche 8 partage aussi cette 
manière de voir, quoique Walckenaer 3 lui fasse dire le con- 
traire dans son ouvrage ; et ce n’est pas sans surprise qu’a- 
près avoir lu dans le tome II, page 10.6 de la Géographie 
ancienne des Gaules, que Bouche distinguait le portus 
llerculis du portus Monæci, j’ai pu lire tome I, page 155 
de Y Histoire de Provence de Bouche les lignes suivantes : 
« Mais certes, Strabon explique si clairement que portus 
» llerculis Monæci est Mourguez (Monaco), que quand il 
» reviendroit en vie et le montreroit au doigt, il ne le dé- 
» signeroit pas plus précisément qu’il le fait on ses écrits ; » 
et, plus loin, parlant de Villefranche : « Car dire qu’elle 
» soit portus llerculis comme le veut le sus allégué Ioffred 
» (Gioffredo) c’est ce que nous avons réfuté un peu aupara- 
« vant. » Si ce sont là les auteurs sur lesquels s’appuie 
Walkenaer pour étayer son opinion, il faut avouer qu’il 
se contente de peu. 

Gioffredo 4 , qui le premier a fait la distinction du port 
d’ Hercule et du port de Monaco, je dis le premier (car Ric- 
cioli 5 , qui l’avait écrit avant lui, n’avait appuyé son opinion 
d’aucune raison et son travail est bien plutôt une étude hy- 
drographique et commerciale, qu’une étude géographique et 
surtout archéologique}:Gioffredo, dis-jc, n’appuie son raison- 
nement que sur des preuves négatives sans en citer aucune 
de positive: dans sa Chorographic,' ne sachant où placer 
Olivula de l’Itinéraire d’Antonin, puisqu’il assigne le port 
d’Hercule à Villefranche, il propose de le mettre au petit port 
de Saint-Jean ; recherchant ensuite où pouvaient être situés 
les ports d'Anao et d 'Avisio, il indique pour l’un, lô port 
d’Avisio, la cale Saint-Laurent, et pour l’autre une anse du 
cap Male, qui, dit-il, se trouve à l’orient du cap d’Aille ; 
ce qui est inacceptable pour deux raisons principales :1a pre- 


1. D’Ànvilie, Notice de la Gaule , p. 372. 

2. Bouche, Hist, de Prov t. I, Chorogr. p. 155. 

3. Walkenaer, Géographie ancienne des Gaules, t II, p. 106. note. 

i. Gioff. Storia delle Alpi maritllme , p. 119 sq. 

5. Riccioli, Géogr. riffor,. liv. X, cap. x. 


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68 


mièro c’est que le cap Male est à l’occident du cap d’ Aille, et 
la seconde que le port d’Anao était situé avant celui d’ A Visio. 
Mais la raison principale qui doit faire rejeter absolument 
l’opinion des auteurs qui placent le port d’Hercule à Ville- 
franche, consiste dans la preuve indéniable, que nous four- 
nissent diverses chartes, de l’identité d’Olivula et de Ville- 
franche : nous trouvons en effet dans une donation de la 
chapelle de Saint-Etienne-de-Cortone, faite par l’évêque 
Arnaud au chapitre de Nice, les mots suivants : « Ecclesiam 
beati martyris Stephani, quæ sita est juxta portum Olivi. » 
Or, cette chapelle touche Villefranche ; et la charte de do- 
nation est datée de l’an 1151. 

Cent quarante-quatre ans plus tard, Charles II d’Anjou, 
comte de Provence, voulant forcer les habitants de l’antique 
Olivula (alors détruite) qui s’étaient disséminés sur les riva- 
ges de la rade actuelle de Villefranche et s’y livraient à des 
actes de piraterie, à revenir habiter au.fpnd de la baie, sur 
l’emplacement même' d’Olivula, s’exprimait en ces termes : 
« In portu ipso (Olivulæ sive Olivi) villam de novo constitui 
vocandam de cetero Villamfrancam et fabricari decemimus, 
ad cujus villæ hahitationem hominum et personarum castri 
de Monte Olivi et ejus territorio incolatum transferri volu- 
mus... Datum Brinoniæ anno Domini millesimo ducentesimo 
nonagesimo quinto, die décima Augusti, indicione octava. » 
Cette précieuse charte est conservée aux archives municipa- 
les de Nice ; je l’ai vue et lue en entier, et j’ai collationné 
sur l’original le passage précédent cité par Carlone *. 

Le port de Villefranche conserva encore longtemps le nom 
de Port-Olive, puisque, près de cent ans après, nous lisons 
dans la relation du voyage de Grégoire XI d’Avignon à 
Rome, en 1376 : Villamfrancam sive portus Olivæ intravi- 
mus. » Il est donc impossible de placer Olivula autre part 
que dans la rade de Villefranche. Il est vrai que la distance 
donnée par l’Itinéraire n’est pas absolument exacte ; mais, 
outre qu’il est très-rare de voir concorder les mesures des 


7. Carlone, Vestig êpig. de la dom. gr.. >/ tassai . el rom , p. 16. 


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69 


itinéraires avec celles qui sont prises directement sur le 
terrain , la différence est ici de peu de chose ; car on 
compte, de Nice à Villefranche, quatre milles en suivant les 
sinuosités de la côte, et l’Linéraire en donne cinq de Nice à 
Olivula ; et si, comme cela est possible, l’ancien estuaire du 
Paillon s’enfonçait dans l’intérieur des terres d’un demi- 
mille plus avant qu’ aujourd’hui, les distances seraient abso- 
lument conformes. 

Il n’y a donc pas à rechercher ailleurs la position de ce 
port. 

Après Olivula, l’Itinéraire nomme le port d’Anao. D 'Oli- 
vula aa Portus Anaonis, l’Itinéraire marque xii milles, chif- 
fre évidemment altéré par les copistes, qui nous conduirait 
à un mille de Monaco, au-delà du cap d’ Aille sur le point le 
plus abrupt et le plus dangereux de la côte. Il faut donc, de 
toute nécessité, corriger ce chiffre ; la correction la plus 
simple est de considérer l’x comme un v, ce qui change le 
chiffre xii en vu : à l’aide de cette légère correction, nous 
sommes amenés au petit port de Saint-Jean, où l’on a re- 
trouvé, non-seulement des tombes et des objets romains, 
mais des citernes et des caveaux de construction romaine. 
C’est, d’ailleurs, le seul point do la côte qui, jusqu’à la cale de 
Saint-Laurent, mérite le nom de port; c’est ce qui avait 
décidé Cluvier 1 2 et d’ Anville * à se rallier à cette opinion, 
que partagea Bouche 3 . Gioffredo lui-même reconnaît l’exis- 
tence du port, mais il y place Olivula 4 . M. Brun 5 a proposé 
l’anse de Beaulieu , après avoir, comme Gioffredo, placé Oli- 
vula à Saint-Jean : pour appuyer cette opinion, il propose de 
supprimer la dizaine que marque l’Itinéraire et de ne comp- 
ter que il milles entre Olivula et Anao. Cette correction ne 
me paraît pas acceptable, car il n’est pas possible d’admet- 
tre qu’Olivula ait été placée autre part qu’à Villefranche. Il 
est vrai que l’on rencontre à Beaulieu des tombes romaines 

1. Italia an tiqua. 

2. Notic. de la Gaule p. 64. 

3. Hisl. de Prov. p. * 

4. Stor. delle Alp. Marit. p. 

5. Rect. de Vit. Marit . etc. p. 5 du tirage à part. 

5. 


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I 


70 


et quelques débris de poterie, ce qui a pu persuader à quel- 
ques archéologues que ce lieu a été habité autrefois ; mais 
les traces qu’on relève à Beaulieu ne sont que celles de la 
voie romaine qui y passait : on y trouve simplement ces res- 
tes de tombes que l’on rencontre toujours le long des voies 
romaines, principalement aux environs des centres habités. 

Après Anao, l’Itinéraire nomme Ayisio. D'AnaokAvisio, 
il indique quatre milles ; cette distance nous conduit au port 
dit Cale de Saint-Laurent : c’est la seule baie qui puisse être 
regardée comme un port, entre Olivula et Monaco. C’est à 
ce point que l’on a retrouvé d’anciens vestiges d'habitations 
romaines. Une voie très ancienne, se dirigeant sur la Turbie, 
y a été reconnue par M. Brun; une autre voie remonte di- 
rectement à Eze, dont le nom ancien Fria parait être la cor- 
ruption du nom romain d ’Avisio ; on y voit une inscription 
romaine et un caslrum liguro-romain, où la Société des scien- 
ces, lettres et arts de Nice a fait opérer des fouilles qui ont 
rapporté une foule d’objets de toilette et de ménage. C’est 
tout près de ce castrum que se trouvait l’inscription mili- 
taire qui est actuellement à Nice dans le local de la Société. 
Fodéré pensait que cette anse avait dû être un port dans 
l’antiquité et c’est sur ce point que, pendant les travaux de 
construction du chemin de fer de Nice à Monaco, se faisaient 
les débarquements de matériaux et d’approvisionnements 
nécessaires à la construction, si pénible, de cette difficile 
voie. Ces diverses raisons me font adopter l’opinion de Clu- 
vier, d’Anville, Bouche, Gioffredo, Carlone et M. Brun, qui 
y ont reconnu le port antique d ’Avisio. Walkenaer y place 
le Portus Herculis de Ptolémée; M. Mommsen a adopté 
cette manière de voir et dans sa carte antique il place, avec 
doute, le Portus Herculis à la cale Saint-Laurent. Il est 
vrai que, dans son commentaire, il est moins explicite et dit 
simplement que le port d’ Hercule est placé entre la pointe de 
Villefranche et Monaco. Cette opinion, peu soutenable, tient 
à ce que cet auteur n’a pas admis l'erreur de Ptolémée, 
•qu’il lui faut donc placer, entre Monaco et Villefranche, un 
port de plus qu’il n’y en avait le long de la côte, et qu’il lui 


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— 7 « — 

a paru que la cale Saint-Laurent était le meilleur port com- 
pris dans cet intervalle. Tout ce raisonnement tombe de lui- 
même, s’il est prouvé que Ptolémée a fait à tort la distinc- 
tion du port d’ Hercule et du port de Monaco : c’est ce que 
je vais tâcher de faire. 

Après Avisio, l’Itinéraire nomme le port d’Hercule Mo- 
naco. La distance, qu’il«indique entre ces deux localités est 
de xxii milles ; ce qui nous conduirait au-delà de Vintimille. 
Il faut donc nécessairement corriger cette distance et comme 
nous ne trouvons entre l’anse de Saint-Laurent et le port de 
Monaco, que m milles ou au maximum m milles et demi, je 
n’admets que les chiffres m ou un comme possibles. 

Ainsi que je l’ai déjà dit, plusieurs auteurs anciens et moder- 
nes ont voulu distinguer le port d’Hercule du port de Monaco. 
Dans une communication faite à l’Académie des Inscriptions 
et Belles-lettres, j’ai démontré l’erreur de Ptolémée à ce su- 
jet : je ne crois pas pouvoir mieux faire que d’emprunter à ce 
travail lés arguments que j’ai fait valoir à l’appui de ma 
thèse, qui a été bien accueillie par la plupart des membres de 
cette savante compagnie. Ce mémoire a été inséré dans le 
Bulletin trimestriel de l’Académie '. 

« Plusieurs auteurs anciens nous ont laissé des descrip- 
tions de la côte entre le Var et la Roya ; Strabon, Pline, 
Ptolémée et l’Itinéraire d’Antonin nous fournissent des tex- 
tes précis, qui ne nous permettraient aucun doute sur la po- 
sition respective des ports mentionnés par ces divers au- 
teurs, si une erreur, manifeste à mon avis, fortuitement 
introduite dans le texte de Ptolémée, n’avait entraîné dans 
une fausse voie quelques bons esprits au moyen âge et, de 
nos jours, deux de nos maîtres les plus accrédités , MM. 
Mommsen et Em. Desjardins. » 

« Répondant aux dires d’écrivains aussi autorisés, je dois 
m’entourer de toutes les preuves que vont me fournir les 
textes anciens, les écrits de nos meilleurs géographes et, en 
fin de compte, l’étude topographique de la contrée. » 


1 . Bull, de l'Ac. de» Juter, et Bellee-teltre #, 1879, janvier à mars. 


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72 


« Strabon *, qui étudie la côte de l’ouest à l’est, nous in- 
dique, après Antibes, le Var, Nice et Monaco qui, dit-il, se 
trouve à 480 stades d’Albenga (Album IngaunumJ et à 200 
stades d’Antibes *, et entre les deux, la grande ville de Vin- 
timille (Album Vntimilium). » 

« Pline 1 2 3 entre dans de plus grands détails : « Igitur, dit- 
il, ab amne Varo Nicæa a Massiliensibus conditum, fluvius 
Palo, Alpes, populique inalpini multis nominibus sed maxime 
Capillati, oppido Vediantiorum, civitatis Cemenilo, portus 
Herculis Monœci, Ligustica ora flumen Rutuba, oppi- 

dum Albium Intemelium... etc. » 

« Ce qui, sans aucun doute, nous désigne le Var, Nice, 
le Paillon, le port d’ Hercule Monœcus, la Roya et Vinti- 
mille... » 

« Au premier abord, pour celui qui connaît la côte, ce 
texte semble contenir deux erreurs ; la première qui consiste 
à placer Nice avant le Paillon, et la seconde, à nommer de 
même la Roya avant Vintimille. » 

« Mais des études géologiques attentives m’ont permis de 
constater qu’ autrefois le Paillon avait son embouchure dans 
le port actuel de Nice, et que, par conséquent, comme l’on 
sait que Nicæa se trouvait au pied de la falaise du Château, 
sur l’emplacement occupé aujourd’hui par les Ponchettes, le 
tribunal, la préfecture, etc., le Paillon se trouvait au-delà de 
Nice. En outre des données géologiques absolument certai- 
nes sur lesquelles je m’appuie, nous savons que le port de 
Nice, anciennement nommé Lympia (peut-être du grec Aot|xôç 
ou Aû(*ii), était, au commencement du moyen âge, un cloa- 
que malsain, et que c’est aux travaux accomplis, d’abord 
sous les comtes de Provence et plus tard sous les ducs de 


1. Strab.,iv, i, 9: ’AvwtoXiv x«l Nîxatav... 6 Oüapoç uttroç èm Trjç ’Av- 

titcoXhoç xai Nixataç. . . id. iv, vi, 1 : AXël'n'auvov IvtïuOtv 8 k tlç Movotxou 

Aifieva Tcrpotxômoi xoti ârSo^xovrot, ïv t* t w |uto$ roXt; ïù[Arr&7); ’AA&ov 
’Ivrt|xûiov... «te. 

2 . Strab , IV, ti, 3 : St£x*i (Movotxoc) 8’ ’AvtmcôXmm ijuxpû 7tXt£ouç î| Sizxoovxk 
T raSi'ou;. 

3. Pline Hist. nat.. III, v. 7, 47. Ed. Lngd. J en. Lipel», 1878, in-8* 


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73 


Savoie, que l’on est parvenu à faire un port de cet ancien * 
estuaire. D’ ailleurs, l’Itinéraire d’Antonin, qui appelle Nice 
Nicia plagia, démontre bien, qu’à cette époque, Nice ne 
possédait pas de port, mais une simple plage pour tirer les 
bateaux de faible tonnage. » 

« Il en est de la seconde erreur comme de la première ; 
les fouilles récentes, commencées par le savant professeur Ge- 
rolamo Rossi, en mettant à jour, près de la Nervia, un théâ- 
tre antique, des substructions de tous genres, des mosaï- 
ques, des inscriptions, et les mille débris que l’on retrouve 
sur les emplacements des anciennes cités, ont suffisamment 
démontré, que Y Album Intimilium des géographes anciens 
se trouvait au-delà de la Roya ; et que ce n’est qu’ après la 
destruction de la cité par les Lombards, que la ville actuelle 
de Vintimille a été construite sur le monticule qu’elle oc- 
cupe. » 

« Cette opinion a été admise par M. Mommsen, qui sous 
la conduite de M. Rossi a visité les lieux; aussi s’exprime-t- 
il en ces termes à ce sujet : « Situm autem fuit (Album Inti- 
milium) non eo ipso loco, quo nunc est Vintimiglia, sed mille 
passibus fere inde ad orientem, in campis inter Royam flu- 
vium et torrentem qui dicitur la Nervia *. » 

« Le texte de Pline nous décrit donc très exactement la 
côte, telle du moins, qu’elle se trouvait de son temps. » 

« Jusqu’ici, les deux géographes restent dans un accord 
parfait ; mais voici que Ptolémée 1 2 vient jeter le trouble dans 
ces descriptions si claires. Cet auteur, en effet, s’exprime en 
ces termes : 


MawaXuoThjv. 

N6uua xr\ [*y Z8' 

HpaxXt'ouç Xtjiirçv. xt| fo' ajï /S' 
Tpdrtaia Etêaaroü xtj L 'fi u.8 l ’ 
Mavolxou XiuTjV . xr, 8 ’ u.8 70 


Aux Marseillais. 

Long. L&t. 

Nice 28*» 43° 5' 

Le port d’Hercule 28° 15' 42° 45 ‘ 

Les trophées d’Auguste 28° 30' 42° 30' 

Monaco 28° 40' 42° 40' 


1. Corp, inset*. lat t. VI. 2, p. 900-901. 

2. Ptol. III, I, 2. 


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74 


« Voici donc un Port d’IIercule que n’ont connu ni Stra- 
bon, ni Pline. Strabon *, il est vrai, nomme un Portus 
Herculis Monœci ; mais ce ne peut être celui de Ptolémée, 
puisqu’il ne le différencie pas de Monaco : 'O U toC Movoîxou 

XijjUjv SpfMi é<mv où ixeYCfXatç où51 iroXXaïî vau <nv, ï/tov hpov 'HpaxXéouç 
Movolxou xaXoujiévou, lotxe Si txitô toü ovoixaToç xai (jiypt Seüpo Staretvïv o 

MawaXtortxbî ^apaTtXouç Où faut-il donc placer ce port? A Ville- 
franche, répondent sans hésiter Riccioli 8 Gioffredo 1 2 3 et 
M. Ernest Desjardins 4 ; à Eza, dit Walkenaer 5 6 ; entre Mo- 
naco et la péninsule de Villefranche, dit M. Mommsen # , sans 
préciser en quel lieu. » 

« Bien d’autres auteurs ont nommé Monaco, mais aucun 
d’eux, de quelque façon que l’on torture son texte, ne per- 
met, à mon avis, de faire une distinction entre le Portus 
Herculis et le Portus Monœcus. » 

Hecatée, d’après Etienne de Byzance, connaissait déjà 
cette ville Mévotxoç -oXiç Aiyvotix^. Exaraïoç, EùpoW,. Hécatée vi- 
vait au sixième siècle avant J.-Ç. Lucain 7 8 s’exprime en ces 
termes : 


Quaque sub Herculeo sacratus uumine portus 
Urget rupe cava pelagus : non Corus in ilium 
Jus habet, aut Zephyrus : soins sua littora turbat 
Circius et tuta prohibet statione Monœci. 


J’avoue que, quelque bonne volonté que j’y mette, il 
m’est impossible de trouver dans ces vers la mention de 
deux ports, l’un le portus Herculeus et l’autre la Statio 
Monœci, et surtout der reconnaître dans le portus Herculeus 
le port de Villefranche. La première et la meilleure de toutes 
les raisons en a été donnée par Cluvier 8 dans son Italia 
antiqua : « C’est, dit-il, parce que le port de Villefranche 


1. Strab. IV, vi, 3. 

2. Oeogr. rifform., lib. cap. x. 

3. Stor. delle Alp. Mar., t. I, p. 149 et suiv. (Torino, Stamp. Real., 1839, in-8*.) 

4. Oéogr. de la Gaule, t. II. p. 181 et suiv. 

5. Géographie ancienne des Gaules . t. II, p. 106. 

6. Corp. inter, lai., t. VI, p. 908. 

7. Lucain, Pharsal., I, vers 405-408. 

8. Cluvier, liai, antiq., lib. I. p. 63. 


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*75 


n’est pas exposé au mistral ( Circius des Romains), tandis 
que le port de Monaco est inabordable lorsque ce vent 
souffle. Avant Lucain, Virgile 1 avait dit : 


Àggeribus socer alpinis atque arce Monoeci 
Descendons . . : 


« Ce qui prouve simplement, comme nous l’avions déjà 
vu dans Strabon, que l’on disait indifféremment, en parlant 
de Monaco, portus herculis Monœci, portus Monœci ou 
simplement Monœcus. » 

« De même Sillius Italicus 2 disant : 

Herculei ponto cœpere existera colles 
Et nebulosa jugis attolere saxa Monœci 

n’a pu et n’a voulu parler que de Monaco ; d’ailleurs Tacite 3 
nous dit clairement que son nom était bien portus Herculis 
Monœci : « Fabius Va lens, e sinu Pisano sœvitia mare aut 
adversante vento, portum Herculis Monœci depellitur. » 
« Ce nom d 'Hercules Monœci se retrouve encore dans 
Mamertin 4 , qui certainement parlait de Monaco en disant : 
Jam summas arces Monœci Herculis præteribas et dans 
Ammien Marcellin 5 disant : Monœci similiter arcem et 
portum ad perennem sui memoriam consecravit ( Her- 
cules ); et si, quelquefois, comme dans les textes de Va- 
lère-Maxime 6 et de Julius Obsequens 7 , on trouve ce lieu 
simplement nommé portus Herculis !, c’est, parce que cette 
désignation était suffisante pour l’intelligence du récit; 
mais il est impossible de s’appuyer sur de pareils textes 


1. Vlrg., Æneid., VI, v. 830. 

S. Sill. Italie. 1, V. 586. 

3. Tacite, Hist., III, 42. 

4. Mamert. In Panegyr . Maxim. Aug. 

5. Aram. Marcell., XV, 9, 10, 

6. Val. Maxim, (lib. I, cap. VI, 7): « Quam ab Herculis portu, quo peditus pervenerat 
(C. Hostiliua Mancinus consul) navem conscenderet. » 

7. Jules Obseq. : Portu Herculis, quum conscenderet navem. Lib. de prodigii» , 
lib. LXXX1II (22). 


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76 


pour étayer une opinion contraire à celle de géographes 
aussi autorisés que Strabon et Pline. 

« Ce sont là, à ma connaissance, les seuls auteurs qui 
aient nommé Monaco; et, sauf Ptolémée, aucun d’entre eux, 
on l’a vu, n’autorise à faire deux ports du portus Herculis 
Monœci. » 

Après quoi, passant à l’étude topographique de la région, 
je démontrais qu’il n’y a entre Nice et Monaco que trois 
ports possibles : Villefranche, Saint-Jean et la cale Saint- 
Laurent, et que tous trois étaient occupés par les ports 
d'Olivula, d’Anaoet d 'Avisio, et je concluais en ces termes : 

«. On a vu, par ce qui précède, qu’il n’y a entre Ville- 
franche et Monaco, que deux anses que l’on puisse qualifier 
de ports et que ces deux anses sont toutes deux occupées 
par les ports d’Anao et d’ Avisio : où donc faut-il placer le 
le Port d’ Hercule de Ptolémée? » 

« De l’étude topographique de la région, comme de 
l’examen impartial des textes, il semble donc résulter que 
l’erreur de Ptolémée est manifeste. Dira-t-on qu’Olivula, 
qui apparaît au troisième siècle, pouvait, dans des temps plus 
anciens, avoir été nommée Portus Herculis, que bien des 
villes ont eu deux et même trois dénominations successives et 
différentes? Je ne demanderais pas mieux que de me rallier 
à cette opinion, s’il était possible d’admettre que Strabon, 
qui entre, à propos du port de Monaco, dans de grands 
détails, qui nous apprend que ce port ne pouvait contenir 
ni beaucoup, ni de grands navires, qui nous indique son 
éloignement d’Antibes et d’Albenga, si, dis-je, il était pos- 
sible d’admettre que Strabon eût oublié de mentionner que 
tout près de là se trouvait le grand port d’Hercule, dans 
lequel pouvaient entrer les navires de toutes dimensions : 
or cela me parait bien difficile. Mais, même en admettant 
cet oubli, incompréhensible de la part du grand géographe, 
comment comprendre que Pline, qui était préfet de la flotte, 
qui, par conséquent, devait bien connaître les ports et leur 
situation, ait oublié de mentionner le seul port pouvant 
contenir une flotte, surtout lorsque cet auteur vient de 


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— Tl — 

mentionner des ports comme ceux d’Antibes, de Nice, de 
Monaco, de Vintimille, dont l’importance était des plus mé- 
diocres? Il faut donc admettre que du temps de ces géo- 
graphes, la belle rade de Villefranche n’était occupée par 
aucune ville, ou du moins que la ville qui s'y trouvait n’avait 
pas assez d’importance pour mériter d’être mentionnée 
dans une énumération géographique. » 

« Cela empêchait-il lesanciens de se servir de cette rade 
comme d’un abri en. cas de mauvais temps? En aucune 
façon ; mais comme les rades n’étaient généralement pas 
mentionnées dans les énumérations géographiques, l’on 
comprend très-bien le silence des géographes. Si la station 
ordinaire de la flotte avait été dans ces régions, il est plus 
que probable que cette rade aurait eu une importance tout 
autre ; mais comme les' seuls navires de commerce fréquen- 
taient d’ordinaire ces parages, ils n’en usaient qu’en cas de 
tempête, comme point de relâche. Cette rade ne pouvait 
donc pas être confondue avec un port et désignée comme tel 
dans une énumération géographique. » 

« L’erreur admise, faut-il l’imputer au géographe lui- 
même ou à des. copistes qui auraient dénaturé son texte? 
Il est impossible de se rallier à cètte dernière opinion, car 
la faute du maître ressort non-seulement de la mention, 
mais encore de l’erreur dans les longitudes et latitudes 
que nul ne conteste. D’ailleurs, une erreur de Ptolémée n’est 
pas chose si extraordinaire qu’il faille, pour éviter de l’ad- 
mettre, considérer tous les autres textes comme incomplets ; 
je n’admettrais cette conclusion que si la faute que je signale 
était la seule. Mais sans sortir de la région qui nous occupe, 
j’en trouve trois qui me semblent caractéristiques : la pre- 
mière à l’occasion des Fosses-Mariennes, que cet auteur 
place au-delà du Rhône, tandis qu’il est hors de doute 
qu’elles étaient en deçà, dans les environs de Fos à Port- 
de-Bouc ; la seconde, à propos de Senez, Eocvîtwv, qu’il place 
chez les Vediantii, tandis que, d’après Ptolémée lui-même, 
ces peuples en étaient séparés par les Nerusii et les Suetri 
et que, d’autre part, nous savons que Senez appartenait aux 


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78 


Sentii ; la troisième enfin, à propos de Briançon, qu’il place 
che les Segusiani, tandis que, de l’aveu de tous les géogra- 
phes, il appartenait aux Caturiges. 

« L’on pourrait m’objecter que Ptolémée n’a jamais com- 
mis d’erreurs de cette nature, qu’une transposition est expli- 
cable ; tandis que la mention d’une ville qui n’existait pas 
ou le dédoublement d’un seul nom en deux ports ne serait 
pas acceptable : à quoi je répondrais que rien n’empêche de 
croire que l’HpaxXeoüç Xt^v est le même- port que YHeraclea 
Caccabaria de l’Itinéraire d’Antonin, qui, d’après ies meil- 
leures déterminations, devait être placé à Cavalaire. Cette 
solution rentrerait complètement dans l’ordre des fautes 
commises par le grand géographe. » 

A seize milles au-delà de Monaco, l’Itinéraire place Vin- 
timille, à Vintimilio Herelè Manico portus. m. p. XVI. 
De nombreux auteurs ont mentionné cette ville.Tacite l , ra- 
contant la guerre entre les Othoniens et les Vitelliens, nous 
apprend que le municipe d’Intimilium fut dévasté par les 
troupes d’Othon. Pline 2 nous informe qu’elle était la capi- 
tale des Intimiln : Oppidum eorum appellatur Albium 
Intimilium ; Strabon 3 4 la nomme ‘AX6tov "'Ivre^Xiov ou ’Ivhjm- 
X«ov et nous apprend que la ville était assez grande ; il la 
nomme en effet TtoXt; éu(*eYt9»]ç. La table de Peutinger l’ap- 
pelle Albentimillio, Varron 4 Intiminium. Nous trouvons 
ce même nom corrompu dans Ptolémée 5 qui le nomme 
’AX6tvt[/.Trçvtov, ’AXêtvToa^viov, ’AÀëiviamov ; et dans Tacite 6 en dum 
in Templo, pour dum Intemelios ; mais ce n’est certaine- 
ment là qu’une faute de copiste. Les inscriptions la nom- 
ment A Ibintimillium, et c’est certainement là le nom véri- 
table. Nous savons qu’elle appartenait à la tribu Falerna et 
nous lui connaissons, toujours par des inscriptions, des 
duumvirs, des édiles et des prêtresses. 


1. Tacite, II, 1* et 13. 

ï. Pline, III, 5, 48. 

3. Strab. IV, 8, 1. 

4. Varron, De Re ru&t. III, IX, 17. 

5. Qéogr. III, I, 3. 

6. Agricola, 7. 


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— 79 — 

Ainsi que je l’ai dit plus haut, la ville ancienne n’était pas 
construite sur l’emplacement de la ville actuelle, mais à plus 
d’un kilomètre de là, entre la Roya et la Nervia ; on y a 
trouvé un théâtre enfoui sous les sables, deux belles mosaï- 
ques, malheureusement détruites aujourd’hui, et de nom- 
breuses substructions où l'appareil romain est très recon- 
naissable. Dans la ville actuelle on ne rencontre aucun édi- 
fice romain et les quelques inscriptions qui s’y trouvent y 
ont été apportées. 

Je ne puis clore cette étude, sans parler d’un travail pu- 
blié dans les Mémoires de notre société, par mon excellent 
collègue et ami F. Brun. Quoique les conclusions de ce 
travail soient très-séduisantes, je ne puis pourtant pas m’y 
associer, mais je les mentionne volontiers. Cet auteur, ayant 
remarqué combien les distances fournies par l’Itinéraire 
d’Antonin sont erronées, suppose que le plus grand nombre 
de ces erreurs sont dues à l’addition ou à la suppression des 
dizaines : il propose donc, d’ajouter ou de supprimer les 
dizaines , lorsque les distances de l’Itinéraire ne s’accordent 
pas avec les mesures prises directement sur le terrain ; et, 
appliquant son système aux ports situés entre Monaco et 
Nice, il propose la correction suivante : 


Ab Albintimilio Herculem Monceci portas m. p XVI 

Ab Hercule Monoeci Avisionem portas (cale St-Laurent) II 

Ab Avisione Anaonem portas (Beaulieu) IV 

Ab Anaone Olivulam portas (port Saint-Jean) II 

Ab Olivula Niciam plagia V 


Je ne saurais adopter cette correction quelque ingénieuse 
qu’elle soit; car il faut, pour faire cadrer ces distances avec 
celles qui sont relevées directement sur le terrain, tantôt 
suivre les sinuosités de la côte et tantôt mesurer à vol d’oi- 
seau à travers les terres, ce qui est inadmissible. D’ailleurs, 
ce système aurait l’inconvénient de laisser de côté la rade 
de Villefranche, en ne tenant aucun compte de la charte de 
Nice. 


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VILLES DE L’INTÉRIEUR 


A partir de Vintimille, l’Itinéraire terrestre d’Antonin 
nous fait connaître : 


Lumone 

m. p. 

X 

Alpe summa 

m. p. 

VI 

Hue usque Italia 



Hinc Gallia 



Cemenelo 

m. p. 

IX 

Varum flumine 

m. p. 

VI 


A la table de Peutinger : 


Albentimillo 

In Alpe Maritimâ VIIII 

Gemenello VIIII 

Varum flumine VI 


Ces deux documents nous montrent que Cimiez était à six 
milles du Var et entre neuf ou dix milles de YAlpis summa , 
qui est aujourd’hui la Turbie. Pline *, ainsi que nous l’avons 
vu plus haut, lui donna le titre de capitale des Vediantii : 
Oppido Vediantiorum , civitatis Cemenilo. Ptolémée s 
nous dit : ’OusStotvrlwv tv xapaXlotç 'AAxwiv, KefwvAeov, Sovi'twv. La 
Notice des provinces de la Gaule 1 2 3 nous donné le nom cor- 
rompu déjà de Cemelensium, qui a produit Cimela et Ci- 
miez. Diodore de Sicile 4 nomme une ville tj xAtç KEpArrüv 
que l’on croit être Cimiez ; enfin tous les textes lapidaires 
que nous possédons donnent l’ethnique Cemenel. 

Cimiez a été le chef-lieu de la province des Alpes-Mari- 
times; cela ressort clairement de plusieurs textes, et notam- 
ment de ceux qui rapportent les inscriptions dédiées aux 

1. Plin., Hist. na/., VI, v. 7, 47. 

2. Ptol., 8, 1, 43, 

3. Not. prov. Oall . mus, Rheu., 23, 1289. 

4. Diod. Bxcer . Vatic., p. 79. 


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84 


flaraines de la province, et M. Mommsen fait remarquer que, 
de même que les flamines de la province d’Espagne cité- 
rieure siégeaient à Tarragone, de même que les flamines 
des trois Gaules siégeaient à Lyon, où était l’autel des trois 
provinces : de même, les flamines des Alpes-Maritimes ne 
pouvaient siéger qu’au chef-lieu de la province. Or, comme 
on retrouve leurs inscriptions à Cimiez, c’est cette ville qui 
était la métropole de la province. Cela ressort encore du 
nombre d’inscriptions dédiées à des procuratores, à des viri 
egregii et à divers magistrats qui siégeaient ordinairement 
au chef-lieu de la province. 

Je ne m’arrêterai pas à décrire les antiquités et les ruines 
de Cimiez ; ce travail a été fait, et mieux fait que je ne 
pourrais le faire, par mon excellent confrère M. Brun. Je 
me contenterai de dire après lui que l’amphithéâtre pouvait 
contenir trois mille personnes, que les thermes étaient 
grands et beaux, et que si l’on fouillait judicieusement ce 
terrain, on pourrait probablement reconstituer à peu de frais 
le plan primitif de la cité romaine. 

Après Cimiez, l’Itinéraire nomme YAlpis Summa, qui 
faisait la séparation de l’Italie et des Gaules et se trouvait 
à neuf milles de la métropole. Le même point est appelé in 
Alpe Maritima par la Table de Peutinger etTfwwxia E«6«rroü 
par Ptolémée, qui place ces trophées entre le port d’Hercule 
et Monaco. 

Plusieurs auteurs ont cru que le nom actuel de ce lieu, la 
Turbie n’était que la corruption du mot tropæa ; mais si l’on 
considère qu’il n’y avait là, du temps des Romains, aucune 
habitation, que le monument était isolé sur le sommet d’un 
roc, au-dessus de Monaco, qu’il fut détruit vers le cinquième 
ou sixième siècle, et que ses matériaux servirent à la cons- 
truction d’un château-fort au milieu duquel se trouvait une 
tour dont on peut encore, de nos jours, voir les ruines, et 
que cette tour commandait la route d’Italie (via Julia Au- 
gusta), il est impossible d’accepter cette étymologie, et l’on 
ne peut voir dans le mot Turbie que Turris-biæ , tour de 
la voie. La confusion du 6 et du v était chose très-com- 


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— 83 — 

raune dans les langues latines. Nous trouvons, on effet, très- 
souvent dans les inscriptions, bixit pour vixit, quelquefois 
même dibus pour divus, et cent autres exemples qu’il serait 
trop long de citer. 

On ne trouve à la Turbie aucune construction romaine, 
sauf peut-être l’intérieur de la grande tour, qui n’a jamais 
été déblayé et qui pourrait contenir quelques restes de l’an- 
cien monument ; on trouve, au contraire, dans les murs de 
toutes les habitations, des fragments ouvragés qui tous ont 
appartenu à l’ancien monument des trophées : ce qui montre 
bien que, quand ces habitations ont été construites, le mo- 
nument était depuis longtemps ruiné. 

Ce qui prouve bien mieux encore que le nom grec de 
Tjxwtaia ne peut s’être changé en Turbie, c’est qu’entre l’é- 
poque où le monument fut détruit et celle où l’on construisit 
la tour, ce nom de tropæ a s’était tellement bien effacé de 
la mémoire des habitants, que pour expliquer la présence en 
ce lieu d’un pareil amoncellement de ruines, on eut recours 
à une légende que nous trouvons rapportée dans La Vie de 
Saint Honorât, par Raymond Féraud 1 ; légende où se trou- 
vent mêlées la mythologie payenne et les croyances chré- 
tiennes, où Apollon, les diables, Belzébuth et Matafellon, 
saint Honorât, les comtes de Narbonne et les marquis de 
Marseille se rencontrent ; comme plus tard, l’auteur a fait 
vivre . ensemble Charlemagne et saint Honorât : ce qui ne 
doit pas nous étonner dans une légende. 

Après avoir raconté comment Apollon (dont l’auteur fait 
un savant philosophe, un sage, un géant, que quelques-uns, 
dit-il, ont pris pour un dieu) venant d’Espagne et voulant 
aller en Italie, arrivé sur le mont Agell, consulta son oracle, 
qui lui apprit qu’il devait mourir en ce lieu ; comment il eut 
d’abord un grand chagrin à cette nouvelle et se décida, pour 
laisser un souvenir impérissable de lui, à construire le mo- 
nument de la Turbie, où il plaça une idole qui disait toujours 


1. La Vida de tant Honorât , par Raymond Féraud, publiée par A.-L. Sardou « Aysi 
dis l’estoria con si fom facha li torres de la Turbia ni qui la fetz » p. 91. 


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la vérité à ceux qui venaient la consulter, l’auteur entre 
enfin dans les détails de la construction : 

...Fetz ab encan tament, 

La torre de gran bastiment 
Am peyras de gran cayradura 
E obras d'antigua figura, 

Colonnas de marme pesanz; 

Y mes maravillosas grantz 
Que sufron l’obra tôt entor, etc. 


Ce qui rappelle bien évidemment les anciennes descriptions 
des trophées d’Auguste que nous ont laissées les auteurs. 

L’auteur, entre ensuite dans le détail de l’histoire d’une 
femme qui a trompé son mari et qui, grâce à saint Honorât, 
est sauvée des révélations de l’idole qu’ Apollon avait placée 
dans la tour, et il finit en racontant comment le saint fit dé- 
truire la tour, le monument, les colonnes et l 'inscription 
qu’y avait laissée Apollon, par le marquis de Marseille, père 
de la jeune femme, à laquelle il avait remis un fragment de 
sa cagoule, qui devait le préserver des artifices des démons : 

Toquet l’ymaie del vestir : 

Le dyables s’en vay a fugir. 

E fez desfar la cayradura 
De la bella obra de natura : 

Colonnas et marmes entiers 
A fag espezar per cartiers ; 

Tôt l’encantament a délit 
On Apollo mes son escrit l . 


Vers le dixième siècle, on construisit le fort et la tour de 
la Turbie; et c’est probablement à cette époque que vinrent 
se grouper sous sa protection quelques habitations qui pri- 
rent simplement le nom d'habitationes turris biæ. On se 
servit naturellement, poür la construction de ces maisons* 
des matériaux que l’on avait sous la main ; c’est pourquoi il 
est peu de maisons, aujourd’hui encore, dans les murs des- 
quelles on ne retrouve pas quelque morceau de l’ancien mo- 
nument. 

J’entrerai, en parlant de l’inscription de la Turbie, dans le 


I. Vida de saint Honorât : « Ayzi dis con tuuit Honoratz fetz desfar al marques de 
Marseylla l'idola la torre do la Turbia » p. 93. 


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— 84 — 


détail des parties du monument qui ont été retrouvées. Em- 
manuel-Philibert fit réparer la tour et fortifia la Turbie. 
Berwick la détruisit en 1765 ; la partie qui est encore debout 
a été classée parmi les monuments historiques. La tradition 
dit que l’empereur Pertinax naquit à la Turbie ou à Laghet. 
Au-delà de YAlpis Sumrna, à six milles à l’Orient. L’Itiné- 
raire terrestre d’Antonin mentionne une localité du nom de 
Lumone, qu’il place entre la Turbie et Vintimille, la table 
de Peutinger ne donne pas, il est vrai, le nom de cette ville; 
mais il est à remarquer qu’entre Forum Julii et Varia 
Sabatia, on compte dix crochets sur le trait qui figure la 
voie *, que chacun de ces crochets répond nécessairement à 
une station et que l’on ne trouve que neuf noms mentionnés 
sur la carte : on est donc amené à croire que le copiste a 
négligé d’inscrire le nom de Lumone à sa place. Il faut 
aussi remarquer qu’entre la Turbie et Vintimille, la table ne 
donne que ix milles, ce qui est* faux; car, ainsi que je le 
démontrerai plus loin, on comptait xv milles entre les 
deux stations : or, l’Itinéraire indique une distance de x 
milles entre Vintimille et Lumone, ce qui me fait penser 
que le chiffre IX que porte la table, se rapporte à la dis- 
tance comprise entre Albintimilio et Lumone, et que le 
chiffre VI qui devait être placé après la station in Alpe Ma- 
ritima a été omis, de même que ceux de Costa Dalene et 
d'Albingauno et bien d’autres encore qu’il serait trop long 
de citer. En somme, je pense que le copiste a écrit à la 
suite de la station in Alpe Maritima, le chiffre qui se trou- 
vait après Lumone, ce qui l’a induit en erreur et lui a fait 
oublier le nom de cette localité. Il a donc continué de placer 
à chaque crochet le nom d’une station, jusqu’à Varia Saba- 
tia ; mais comme le nom de cette ville répondait à une vi- 
gnette, il ne pouvait se tromper sur sa position : il a donc 
laissé vide le crochet qui précédait la vignette. Mais si, 
partant, d’un côté, de Forum Julii et de l’autre, de Varia 
Sabatia, nous plaçons à chaque crochet un nom de station, 


1. Voyez pl. III. 


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— 85 — 


nous voyons que le vide se trouve entre YAlpe Maritima et 
Albintimillo. Il faut donc nécessairement y placer Lumone. 

On a proposé de placer cette station à Menton ; on a dit 
que cette ville se nommait autrefois ainsi, mais qu’à la suite 
du séjour qu’y fit l’empereur Othon, elle avait abandonné 
son ancien nom pour la dénomination composée de in me- 
moriâ Othonis, qui, par contraction, avait donné Menton. 
C’est là, on en conviendra, la rage de l’étymologie poussée 
dans ses dernières limites. Cette opinion, qui est très-répan- 
due dans le pays, a trouvé un défenseur dans M. Gaston 
d’Hombres, agrégé de l’Université, professeur d’histoire 
dans divers lycées, qui, dans sa Notice historique sur le 
comté de Nice, page 12, s’exprime en ces termes : « Les par- 
tisans d’Othon occupèrent la ville qui , depuis , s’appela 
Menton (in memoriam Othonis). » MM. Sardou 1 2 , Abel 
Rendu 8 et Métivier 3 ont fait bonne justice de ces absurdités; 
mais l’ouvrage de M. d’Hombres est classique, et l’on con- 
tinue à enseigner dans les lycées et collèges que Menton 
descend de in memorià Othonis. 

Une autre tradition, plus croyable celle-là, attribue l’ori- 
gine de Menton à des forbans de l’ilé Lampadouze qui se- 
raient venus vers la fin du huitième siècle s’y établir 4 : il est 
remarquable, en effet, que l’histoire, qui s’occupe fort an- 
ciennement de Vintimille et Monaco, ne parle de Menton 
qu’après l’époque sarrazine. Mais l’opinion qui place Lu- 
mone à Menton n’est pas soutenable, surtout parce que les 
distances ne sont pas conformes avec les indications de 
l’Itinéraire : en effet, Menton ne se trouve guère qu’à sept 
milles de Vintimille, tandis qu’en suivant la voie romaine, 
il est à huit milles de la Turbie. On peut encore faire re- 
marquer que si Lumone avait été situé sur le rivage de la 
mer, l’Itinéraire maritime l’aurait mentionné. 

MM. de Cessoles 5 6 , Abel Rendu, Métivier et Sardou ont, 

1. Sardou, Quest. de Giogr. Hist. {in Ann. des Alp.-Mar.) 1869. 

2. Menton, Roquebrune , Monaco, p. 97. 

3. Monaco et ses princes , p. 18. 

4. Abel Rendu, p. 97, loc. cit. 

5. Dans les Mémoires de l'Académie de Turin, série 2, vol. V, traduit en français et tiré 
à part, Nice. 

6 . 


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avant moi, indiqué le cap Martin comme étant la position 
de Lumone ; mais aucun d’eux n’ayant exactement suivi la 
voie romaine entre Vintimille et la Turbie, n’a pu donner à 
l’emplacement de cette ville la certitude que je propose au- 
jourd’hui. Aucun de ces auteurs n’a remarqué que l'Album 
Intimilium des anciens se trouvant un mille au-delà de 
Vintimille, c’est de ce point qu’il fallait partir pour compter 
les dix milles que marque l’Itinéraire entre Albintimillio et 
Lumone. 

Il y a à Vintimille deux milliaires qui portent le numéro 
d’ordre 590, mais comme Albintimillio était situé un mille 
plus loin, il faut compter 589 pour l’emplacement de cette 
ville. Le milliaire de la Turbie portait le numéro 604, la 
distance entre les deux stations était donc de 15 milles en 
suivant la route ; il ne s’agit donc, pour retrouver exacte- 
ment la position de Lumone, que de suivre l’anciennë voie 
et de rechercher un point situé' approximativement à dix 
milles de Vintimille et à six milles de la Turbie. Si nous 
trouvons sur ce point des ruines romaines, des murs, des 
tours et autres vestiges, nous pouvons conclure sans crainte 
que là se trouvait Lumone : or, toutes ces conditions sont 
merveilleusement remplies par un point situé un peu au- 
dessous de Roquebrune, vers la chapelle de Saint-Roch, à 
l’endroit où la nouvelle route s’embranche avec l’ancienne 
voie. C’est là, ou à peu près, qu’il faut placer Lumone ; ce 
point est situé à plus de neuf milles de Vintimille et à 
plus de cinq milles de la Turbie : ce qui explique pourquoi 
l’Itinéraire compte dix milles entre Lumone et Albinti- 
millio, puisqu’il y en avait plus de neuf, et six milles entre 
la Turbie et Lumone, puisqu’il y en avait plus de cinq. 

Pour trouver exactement les distances que j’indique, il 
faut, à partir de la Turbie, laisser à droite la route de la Cor- 
niche et le chemin de Sainte-Croix, que bien des auteurs 
ont confondu avec la voie romaine. Cette route, fort an- 
cienne d’ailleurs, n’a probablement été construite qu’après 
que Lumone, détruit par les Barbares, eût été reconstruit 
au sommet d’un roc presqu’inaccessible, sous le nom de 


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87 - 


Roquebrune ; mais la voie romaine était celle qui contourne 
la colline des carrières de la Justice, d’où furent extraites les 
pierres qui servirent à élever le monument des trophées 
d’Auguste. Elle descend vers Monaco, et peu après l’em- 
branchement qui se dirige sur cette ville, l’on trouve une 
maisonnette qui a conservé la dénomination caractéristique 
d' Aurélia : à partir de ce point, la route s’infléchit vers l’est 
et, suivant à mi-côte les pentes de la colline, elle arrive au 
point que j’ai indiqué, après un parcours de cinq milles et 
demi. Entre la cabane nommée Aurélia et la chapelle de 
Saint-Roch, on a trouvé trois milliaires sur le même empla- 
cement ; tous trois portaient le même chiffre 601 : or, ce 
point est situé à deux milles et demi de Lumone, il n’est 
donc pas douteux que cette ville se trouvait entre les nu- 
méros 599 et 598. 

On a trouvé au cap Martin, à l’emplacement même que 
j’indique, de nombreuses constructions où l’appareil romain 
avec chaînes de briques se montre seul ; les principales sont : 
un grand mur, une vieille tour, et quelques caves. On le voit, 
il est peu d’attributions qui offrent des garanties aussi nom- 
breuses et aussi solides ; je n’insisterai donc pas davantage 
sur cette détermination qui me paraît inattaquable. 

Le cap Martin, dont le nom semble rappeler une dédicace 
au dieu Mars, était autrefois couvert d’un bois touffu, en- 
touré du respect et de la vénération des habitants ; il a été 
depuis détruit par la bande noire, à qui l’on doit la destruc- 
tion et la dispersion de tant de monuments que les siècles 
avaient respectés. 


IV 


Ville* et lieux, dont le* nom* non* ont été conservé* 
per le* Inscription*. 


Outre les villes et lieux que mentionnent les auteurs et les 
Itinéraires, nous connaissons encore, dans les Alpes-Mariti- 
mes les noms anciens de quelques localités que l’on trouve 


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gravés sur des marbres; tels sont : le Pagus Licirum, le 
Vicus Navelis, le Vicus Cuntinus, le Pagus Beritum et la 
ville de Brigantio. 

Le Pagus Licirum est mentionné sur un texte de Saint- 
Pons, près de Nice, que nous font connaître Gioffredo et de 
nombreux auteurs après lui. On a proposé diverses localités 
pour être identifiées avec le Pagus et, entre autres, Lieuche 
(Alpes-Maritimes), petit village perdu dans la vallée du 
Chanz, l’un des affluents du Var. Cette attribution, qui ne 
s’appuie que sur une pseudo-ressemblance de noms entre 
Lieuche et Licirum, dénote chez ses auteurs une connais- 
sance bien peu approfondie de la région ; car, tandis qu’ils 
vont chercher à plus de 30 kilomètres de là une petite 
localité qui n’a que faire dans le débat, ils oublient de re- 
marquer qu’il ne faut que remonter le Paillon pendant quel- 
ques kilomètres, en partant de Saint-Pons, pour rencontrer 
le village de Lucéram, dont la conformité de nom avec le 
Pagus Licirum que mentionne l’inscription ne laisse rien à 
désirer. J’ai déjà proposé cette attribution dans la Revue 
archéologique (mars 1878). Je citais à l’appui une inscription 
publiée parDurandi *, nous apprenant qu’un monument avait 
été élevé dans cette localité, à Caius Julius Valons, de la 
tribu de Falerna, sévir de Castellane et patron des auber- 
gistes de Cimiez. A ce propos, je faisais remarquer que 
Castellane était inscrit à la tribu Quirina et non Falerna. 
L’on sait aujourd’hui que cette inscription est fausse, mais 
elle n’infirme en rien mon attribution; car si l’on n’a pas 
d’inscription romaine à produire, le pays n’en fournit pas 
moins de nombreux débris gallo-romains. J’y ai trouvé moi- 
même des briques plates à rebords et des fragments de po- 
terie dite sammienne ; au nord du village, un vaste plateau 
conserve encore le nom de plateau des Romains, et le pays 
tout entier aux alentours, fourmille de débris de toutes sortes 
rappelant la période gallo-romaine. D’ailleurs, ainsi qu’on le 
verra plus loin, ce village est entouré de localités où les Ro- 


1. Il Piem. Cisp. anl., p. $0. 


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mains ont laissé des traces non équivoques de leur passage. 
Je maintiens donc mon attribution tout en rejetant le texte. 

Le Vicus Navelis ne peut être, à mon avis, que le lieu 
aujourd’hui nommé Plan de Revel. Peut-être le texte por- 
tait-il RAVELIS ou REVELIS, ce qui rendrait la confor- 
mité de noms absolue ; dans tous les cas, le Plan de Revel 
était relié à Cimiez par la voie romaine qui traversait le 
département du nord au sud ; on y a trouvé de nombreuses 
inscriptions que l’on trouvera plus loin dans ce recueil, et 
toute sorte de débris romains ; on y reconnaît encore les 
fondations de plusieurs constructions, dont l’appareil est 
certainement romain : sa position entre Lucéram et Cimiez 
est bien en rapport avec le texte que nous possédons. 

Le Vicus Cuntinus, nommé dans une inscription de l’Esca- 
rène rapportée par Gioffredo dans son Histoire des Alpes- 
Maritimes, me parait ne pouvoir être autre chose que le 
village de Contes, qui est tout' près de l’Escarène. Carlone, 
qui combat cette opinion, fait remarquer que ce lieu est dé- 
signé dans les chartes du moyen âge sous le nom de locus 
de Computis ; il ajoute qu’il y a, près de la porte d’entrée 
de la paroisse, une pierre que la tradition locale prétend être 
la pierre des comptes, sur laquelle était effectué le paye- 
ment des redevances à des seigneurs du voisinage. L’argu- 
ment n’est pas sérieux : car, si quelques chartes portent le 
nom de castrum de Compites ou locus de Computis, cela 
ne peut être attribué qu’à l’ignorance des rédacteurs de ces 
chartes qui, voulant latiniser le nom de ce village, en ont 
fait Computis ; d’ailleurs, d’autres chartes portent le nom 
de Cuntinus, ce qui est péremptoire. Pour ce qui est de la 
pierre, quoique je respecte toujours les traditions locales, je 
me permettrai de faire remarquer que la pierre en question 
est un cippe romain et que, s’il a servi à compter l’argent 
des redevances seigneuriales, sa destination première était 
tout autre. 

Cette opinion, que j’ai émise dans la Revue archéologique 
(1878), a été acceptée par M. Mommsen, qui déclare que de 
grandes probabilités militent en sa faveur. Le village de 


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Contes est situé entre Châteauneuf, Ville-Vieille où tant 
d’inscriptions ont été retrouvées, et Berre, qui, comme nous 
allons le voir, était habité par les Romains. 

Le Pagus Beritum est mentionné dans une inscription 
conservée à la Penne, où l’on voit les mots PAG. BERITINI 
les habitants du Pagus de Beritum. Papon dit que les ha- 
bitants de la Penne sont encore nommés les Beretins, ce qui 
conserve le nom de Beritini. Je ne sais où cet auteur a pris 
le renseignement qu’il nous fournit; mais, c’est en vain que 
j’ai interrogé les plus vieux habitants du pays, c’est en vain 
que j’ai recherché dans les anciens livres terriers des traces 
de ce nom : je ne l’ai pas plus retrouvé dans la mémoire des 
habitants que dans la nomenclature des noms anciens de la 
contrée ; l’on sait pourtant combien les dénominations de 
quartier sont persistantes, combien des lieux sont encore 
nommés l'Oustaloun, Peiralonga, l’Abadié, dans lesquels 
la maison, le milliaire et l’abbaye ont, depuis longtemps, 
disparu, et qui, malgré cela, continuent et continueront 
longtemps encore à garder leurs noms. Si donc les habitants 
de la Penne, étaient appelés les Beretins du temps de Papon, 
qui est mort en 1803, il est certain que j’aürais retrouvé 
aujourd’hui des traces de ce nom. C’est donc un renseigne- 
ment de pure fantaisie qui a induit en erreur cet historien. 

Papon ajoute que le mot Beretini a fait naître beaucoup 
de conjectures : « Il a rappelé à la mémoire Berite, petite 
ville de Phénicie... On s’est souvenu que les Chananéens 
faisaient un grand commerce, qu’ils avaient beaucoup de 
colonies sur les côtes de la Méditerranée et qu’après que 
Josué les eut chassés de leur pays, ils se répandirent en 
Grèce, en Afrique, en Espagne et dans la partie méridio- 
nale des Gaules. On a cru qu’un petit nombre de ces fugitifs 
pourraient bien s’être venus établir à la Penne. La vallée où 
ce village est bâti porte le nom de Chanan et parmi les 
différents quartiers, l’un s’appelle Manassé, l’autre le Pays 
de Salomon, un troisième le champ d ’Uricl La con- 

formité de ces noms avec ceux qu’on lit dans l’histoire 
du peuple de Dieu, semble appuyer la conjecture de ceux 


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91 


qui prétendent que les Phéniciens vinrent habiter cette 
vallée. »> 1 2 3 

Ce sont là des suppositions enfantines. Le mot de Berre 
se retrouve dans plusieurs noms de villages et notamment 
dans celui de Berre des Bouches-du-Rhône, sur les bords 
de l’étang de ce nom. La contrée, dans laquelle est bâtie la 
Penne, ne se nomme pas la vallée du Cha.na.n , mais bien du 
Chaînant avec la prononciation du ch doux comme dans 
chaîne, ce qui ne se rapproche en aucune façon le nom de 
Chanaan; et ceux de Salomon et d'Uriel, qui sont des ex- 
ceptions, ont été assurément donnés aux lieux qui les portent 
par les Templiers, qui ont possédé tout ce pays et y ont eu 
des établissements prospères. Mais, sauf ces deux dénomi- 
nations, tous les noms du pays, sont de même nature que 
ceux des autres localités du département; on y retrouve le 
Mardaric, la Sagne, la Penne, le Pinau, la Laune, la Val, 
la Clue, l’Enjarde, et un grand nombre d’autres noms que 
l’on retrouve partout dans les départements environnants. 
C’est en acceptant, sans les contrôler, de semblables éty- 
mologies, que l’on en arrive à des conclusions baroques sur 
les origines d’un pays. 

Le Pagus tieritum était certainement le village actuel de 
Berre, situé entre les villages de Lucéram, Contes, l’Esca- 
rène, Châteauneuf, Ville-Vieille et Tourettes de Nice, tous 
lieux où les Romains ont laissé des traces d’habitations ; on 
en a retrouvé d’ailleurs à Berre. 

Nous retrouvons sur quelques textes de Briançonnet les 
mots Ordo Brig, qui évidemment se rapportent à cette ville. 
D’Anville, après avoir parlé de Briançon, dit avec beaucoup 
de raison : « Il faut reconnaître un autre Brigantio : ce lieu, 
appelé Briançon ou Briançonnet, est situé sur l’Estéron qui 
* tombe dans le Var. * » 

Papon 8 avait accepté cette manière de voir et l’on pouvait 
croire la chose admise ; mais quelques épigraphistes n’ad- 


1 . Papon, Hist de Prov ., p. 109 et 110. 

2. D’Anville, Notice de la Gaule, p. 174-75. 

3. Papon, HUt. gener. de Prov., 1. 1, p 80-81. 


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92 


mettent pas cette détermination et traduisent le sigle Brig. 
par Briançon, se fondant sur ce fait que les chefs-lieux de 
civitates avaient seuls le droit de prendre le titre d'ordo, 
que les civitates ont formé les évêchés et que Briançonnet, 
n’ayant jamais été le siège d’un évêque, ne peut avoir été le 
chef-lieu d’une civitas. M. Allmer 1 a soutenu cette opinion 
dans la Revue Epigraphique ; il rapporte donc à l’ordo de 
Briançon, que, dit-il, nous retrouvons dans les Itinéraires 
que Ptolémée cite avec Suse comme civitates, que Strabon 
nomme, il est vrai, sous la simple dénomination de vicus, que 
l’on retrouve dans la carte de Peutinger et chez Ammien Mar- 
cellin, qui l'appelle Vïj’gantia, les sigles Brig de Briançonnet. 

A cela je répondrai d’abord, que tous les chefs-lieux de ci- 
vitates n’ont pas été des sièges d’évêchés ; et pour n’en citer 
que quelques exemples pris dans les Alpes-Maritimes, je 
rappellerai la Civitas Rigomagensium (Chorges), qui a tou- 
jours fait partie de l’évêché d’Embrun ; la Civitas Salini en- 
sium, qui faisait partie de l’évêché de Senez : je ne parle pas 
de Briançon, qui n’a jamais été non plus le siège d’un évê- 
ché, parce que rien ne nous prouve qu’elle ait été un chef- 
lieu de civitas. 

On ne peut donc pas affirmer a priori qu’une ville n’a pas 
été le chef-lieu d’une cité, parce qu’elle n’a pas été plus tard 
le siège d’un évêché. 

En second lieu, je ferai remarquer que beaucoup de cités 
gauloises étaient des cités territoriales, dans lesquelles on 
ne trouvait pas de chefs-lieux proprement dits ; que ces cités 
n’en avaient pas moins un ordo, qui siégeait tantôt sur un 
point et tantôt sur l’autre ; que bien des causes pouvaient 
faire varier le siège de l’ordo : la construction d’une route, 
un marché florissant, etc., pouvaient le décider à changer 
sa résidence. 

Dans le cas actuel, nous savons que Briançonnet était 
compris dans la cité des Glanatenses ; il a fait partie de 
l’évêché de Glandevez et, en l’absence de documents anti- 


1. Allmer, Rev . Epigr n. 6, nov. et déc. 1878, p. 78. 


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93 


ques, rien n’empêcherait de supposer 'que, par suite de sa 
position sur la voie romaine qui de Cemenelum se rendait à 
Salinium, Brigantium avait pris assez d’importance, pendant 
les deuxième et troisième siècles, pour que l’ordo de la cité 
des Glanatenses l’ait choisi pour y siéger. 

Mais nous possédons heureusement d’autres documents 
qui viennent pleinement confirmer notre opinion et les tex- 
tes épigraphiques retrouvés à Briançonnet. Ce sont deux 
chartes, l’une de 1022, l’autre de 1081, conservées dans les 
archives des Alpes-Maritimes (fonds de Lérins H. 505), et 
recopiées dans le cartulaire de cette abbaye (f b 160). 

M. Auguste Longnon, qui a retrouvé ces précieux docu- 
ments, a bien voulu me les communiquer et m’autoriser à 
m’en servir; les voici dans leur entier. 

Le premier se rapporte à la cession d’une église et de son 
territoire ; la charte dit : « Id est quandam ecclesiam in ho- 
nore S. Satumini quæ sita est in pago Glanadensi in terri- 
torio Briessenci 1 cum terra que est in ipsius ecclesiæ cir- 
cuitu, que etiam taliter constat terminata : primo latus a 
vertice Martis usque ad fontem quæ vocatur Saisa 1 2 3 , secundo 
latus sic quomodo rivus ipsius fontis currit usque ad rivu- 
lum qui vocatur Agabron 8 , tertio latus imminat 4 fons quæ 
venit a monte cadens in rivulo Agabron. » 

Le second extrait, qui date de 1081, est plus affirmatif 
encore : « Trado et transfundo totam partem que in pago 
Brianzun videor haberi ac teneo, vel aliquis pro me silicet 
quartam in supradicto castello Brianzun » (Cartulaire de Lé- 
rins, f* 27). 

h'ecclesia Sancti Satumini est l’église de la Sagne, ha- 
meau de Briançonnet, où j’ai retrouvé une inscription ro- 
maine. Il n’y a donc pas de doute, c’est bien de Briançonnet 
qu’il s’agit; et cela démontre que, même à cette époque, cette 
ville avait encore une certaine importance, parce qu’elle y 
est qualifiée de pagus, dénomination caractéristique à cette 


1. Le Cartulaire donne Ici Briancionensi. 

2 . La petite rivière aujourd'hui nommée la Sagne. 

3. Le Qébron. 

4. Le Cartulaire donne terminât au lieu à'imminal. 


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— 94 — 

époque, qui ne s’appliquait d’ordinaire qu’aux anciens chefs- 
lieux territoriaux ; c’est pourquoi, en joignant ces docu- 
ments aux inscriptions de Briançonnet, on ne peut qu’en 
conclure que, pendant une certaine période de temps, Brian- 
çonnet a été le chef-lieu de la civitas des Glanatemes, et 
que ce n’est qu’ après la destruction de cette ville par les 
Barbares, Wisigoths, Hérules ou autres, que le siège de l’é- 
vêché a été transféré à Glandevez (Glanatum), qui n’a ja- 
mais eu comme ville l’importance qu’avait Briançonnet. 
Nous savons, en effet, que le premier évêque connu de 
Glandevez n’ apparaît qu’au milieu du sixième siècle. 

La ville ancienne n’occupait pas l’emplacement exact du 
village actuel ; elle se trouvait à 500 mètres en aval, dans la 
petite plaine aujourd’hui recouverte d’une prairie, où se 
trouve la ferme connue dans le pays sous le nom de l’ou- 
meou (l’ormée). C’est là que l’on a recueilli nombre de dé- 
bris antiques, parmi lesquels des monnaies d’or, d'argent et 
de bronze, des fragments de statue également en bronze, etc. 
On y reconnaît encore de nombreuses substructions romai- 
nes. C’est là qu’a été retrouvé le milliaire qui est aujour- 
d’hui dans le cimetière de Briançonnet, et c’est de là qu’ont 
été extraites toutes les inscriptions que l’on voit encore dans 
le village actuel. 

Il m’est donc absolument impossible d’admettre l’opinion 
émise par M. Allmer; malgré sa haute compétence dans les 
questions d’épigraphie, le savant lyonnais nous permettra 
de ne pas partager sa manière de voir à ce sujet. 

Il me serait, en effet, impossible d’admettre, n’aurions- 
nous même aucun des documents que je viens d’énumérer, 
que les décurions de Briançon, qui se trouvait à plus de 
trente lieues de là, dans la cité des Caturiges, aient fait élever 
des monuments en l’honneur des empereurs sur les rives 
de l’Estéron, qui, en cet endroit, faisait partie de la cité des 
Glanatenses ; encore moins admettrai-je que ces inscriptions 
ont été transportées en ce lieu de Briançon et que c’est 
par un pur effet du hasard que le nom de Briançonnet s’est 
trouvé convenir au sigle Brig gravé sur les monuments. 


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95 


V 


Ville» et lieux habités per le» Gallo-Romain», qui ne «ont 
mentionné» per euoun auteur enclen ou monument épi- 
graphique, mal» dont le» nom» paraissent s’ôtre conservé» 
Jusqu’à nous* 


Il y avait autour de Cemenelum tout un groupe de vici, 
dont aucun auteur, aucun monument ne nous rappelle les 
noms ; mais on peut avec presque certitude déterminer leur 
emplacement, grâce à la grande quantité de débris gallo- 
romains que l’on y retrouve chaque jour : quant à leurs 
noms anciens, on les trouve presque intacts dans les chartes 
du moyen âge. Tels sont en premier lieu sur les bords du 
Paillon le village de Drap l 2 . 

Le vicus ancien n’occupait pas la place du village actuel ; 
il était au lieu nommé aujourd’hui le Figet, lieu que traver- 
sait la voie Julienne en descendant du vallon de Laghet. Ce 
nom de Figet paraît être le nom ancien de cette localité ; on 
le retrouve dans le cartulaire de Lérins sous la forme de 
Castrum de Figeto à partir du dixième siècle : on peut donc 
penser que le nom gallo-romain était Figetum. On a trouvé 
dans ce quartier de nombreux débris de l’époque romaine, 
qui pour la plupart ont été acquis par feu M. Guilloteau * ; il 
a fourni notamment quelques belles monnaies des Antonins, 
de nombreux fragments de poteries, dont plusieurs portent 
des inscriptions, sur lesquelles je reviendrai à la fin de ce 
travail, et quelques objets de toilette et de ménage. 

Après Drap, en se dirigeant à l’ouest, on trouvait le plan 
de Revel et Contes, dont j’ai déjà parlé, et l’on arrivait à 
Ville-Vieille (Villa-Veteris), dont tous les hameaux et quar- 
tiers ont conservé leurs noms romains. L’on sait que Ville- 
Vieille a fourni deux inscriptions dédiées aux divinités topi- 
ques de ces peuples. Dendejun, l’un de ses hameaux, a 

1. Voyez pl. I. 

2 . La collection 9o M. Guilieteau est à Citniez. 


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96 


peut-être été le siège d’un culte à Junon , comme le veut la 
tradition ; le nom ancien de cette localité est Castrum de 
Bendejuno, ce qui ne signifierait pas nécessairement qu’il y 
a eu un temple à Junon, comme l’ont dit nombre d’auteurs ; 
mais on remarque que l’église de ce lieu porte encore au- 
jourd’hui le nom caractéristique deNotre-Dame-des-Pagans. 
Or, si du temps de l’Empire, le terme pagani ne signifiait 
pas les payens, mais les paysans, il n’en était plus de même 
pendant, le moyen âge, à l’époque de la construction de 
l’église de Bendejun; et je pense, sans l’affirmer positive- 
ment, que cette église a été construite sur les ruines d’un 
temple païen : mais affirmer que ce temple était dédié à 
Junon, c’est, je crois, aller un peu loin. 

Quel était le nom ancien du village de Ville-Vieille? Cette 
dénomination n’étant évidemment qu’un qualificatif, le pays 
avait certainement un autre nom, que cette appellation 
postérieure a fait oublier : on pourrait peut-être le retrouver 
dans celui de Cantaron, que porte encore le quartier où se 
trouvent les ruines de l’ancien village ; ceci n’est toutefois, 
qu’une supposition et non une affirmation. 

A côté de Ville-Vieille se trouvait Tourrette-de-Levens, 
qui n’a dû son nom actuel de Tourette qu’aux tours qui 
flanquaient son château-fort ; je pense qu’il faut reconnaître 
le nom ancien de cette localité dans celui de Laurenti, qu’a 
conservé le quartier nord de cette ville : Tourette possède 
encore de nombreuses inscriptions. C’est dans son territoire 
que se trouve le plan de Revel ; la route romaine qui tra- 
versait les Alpes-Maritimes du sud au nord y passait : j’ai 
^reconnu, dans l’appareil de plusieurs maisons anciennes, des 
fragments de pierres travaillées, empruntées à d’autres mo- 
numents plus anciens dont le caractère gallo-romain n’est 
pas contestable. J’en conclus que, comme le calcaire ne 
manque pas, ces pierres monumentales n’ont pas été ap- 
portées en ce lieu, mais qu’on s’en est servi parce qu’elles 
s’y trouvaient à portée des travailleurs et déjà taillées : ce 
qui évitait du travail aux constructeurs. 

Le nom d 'Aspromont, village où l’on a trouvé de nom- 


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97 


breux débris gallo-romains, parait être celui que ce lieu 
portait anciennement. Il est formé de la même façon que 
Clarmont, Grimont, etc. , qui sont tous des noms romains 
conservés. L’un des hameaux d’Aspremont , aujourd’hui 
nommé Colomas, est appelé dans les chartes anciennes Cas- 
trum de Collo Martis : ce qui parait caractéristique, si l’on 
rapproche cette dénomination d’une inscription, dont je par- 
lerai dans le cours de ce travail, qui rappelle un culte au dieu 
Mars de Cimiez. 

• Levens est encore un lieu où les Romains ont eu un vicus; 
on en retrouve les traces au quartier des Prats. C’est là que 
l’on peut voir encore l’inscription d’un trompette de la qua- 
torzième cohorte urbaine. Je pense que ce nom de Levens 
peut être le nom ancien que portait cette localité; il se rap- 
proche de Vence, de Vens, etc., qui sont des noms gaulois 
que l’on rencontre dans les Alpes-Maritimes. Ainsi que je le 
démontrerai plus loin, ce village était sur le parcours d’une 
voie romaine. Son nom ancien est Castrum de Levenzo. 

Au nord de Levens, de l’autre côté de la Vésubie, U telle 
parait avoir été habité par les Romains. L’emplacement du 
vicus était, non au château Gineste, comme l’ont dit de 
nombreux auteurs, mais dans une petite plaine que l’on voit 
entre le village et le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde. 
C’est de là que l’on a retiré nombre d’objets gallo-romains 
et nous verrons plus loin que la voie romaine traversait cette 
plaine. 

Le nom d’Utelle rappelle-t-il, comme le veulent bien des 
auteurs, celui des Oratelli, que l’inscription de la Turbie 
place dans les environs des Nerusi, qui, comme on le sait, 
habitaient le terroir de Vence ? C’est ce que j’examinerai en 
étudiant cette inscription. On trouve ce nom abrégé en Uelz 
dans plusieurs documents du moyen âge ; mais c’est cer- 
tainement une contraction de UtELleZ, car on le trouve 
dans d’autres chartes contemporaines écrit Castrum de 
U telles. 

Si nous retournons vers l’est, nous trouvons, sur la fron- 
tière même du département, le village de Saorge. Aucun 


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98 


lieu n’a gardé plus de traces de l’occupation gallo-romaine 
dans les dénominations de ses quartiers : Castrum des Sa- 
tinas (aujourd’hui les Sales); collis Martis, aujourd’hui en- 
core nommé col de Mars ; castrum de Malamortis, aujour- 
d’hui Malmort; etc. On voit encore dans ce village une 
inscription qui sera publiée dans ce recueil, laquelle rattache 
cette contrée à la tribu Falerna. La tradition veut qu’il y ait 
eu à Saorge un temple dédié à Mars et à Cybèle, sur l’em- 
placement duquel a été construite l’église paroissiale dédiée 
à saint Georges. J’admets volontiers la dédicace à Mars, soit 
à cause du nom de collis Martis, soit à cause du culte à 
saint Georges, qui, comme saint Martin, a souvent pris la 
place de Mars ; mais je me demande pourquoi cette associa- 
tion de Mars et de Cybèle. Est-ce parce que les deux cultes 
se côtoyaient à Vence? Ce n’est certes pas une raison accep- 
table. Le culte de Mars était en grand honneur dans la pro- 
vince des Alpes-Maritimes ; mais il parait le plus souvent 
associé à des divinités topiques : Mars Olloudius, Mars Vin- 
tius, Mars Jeusdrinus, Mars Cemenelius et peut-être Mars 
Segomon. La grande quantité de noms de lieux dans les- 
quels on retrouve le souvenir de ce culte, nous montre qu’il 
était très-répandu dans tout le territoire, où il a peut-être 
succédé à celui d’IIercule apporté par les Phéniciens. Le 
Castrum de Malamortis couvrait, en partie du moins, 
l’emplacement de l’ancien vicus romain. 

Les Romains avaient encore un vicus à Val-de-Blôre, où 
j’ai retrouvé une inscription et un Castrum gallo-romain 
dont je parlerai en décrivant la voie romaine qui se rendait 
à Embrun. 

Le nom d’Isola, Castrum de Insula dans les chartes, 
parait encore être un nom romain. On trouve dans ce pays 
quelques antiquités; mais j’avoue que son nom seul me pousse 
à le regarder comme un vicus gallo-romain; car tout ce qu’on 
m’a montré d’antique se borne à quelques briques à rebords 
que l’on trouve en abondance sur le parcours de toutes les 
voies romaines. Or, nous verrons qu’une route romaine tra- 
versait ce pays. 


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— 9 » — 

Je ne dirai rien de Saint-Étienne, dont quelques histo- 
riens veulent faire une station romaine du nom de Deli In- 
sula, ou ile de Vénus. Cette opinion, qu’il est possible d’ac- 
cepter à la rigueur, ne me semble pas appuyée sur des 
preuves suffisantes ; je n’ai, pour ma part, rencontré de 
traces d’habitation romaine qu’au lieu nommé Aoron, à la 
chapelle de Saint- Arige, où j’ai trouvé une inscription ro- 
maine parmi quelques débris de murs qui pourraient être de 
construction romaine; mais Aoron est situé à plus de quatre 
kilomètres au sud de Saint-Étienne et ne peut, en aucun cas, 
être appelé une île. 

Une petite localité qui a certainement été habitée par les 
Romains est le hameau de Berthemont, où l’on voit encore 
les ruines d'un établissement thermal que les Romains y 
avaient construit ; ils y arrivaient par le Val de Blôre, où la 
route romaine est très-reconnaissable. Les eaux de Berthe- 
mont, après avoir été abandonnées pendant des siècles, re- 
commencent à être visitées par les malades. Le nom de 
Berthemont parait être le nom antique. 

Entraunes, anciennement Castrum de Interamnis, ne 
doit son nom qu’à sa position au confluent de deux rivières : 
le Var et le Bourdous; on voit encore des ruines qui pour- 
raient bien être romaines à Péone; les Templiers y ont eu de 
grands établissements et l’on trouve dans le pays quelques 
monnaies romaines : on n’y a toutefois trouvé aucune ins- 
cription. 

Il y avait entre l’Estéron et le Var un groupe de villages 
qui étaient certainement habités par les Gallo-Romains. Ce 
sont : Toudon (Castrum de Toreduno), nom assurément 
gaulois ; on a trouvé à Toudon de nombreuses antiquités 
romaines, parmi lesquelles il faut citer deux médailles d’ar- 
gent portant comme exergue: l’une, VENERANDA MI- 
NERVA et l’autre, IVPITER GANIMEDES. Je ne ga- 
rantis pas l’authenticité do ces deux médailles ; je tiens 
cette communication de M. Bruny, actuellement curé de 
Vence, mais je n’ai pas vu les médailles. Ce que j’ai vu, c’est 
un petit mamelon tout couvert de constructions gallo- 


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<00 


romaines,. parmi lesquelles j’ai recueilli de nombreux frag- 
ments de poteries, et plus loin, dans la direction d’Ascros, 
un sarcophage romain et une inscription que l’on trouvera 
plus loin. 

Un peu avant d’arriver à Sigale, on rencontre une cha- 
pelle dédiée à saint Sébastien où se voyaient autrefois deux 
fragments d’inscriptions aujourd’hui couvertes par le badi- 
geon ; ce lieu est nommé dans les anciennes chartes Cas- 
trum de Intervineas ou Castrum de Alasia. Ces noms et 
les débris romains que l’on y trouve permettent de supposer 
qu’il y avait autrefois un vicus en ce lieu. ’ 

Plus loin c’est Aiglun, dont le nom ancien Aiglodunum 
ne laisse pas de doute sur son origine gauloise. J’y ai trouvé 
bien de poteries romaines et un milliaire de la voie qui 
allait rejoindre Brigantium. 

Je ne prétends pas que ce soient là les seuls points qui 
aient été habités par les Romains ; mais ce sont les seuls qui 
en ont gardé des traces à peu près certaines. 

En fait de fleuves, les Romains connaissaient la Roya, 
qu’ils nommaient Rutuba ; le Paillon, que Pline et Mêla 
appellent Palo ; le Var, connu sous le nom de Varus, et la 
Vésubie, qui est peut-être le fleuve désigné sous le nom de 
Vulpis dans la table de Peutinger. On peut encore citer la 
Tinnée qui devait se nommer Tinia ou Ectinia. 

Pline nous donne le nom du Mons Cerna, d’où il fait sortir 
le Var ; Gioffredo veut que ce soit lou serre de Camaioun. 

Je parlerai des peuplades celto-ligures dont les auteurs et 
l’inscription de la Turbie nous ont conservé les noms, en 
commentant cette inscription. 


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— 404 — 


VI 


De» vole» romaine» qui traversaient le» Alpes-Mari tl me» 1 

J’ai déjà démontré dans de précédents mémoires, que les 
Alpes-Maritimes, où l’on n’admettait qu’une seule voie, la 
via Aurélia, étaient pourvues de trois grandes artères : 

1° La voie Aurélienne, qui suivait le littoral ; 

2° La voie Julienne, qui suivait un tracé identique, à quel- 
ques kilomètres dans l’intérieur des terres ; 

3° Et enfin la voie qui joignait Vence à Castellane. 

U s’agit aujourd’hui d’une quatrième artère, qui, partant 
de Cemenelum, allait rejoindre la Tinée, qu’elle remontait 
jusqu’à sa source, débouchait dans la vallée de Barcelonnette 
par le col de Pelouse et se rendait à Ebrodunum. C’était une 
voie exclusivement militaire ; sa argeur moyenne, partout 
où elle est conservée, varie entre 2 m ,50 et 3 ra : en de cer- 
tains points elle diminue même jusqu’à 1 ”*,50 ; mais elle se 
trouve alors dans des passages particulièrement difficiles, 
où l’établissement d’une voie plus large eût occasionné de 
grandes dépenses. 

Sur son parcours, comme sur celui de la voie Julienne, 
on trouve parfois des solutions de continuité : la voie dis- 
parait pendant un ou plusieurs kilomètres ; mais on la re- 
trouve bientôt, avec tous ses caractères; et ses divers tron- 
çons, rapportés avec soin sur une carte, ne peuvent laisser 
aucun doute sur sa direction générale. 

En partant de Cimiez, la route suivait assurément pen- 
dant quelques kilomètres le tracé de la voie Julienne, qui, 
comme elle, se dirigeait vers le nord ; elle passait à Saint- 
Pons, mais arrivée au vallon de Saint- André, tandis que la 
voie Julienne suivait, en le remontant, le cours du Paillon, 
la nouvelle voie se dirigeait à gauche, vers le plan de Revel. 


1. Ce chapitre a été la à l’Académie des inscriptions et belles lettres dans la séance 
du 21 février 18TO. 


7 . 


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— 408 — 

Il est impossible de reconnaître son parcours dans cette 
première partie ; mais elle devait assurément passer entre le 
château de Saint-André qu’elle laissait à gauche et le lieu 
aujourd’hui nommé YAbadié, de l’ancienne abbaye que l’on 
y voyait au moyen âge. A partir de ce point, on la retrouve 
intacte dans le chemin connu sous les noms de camin rou- 
miou et camin de l'Abadié. Elle traverse les plans de Re- 
vel : elle est sur ce point, bordée de tombes, et, quoique la 
plupart des inscriptions que l’on y voyait soient aujourd’hui 
perdues, on y trouve encore une telle quantité de débris 
romains, qu’il est impossible de ne pas admettre l’existence 
en cet endroit d’un vicus. 

Du plan de Revel, la route se continue jusqu’à Tourette, 
et sur tout son parcours on rencontre des fragments de 
briques à rebords et de poteries rouges dites samiennes. 
De Tourette à Levens elle devait suivre, à peu de chose 
près, le parcours de la route actuelle, laissait à gauche 
Saint-Biaise et arrivait à Levens par le quartier des prés, 
où se trouve actuellement la caserne de gendarmerie. C’est 
là que, parmi toutes sortes de débris et de substructions 
romaines, on a trouvé le titulum d’un tubicen de la quator- 
zième cohorte urbaine, appartenant à la centurie de Quintus 
Volusius Sévérus. 

Le terrain environnant est rempli de débris romains, et 
quelques substructions de cette époque y ont été mises à 
jour : ce qui fait présumer que le vicus romain était primi- 
tivement établi en ce lieu; et ce n’est que plus tard, après 
les premières invasions, qu’il se transporta sur un mame- 
lon situé à 500 ou 600 mètres à gauche et forma le village 
actuel de Levens. 

Au sortir du village, on retrouve la route qui se dirige 
directement sur le fond de la vallée de la Vésubie, en lais- 
sant à droite la route actuelle pour se rendre à Utelle ; elle 
est dénommée par eux camin viei. C’est le raccourci que 
prennent les gens du pays. Elle franchit la Vésubie sur un 
pont dont les culées sont de construction romaine ; le cintre 
paraît avoir été refait plus récemment. Ce pont est nommé 


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403 


dans le pays pont d'àu garoumiou, c’est-à-dire pont du 
gué romain ; ce qui semblerait indiquer que les Romains 
avaient primitivement établi un simple gué à ce point et que 
le pont en a gardé le nom. 

De la Vésubie à Utelle, la voie est conservée sur presque 
tout son parcours; elle traverse le Cros, petit hameau où j’ai 
recueilli des poteries romaines, et arrive, en serpentant, à 
Utelle. Le vicus romain n’était pas sur l’emplacement du 
village actuel , mais à un demi-kilomètre de là, entre le 
village moderne et le sanctuaire de Notre-Dame-de-la-Garde. 
D’Utelle à la Tour, on ne quitte pas la voie ancienne, et sur 
tout son parcours on rencontre des tombes romaines. Avant 
d’arriver dans le village de la Tour, que la voie laissait à 
droite, on rencontre à gauche du chemin un oratoire dédié 
à saint Sébastien, lequel est construit sur des fondations ro- 
maines ; et jusqu’à Clans, on suit, sans interruption, un che- 
min qui certainement n’est autre que l’antique voie parfois 
restaurée, mais bien reconnaissable aux nombreux débris 
romains dont elle est jalonnée. 

C’est à Clans que Cnæus Domitius Ahenobarbus, qui fut 
consul avec Fannius Strabon (l’an de Rome 632), laissa une 
inscription à Hercule, pour le remercier des victoires qu’il 
venait de remporter sur les Gaulois du Dauphiné. Or, comme 
cela est aujourd’hui bien prouvé, l’inscription de Clans étant 
certainement authentique, il reste acquis à l’histoire que 
Cnæus Domitius Ahenobarbus a ramené ses légions par la 
vallée de la Tinée ; et pour qui connaît le pays, pour qui 
a parcouru ces vallées taillées à coups de hache dans la 
montagne, pour celui qui a mesuré de l’œil la profondeur 
des insondables précipices qui s’y rencontrent à chaque pas, 
pour celui qui a vu des coteaux entiers disparaître à la suite 
d’un orage un peu violent, comme il s’en produit chaque 
année dans ces régions, il est impossible d’admettre qu’une 
armée a passé par là, s’il n’y avait pas de route ; et Car- 
lone, qui a émis cette opinion, comme ceux qui l’ont suivi 
dans cet ordre d’idées, ont écrit cela dans leur cabinet, en 
suivant de l’œil sur une carte le cours de la Tinée. 


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— 404 — 

De Clans à Marie, la voie existe et sert encore de nos jours 
à mettre en communication les deux villages. A partir de 
Marie, un hiatus se produit et l’on ne retrouve plus de traces 
de la voie jusqu'à Saint-Sauveur. Mais ceci s’explique d’une 
façon satisfaisante par la nature du terrain que l’on trouve 
entre ces deux villages : ce sont des schistes ardoisière ap- 
partenant au terrain permien et des couches de marnes ar- 
gileuses, que l’on rattache aux terrains triasiques.Tout le ver- 
sant entre Marie et Saint-Sauveur n’a aucune solidité : il s’y 
produit chaque année des éboulements considérables et l’ins- 
tabilité de la roche est telle que l’administration des Ponts 
et Chaussées est obligée d’entretenir sur ce point une bri- 
gade de cantonniers, spécialement occupés à réparer les 
dommages journellement causés à la route par les éboule- 
ments qui s’y produisent. 

Cet état de choses aurait dû, semble-t-il, empêcher l’éta- 
blissement d’une voie romaine sur un terrain aussi mouvant; 
mais il faut remarquer que ce n’est qu’à la suite du déboise- 
ment de ce versant que les éboulements ont commencé et 
que, du temps des Romains, le pays était certainement en- 
core boisé : ce qui retenait les terres. 

Jusque là je n’avais rencontré aucun milliaire et je déses- 
pérais d’en rencontrer aucun, lorsque, entre Marie et Saint- 
Sauveur, immédiatement au-dessous de Rimplas, sur les 
bords du vallon de la Boulinette, je découvris, dans un mur 
de soutènement, un fragment de pierre arrondie qui portait 
une inscription milliaire qu’on trouvera dans le cours de ce 
recueil. 

Durandi et Carlone ont mentionné bien d’autres milliaires 
sur le parcours de cette voie, mais je n’en ai retrouvé aucun 
autre. M. Mommsen 1 les a classés parmi les falsæ : cette 
classification ne me paraît pas suffisamment justifiée; il se- 
. rait peut-être plus à propos, à mon avis, de les considérer 
comme des textes mal lus et de tâcher d’en tirer parti, que de 
les rejeter absolument, surtout lorsqu’il est indéniable que la 


1. Corp. \MCr. lat t. V, nn. 1025* à 1029*. 


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405 


voie a existé et que l’on retrouve un fragment de l’un des 
textes qui sont déclarés faux. 

Ainsi que je le dirai en commentant l’inscription de ce 
milliaire, contrairement à l’avis de Carlone qui l’atribue à 
Constantin, je pense que c’est à Probus qu’il faut le rap- 
porter. 

Carlone lui donne Rimplas comme emplacement, ce qui 
concorderait bien avec ma découverte. 

Trois kilomètres plus haut, dans le vallon de la Boulinette, 
j’ai découvert un autre fragment d’inscription romaine, et à 
Rimplas, j’ai constaté l’existence, à côté du village actuel, 
d’un Castrum gallo-romain admirablement bien conservé : 
on y retrouve un mur d’enceinte entouré d’un fossé, une 
citerne, de petites meules à main, des monnaies et des frag- 
ments dé poteries et de verres. 

Carlone rapporte, toujours d’après Durandi, qu’il se trou- 
vait un milliaire à Saint-Sauveur : je l’ai inutilement cher- 
ché. Entre Saint-Sauveur et Isola, la voie suivait la rive 
gauche de la Tinée tandis que la route actuelle se trouve 
sur la rive droite. Mais elle n’a été établie de ce côté que 
parce que la Tinée, servant à ce point de frontière entre la 
France et l’Italie, il a forcément fallu faire passer la route 
sur le territoire français. Cette raison n’existant pas du temps 
des Romains, la voie suivait la rive gauche, qui est bien plus 
abordable et sur laquélle se trouvent quelques hameaux. 

Entre Isola et le vallon d’Aoron, je présume que la voie 
suivait la rive droite de la Tinée; car je n’ai trouvé de ves- 
tiges romains que sur cette rive, et notamment à la chapelle 
de Saint-Arige, sur le plateau d’Aoron, où j’ai découvert une 
stèle en fort mauvais état, mais portant encore un restant 
d’inscription romaine. A partir du vallon d’Aoron, la voie 
se retrouve entière jusqu’à Saint-Etienne-lès-Monts et, 
comme toujours, elle est jalonnée de tombes romaines. 

Entre Saint-Etienne et le col de. Pelouse, la voie suivait 
toujours le cours de la Tinée sur la rive gauche ; elle passait 
à Vens et à Pras, petits hameaux dépendant de Saint- 
Dalmas-le-Sel vage . 


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— 406 — 

C’est à Pras que Carlone, d’après Durandi, place un autel 
votif à Jupiter, laissé par M. Fulvius entre les années 628 et 
630 de Rome. J’ai inutilement recherché cette inscription en 
ce lieu ; mais les vieillards m’ont affirmé qu’il y avait autre- 
fois, sur la face ouest de l’église, une pierre écrite et qu’à la 
suite d’une avalanche descendue du torrent Salza-Morena, la 
moitié du village avait été emportée avec toute la partie 
ouest' de l’église. On m’a montré, à gauche du confluent du 
torrent de Salza-Morena et de la Tinée, un amas de rocs 
éboulés que j’estime former une masse de près de 30,000 
mètres cubes. C’est cette masse qu’a apportée l’avalanche, 
c’est là-dessous qu’il faudrait rechercher l’inscription citée 
par Carlone, si tant est que l’on doive l’identifier avec celle 
dont on m’a parlé à Pras, ce que je suis loin d’affirmer; car 
l’inscription de l’église de Pras pourrait tout aussi bien être 
une inscription gothique se rapportant à la construction de 
l’église, comme on en voit sur presque toutes les chapelles 
de cette contrée. 

De Pras, la voie passait à Boussyées, aux Granges Com- 
munes, et finalement arrivait à Barcelonnette par les vallons 
des Granges Communes, du Versan et de l’Ubaye. 

Mes recherches se sont arrêtées au col de Pelouse ; mais 
il est probable que de Barcelonnette, la voie se dirigeait sur 
Ebrodunum, métropole des Alpes-Maritimes. 

En outre de cette grande voie, on retrouve encore les 
traces de plusieurs autres voies secondaires qui desservaient 
les vallées du Var et de l’Estéron. Cette dernière nous a 
fourni trois milliaires. Elle venait probablement de Castel- 
lane, Salinium: passait à Briançonnet, Brigantium, à Gars, 
à Aiglun, et de là se dirigeait sur la voie qui joignait Ven - 
tium à Salinium, tandis que d’autre part un embranche- 
ment, partant de Briançonnet, se dirigeait sur Glanatum , 
sur les bords du Var, en passant par Ville-Vieille: de Glana- 
tum la voie s’embranchait de nouveau; et tandis qu’une bran- 
che allait rejoindre la grande voie de Cemenelumk Ebrodu- 
num, par la vallée du Chanz, l’autre, bien moins importante, 
allait passer à la Penne, à Ascros, Toudon, Tourettes de 


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407 


Revest, Gilette, passait l’Estéron à gué et venait rejoindre 
Vence en passant par le Broc, Carros et Saint-Jeannet. 

Je n’entrerai pas dans le détail des preuves que j’ai re- 
cueillies sur le parcours de ces voies ; elles sont toujours de 
même nature: traces gallo-romaines continues, tombes, 
constructions, dénominations, et parfois milliaires. 

A propos des dénominations caractéristiques que l’on ren- 
contre parfois le long du parcours des voies romaines, il en 
est une qui revient très-souvent et qui, dans le commence- 
ment, m’avait fort intrigué. Sur le parcours de toutes les 
voies, au nord comme au sud du département, on rencontre 
des lieux portant le nom d’Aurèle. J’ai retrouvé ces noms 
dans l’Estérel, à la Napoule, dans le Cheiron, à la Turbie, 
et en dernier lieu entre Toudon et Ascros, où l’église de la 
Cainée est dédiée à saint Jean d’Aurèle. Ces dénominations 
sont fort anciennes ; on retrouve cette dernière dans le car- 
tulaire de Lérins, à qui appartenait cette église. Il est évi- 
dent quo ces diverses localités n’étaient pas toutes sur le 
parcours de la voie Aurélienne; mais on peut, ce me semble, 
conclure de ce fait que, dans l’esprit des anciens habitants, 
les noms de chemin romain et chemin Aurélien étaient syno- 
nymes. Cela est tellement vrai, qu’aujourd’hui encore les 
gens du pays vous disent pour désigner une vieille route : 
« c’est un chemin Aurélien. » Les noms d’Aurèle et d’ Au- 
rélien n’indiquent pas le passage de la voie Aurélienne plus 
spécialement qu’une autre, mais simplement le passage 
d’une voie romaine quelconque. 

Me voici arrivé au terme de cette Introduction. Avant de 
commencer mon travail épigraphique, je crois bon d’avertir 
le lecteur de la façon dont mes textes seront groupés. Le 
premier groupe sera formé par les inscriptions de Nice et de 
Cimiez; le second comprendra les inscriptions de Monaco, la 
Turbie, etc.; le troisième, celles de Vintimille. Les inscrip- 
tions de Tourettes, Chàteauncuf, Levens, etc., formeront 
un quatrième groupe, et le dernier se composera des textes 
de Briançonnet et de ceux de tout l’arrondissement de Puget- 
Théniers. Dans ces divers groupes, les inscriptions seront 


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— 408 — 

classées en votives, impériales, milliaires, militaires, muni- 
cipales et funéraires. Je ferai ensuite un groupe spécial des 
marques de potiers et autres sigles figulins qui comprendra 
tout le département, et mon travail se complétera par des 
tables générales embrassant tout l’ensemble de l’ouvrage. 


A NICE ET A CIMIEZ 


INSCRIPTIONS ÉTRUSQUES 


A l’exception de l’inscription de Busca, longtemps soup- 
çonnée, mais aujourd’hui reconnue vraie, on n’avait jamais 
retrouvé d’inscriptions étrusques dans nos régions; aussi 
n’est-ce pas sans surprise que les savants apprirent qu’on 
venait de trouver à Nice, ou mieux à Cimiez, trois fragments 
de briques sur lesquels se lisaient des mots étrusques en 
caractères archaïques. La découverte fut annoncée en ces 
termes par le Pensiero di Nizza des 3 et 4 juin 1872 : 
« Giovedi scorso, diversi nostri amici erano a diporto 
nell’amenissimo colle di Cimella, ed aggirandosi fra l.e ma- 
cerie dell’antica capitale delle Alpi Marittime, trovarono, a 
poca distanza dalle rovine del palazzo prefettizio, sotto gli 
avanzi di una antica cisterna, un frammento di tegolone in 
terra cotta con sovra una iscrizione graffita in caratteri etru- 
schi. » Cette inscription était la suivante : 

V/M 





Ce qui ce lit: mi su ( thi )... luchum (es)., kem... ; ce 


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— 109 — 

dernier mot étant considéré comme le commencement do 
l’ethnique G'emelion. 

Le 22 juin de la même année, le même Pensiero publia 
deux autres fragments de tuiles portant des inscriptions 
dans la même langue ; sur le premier fragment on lisait : 

'IWVI 

soit : Pulfn... vocable qui paraît être le commencement du 
Pulfcnius, mot dont la forme étrusque est Pulfna. 

Le second fragment portait les mots suivants : 

fXJIQ 

— im 9 

ce qui, sans difficulté possible, se lit: vil XL...jlein(e) 
c’est-à-dire annoi'um XL... 

Le Pensiero pensait qu’il fallait rejoindre tous ces frag- 
ments et n’en faire qu’une inscription qu’on aurait lue ainsi : 

N° 142 * (Fausse) 

Mi Suthi 

Luchum 

Kem 

Pulfn 

5 ril XL 

Lein 

Mais M. Ariodante Fabretti, qui le premier a publié ces 
fragments l , fait remarquer que cela lui semble peu proba- 
ble, parce que le terme Pulfn... ne s’est encore rencontré 
jusqu’à ce jour qu’à Chiusi, tandis que le mot leine appar- 
tient aux monuments de Volterraet ne s’est jamais rencon- 
tré à Chiusi. Le savant épigraphiste reconnaissait plusieurs 
singularités dans ces inscriptions. Il s’étonnait d’abord 
qu’elles eussent été rencontrées à Cimiez, qui se trouve com- 


1. Atti délia regia Accademia delle scienze di Torino, pubblicati dagli accademicl se- 
gretari delle due clasei (vol. VII. Disp. T maggio-giugno 1872, p. 854 et 894) n" I, 2, S 
de la planche. 


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plétement en dehors des points où jusqu’à présent l’on a 
mis à jour des inscriptions étrusques ; mais, s’appuyant sur 
celle de Busca, il admettait volontiers que ces inscriptions 
pouvaient avoir été transportées à Cimiez à une époque indé- 
terminée: néanmoins il ne s’expliquait pas la façon dont était 
placé l’S de Suthi qui, au lieu d’être tourné à gauche dans le 
sens de l’écriture étrusque, était tourné à droite. Malgré ces 
irrégularités il admit ces textes comme bons et proposa la 
traduction suivante : Sum sepulchrum Luchumi cemeli 
Pulfenii annorum XL... William Corssenn 1 les admit à 
son tour sur la foi de A. Fabretti et les publia comme au- 
thentiques. Depuis, des amis ont fait remarquer à M. Fa- 
bretti que l’on trouvait dans ces textes des indices certains 
de falsifications modernes, et le savant professeur ne doute 
plus aujourd’hui de la fausseté des inscriptions de Cimiez. 
J’ai vu, entre les mains de M. Lieutaud, bibliothécaire à 
Marseille, une lettre de lui qui le priait de considérer 
son travail comme non avenu. Depuis M. Mommsen les a 
publiées dans son Corpus * en les déclarant fausses. Je ne 
puis que m’associer à cette manière de voir de l’illustre 
épigraphiste, tout en faisant remarquer que toute cette 
trouvaille a été faite dans un but facile à deviner : il s’agis- 
sait de faire établir scientifiquement l’origine étrusque de 
Cimiez ; et l’on n’a pas craint, dans ce but, de fabriquer 
quelques textes, espérant faire prendre le change aux savants; 
malheureusement on ne songe pas à tout et l’âne a montré 
le bout de l’oreille : on avait bien copié quelques vocables 
étrusques, mais on n’avait pas songé aux localités d’où pro- 
venaient ces noms, si bien que l’on associait des noms qui 
ne se sont jamais trouvés ensemble dans aucune inscription 
et que l’on commettait quelques fautes de paléographie, 
qui ont d’abord paru singulières aux savants et finalement 
ont été considérées comme des indices certains de fausseté, 
par ceux même qui, sur la foi de correspondants peu scru- 
puleux, les avaient acceptées et publiées. 

1. Will. Corssenn. Die Sprache Etrusker. Vol. 1, p. 522, et 758. 

2. Th. Mommsen, Corp. inscrip. Lat., T. V, p. 217 (Cemenelmn). 


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— (14 — 

En somme, en fait d’inscriptions étrusques dans nos ré- 
gions, on n’a jamais trouvé que celle de Busca, dont on a 
longtemps conteste l’authenticité, mais dont personne ne 
doute plus aujourd’hui. Cette inscription est au musée de 
Turin; elle a été publiée par Fabretti, Corssenn, etc. Je crois 
utile de la mentionner ici, quoiqu’elle n’ait pas été trouvée 
dans notre département, car elle appartient à la région des 
Alpes et c’est la seule. 


N” 143 

MWIOV* JAIGOflJ IQViM 

Mi suthi Lartial Suthicus. 

Je suis le tombeau de Lartia, fille de Suthicus. 

Cette inscription, gravée sur un bloc de pierre, dans un 
cartouche replié sur lui-même à la façon des textes runi- 
ques, a été trouvée à Busca ; mais, de l'avis de tous les 
savants qui s’occupent de la question, elle a été transportée 
en ce lieu à une époque inconnue, mais certainement bien 
postérieure à l’époque romaine. 


INSCRIPTIONS GRECQUES 


On n’a jamais trouvé à Nice d’inscriptions grecques. Il est 
vrai que l’on en voit quelques-unes dans la collection de feu 
M. Guilloteau à Cimiez ; mais, de l’avis de tous les archéolo- 
gues qui les ont examinées, ces inscriptions sont étrangères 
au département, et, pour la plupart, appartiennent à l’At- 
tique. 

M. Léon Heuzey, qui les a vues chez M. Guilloteau, 
M. Max Frankel 1 qui le premier les a publiées, M. Momm- 
sen*, etc., sont unanimes sur la question d’y reconnaître 

1. Max Frankel, Archaologitche Zcitung, 1874, p. 118. 

2. T. Mommsen, Corp. inter, lat., t, V, vol. 2, p 917, col. 2. 


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112 


des monuments athéniens ; mais M. Mommsen se demande 
à quelle époque ces monuments ont été transportés de l’At- 
tique à Nice, car M. Guilloteau lui a assuré avoir trouvé 
lui-même ces monuments dans des fouilles opérées chez lui 
et n’avoir acheté quelques objets que des paysans, ses voi- 
sins. La bonne foi de M. Mommsen a été surprise ; M. Guil- 
loteau, cet homme, qu’il nomme complaisamment optimus, 
verax et simplex, s’est joué de lui. Sauf quelques inscrip- 
tions latines recueillies dans les alentours, quelques mon- 
naies et quelques tessons de poteries? toute la collection de 
M. Guilloteau est apocryphe. Ce vieillard avait la douce 
manie de persuader à ses visiteurs qu’il avait trouvé chez 
lui tous les objets de sa collection ; mais tous les marchands 
de Nice savent parfaitement ce que valait cette affirmation. 
Les textes grecs de sa collection ont été achetés par M. Guil- 
loteau lui-même, ainsi que tous les bas-reliefs ou autres 
sculptures de même provenance. 

Je les publierai donc sous ces réserves expresses. 

N° H4 

nACüTICOnOAAAKMü)N6NrYMNA 
CIOICIOIAA0AOICK6IMAIAAJKAYCT(ünAPX0O 
NineiPAeioc.ziüHc.KAi kama 
T0ÜNT6PM AAPAMGÜNT AXINON OY 

5 TOür APM0IPAIKAtüCT0N6©HNT0MIT0N 

Cette inscription est gravée au sommet d’une stèle en 
marbre, sur laquelle est sculpté un adolescent nu tenant une 
palme; sur le côté gauche de la même stèle on voit écrit : 

IAAPOC 
TOY IAIOY 
CYNTPOO» 

OY 

5 enoiei 

La lecture suivante, de M. Frankel, a été acceptée par 
tous les auteurs qui les ont vues et étudiées : 


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— m — 

IlXSmç ô iroXXà xa [xtov èv yuiivaaiowi cpcXâ6Xoiî 
Ktîjxai âXtxXûffTtjj ~ap /Oov. I Itipatfôç, 

Zw/js xa'l xaaaTtov xÉpuiot Spauùv xa/tvdv 
08t(o yip uioTpxi xXüxrrôv êOtvro utxov. 

Et plus bas : 

'IXapôç tou ïoîou auvrpôtpou Inotet. 

N° 145 

Inscription gravée au sommet d’un bas-relief publiée par 
M. Max Frankel ( Arct\aol . Zeif., p. 148) : 

HAYA02 A/////0HK 
E//KOAO///.. .. 

M. Frankel propose la lecture suivante : 

'HSuXoç aviOriXT, cuxoXoî . . 

Le bas-relief, au sommet duquel est gravée cette inscrip- 
tion, représente un homme, à demi couché sur un lit, ap- 
puyé sur le coude gauche ; le bras droit est relevé dans un 
geste déclamatoire, la main gauche tient une coupe. Au bas 
du lit est assise une femme, derrière laquelle trois enfants 
se tiennent debout écoutant le personnage couché. Il s’agit 
certainement d’une scène d’adieu au défunt, que les vivants 
sont censés rencontrer. . 

Une scène du même genre est gravée sur un autre bas- 
relief, sans inscription celui-là, qui se trouve aussi à la 
villa Guilloteau. Un personnage déjà mûr, serre avec ef- 
fusion dans ses deux mains la main d’un adolescent nu qui 
va le quitter : c’est certainement le père faisant ses adieux à 
son fils, de même que dans le précédent bas-relief, c’est toute 
la famille écoutant le père avant son départ pour les Champs 
Elysées. 

N» 146 (V. pl. IV, n® 10) 

Inscription gravée sur une urne de marbre 
Iinriaç TijxoOeou/ .... i ... poç 

Max Frankel, Archaol. Zeitung , 1874 ; p. 149. — Cette 
inscription est gravée au-dessus d’un groupe de deux per- 


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— m — 

sonnages, l’un assis et l’autre debout, sur une urne d’un 
très bon style. 

N» 147 (V. pl. IV, n® 4) 

Inscription gravée sur un bas-relief très fruste 

. . . ivocvÔY) KaXKrrpaTrjç / SotXocfxivia. 

La mention de Salamine dans cette inscription, comme 
celle du Pirée dans la première, démontrent bien que ces 
textes sont athéniens et qu’ils ont été transportés à Nice. 

N» 148 (V. pl. IV, n® 8) 

Inscription gravée au sommet d’un bas-relief 

NtxofjLOtx T l* 

Au dessous une femme assise tend les bras à un jeune 
enfant. 

La collection de M. Guilloteau renferme encore d’autres 
pièces de sculptures, mais sans inscriptions : l’une de ces 
sculptures est très remarquable par la beauté du marbre et 
le fini du travail ; c’est un médaillon représentant en grand 
relief une tête d’homme. 


INSCRIPTIONS LATINES 


Inscription* votives 

N® 149 

D • VESvCCIVS 
CELER 
CENTONDI 
V • S 

D. Vesuccius Celer Centondii votum solvit. 

D. Vesuccius Celer a accompli, son vœu à Centondius. 

L’inscription est gravée sur un petit autel, conservé dans 
le vestibule du monastère de Saint-Pons, près Nice, où je 


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445 


l’ai copiée. Elle a été publiée par Gioffredo, Storia delle 
Alpi Marittime, manuscrit de la bibliothèque de Turin, 
page 48, d’après les notes de B. Richelmi. — Ricolvi, Ins- 
crizioni lette e copiate di fresco da... nel contado di 
Nizza, co’ nomi de' Luoghi dove si trovano e le misure 
loro, manuscrit de la bibliothèque de Turin, n° 5. — Ver- 
nazza, manuscrit de la même bibliothèque, d’après les notes 
de l’avocat Cristin. — Millin, Voyage dans les départements 
du midi de la France, t. II, p. 557. — Bonifassi, Niciences 
inscriptiones tum veteres tum recentiores al. B. collectæ, 
(manuscrit à M. Eugène Emmanuel, chancelier du tribunal 
civil à Gênes) n° 11. — J. de Wal, Myth. sept, monum., p. 
86. — Simian, Revue de Nice, 15 février 1862. — Bour- 
quelot, Inscr. ant. de Nice, de Cimiez, etc., n° 13. — Tis- 
serand, Hist. de Nice, t. I, p. 39. — Carlone, Vestiges épig. 
de la dom. grec., mass, et rom. p. 95, n° 149. — Mommsen, 
Corpus inscriptionum latinarum, etc., t. V, deuxième 
partie, p. 917, n° 7867. 

Centondius ou Centondis est certainement le nom d’une 
divinité topique ; à ma connaissance, on n’a retrouvé ce dieu 


en aucun autre lieu. 


N° 150 

(Perdue) 

HERCVLI 


LAPIDARl 


ALMAtfl 


CENSES 


5 P 



Ilerculi , Lapidarii, Almanticenses posuerunt. 

A Hercule, les tailleurs de pierres habitants d'Almanticum ont posé ce 
monument. 

D’après Gioffredo l’inscription aurait été gravée sur un 
piédestal de près de 0 m ,30 de haut, trouvé au monas- 
tère de Saint-Pons et transportée dans une propriété 
voisine des capucins. Elle a été publiée par Gioffredo, 
Stor. dell. Alp. Mar. édit. p. 1 12, on ne la trouve pas dans 


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<16 


son manuscrit. — Ricolvi, Insc., etc., n # 34, d’où l’ont 
tirée : Zaccaria, Excursuum Litterariorun, 1. 1, 53. — Do- 
nati, Nov. Thés. Mur. Sup. xxxiv, 3, d’après Zaccaria. — 
Durandi, Il Piemonte cispadano antico, p. 61, d’après le 
même auteur. — Bonifassi, Nie. Inscr. n° 6. — Orelli, Inscr. 
Latin. Ampl.Coll. n°2012, qui la reproduit d’après Zacca- 
ria, corrige ainsi les 2* et 3 e lignes LAPIDARIO. ALMAN ; 
cette correction ne peut être admise, car Zaccaria n’a pas 
vu cette pierre et ne l’a publiée que d’après Ricolvi : or le 
texte de Ricolvi est absolument identique à celui de Giof- 
fredo, qui avait vu la pierre ; il ne faut donc pas accepter 
cette leçon. — Bourquelot, Insc. Ant. n° 2. — Tisserand, 
Hist. de Nice , 1. 1, p. 39. — Sanguinetti, Iscrizioni romane 
délia Liguria, p. 204. — Carlone. Vest. epig. p. 95, n° 148. 
— Th. Mommsen. Corp. t. V, vol. 2, n° 7869. 

L’interprétation de cette inscription a donné lieu à bien 
des opinions. Orelli, écrivant Lapidario, appliquait cette épi- 
thète à Hercule et rapprochait cette inscription de celles qui 
sont dédiées à l 'Hercules saxanus l . Bourquelot repousse 
cette leçon, par la double raison, que le texte porte lapidarii 
et non lapidario et qu’il ne pense pas que le mot almanticen- 
ses ait pu désigner les habitants d’un pays, sans être précédé 
des mots incolæ, cives, etc. Cos raisons tombent d’elles-mê- 
mes, si l’on traduit, ainsi que je l’ai fait, Lapidarii par « les 
tailleurs de pierre; » le mot almanticenses est alors employé 
non comme substantif, mais comme adjectif topographique, 
servant à désigner la corporation des tailleurs de pierre 
qui a élevé ce monument à Hercule. Cela est si vrai, que 
M. Hirschfeld a retrouvé à Paris, dans les papiers de Peiresc, 
où je l’ai vu à mon tour, un texte, sans indication de prove- 
nance, mais mêlé aux inscriptions d’Arles, lequel texte con- 
tient lesmots Lapidarii almanticenses : ce sont évidemment 
les mêmes. L’inscription de Saint-Pons portait assurément 
ALMASr à la troisième ligne et Gioffredo a négligé la 
barre transverse du T sur la haste de l’N. Dans tous les cas 

1. Freund, Or. Dict. de la langue lat , t. II, p. 329, a, bien i tort, admis cette 
signification, sur la foi d’Orelll. 


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417 


ce texte montre clairement que le mot lapidari ne s’applique 
pas à Hercule. 

Voici d’ailleurs cette inscription : 


SEX • 1VL • VALEN 
TINl • LAPIDA 
D RI • ALMANTI 
CENSES • EX • FV 
5 NERE • El VS 


POMP • GRA 
TINfU CoIVGI 
INCoNPARA M 

BILI • POSVER 


Cela ne nous indique pas, il est vrai, ce que sont ces Al- 
manticenses. Faut-il les rechercher dans les environs d’Arles 
ou de Cimiez ? Durandi, d’après Zaccaria, veut en faire les 
habitants de Clans. L’abbé Bonifassi, trouvant dans Etienne 
de Byzance la mention d’une ville du nom d' y AV»v, que cet 
auteur place en Béotie, propose d’en faire sortir une colonie 
grecque, qui serait venue dans les Alpes-Maritimes. Ce sont 
là des suppositions tout à fait gratuites ; la vérité est que 
jusqu’à ce jour, rien ne peut indiquer d’une façon quelcon- 
que où habitaient ces A Imanticenses. 

J’ai vainement cherché dans les localités environnant 
Arles et Nice, un nom de lieu qui se rapprochât du mot 
Almanticenses ou Almanicenses, je n’ai rien trouvé de 
satisfaisant. 

Le culte d’Hercule était très répandu dans les Alpes- 
Maritimes où il avait succédé au Melkarth phénicien. 


N® 151 (Perdue) 

IOVI • O • M 
CETERISQ • DÛS 

deabvsq ■ Immort 

TIB • CL • DEMETRIVS 
5 DOM • NICOMED ____ 

VE- PROC • AVGG • NN 
ITEM • CC ■ EPISCEPSEOS 
CHORAE • INFERIORIS 

Jovi optimo, maximo, ceteris que diis deabus que im- 
mortalibus Tiberius Claudius Demetrius, Domo Nico- 

8 . 


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— 118 — 

media, vir egregius procurator Augustorum nostrorum, 
item Ducenarius episcepseos choræ inferioris. 

A Jupiter très bon et très grand et aux autres dieux et déesses immortels, 
Tibérius Claudine Démétrius de Nicomédie, homme égrège procureur de nos 
Augustes et ducénaire pour la surveillance du bas pays. 

Cette inscription a été publiée par Gioffredo, Stor. dell. 
Alp. p. 110, elle n’est pas dans son manuscrit; — parSpon, 
dans ses Miscellanéesg. 20, dans ses Recherches d'antiqui- 
tés, dissert. VII, p. 143; d’où l’ont tirée : Harduin, Num. 
popul., p. 267. — Muratori, Nov. Thés, inscr., 1064, 2. — 
Donati, Supl. ad Thés. Mur. 8, 2. — Mayer de Lyon. — 
Bagnolo, manuscrit, qui la cite parmi les inscriptions de 
Gazzera. — Ricolvi, Inscr., n. 16, qui a vu la pierre. — 
Burmann, De Vectigal., n. 71. — Par Schott, Explication 
d'une médaille d'Auguste, p. 29. — Zom, Biblioth. antiq. 
p. 49. — Hultmann, Miscellanea epigraphica, p. 84. — 
par Millin, Voy. t. II, p. 540. — Papon. Hist. Gén. de 
Prov. t. I, p. 34. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 2. — Orelli 
Inscr. lat. 3342. — Durante, Chbrographie du comté de 
Nice, p. 21. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 1. — Tisserand, 
Hist. de Nice, 1. 1, 42. — Carlone, Epigraph. grec, massai, 
et rom., p. 102, n. 162. — F. Brun, Nice etCimiez, p. 14. 
— Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7870. — Chabouillet, 
Rev. des soc. sav., 6* série t. I er , p. 375. — Ch. Robert, 
Annal, de la Soc. des lett. scien. et Art. in Rev. des soc. 
sav., 6 e série t. VI, p. 472. 

Les deux Augustes mentionnés dans cette inscription 
sont probablement Valérien et Gallien. Tibérius Claudius 
Démétrius était donc procurateur des Augustes à Cimiez, 
c’est-à-dire dans les Alpes-Maritimes et aussi ducénaire, 
c’est-à-dire jouissant d’un traitement de deux cent mille 
sesterces pour la surveillance de la région inférieure. Il est 
certain que les mots choræ inferioris désignent ici le ter- 
ritoire marseillais qui entourait Nice, j’ai déjà dit plus haut 
ma manière de voir à ce sujet. La possession nominale 
pouvait être aux Marseillais ; mais sous forme de protectorat 


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— 449 — 

ou de surveillance, l’administration était en main des Ro- 
mains ; et de fait, il était impossible que Marseille pût se 
garer de cette puissante protection ; les habitants avaient 
trop à y gagner pour s’opposer à ces empiétements de tous 
les jours. On verra, d’ailleurs, plus loin, que l’administration 
romaine s’était glissée jusque dans Marseille ; il n’est donc 
pas étonnant que des colonies lointaines n’aient pu s’en dé- 
fendre. 

Millin dit que cette inscription, qu’il a vue, se trouvait au 
quartier du Ray, derrière la maison du sénateur comte de 
la Valle, dans un champ de blé. Gioffredo la place dans un 
mur en pierre sèche dans une propriété contiguë aux Ré- 
formés. 

N° 152 (Perdue) 

MAR • TI • CEME 
NE • LO 

L • VIP • PI • VS LI///V/// 

V • S • L • M 

Marti cemenelo, Lucius Vippius Ligur ? votum solvit 
libens merito. 

Au Dieu Mars de Cloriez Lucius Vippius Ligur a accompli son vœu de son 
plein gré. 

Cette inscription a été trouvée au Rayet près Nice ; elle n’a 
été publiée que par Bonifassi, n® 154 et d’après lui par 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n® 7871. 

Ce Mars Cemenelus doit être rapproché du Mars 
Vintius que j’ai publié dans la première partie de ce tra- 
vail sous le n® 1. Bonifassi écrit ainsi le dernier mot de la 
troisième ligne : LICVI, ce que M. Mommsen corrige on 
LIGVR, j’ai suivi cette leçon. 

N» 153 

V1PVS SCA 
EVAEI ■ P 
MERCVR1 

V • S • L • M 


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— 180 — 

• Vipus Scævæi filius Mercuri(o) votum solvit libens 
merito. 

Vipus fils de Scœvœius a, de son plein gré, accompli son vœu à Mercure. 

Cette inscription est gravée sur un petit autel, conservé 
dans le vestibule du couvent de Saint-Pons ; de chaque côté 
de cet autel sont gravés les attributs de Mercure ; à droite le 
caducée, à gauche un vase ( urceus) . Il est possible que ce 
piédestal ait supporté autrefois une statue en bronze. 

Cette inscription a été publiée par Ricolvi, Inscr. etc., 
n® 9. — Vernazza, Bibliografia lapicLariæ patriæ, manuscrit 
de la bibliothèque de Turin, qui la tenait de l’avocat 
Cristin. — Millin, Voy. etc. t. II, p. 556. — Bonifassi, Nie. 
inscr. n" 5. — Gazzera, manuscrit de la bibliothèque de 
Turin, d’après Muletti (. Memorie storico-diplomatiche 
appartenenti alla cittk e ai marchesi di Saluzzo). — Bour- 
quelot, Inscr. a nt. n° 12. — Carlone, Vest. épigr. p. 96, 
n® 151. — Th. Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n® 7874. 

N® 154 (Perdue) 

D • SIL • S 
G • ARIVS • DOMI 

TIANVS 

. . .OTVRO • V • V 
5 VOTVM • LIBENS 
SOLVIT 

M. Mommsen propose de restituer ainsi cette inscription : 
Deo Silvano Sacrum, Caius Arius Domitianus quod pro 
filio votum vovit, votum libens solvit. 

Consacré au dieu Sylvain, Caius Arius Domitianus a accompli de son plein 
gré le vœu qu’il avait fait pour son fils. 

Elle a été publiée par Ricolvi, Inscr. n® 1, d’où l’a tirée 
Bonifassi, Nie. inscr. n® 13. — Bourquelot, Inscr. a nt. 
n® 8. — Carlone, Vest. épigr. p. 33, n® 21. — Et Th. Mom- 
msen, Corp. t. V, vol. 2, n® 7876. , 


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— «1 - 

D’après Bonifàssi, cette inscription aurait été trouvée 
dans l’ancienne villa, de Maistre. 

Le culte du dieu Sylvain était très-répandu dans les 
Alpes ; Bourquelot cite d’après le recueil Marmora Tauri- 
nensia les Sylvano augusto, Silvano domestico, Sil- 

VANO LARI AGRESTI, SlLVANO FLUVIORUM, SlLVANO SANCTO, 

Silvano littorali, Silvano dendrophoro, etc. M. de 
Ladoucette, Hist. des Hautes-Alpes, en cite une, qui a été 
découverte près de Monétier-Allemont. C’est inutilement 
que j’ai recherché cette inscription dans les environs de 
Nice ; il est probable qu’elle a été détruite ou employée 
dans quelque construction, ce qui laisserait encore un faible 
espoir de la retrouver un jour. 

N» 155 (Perdue) 

S1L 

VA 

NO 

Cette inscription, qui n’a pas besoin d’explication, a été 
publiée pour la première fois par Bourquelot, Insc. a nt. 
n° 7, qui la découvrit dans une des. salles du couvent de Saint- 
Pons ; elle n’y est plus aujourd’hui et doit avoir été recou- 
verte d’un enduit quelconque, car c’est inutilement que je l’ai 
recherchée dans toutes les salles du monastère. Depuis 
Bourquelot, elle a été publiée par Carlone, Vest. épigr. p. 98 
n*153, et par Th. Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n° 7875. 

N° 156 

AXI • F • VOTV 
SOLVERVïT 

Axi filii votum solverunt. 

Le» fils d'Axus ont accompli leur vœu. 

Inscription gravée sur une partie d’autel qui se trouve 
actuellement dans la villa Guilloteau. Ce texte a été publié 
pour la première fois par M. Bourquelot, Inscr. de Nice, 
n° 18 — Carlone, Épigr, greco-massal, p. 84, n° 135. Ces 


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— <22 — 

deux auteurs ont négligé la ligature du T et de l’N à la 
fin du mot solverunt. — Th. Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, 
n° 7878, a aussi négligé cette ligature. 

Ce texte ne parait pas complet, il manque le nom de la 
divinité à laquelle il était dédié, et les noms des fils d’Axus. 

N° 157 (Perdue) 

CLAVD 

HELENV 

CEMEN 

PVXIDEM 

REAM • D 

Cette inscription est incomplète au haut et à droite ; elle a 
été publiée par Gioffredo, Alp. manuscrit, p. 47, et dans 
son édition p. 102. — Ricolvi, Inscr. n° 30. — Bonifassi, 
Nie. inscr. n° 10. — Bourquelot, Inscr. a nt. n # 15. — San- 
guinetti, Iscriz. rom. délia Lig., p. 202. — Carlone, Vest. 
épigr. p. 73, n. 107. — Et finalement par M. Mommsen, 
Corpus, t. V, vol. 2, n° 7877. 

D’après Gioffredo, cette pierre aurait été trouvée dans le 
jardin des Observants réformés de Cimiez. 

Bourquelot, et Carlone d’après lui, donnent à la première 
ligne Claudius, à la seconde Helenus et proposent à la 
cinquième la restitution auream, sans mentionner le D 
qui suit. M. Mommsen rétablit la leçon de Gioffredo et pro- 
pose de remplir la lacune de la quatrième ligne par es let- 
tres ebo, qui concorderaient bien avec la fin du mot dédit 
de la cinquième ligne. Tout en acceptant cette restitution je 
proposerai de la compléter de la façon suivante : 

AESCULAPIO • ET 
HYOIAE • SACRVM 
TI CLAVDIVS • TI 
CLAVD/ • FILIVS 
5 HELENVS • DOM 
CmWELENS ■ 

PVXIDEM • EBO 
REAM • D EDIT 


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— 423 — 

Les lettres inclinées sont celles que je restitue. 

Æsculapio et Hygiæ sacrum, Tiberius Claudius, Ti- 
berii Claudii filius Helenus, domo Cemenelensi, puxi- 
dem eboream dédit. 

Consacré à Esculape et Hygia, Tibérius Claudius Hélénus, fils de Tibère 
Claude, natif de Cimiez, a donné une cassette d'ivoire. 


Le don d’une cassette d’ivoire fait penser à Esculape que 
l’on trouve très souvent associé à la déesse Hygie ; le nom 
de Tibérius Claudius Hélénus est celui d’un affranchi. Cette 
restitution est certainement arbitraire, mais elle est possi- 
ble et je ne prétends l’imposer à personne. 

Il faut encore mentionner les inscriptions suivantes, pu- 
bliées par Durandi, que M. Mommsen déclare être fausses. 
Je ne les publie que sous toutes réserves en faisant suivre 
leur numéro d’ordre de l’astérisque. 

N° 158* 

P • EL VI VS P F 
DEO • SANCTO. • Eerculi 
DONVM • DEDIT 

Publius Elvius Publii filius, deo sancto Herculi donum 

dédit. 

Au saint dieu Hercule, Publius Elvius fils de Publius a fait ce don. 

Ce texte a été publié par Durandi, il Piemonte cispadano 
antico p. 81. — Bourquelot, Inscr. ant. n° 5. — Carlone, 
Vest. épig. p. 34, n° 24. — Par Mommsen, parmi les falsæ, 
Corp. t. V. vol, 2, p. 90* n° 1018*. 

Durandi plaçait cette inscription sur la pointe de Saint- 
Hospice. 

N° 159* 

' MERCVRIO • SACRVM 

0 • AEL 

VOTI • COMPOS 


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m _ 

Cette inscription incomplète, n’a été publiée que par 
Durandi, Il Piemonte cisp. p. 74. — Carlone, Vestig. épigr. 
p. 117, n # 187. — Mommsen, Corpus t. V. vol. 2. falsæ p. 
91* n° 1024*. — Durandi la place à la Trinité près de Drap. 

N» 160* 

IVNONI • SACRVM 
M • AVRELIVS • AVFILENVS 
DOMO • CEMENELENSI 
AEDIL 

Je classe cette inscription parmi les fausses, quoique M. 
Mommsen ne l’ait pas mentionnée au nombre de ses falsæ ; 
mais ce ne peut être qu’un oubli de sa part, car il ne la men- 
tionne pas davantage parmi les bonnes ; et, par son origine, 
elle est tout aussi suspecte que toutes celles qu’il a rejetées. 

Junoni Saci'um, Marcus Aurelius Aufilenus domo ce- 
menelensi ædil. 

Consacré à Junon Marcus Aurélios Aufllénua originaire de Cimiez, édile... 

Cette inscription n’a été publiée que par Durandi, Pie- 
monte, p. 179, et par Carlone, Vestiges épigr., p. 116, n. 186. 

Durandi la place encore à la Trinité, où certes elle n’est 
pas ; je n’ai pas laissé un mur de cette localité sans le vé- 
rifier et je n’ai rien trouvé. 


N° 161 • 

SERAPIDI 

VOTVM 

Publiée par Bonifassi, n. 7 d’après Ricolvi. — Mommsen, 
Corp. t. V, vol. 2. p. 92* n. 1059* falsæ. 

A Nice, sans autre désignation d’après Bonifassi. Tout 
en la rejetant parmi les fausses, M. Mommsen fait cette 
réflexion « suspecta non per sé, sed per sodas » Je dois 
avouer, que si l’illustre épigraphiste ne l’avait pas rejetée, 
cette raison ne m’aurait pas paru suffisante pour le faire ; 
mais je m’incline devant la haute compétence du maitre. 


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135 


Inscriptions Impériales 


N° 162 

lmp. cAESAR • divi ■ M. -ANTONmt pii 
germ, saRM • FIL • DIVl • C ommodi ■ frairi ■ DIVI • ANlonmt 
pii ■ nep. divi AaDRIANÏ • pronep. divi ■ traiANÏ • VARthici • abnep. 

divi ■ nervæ . ac?N 

5 L. Septimio ■ Seve RO • P*o ■ pertinaci -a \ G • ARABICO • A diàben. parth. 
maximo pontif. maximo trib. poŒ ST • V* ■ imp. x\ ■ cos. ii- procos. 

PROt>. Alp. MARIT 

Cette restitution est due à M. Mommsen. Imperatori 
Cæsari divi Marci Antonini pii, germanici, sarrriatici 
filio , divi Commodi fratri, divi Antonini pii nepoti , divi 
Hadriani pronepoti, divi Traiani parthici abnepoti, divi 
Nervæ adnepoti ; Lucio Septimio Severo Pio Pertinaci 
Augusto, Arabico, adiabenico, Parthico maximo , pon- 
tifici maximo, tribunicia potestate VI, imperatori XI 
consuli iterum, proconsuli. Provincia Alpium mariti- 
marum. 

A l’Empereur César fils du divin Marc Antonin pieux, Germanique, Sarmati- 
que, frère du divin Commode, petit-fils du divin Antonin, arrière-petit-fils du 
divin Hadrien, fils de l’arrière-petit-fils du divin Trajan Parthique et petit- 
fils du petit-fils du divin Nerva, Lucius Septimius Sevère pieux, Pertinax, 
Auguste, arabique, adiabénique, parthique très-grand, très grand pontife, 
en jouissance pour la sixième fois de la puissance tribuni tienne, qui a été 
acclamé empereur onze fois, consul pour la deuxième fois et proconsul. La 
province des Alpes-Maritimes. 

Cette inscription et la suivante, étaient gravées sur des 
fragments de plaques de marbre qui servaient de revêtement 
aux baignoires des thermes de Cimiez. Malheureusement les 
ouvriers ont brisé, en les découvrant, presque tous ces frag- 
ments; il n’en reste plus qu’un seul, mais les lettres étaient 
resté gravées sur les mortiers, ce qui fait que l’on a pu 
vérifier immédiatement ce que contenaient les inscriptions. 

Ce premier travail a été fait par M. le comte Garin, pro- 
priétaire de la villa et par M. Brun, architecte à Nice ; et 


# 


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c’est à ces messieurs que l’on doit la conservation de ces 
deux textes, si précieux pour Cimiez ; car il serait puéril 
désormais de nier que cette ville a été la métropole des 
Alpes-Maritimes : ce sont là deux textes qui ne peuvent se 
trouver qu’au siège du gouvernement de la province. 

L’inscription date de l’an 198, où Septime Sévère associa 
ses fils à son empire; aussi peut-on croire qu’il devait y 
avoir une troisième plaque en l’honneur de Géta et peut- 
être une autre à Julia Augusta et à Plautilla, plaques que 
Caracalla aura fait détruire. L’on sait, en effet, que beau- 
coup de monuments honorifiques furent élevés à la fin du 
règne de Septime Sévère et que les noms de Géta, de Plau- 
tille et de Plautien, que presque tous portaient, furent ef- 
facés de ces monuments par ordre de Caracalla et souvent 
remplacés par des bandes de pierre sur lesquelles il fit 
graver des titres et mentions honorifiques suffisantes pour 
remplir les lacunes que la suppression de ces noms y oc- 
casionnait. A Cimiez, il est probable que les dédicaces étaient 
gravées sur des plaques particulières, ce qui fait que sans 
toucher aux inscriptions de Caracalla et de Septime Sévère, 
on n’eut qu’à briser les autres pour faire disparaître les 
noms de Géta et de Plautille. 

Cette inscription, ou mieux, ce qui reste de la suivante, est 
dans le tepidarium des anciens thermes de Cimiez, villa 
Garin. 

N° 163 

imp . cœSARi jlT~S\ep timi ■ severi ■ pii 
pertinaci ■ augustij A R A \bici • adiàbenici 
parthici • maXIMt • /FIL • DlvM • m - aNTONINI • PII • GERm. sarm. 

nep. DIVI antomjNl • PII • PRjonEP • DIVI • HADRIANI • ABNep 
dtVl ■ TRAIANI • PMRTHICI Et- di\ I • NERVAE • ADNEpoA m. Au 

reliO • ANTOOÜNQ • A VG JproV ■ ALP • MARIT • D evota 
DECRIVIT /et s. P • POStaY 

Cette restitution est un peu différente de celle qu’en a 
donnée M. Mommsen. Je n’ai pas vu l’E de Cæsar dans la 
première ligne ; je n’ai pas vu davantage les lettres N A de 


% 


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— 127 — 

la seconde ligne (pertinaci), l’M de Maximi à la troisième, 
tandis que j’ai très bien reconnu à la fin de la même ligne 
toutes les lettres qu’il donne comme douteuses. A la qua- 
trième ligne le mot divi est bien lisible, ainsi que la fin du 
mot Hadriani à la cinquième ligne ; je n’ai pas vu le P de 
a dnepoti à la sixième ligne. M. Mommsen, après le mot 
marit n’a rien vu, il m’a semblé y reconnaître un D, dont 
j’ai fait devota. 

Imperatori Cæsari, Lucii Septimii Severi pii, pertinaci, 
Augusti, Arabici, Adiabenici, Parthici maximi filio, divi 
Antonini pii, Germanici, Sarmatici nepoti, divi Antonini 
pii pronepoti, divi Hadriani abnepoti, divi Traiani 
parthici et divi Nervæ adnepoti Marco Aurelio Antonino 
Augusto, provincia Alpium Maritimarum devota decre- 
vit et sua pecunia posuit. 

A l'empereur César, fils de Lucius Septimius Sévère pieux, Pertinax, Au- 
guste, Arabique, Adiabénique, Parthique, très grand petit-fils du divin Àn- 
tonin pieux, Oermanique Sarmatique, arrière-petit-fils du divin Antonin le 
Pieux, fils du petit-fils du divin Hadrien et petit-fils du petit-fils du divin 
Trajan le Parthique et du divin Nerva, Marc Aurèle Antonin Auguste, la pro- 
vince des Alpes-Maritimes dévouée a décrété et de ses deniers posé ce mo- 
nument 

Ces deux plaques devaient être scellées sur le même mo- 
nument élevé en l’honneur des deux empereurs, probable- 
ment comme je l’ai dit à la suite de l’association de Cara- 
calla à l’empire; ce prince n’y est qualifié que d’Auguste ; or 
il prit ce titre en 198, deux ans plus tard, en 201, celui de 
Pieux et dès l’année 199 celui de grand Parthique ; mais du 
vivant de son père il s’abstint de porter ces noms, quoi- 
qu’ils lui eussent été décernés par le Sénat. 

La seule partie conservée aujourd’hui, est celle que dans 
le n° 163 j’ai entourée d’un trait; toutes les autres parties 
ont été détruites, et je n’ai pu vérifier les lettres restantes 
que sur les mortiers qui avaient conservé l’empreinte de 
celles que portaient les fragments qui les recouvraient. 

Ces deux inscriptions ont été publiées, lors de leur dé- 


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— «8 — 

couverte en 1875 par M. Brun, à qui, je l’ai dit, on est re- 
devable de leur conservation. Cette première publication a 
eu lieu en juin 1875 dans le Bulletin monumental, cin- 
quième série, t. III, quarante-unième de la collection, n. 4 
p. 373, où tout ce qui restait alors d’inscrit a été dessiné 
dans une planche qui est jointe à une note sur l’état actuel 
des thermes de Cimiez, note due à la plume de M. Brun. 
Elles ont été publiées plus tard par M. Mommsen, qui ne 
mentionne pas M. Brun, Corp. t. V, vol. 2, n° 7979 et 7980, 
et enfin par moi, dans le compte rendu du congrès scien- 
tifique de Nice 1878, dans le Bulletin mon. n° 1, p. 94. 

M. Mommsen déclare les tenir de Jean-Baptiste Toselli 
ainsi que d’Henry Jordan et Albert Zimmermann, qui lui 
ont envoyé des estampages. 

Les lettres des lignes 1 et 7 ont 0“,14, celles de la ligne 
2 en ont 0 m ,07 et de la ligne 3 à la ligne 6 elles n’ont plus 
que 0 m ,06. 

N° 164 

CORNELIAE SALO 
NINAE 

SANCTISSIM • AVG 
CONIVG • GALLIENI 
5 IVNI0R1S • AVG N 
ORDO CEMENEL 
CVRANT • AVRELIO 
IANVARIO V E 

Corneliæ Saloninæ sanctissimæ, augustæ, conjugi Gal- 
lieni junioris Augusti nostri, ordo Cemenelensium, cu- 
rante Aurelio Januario, viro egregio. 


A Comelia Salonina très sainte, Auguste, femme de Gallien notre jeune 
Auguste, l’ordo de ceux de Cimiez, grâce aux soins d'Aurélius Januarius 
homme égrège. 

Cette inscription, gravée sur un piédestal de calcaire, est 
conservée dans le vestibule de la villa Garin. 

. Ce texte a été publié par Gioffredo, Nicæa Civitas, p. 18, 


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— «29 — 

par le même dans la Storia delle Alpi Marittime, ms. p. 47 
et édité p. 175 — par Pagi, Dissert, hypatica, p. 21 ; le 
même, Critica in annal. Baron., 274. — Orelli, Inscr. 1010 
— Bouche, Hist. de Prov. t. I, liv. II, chap. xxx, p. 516 — 
par Spon, Miscell. p. 163, qui la tenait, de Mazaugues — Ri- 
colvi, Inscr. n° 15. — Suzler, Reise, p. 226. — Muratori, Nov. 
thés, cuv, 6. — Fabretti, Colonne Trajane, 2. — Banduri, 
Numism. imper., t. I, p.241. — Maffei, Ars critic. lapid., 
430. — Schwartz, Miscel., 12. — Millin. Voyage dans les 
dép. du mid. de la France, t. II, p. 549. — Bonifassi, Nie. 
inscr. n. 28. — Gazzera, qui la tenait d’un anonyme et plus 
tard d’un de ses amis. — Risso, Guide de Nice, p. 55. — 
Durante, Hist. de Nie. p. 86. — Tisserand, Hist. de Nice 
1. 1, p. 38. — Bourquelot, Insci'. a nt., n° 22. — Sanguinetti, 
Inscr. rom. dell. Lig., 194. — Carlone, Vest. épigr., p. 83, 
n° 132. — J. de Wal, Myth. sept, mon., p. 204. — Mom- 
msen, Corpus, t. V, vol. 2, n°7879. 

On s’est étonné pendant longtemps de voir dans cette 
inscription Gallien nommé le Jeune, lorsqu’il était seul de 
ce nom. M. Mommsen fait remarquer que ce qualificatif de 
junior ne s’applique pas au nom de Gallien, qui était fils 
de Valérien et par conséquent n’avait pas besoin de ce 
surnom pour être distingué de son père, mais au mot 
Auguste et qu’il faut traduire « femme de Gallien notre 
jeune Auguste. » II ajoute toutefois que cette inscription est 
la seule dans laquelle on trouve cette distinction de junior 
et senior entre deux Augustes, quelle que soit la différence 
d’âge qui les ait séparés. 

Ce sont là toutes les inscriptions impériales retrouvées 
jusqu’à ce jour à Nice ou à Cimiez. 


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— <30 


Inscription* provinciales 


Je nomme inscriptions provinciales, toutes celles qui se 
rapportent à une action quelconque de la province, tels que 
les actes des procurateurs d’Auguste ou des flamines de la 
province. 


N° 165 (Perdue) 

C • MEMMIO 
_ MACRINO 
o • «tir _massil 

«TIR • Q Q • ITEM 
5 PRAEFECTO_ _ 

PRO • IIVIRO • Q Q 
AGNOTHETAE 
EPISCOPO 
NIGAENSIVM 
10 AMICI 

Caio Memmio Macrino quæstori, duumviro Massiliæ, 
duumviro quinquenali, itempræfecto pro duumviro quin- 
quenali, agnothetæ, episcopo Nicænsium amici. 


A Caius Memmius Macrinua questeur, duumvir de Marseille, duumnr quin- 
quennal, de même préposé pour le duumvir quinquennal, président des jeux 
et surveillant de la région des Niçois, ses amis (ont élevé ce monument). 


Cette inscription a donné lieu à bien des débats ; on l’a 
suspectée pendant longtemps. Herzog, notamment, avait mis 
en doute son authenticité; M. Desjardins la considérait com- 
me interpolée et bien des savants doutaient de son authen- 
ticité. C'est en effet la seule inscription qui donne le titre de 
duumvir à un magistrat marseillais ; elle contredit le texte 
d’Agathias *, qui dit que les Marseillais avaient conservé 
jusqu’à l’invasion des Barbares leur organisation politique 
et leurs institutions grecques. 

1. Édition de Bonaventare Val camus. 1504, in-4% p. 7. 


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431 


Dans le Corpus inscriptionum publié par l’Académie de 
Berlin, M. Mommsen a admis ce texte comme bon, et son 
autorité le couvre désormais suffisamment. 

Gioffredo, qui le premier a publié cette inscription, Nicæa 
civitas, p. 5, en a donné la meilleure leçon. C’est celle qu’a 
suivie M. Mommsen, en lui faisant subir deux petites correc- 
tions : à la troisième ligne Q • IIVIR au lieu de QNVIR et à 
la quatrième IIVIR au lieu de QIIVIR • R. C’est aussi celle 
que j’ai suivie. En effet, la première correction s’impose ; 
quand à la seconde il ne faut que lire la ligne 6 pour être con- 
vaincu de sa nécessité. On trouve ce texte rapporté dans le 
manuscrit de YHistoire des Alpes-Maritimes de Gioffredo, 
d’après la copie qu’il en avait donnée dans son livre Nicæa 
civitas ; dans l'édition de cette Histoire cette inscription 
est reproduite mais incorrectement, d’après l'Histoire de 
Provence de Papon, t. I. p. 10. — Bouche, Hist. de Prov. 
1. 1, p. 88, d’après Gioffredo. — Spon, Miscel, p. 193. — 
Muratori, Nov. thés., dcxxvi, n. 1. — Maffei, Ars critic. 
lapid., t. III. c. IV. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 38. — 
Orelli, Inscrip. latin ampl. coll., n. 4024. — Bourquelot, 
Inscr. antiques, n. 30. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I. p. 
42. — Sanguinetti, Inscr. lat. délia Lig. p. 213. — Carlone, 
Vest. épig., 24-25, n. 1. — Chabouillet, Rev. des Soc. sav., 
6 e sér., t. I, p. 377-978. — Brun, Nice et Cimiez, n. 9. — 

— Durante, Hist. de Nice, t. I. p. 30. — Ruffi, Hist. de 
Mars., 1. 1, p. 17 — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7914. 

— Ch. Robert, Rev. des Soc. sav., 6 e série t. VI, p. 470. 

D’après Gioffredo, cette inscription, malheureusement 

perdue de nos jours, était de son temps conservée dans la 
cour de l’évêché à Nice. 

UEpiscopus Nicaensium, me parait être le même ma- 
gistrat que le ducenarius episcepseos choræ inferiyris, 
avec cette seule différence, que C. Memmius était encore 
un Marseillais. II avait rempli à Marseille les fonctions de 
duumvir quinquennal ; ce qui indique que Marseille, quoique 
indépendante encore, avait pourtant subi, dans une certaine 
mesure, l'influence de son entourage romain, puisque des 


I 


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<32 


duumvirs, magistrats essentiellement romains, s’étaient 
glissés dans son administration. Cette inscription est cer- 
tainement antérieure à celle de Claudius Démétrius ; mais 
elle ne doit pas l’avoir précédée de beaucoup : je la crois du 
commencement du troisième siècle. 

N® 166 (Perdue) 

P • AELIO • SEVERINO 
V • E 

PRAESIDI • OPTIMO 
ORDO • CEMEN 
5 PATRONO 

Publio Aelio Severino viro egregio praesidi optimo, 
Ordo Cemenelensium patrono. 

A Publius Aelius Sévérinus homme égrège excellent presses, l’ordre (des 
décurions) de Cimiez à son patron. 

Cette inscription à été rapportée par Gioffredo, Nie. civ. 
p. 17, avec cette différence que la copie de cet auteur porte 
à la seconde ligne : V • E • P. le même, Stor. Alp. ms. 
p. 28. — Bouche, Hist. de Prov. t. p. 121, qui rétablit le 
texte tel qu’il est publié ci-dessus. — par Spon, Mise., 
page 163. — Muratori, Nov. thés, mxxxvii, 4. — Beau- 
mont, Marit. Alp., p. 94. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 35. 
— Roubaudi, Nice et ses environs , p. 55. — Châteaugiron, 
Album de Nice. — J. de Wal, Mythol. septentr. monum. 
p. 203. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 31. — Tisserand, 
Hist. de Nice, t. I, p. 42. — Sanguinetti, Inscr. lat. dell. 
Lig., p. 195. — Carlone, Vest. épig., p. 130. — Mommsen, 
Corpus, t. V, vol. 2, n. 7880. 

D’après Gioffredo elle était, de son temps, dans la pro- 
priété Gubernatis (aujourd’hui villa Garin). 

Ce Publius Aelius Sévérinus était præses des Alpes- 
Maritimes et patron de l’ordo de Cimiez. 


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433 


N» 167 (Perdue) 

M • AVRELIO • MASCVLO 
V • E 

OB ■ EXIMIAM • PRAESIDATVS 
EIVS • INTEGRITATEM • ET 
5 EGREGIAM • AD • OMNES • HOMINES 

MANSVETVDINEM • ET • VRGENTIS 
ANNONAE • SINCERAM • PRAEBITIONEM 
AC • MVNIFICENTIAM • ET • QVOD ■ AQVAE 
VSVM • VETVSTATE • LAPSVM • REQVI 
10 SITVM • REPERTVM • SAECVLI 

FELICITATE • CVRSVI • PRIST1NO 
REDDIDERIT 

COLLE G • m 

QVIB • EX • S • C • C • P • EST 
15 PATRONO • DIGNISS 

Marco Aurelio Masculo viro egregio, ob eximiam præsi- 
datus, ejus integritatem et egregriam ad omnes homines 
mansuetudinem et urgentis annonae, sinceram praebi- 
tionem a c munificentiam et quod aquæ, usum vetustate 
lapsum, requisitum a c repertum, sæculi felicitate, cursui 
pristino reddiderit. Collegia tria, quibus ex senatrn con- 
sulto coire permissum est, patrono dignissimo. 


A Marcus Aurélius Masculus homme égrège, à cause de sa sortie du prési- 
dât, de son intégrité, de son inaltérable mansuétude envers tout le monde, 
de sa munificence et de son équité dans la distribution de l'annone pendant 
la disette, et parce que, l'aqueduc étant détruit par la vétusté et l'usage, il le 
rechercha et l'ayant retrouvé, lui rendit son cours primitif, pour la félicité du 
siècle. Les trois collèges, qui par sénatus-consulte ont pouvoir de se réunir, 
ont élevé ce monument à leur très digne patron. 


Ce Marcus Aurélius Masculus fut præses des Alpes-Ma- 
ritimes vers le milieu du troisième siècle, il nous est ma4heu- 
reusement impossible de préciser davantage. C’est sous sa 
magistrature que fut reconstruit l’aqueduc et probablement 
aussi les thermes de Cimiez ; en tous les cas, les thermes 
n’ont pu être réparés qu’ après la reconstruction de l’aque- 

9. 


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m 


duc, et nous savons que la réparation des thermes est pos- 
térieure aux Antonins, puisque, dans cette réparation, des 
marbres de Septime Sévère et Caracalla ont été employés 
comme moellons et revêtements. 

Les trois collèges dont il est question dans ce texte, sont 
des collèges d’artisans ou des associations religieuses. 
L’existence de cette assemblée de trois collèges nous est 
confirmée par une autre inscription que le lecteur trouvera 
plus loin. Il ne nous est malheureusement pas possible de 
dire d’une façon certaine quels étaient ces collèges, il s’y 
trouvait assurément le collegium Centonariorum dont 
nous aurons à parler plus loin , ainsi qu’un collegium 
Dendrophorum, et peut-être un collège de Lignariorum 
ou de Fabrum tignariorum ; mais nous en sommes réduits 
à des conjectures plus on moins fondées à ce sujet. 

Cette importante inscription nous a été conservée par 
Gioffredo, qui déclare qu’elle a été trouvée près de l’amphi- 
théâtre ; on la trouve dans son recueil Nicæa civitas, p. 17, 
dans son manuscrit de Y Histoire des Alpes-Maritimes, 
p. 27, et dans ce même ouvrage édité p. 57. — Bouche la 
reproduit aussi, Ilist. deProv., 1. 1, p. 121. Cet auteur écrit à 
la fin de la troisième ligne PRAESIDIATVS et à la fin de 
la quinzième DIGNISSIMO en entier. — Spon. Miscel. 
p. 36. — Muratori, Nov. thés, cccclxxii, 3. — Beaumont, 
Marit. Alps, p. 94. — Papon, Ilist. gén. de Prov., t. I, 
p. 32. — Durante, Ilist. de Nice., t. I, p. 73. — Château- 
giron, Alb. de Nie. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 29. — 
Bourquelot, Inscr. ant. n. 29. — Ilenzen, Orell. supl., 
6633. — Tisserand, Hist. de Nie., t. I, p. 43. Cet auteur 
divise les lignes d’une façon arbitraire et écrit VF au lieu 
de VE. — Sanguinetti, Inscr. lat. délia Lig., p. 199. — 
Carlone, Vest. épigr., p. 82, n. 131. — Mommsen, Corp., 
t. V, vol 2, n. 7882. — Brun, Nice et Cimiez, p. 11. Cet 
auteur termine l’inscription par les deux lettres VE. 


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435 


N» 108 (Perdue) 

//FU VIO • VERINI • FILIO • QVtV 
SAB1NO • DEGVRIONI • IJ.VIRO • sa 
UN • CIVITATIS • SVAE • IIVIRO • for 
OIVLIENSIS • FLAM1NI • PROVINc 
5 ALPIVM • MARITIMARVM • OPTIMO 

* PATRONO . TABERNARI ■ SALINIENSEs 
POSVERVNT • GVRANTIBVS • MATVcts 
ïnaNSVET • ET • ALBVGIano 
IMP • COMMODO • III • mtistio 
10 BuRRO • COs 

J’ai suivi presque exactement la leçon de M. Mommsen 
et ses judicieuses restitutions. 

...Flavio Verini filio, Quirina (tribu), Sabino, decurioni , 
duumviro Saliniensium civitatis suae, duumviro f or o ju- 
lien sis, flamini provinciæ Alpium Maritimarum, optimo 
patrono. Tabemarii Salinienses posuerunt, curantibus 
Matucis, Mansueto et Albuciano. Imperatore Commodo 
très et Antistio Burro consulibus. 

A... Flavius Sabinus fils de Vérinus, de la tribu Quirina, décurion et duum- 
vir de Salinium sa patrie, duumvir de Fréjus, flamine de la province des 
Alpes-Maritimes, à leur excellent patron, les aubergistes de Salinium ont posé 
(ce monument) avec les bons soins des deux Matucius Mansuetus et Al- 
bucianus, pendant que l'empereur Commode était consul pour la troisième 
fois avec Antistius Burrus. 

L’inscription est gravée sur une lame de métal encastrée 
dans une grande pierre trouvée à Cimiez dans le jardin des 
* Observantins réformés, à ce que dit Gioffredo, qui publie 
cette inscription dans sa Stor. delle Alp. p. 120, avec quel- 
ques différences. — On la trouve aussi dans Ricolvi, Insc. 
n° 31 — dans Zaccaria, Excurs. litt. per Italiam 1, 54. — 
Donati, Supl. clxxii, I. — Orelli, Inscr. lat. a mpl. coll. 
2214. — Durandi, Il Piem. cisp. p. 72. — Bonifassi, Nie. 
inscr. 31. — Bourquelot, Inscr. antiq. n. 33. — Tisserand, 
Hist.de Nice. t. I, p. 40, très inexactement — Sanguinetti, 
Inscr. lat. dell. Lig. p. 200. — Carlone, Vest. épigr. p. 70 
n. 103; et enfin Mommsen, Corp. t. V. vol. 2. n. 7907. 


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436 — 


Aucun des auteurs qui ont cité cette importante inscription 
ne Ta fait correctement : seul, M. Mommsen a rétabli ce texte 
conformément aux bonnes données épigraphiques ; ses resti- 
tutions sont absolument certaines, c’est pourquoi j’ai adopté 
sa leçon. 

Ce texte confirme celui que j’ai publié dans la première 
partie de ce recueil, sous le n° 43, qui.nous avait’appris que 
Castellane (Salinium) était inscrite à la tribu Quirina. Il nous 
apprend qu’on pouvait être duumvir dans une cité qui vous 
était étrangère, et nous fa : t connaître que Cimiez était le 
siège des flammes de la province ; d où l’on déduit aisément 
qu’elle était alors le chef-lieu de la province des Âlpes- 
'Maritimes. Or, cette inscription date de 1 an de J.-C. 181; ce 
qui démontre bien que le transfert de la métropole à Embrun 
s’est opéré très tard. Les flamines étaient ordinairement dans 
la Gaule les prêtres d’Auguste 1 ; il y en avait dans chaque 
chef-lieu de cité : ils furent plus tard remplacés par les évê- 
ques. Les flamines provinciaux pouvaient être assimilés aux 
archevêques. 

N° 169 (Perdue) 

D'un coté 

MEMORIAE • SANCTISSIMAE 
C • SVBRI • SECVNDINI 
FLAMINIS • ET • PATRONI • PROVINC1AE 
PIETATIS • ELOQVENTIAE • MORVM 
5 MAG1STRI 

C • SVBRIVS ■ SEVERIANVS • FRATER 
INMATVRA • EIVS • MORTE • DECEPTVS 

De l’autre côté 

XXXX ANNIS VIXIT 

BIS • DVO • IVNGANTVR • QVOS • MENSES • QVATTVOR • AVGENT 
MORTIQVE • -DIES • FELIX • SI • LONGIOR • AETAS 
MANSISSET • QVAM • DVRA • SIBI • FORTVNA • NEGAVIT 
5 O • MISEROS • HOMINES • VIVVNT • QVI • VIVERE • NOLVNT 
VIVERE • QVI • DEBENT • FATO • MORIVNTVR • ACERBO 


1. Toutes les divinités pouvaient avoir leurs flamines ; mais dans les Gaules, chaque 
chef-lien de cité avait son flamine d'Auguste ; à Rome il y avait des flamines de Jupiter 
de Mars, de Junon, etc., jusqu’aux flamines de Pomone, qui étaient les derniers. 


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137 


Mémorisé sanctissimæ Caii Subrii Secundini flaminis 
et patroni provinciæ ; pietatis, eloquentiæ, morum ma- 
gistri ; Caius Subrius Severianus /rater, immatura ejus 
morte decep tus, quadraginta annis vixit, bis duojungan- 
tur,quos menses quatuor augent, vigentique dies. Félix si 
longior ætas mansisset quam dura sibi fortuna negavit. 
0 miseros hominesJ vivunt qui vivere nolunt, vivere 
qui debènt fato moriuntur acerbo. 

A la très sainte mémoire de Caïus Subrius Secundinus, fl amine et patron 
de la province, qui fut un modèle de piété, d'éloquence et de mœurs. Caïus 
Subrius Severianus son frère, déçu par sa prompte mort (lui a élevé ce mo* 
nument). 

Il vécut quarante ans, auxquels s’en joignent deux fois deux, que quatre 
mois augmentent et vingt jours. Heureux s'il eût vécu de plus longs jours 
que sa dure fortune lui a refusés. O hommes misérables ! ceux-là vivent, qui 
ne voudraient pas, et ceux qui devraient vivre sont emportés par la destinée 
acerbe. 

Cette inscription a été rapportée par Peiresc, Manuscrit 
de la Bibliothèque Nationale, Paris, fonds latin 8957, f. 
238. — Par Raymond do Soliers, dans Bouche, Hist. de 
Prov. 1. 1. p. 299. — par Gioffredo, dans son manuscrit de 
YHist.desAlp. p. 49. — Bonifassi, n° 112, 113 ; Risso, Guide 
de Nice, p. 71. — Bourquelot, Inscrip. ant., n. 36. — Hen- 
zen, Orell. supl. 6954. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 
41. — Carlone, Vestig. épigr. p. 92, n. 146 — Th. Mommsen, 
Corpus, t. V, vol. 2, n. 7917. 

Peiresc dit que le même bloc qui portait ces inscriptions 
en portait une autre, que le lecteur trouvera plus loin. 

Carlone adopte cette manière de voir ; il pense que nous 
avons affaire à un bloc opistographe et croit que l’inscription 
ci-dessus est une inscription chrétienne, gravée sur un bloc 
qui portait déjà un texte païen. Cet auteur, suivant la leçon 
de Gioffredo, écrit à la troisième ligne, PRIMATIS, au lieu 
de flaminis ; il fait remarquer les mots mémorisé sanctissi~ 
mæ et la formule prolixo du regret contenue dans la prose 
mesurée qui finit l’inscription ; tout cela, dit-il, « constitue 
un ensemble auquel il est difficile de ne pas se rendre. » Je 


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138 


n’aurai pas de peine à réduire à néant toute cette argumen- 
tation ; et tout d’abord les mots mémorisé s&nctissimæ ap- 
partiennent à la phraséologie payenne et se rencontrent 
dans un grand nombre de textes incontestablement payens; 
mais ce qui empêche surtout de se rallier à l’opinion de Car- 
lone, c’est la qualité de flamine de la province, qui est don- 
née au défunt : on ne peut pas croire qu’un flamine, qui était 
ministre d’une divinité payenne, fût un chrétien.' Quant à 
la formule qui finit l’inscription il s’en rencontre partout 
d’aussi tristes et d’aussi prolixes, qui sont incontestablement 
payennes. 

Bouche n’a cité que la première partie de cette inscrip- 
tion. Ricolvi, n’a cité qne la première et la dernière partie 
de la deuxième qui commence par O miseros. Gioffredo, qui 
donne très incorrectement la première partie, ligne 3, pri- 
msitis, est le seul auteur qui ait cité la deuxième ; et c’est 
chez lui que l’ont prise tous les autres auteurs qui l’ont citée. 

J’ai suivi dans ma leçon les corrections indiquées par 
M. Mommsen ; mais sans tenir compte des lacunes qu’il in- 
dique et qui ne me semblent pas nécessaires. 

N» 170 

l =ügÿ M M ^ 

FLAVIAE • BASSILAE CONIVG • CARISSIM • DOM 
ROMA • MIRAE • ERGA MARIT • AMORIS • ADQ CASTiTaT 

FEMIN • QVAE • V1XIT • ANN ■ XXXV • M • III • DIEB • XIII 
AVREL • RHODISMIANVS A VG • LIB • COMM ■ ALP • MAPT ( sic ) 

ET • AVREL • ROM VLA FILIA INPATIENTISS: . . . D # LORE 1 
EIVS • ADFLICTI • ADQ • DESOLAT • CARISS • AG merent. fec. et 

SA d. 

Mémorisé Flaviæ Bassilæ conjugis carissimse domo Bo- 
rna, mirse erg a maritum amoris adque csLstitatis feminse, 
quse vixit a unis trigenta quinque, mensibus très , diebus 


1. Le petit o qui suit le D est, sur l'inscription originale, renfermé dans ce D. 


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<39 


tresdecim ; Aurelius Rhodismianus, Augusti libertus, 
commentariensis Alpium Maritimarum et Aurélia Ro~ 
mula filia, impatient issimo dolore ejus adflicti adque dé- 
solait, carissimæ a c merentissimæ fecerunt et sub ascia 
dedicaverunt. 

A la mémoire de Flavia Bassila, sa très chère femme, originaire de Rome, 
admirable d'amour et de chasteté féminine à l'égard de son mari ; elle Técut 
trente-cinq ans, trois mois et treize jours. Aurélius Rhodismianus, affranchi 
d’Auguste, greffier du fisc des Alpes-Maritimes, et Aurélia Romula, sa fille, 
affligés et désolés dans leur incommensurable douleur, à leur très chère et 
très méritante (mère et femme) ont fait ce monument, qu'ils ont consacré sous 
rascia. 

Cette inscription a été reproduite par Peiresc, Manuscrit 
de Paris, fonds latin n. 8957, p. 237. — Gioffredo, Nicæa 
civitas, p. 18, très incorrectement, et plus tard, après avoir 
vérifié la pierre, dans son manuscrit de la Stor. dell. Alp. 
p. 48. — Spon, Miscel. p. 158. — Maffei, Ars critic. lapi- 
dar., III, 4. — Muratori, Nov. thés, mxxii, 5. — Ricolvi, 
Inscriz. n° 6. — Albert Baumont, Travels through the 
maritime Alps. p. 88. — Millin, Voyage dans les dép. t. II, 
554. — Gazzera, Ms. qui dit la tenir d’un anonyme, — Risso, 
Guid. de Nie. p. 68. — Bourquelot, Inscrip. ant. n. 38. — 
Tisserand, Hist. de Nice. t. I, 40. — Sanguinetti, Inscriz. 
lat. dell. Lig. p. 208. — Carlone, Vest. épigr. p. 97, n° 152. 
— Bertrand, Revue archéologique, nouv. sér. (1869) 1. 1, p. 
307. — Mommsen, Corpus, T. V, vol. 2, n. 7882. 

Cette inscription est conservée dans le vestibule du cou- 
vent de Saint-Pons. 

A la ligne 3, M. Mommsen a lu CASTIaT et il a ajouté 
sic. J’ai étudié ce mot avec attention et malgré l’autorité in- 
contestable de l’illustre savant allemand, j’ai cru devoir 
maintenir CASTiTaT ; à la fin de la quatrième ligne j’ai lu 
XIII, au lieu de XII ; à la fin de la sixième, après impa- 
tientes. il y aune lacune que comblent très bien les lettres 
I M, et un mot que Bourquelot, Carlone et M. Mommsen 
ont lu EIORE ; en l’examinant avec attention j’y ai reconnu 
le mot dolore, écrit avec un petit o renfermé dans le D, 


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— uo — 

comme je l’ai noté ci-dessus. Sauf ces observations de 
détail, que je n’ai pu faire qu’ après de nombreuses visites à 
Saint-Pons, la leçon de M. Mommsen est excellente. 

Le Commentariensis était un officier rédigeant des actes 
relatifs au fisc, de même que les flammes ; ces officiers 
avaient leur siège au chef-lieu de la province. C’est encore 
une preuve que Cimiez a été la métropole des Alpes-Mari- 
times. 

N° 171 » 

G_ I • VALENTI I F 
VIVIRO • C1VIT • SALIN 
ALPIVM MARITIMARVM 
PATRONO • OPTIMO 
5 TABERNARI • CEMENEL 

Caio Julio Valenti, Julii filio, sextumviro civitatis 
Saliniensium, Alpium maritimarum patrono optimo, ta- 
bemari Cemenelemes. 

A Caius Julius Valens, fils de Julius, sévir de la cité de ceux de Salinieu- 
sium des Alpes-Maritimes, les aubergistes de Cimiez à leur excellent patron. 


Il est impossible d’être plus absurde en une seule inscrip- 
tion : d’abord la filiation ne s’indique jamais à l’aide du nom, 
c’est le plus souvent avec le prénom et quelquefois le sur- 
nom qu’on la trouve. Les usages lapidaires auraient voulu 
Caio Julio Cad filio Valenti, parce que le surnom se met- 
tait toujours après la filiation : la première ligne contient 
donc deux fautes qui, elles seules, devraient faire rejeter ce 
texte ; mais la suite, qui a été sottement imitée de la dédi- 
cace à Flavius Secundinus, que j’ai publiée ci-dessus n° 168, 
en contient bien d’autres. On n’était pas sévir d’une ville 
mais bien sévir d’Auguste, duumvir ou décurion d’une ville; 
on se demande ensuite ce que vient faire ici le nom des 
Alpes-Maritimes. L’auteur n’a pas remarqué que dans la dé- 
dicace susnommée, Flavius était flamine de toute la pro- 
vince et il a cru qu’on pouvait faire suivre sans autre raison 




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444 


le nom d’une cité de celui de sa province; et finalement 
les mots ta.bema.ri Cerne nelenses se rapprochent trop des 
tabem&ri Salinenses pour pouvoir être acceptés. En somme 
il est impossible de douter de la fausseté de ce texte. 

Ce texte a été publié par Durand', Piem. cisp. p. 72, qui 
le tenait probablement de Meyranesi. Il a été mentionné 
par Bourquelot, Imcr. a ht. n° 33 — par Carlone, Vestig. 
épig. p. 88, n. 140 — et pa** Mommsen, t. V, vol. 2, p. 91*, 
n° 1044*, falsæ. 

Durandi prétend qu’elle a été trouvée près l’amphitéâtre à 
Cimiez. 

' N° 172* 

C_- IVLIO VALERIO • C • F • FALER 
IIIVIRO. VIR 


TRIB • MILIT • LEG 

5 

LIAE 

PATRONO.. . 

T • IVNIVS • 

INDVLGENTISSIMO • PATRONO 

Il y a à l'aire, sur cette inscription, les mêmes remarques 
que sur la précédente. Je n’insisterai donc pas davantage, 
quoique l’auteur, pour donner une certaine vraisemblance à 
sa fraude, ait simulé de nombreuses lacunes, qui d’autre part 
le tirent d’embarras. Cette inscription sort de la même fa- 
brique que la précédente, c’est le prieur Meyranesi qui est 
l’auteur de ce volumineux Corpus. 

Elle a été publiée par Durandi, Il Piemonte cispadano 
antico p. 78. — par Bourquelot, Insc. a,nt. n® 66. — par 
Carlone, Vest. épigr. p. 31, n. 15 — et par Mommsen, 
Corpus, t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1045*, falsæ. 

Durandi prétend qu’elle a été trouvée à Nice, près de 
la porte du château. Si cette inscription a été trouvée près 
de la porte d’un château, ce ne peut être que d’un château en 
Espagne. 


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442 


Inscription» ml 11 In 1res 


N<»m (Perdue) 

LMP • CAES • FL 
AVIO • VALER 
10 CONSTANT! 

NO • hYg. divi CONSTANTI 
5 NI • PII • AVGVSTI • FI 
LIO 


Imperatori Cæsari Flavio Valerio Constantino Augusto, 
divi Constantini pii Augusti filio. 

A l’empereur César Flavius Valérius Constantin Auguste fils du divin Cons- 
tantin pieux Auguste. 

Cette inscription a été trouvée près de l’église rurale de 
Saint-Etienne, banlieue de Nice ; je l’ai recherchée active- 
ment, mais je n’en ai pas eu des nouvelles. C’était un des 
milliaires de la voie Aurélienne. On trouve ce texte rapporté 
parGioffredo, Nie. civ. p. 8 ; par le môme dans son ms. de 
la Stor. delle Alp., p. 49, et dans son édition du même ou- 
vrage, p. 187. — Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 543, en 
donne une leçon quelque peu différente et la termine par le 
chiffre XL, ce qui ne se comprendrait guère. — Muratori, 
Novus thésaurus, cclviii, p. 7. — Ricolvi, Inscr. n. 35. 
— Durandi, Piem. cisp., p. 60. — Bonifassi, Nie. Insc., 
n. 27. — Bourquelot, Inscrip. a nt. n. 24, veut y voir une 
dédicace et non un milliaire. — Tisserand, Ilist. de Nice t. 
I, p. 38. — Sanguinetti, Inscrit, dell. Lig. p. 217. — et par 
Mommsen, Corpus t. V, vol. 2, n° 8108. 

N» m 

IMP • CAESARI • DIV 


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— 143 — 

Cette inscription, qui n’a été publiée que par Tisserand, 
Hist. de Nie., t. I, p. 38, d’après lui par Carlone, Vest. 
èpigr., p.63 n" 93, et par Mommsen à la suite du numéro pré- 
cédent, me paraît n’êtro qu’une répétition de la précédente. 

N“ 175 (Perdue) 

IMP • CAES 
FL • VAL • CON 
STANTTNO 
p. f. A VG 
5 divi Maœi 

miani Aug. 

nep. 

DIVI • Const 
anti Aug. 

10 Pu F ilio 

Imperatori Cæsari Flavio Valerio Constantino pio felici 
Augusto divi Maximiani Augusti nepoti, divi Constanti 
Augustipii filio. 


A l'Empereur César Flavius Valérius Constantin pieux, heureux Auguste 
petit-fils du divin Maximien et fils du divin Constantin Auguste pieux. 

Cette inscription a été trouvée dans la citadelle de Nice, 
où je l’ai cherchée en vain. 

Elle a été publiée par Gioflredo, Nie. civit., p. 8. — par 
le même, Stor. dell. Alp. ms. p. 40. — Bonifassi, Nie. inscr. 
n. 25 et 26. — par Bourquelot, Inscr. a nt., n. 26, qui en 
fait encore une dédicace. — par Carlone, Vest. épig., p. 60 
n. 90 — et Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 1107. 

La restitution que je propose est absolument certaine ; il 
existe une demi-douzaine de milliaires de la voie Aurélienne 
qui portent le nom de Constantin et qui tous portent l’ins- 
cription ci-dessus. A propos de l’une de ces inscriptions, 
• M. Allmer *, fait la remarque suivante : 

1. Rev. épigr n. 7, p. 103. 


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— 144 — 

« Dans les premiers mois de 307, Maximien s’associa 
Constantin, lui donna sa fille en mariage et le titre d’empe- 
reur. Au commencement de 308 il était réduit à venir cher- 
cher dans les Gaules un refuge auprès de son gendre, qui, 
tout en lui laissant quelques semblants d’honneurs, l’obli- 
geait à déposer le titre d’Auguste. En 310, au mois de février, 
il était contraint par Constantin de se donner la mprt pour 
le crime, vrai ou supposé, d’avoir voulu l’assassiner. Ses 
statues furent renversées, ses noms effacés des monuments. 

« En conséquence de ces événements, on devrait douter 
de la justesse des restitutions ci-dessus proposées, d’après 
lesquelles Constantin aurait encore continué à se glorifier 
d’être le gendre de Max>mien après l’avoir fait mourir et 
avoir persécuté sa mémoire. Ces restitutions sont cependant 
certaines, empruntées qu’elles sont à l’insc''ipi ion d’une bor- 
ne de la même route, encore existante dans le cimetière de 
Cabasse. Constantin aura voulu, avec son hypocrisie ordi- 
naire, donner le change à l'opinion publique, par cette fausse 
démonstration de piété filiale. » 


Inscriptions militaires 

En thèse générale, on peut dire que les légions étaient 
campées dans les pays de frontière, ad fines ; on n’en trouve 
donc que très peu de restes dans les pays d’intérieur. On re- 
trouve pourtant dans les Alpes-Maritimes de nombreux 
monuments de soldats auxiliaires, des cohortes Gétules, 
Ligures, Espagnoles et d’une autre cohorte nommée cohortis 
nautarum, ce qui, joint aux cohortes des Alpins et des Ton- 
gres, que j’ai retrouvées dans l’arrondissement de Grasse, 
me laisse supposer, qu’à un moment donné, il y a eu dans les 
Alpes-Maritimes un corps de troupes destiné peut-être à 
maintenir les montagnards mal soumis. Nous savons en effet, 
que dans les premiers temps de l'empire, la province des 
Alpes-Maritimes vivait sous un régime d’exception, que l’on 
y voyait un præfectus civitatium, alors que toutes les autres 
provinces voisines étaient gouvernées par des procuratores. 


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— 145 — 

Ainsi que je l’ai dit dans mon introduction, les præfecti civi- 
tatium étaient des magistrats spéciaux, des façons de com- 
mandants d’état de siège ; on ne les rencontre que dans les 
contrées éloignées, montagneuses et mal soumises. Il est 
probable, que ces magistrats avaient à leur disposition, des 
troupes assez nombreuses pour leur permettre de maintenir 
les pays qu’ils habitaient. Tacite nous laisse entendre 1 que 
l’on pouvait trouver des troupes en quantité suffisante dans 
les Alpes-Maritimes, lorsqu’il raconte que Marius Maturus, 
avec les seules ressources que lui fournissait la légion, tenta 
de s’opposer au passage d’Othon. On peut donc croire que 
pendant un certain temps il y a eu dans les Alpes-Maritimes 
iin corps de troupes destinées à maintenir les Ligures in- 
soumis des montagnes ; mais en aucun cas, on ne peut 
admettre, que, contrairement à l’usage, des légions aient été 
campées à demeure dans cette province. On a parlé de la 
XXII* légion, de la III* de la VIII* de la XIIII" : ce sont là' 
des exagérations, dont il faut d’autant plus se méfier, que 
nous connaissons parfaitement les lieux de campement de 
ces légions .et qu’un monument à un légionnaire trouvé 
quelque part, n’implique en aucune façon que la légion à 
laquelle il appartenait ait eu ses campements dans les envi- 
rons. Les Alpes-Maritimes étaient sur une grande route 
militaire, elles ont souvent été traversées par des légions en 
marche, sur l’Espagne, sur l’Italie, sur la Gaule, etc.; il 
n’est donc pas étonnant que l’on y rencontre quelques mo- 
numents à des légionnaires qui sont morts en les traversant. 

N® 176 (Perdue) 

A 

FAEMJNAE • SANCTISSIMAE 
MVLIERI - INCOMPARABILI 
EXSVPERATVS 

5 MILES • LEG ■ VIIÏ • A VG 
CONIVGI • DVLCiSSIMAE 
P C 

1. Hilt., Ht. II, 12. 


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— 146 — 

Je prends ce texte dans Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 
n. 7886, qui le donne d’après Bonifassi, Nie. insc., n. 134 ; 
ce sont les deux seuls auteurs dans lequel s je la trouve. 
Bonifassi dit qu’il a été mis à jour à Nice en février 1805, à 
l’occasion des fouilles que l’on faisait à cette époque dans la 
vieille citadelle ; le môme auteur ajoute qu’elle gît aujour- 
d’hui dans la cour de la préfecture où elle est abandonnée. 
Je ne l’y ai pas vue. 

Le mot FAEMINAE de la deuxième ligne est impossible; 
je propose donc d’y voir le gentilice FAVONIAE et de lire 
ainsi : 


Favoniae Sanctissimae mulieri incomparabili , 

Exsuperatus miles legioms VIII Augustae conjugi caris- 
simae, ponendum curavit. 

A Favonia Sanctissima sa fema»e incomparable, Exsuperatus soldat de la 
huitième légion Augusta, a pris soin de placer (ce monument) à son épouse 
chérie. 

La huitième légion Augusta avait ses campements en 
Pannonie sous Tibère ; en 69 après J.-C., au moment de la 
guerre civile, ses quartiers étaient en Moesie; sous Alexandre 
Sévère, elle était en Germanie supérieure, d’où elle ne 
bougea plus; elle ne fut donc jamais cantonnée dans les 
Alpes-Maritimes. 

Sanctissima, comme cognomen, est du même ordre que 
Fœlicissima, etc.: on connaît des Sanctus et des Sancta. 

N» 177 (Perdue) 

PANES • AA 
SAVRI • F • DAL 
MATA • EQVES 
H • B M 

Panes, Masauri filius, Dalmatarum (alae) eques, heres 
bene merenti. 

Panes, fils de Masauri os, cavalier dans les ailes des cohortes Dal mates. 
Son héritier reconnaissant (lui a élevé ce monument). 


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— 147 — 

Les ailes (cavalerie) et les cohortes (infanterie) étaient des 
troupes auxiliaires. On distinguait les ailes et les cohortes 
par le nom, soit de la province, soit du peuple barbare où 
elles avaient été levées ; quelquefois elles prenaient le nom 
de l’officier qui les avait levées. Les ailes étaient comman- 
dées par des préfets et les cohortes par des préfets ou des 
tribuns. On connaît, par les inscriptions, les noms d’une 
infinité d’ailes levées chez tous les peuples du monde romain 
où la cavalerie était renommée et même parfois dans les 
pays ennemis. Le recrutement des corps auxiliaires se 
faisait parmi les provinciaux et les barbares ; c’est aussi 
dans ces corps que servaient les Italiens qui voulaient se 
vouer au métier des armes. Ce texte nous a été conservé 
par Gioffredo, dans son manuscrit de la Stor. delle Alp., 
p. 47. — Ricolvi, Inscr., n. 39. — Bonifassi, Nie. inscr., 
n. 54. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 39, très incor- 
rectement. — Carlone, Vestig. épigr., p. 78. n. 119, qui 
copie Tisserand — et par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 
n. 7893. 

Gioffredo dit simplement qu’il est à Cimiez. 

Le défunt, comme cela avait lieu le plus souvent chez les 
barbares, est simplement désigné par son cognomen. 

N° 178 (Perdue) 

QVADRATVS MVTVMBAL • F 
J COH • GAET • PSIMBAf. MIL • SER 
H • E • T 

Gioffredo, ms. de la Stor. dell. Alp., donne la leçon sui- 
vante : Qua.dra.tus / Mutumbal f. / coh. Gaet / psium. mil. 
ser/ H ET. — C’est cette leçon qu’à suivie M. Mommsen sans 
indiquer de quelle façon il faut lire ; voy. Corp. t. V, vol. 2, 
n. 7895. — Risso, Guid. p. 70, Bonifassi, Nie. inscr. n. 91 et 
Bourquelot, Inscr. a nt. n. 53, ont donné la leçon que voici : 
Qua.dra.tus Mutumbal f. / coh. Gaet. Psil. / H. E. T.; et 
traduisent Quadratus Mutumbalis filius cohortes Gœtulo- 
rurn psilagus, etc. — Brun, Nie. et Cim. p. 12, n. 2, a suivi 


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— 448 — 

cette leçon, qui a le tort de supprimer la fin de l’inscription 
donnée par Gioffredo et d’introduire dans le texte le mot 
psilagus, que ces auteurs font dériver du grec com- 

mandant des troupes légères. — Tisserand, Hist. de Nice. 
1. 1, p. 40, psil. m. mil, etc. — Carlone, Vest. épig. p. 73, 
n. 109 suit la leçon de Bouiquelo*, mais il la termine par 
les sigles H. S. E. 

Comme aucune de ces leçons ne me contentait, j’ai pro- 
posé la restitution ci-dessus, que je lis ainsi : 

Quadratus Mutumbalis filius centurio, cohortis Gaetu- 
lorum; Psimbal miles, servus (et) heres ex testamento 
(fecit). 


Quadratus fils de Mutumbal, centurion de la cohorte des Qétules ; Psimbal 
soldat, son ordonance et son héritier, selon son testament a fait (ce monument). 

Je n’ai pas besoin de faire remarquer que ma restitution 
est toute arbitraire. 

Mutumbal est certainement un nom carthaginois, Psimbal 
pourrait en être rapproché. Comme dans le texte précédent, 
le défunt n’est désigné que par son çognome.x. 

Gioffredo place cette inscription à Cimiez, sans autre dé- 
signation. 


N» 179 (Perdue) 

SEX • SVLPICIO CF 
SABINO • VEXiLLAH 
COH • I • LIG • ET • HIS • G • R 
3 RVFINI • H • M • H • N • S 


J’ai suivi la leçon de M. Mommsen avec les corrections 
qu’il indique. 

Sextio Sulpicio Caii filio Sabino vexillario cohortis 
primæ Ligurum et Hispanorum civium romanorum, c en- 
turiæ Rufini. Hoc monumentum heredem non sequitur. 


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449 


A Sextius Sulpicius Sabinus, fils de Caïus, porte-drapeau de la première co- 
horte des Ligures et des Espagnols citoyens romains, de la centurie de Ru- 
flnus. Ce monument ne passe pas à l'héritier. 

Pingoni, ms. de Turin, Mise. Hist. Pat. en a donné deux 
leçons, l’une p. 119 et l’autre 146. — Raymond de Soliers, 
dans Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 300. — Gioffredo, Stor. 
dcll. Alp. ms., p. 49 — Bocchi et Pugliasco, Collecteana 
Nicæensia p. 176. — Spon, Miscel. p. 263. — Bonifassi, 
Nie. inscr. n. 95. — Bourquclot, Inscript, ant. n. 58. — 
Papon, Hist. gén. de Prov. t. I, p. 34. — Tisserand, Hist. 
de Nice, 1 . 1, p. 40 — Carlone, Vest. épigr. p. 73, n. 109. 
— Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7896. 

D’après Bouche, cette inscription aurait été découverte 
à Saint-Barthélemy, près Nice. 

Je m’abstiens de citer toutes les leçons de mes devanciers, 
qui toutes, plus ou moins, sont fautives. Le vexillaire était 
l’officier chargé de porter le drapeau de la cohorte '.Contrai- 
rement à la grande majorité des cohortes qui ne contenaient 
que des barbares ou des provinciaux, la première cohorte 
des Ligures et Espagnols réunis ne se composait que de 
citoyens romains qui suivaient le métier des armes. 


N° 180 (Perdue) 



Demi-lune 


Poignard 

Deux javelots 

5 

SEX • V1BI0 • C • F 
SEVERO • SVEÏilO 

MILITI 

CCH • I • LIG • ET -IISP 
CR?- MVCl • STP • XI 

H • EX • T • F 

Poignard 

Deux javelots 


Cuirasse oarrée Javelot Cuirasse carrée 

Écu rond Javelot Êcu rond 


1. On nommait aussi vexillaires, des soldats détachés de la légion, qui formaient un 
détachement Accompagnant le vexillum ou drapeau spécial qu'on leur donnait ; mais 
ce n’est pas ici le cas, car la cohorte des Ligures ôtait un corps auxiliaire et non légion- 
naire. 

10 


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450 


Sexto Vibio, Caii filio, Severo , Suetrio, militi cohortis 
primæ Ligurum et Hispanorum civium romanorum, 
centuria Mucii, stipendiorum undecim. Heres ex testa- 
mento fecit. 

A Sextus Vibius Sévérus, fils de Caïus, de la peuplade des Suetri, soldat de 
la première cohorte des Ligures et des Espagnols citoyens romains, de la 
centurie de Mucius ; il servit onze ans. Son héritier lui a élevé (ce monument) 
selon (le vœu émis dans) 9on testament. 


Cette inscription était dans le pavage de l’église de Saint- 
François à Nice ; elle a été détruite en même temps que le 
dallage. La leçon ci-dessus est celle que donne M. Mom- 
msen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7900, qui a restitué cette inscrip- 
tion avec une admirable sagacité. Les autres auteurs qui 
l’ont publiée sont : Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48, 
édité, p. 85 — Ricolvi, Inscr. n. 2. — Bonifassi, Nie. inscr. 
86 et 105, d’une autre façon — Bourquelot, Inscr. ant. n. 65. 
— Sanguinetti, Inscriz. lat. p. 219 — Carlone, Vestig. 
épigr. p. 27, n. 4. 

M. Mommsen a trouvé cette inscription dessinée dans les 
papiers de Bonifassi, où il a pris les accessoires qui la dé- 
corent. 

D'après le propriétaire actuel du cloître de Saint-François, 
qui y a fait une tannerie, il y aurait, au fond d’une fosse, une 
pierre sur laquelle sont gravées quelques lettres ; il m’a été 
impossible de voir cette pierre, la fosse étant alors occupée. 


N» 181 (Perdue) 

1 2 


L • SVCIO • VELACI • F 
MILITI • CORNICLA 
COHORT • LIGVR 
MAXSIMVS • FRA 
5 TER FECIT 

Deux mains jointes 


MAXSIMVS • VEL 
ACI F • MIL • COHOR 
LIGVR • VIVVS 
FECIT • SIBI 

Deux mains jointes 


1° Lucio Sucio, Velaci filio, militi comiclario cohortis 
Ligurum , Maxsimus frater fecit 


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154 


2° Maxsimus, Velaci filius, miles cohortis Ligurum vivus 
fecit sibi. 

I* A Lucius Sucius, fils de Vélacius, soldat corniculaire de la cohorte des 
Ligures, Maxsimus sou frère a fait (ce monument). 

2° Maxsimus, fils de Vélacius, soldat de la cohorte des Ligures, s'est, de son 
vivant, élevé (ce monument). 

On la trouve dans Manuti, manuscrit du’ Vatican, lat. 
n. 5237, p. 105, d’où l’a tirée Fabretti, numéros 387, 233, 
234; et Pingoni, Miscel., p. 119. — Bocchi et Pugliasco, 
dans le manuscrit qu’ils ont compilé sur les antiquités 
niçoises de 1590 à 1657 (manuscrit de la bibliothèque royale 
de Turin sans numéro) p. 175 — où l’ont prise Gioffredo, 
Stor. dell. Alp., édité p. 85, on ne la trouve pas dans son 
manuscrit. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 106 et 107. — Bour- 
quelot, Inscr. a nt., n. 60-61. — Tisserand, Hist. de Nice, 
t. I,p. 42. — Sanguinetti, Inscr. lat., p. 217, 218 — Carlone, 
Vest. épigr., p. 29 et 30, n. 9 et 410. — Mommsen, Corp., 
t. V, vol. 2, n. 7897. 

Les corniculaires étaient les soldats qui, par quelque 
action d’éclat, avaient mérité le corniculum ou casque orné 
de petites cornes, distinction honorifique très appréciée dans 
l’armée romaine. Quelquefois aussi les corniculaires étaient 
des officiers en second ; mais dans le cas actuel, il n’est pas 
douteux que L. Sucius ne fût un simple soldat décoré du 
corniculum. 

D’après Manuti cette inscription était à Nice ; Pingoni 
précise davantage et la place dans la citadelle près de 
l’église. 

N» 182 (Perdue) 

C • MARIVS CF- MOGIO • MILES 
COHORTIS • LIGVRVM • HIC • SITVS • EST 

Cette leçon est celle que Mommsen a rétablie d’après les 
textes de Peiresc et de Raymond de Soliers. 

Caius Marius, Caii filius, Mogio, miles cohortis Ligu- 
rum hic situs est. 


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— *52 — 

Caïus Marius Mogion, fils de Caïus, soldat de la cohorte des Ligures, est 
enterré ici. 


Peiresc, manuscrit de Paris, fonds latin n. 8957 p. 237. 
— Raymond de Soliers, dans Bouche, Hist. de Prov., t. I, 
p. 300 — Gioffredo, Stor. dell. Alp. Mar., édit. p. 85 — 
Bonifassi, Nie. inscr., n. 88. — Papon, Hist. gén. de Prov. 
1. 1, p. 34. — par Risso, Guide de Nice, p. 70. — Bour- 
quelot, Inscrip. a nt. n. 59 — Tisserand, Hist. de Nie., t. I, 
p. 41. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 219. — Carlone, 
Vest. èpigr., p. 81, n. 129. — Mommsen, Corpus, t. V, 
vol. 2, n. 7891. 

Raymond de Soliers, avait écrit CIMOGIO ; c’est la leçon 
qu’ont suivie Risso, Bonifassi, Bourquelot, Tisserand, Papon 
et Carlone. Bonifassi, Bourquelot et Tisserand ont interpolé 
la dernière ligne en introduisant le chiffre III entre co- 
hortis et Ligurum. 

Cette inscription a été trouvée au monastère de Saint- 
Pons suivant les uns, et dans la propriété des Carlins suivant 
les autres. 

N» 183 (Perdue) 

SEX • IVLIVS • MO 
NTANI • F • FRONTO 
MILES • COH • LIGVR 
? NIGRI • COMAN 
5 SEX • IVLIVS • OPTaT 
POSVIT • OB 
MERITA • EIVS 

Texte un peu différent de celui que fournit M. Mommsen. 

Sextus Julius, Montani filius, Fronto, miles cohortis 
Ligurum centuriæ Nigri Comani Sextus Julius Optatus , 
posuit ob mérita ejus. 

Sextus Julius Fronto, fils de Montanus, soldat de la cohorte des Ligures, de 
la centurie de Niger Comanus, Sextus Julius Optatus (son frère t) lui a élevé 
ce monument à cause de ses mérites. 


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153 


Peiresc, ms. de Paris, fonds lat. n. 8957, p. 237. — Ray- 
mond de Soliers, dans YHist. de Prov. de Bouche, 1. 1, p. 301 
— Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms, p. 47 — Ricolvi, Inscr. 
n. 45. — Zaccaria, Exc. I, 55. — Donati, Supl. ad thés. 
Mur. cclxxxi, 12. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 40. — 
Bourquelot, Inscr. a nt. n. 63. — Tisserand, Hist. de Nie. 
t.I,p. 42, en donne deux leçons. — Sanguinetti, Inscr iz. dell. 
Lig. p. 205 et 218. — Carlone, Vest. épig. p. 78, n. 122. — 
Mommsen, Corp., t. V, 2, n. 7889. 

D’après Peiresc, cette inscription se trouvait dans le cou- 
vent de Saint-Pons ; d’après Raymond de Soliers, dans la 
propriété des Carlins. 

A la 2 e ligne Gioffredo écrit FRONIO, Peiresc ERO- 
NIOR, et Soliers ERONIOS; à la ligne 3, Soliers et Peiresc, 
écrivent COH LIGVRAE, Bonifassi COH I • LIG ; à la 
4 e , Peiresc et Gioffredo COM., Soliers COMAN : c’est la 
leçon que j’ai suivie, caV il m’a semblé que le mot COM était 
insuffisant pour remplir la ligne ; à la 5 e , Soliers IVL • 
OPTATVS et Peiresc OPTATIVS. 

N° 184 (Perdue) 

0 • ALICONI TRIB 

ALBINTIM1LIENS 

RAE • EILIO • M • AEMILIO 

EMILIO • PROCLO • F 

RBARO • ANIENSI 

IMA • CONIVGIBVS 

BI • VIVA • FEC1T 

Gioffredo, Nie. civ. p. 14 ; Stor dell. Alp. ms. p. 28; 
Stor. dell. Alp. édit. p. 107 — Spon, Miscel, p. 155. — 
Muratori, Nov. thesaur. mxxii, 1. — Bonifassi, Nie. inscr. 
n. 73. — Bourquelot, Inscr. anf.,n. 74. — Sanguinetti, Inscr. 
dell. Lig. p. 226. — Tisserand, Hist. de Nie. 1. 1, p. 43. — 
Carlone, Vest. épiqr. p. 33, n. 22. — Mommsen, Corp. t. 
V, vol. 2, n. 7883. 

Je crois pouvoir rétablir ce texte de la façon suivante : 


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464 


M • AEMILI 
MIL • DOMO • 
M- AEMILIO • NAMV 
RVFFO • FIL • M • A 
C ■ LICINIO • BA 
MAR1T • FL • MAX 
ET ■ FIL • CAR • ET • SI 


O • ALICONI • TRIB 

ALBINTIMILEENS 

RAE • F1LIO • M • AEMILIO 

EMILIO • PROC LO • F 

RBARO • ANIENSI 

IMA CONIVGIBVS 

BI • VIVA • FECIT 


Marco Aemilio Aliconi, tribuno militum,domo Albinti- 
miliensi, Marco Aemilio Namuræ filio, Marco Aemilio 
( Ruffo) ? filio Marco Aemilio Procio filio; (Caio Lici- 
nioj? Darbaro Aniensi tribu marito, Flavia (Maxima)? 
conjugibus et filiis ca rissimis et sibi viv a fecit. 

A Marcus Aemilius Alicon, tribun militaire, natif de Vintimille, à Marcus 
AemiliusNamura,son fils, à Marcus Aemilius Ruffus, son fils, à Marcus Aemi- 
lius Proclus, son fils ; à Caïus Licinius Barbarus de la tribu d’Aniensis, son 
mari, Flavia Maxima à ses époux et à ses fils chéris et pour elle-même a de 
son vivant élevé (ce monument). 


Il est inutile, je pense, de faire remarquer que les restitu- 
tions de noms propres sont arbitraires. 

La tribu d’Aniensis était située sur le territoire de Tibur 
où coulait le fleuve Anio, qui donna son nom à la tribu. 
D’après Gioffredo, cette inscription était près de l’église de 
Notre-Dame de Beaulieu, dans les environs de Villefranche. 
Elle est aujourd’hui égarée. 

N» 185 (Perdue) 

LVCENTIVS • RVFANI • F • BODI • MIL 
COH • LIG • DOMIT ■ H • H • EX • T 

Lucentius Rufani, filius Bodi(onius) *, miles cohortis 
Ligurum, Domitii (duo) heredes ex testamento. 

Lucentius Bodianius, fils de Rufanus, soldat de la cohorte des Ligures, les 
deux Domitius, ses héritiers (lui ont élevé ce monument) d'après (le vœu émis 
dans) son testament. 


1. Voye* au n. 190. 


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4(5 


Il en existe deux copies, l’une de Raymond de Soliers 
dans Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 30, .d’où proviennent 
Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 49 — Bonifassi, Nie. inscr. 
n. 87. — Bourquelot, Inscr. a nt. n. 62. — Tisserand, Hist. 
de Nie. t. I,p.41,très incorrect. — Carlone, Vestig. épigraph. 
p. 77, n. 117. — L’autre copie est de Peiresc, manuscrit de 
Paris, fonds latin, 8957. p. 237 — d’où Mommsen, Corp. t. V, 
vol. 2. n. 7890. 

La leçon ci-dessus est celle de Peiresc, avec cette seule 
différence que cet auteur finit ainsi la seconde ligne : EX F. 
La copie de Raymond de Soliers est très défectueuse ; elle 
est ainsi conçue : LVCENIVS RVB • TANI • F • PODI • 
MIL • COH • LEG- Tout le reste manque. 

D’après Peiresc, cette inscription se trouvait da;is le mo- 
nastère de Saint-Pons ; Soliers la place dans la propriété des 
Carlins : ce qui me fait l’effet d’être un seul et même lieu, 
nommé par l’un d’une façon et par l’autre de l’autre. 

N° 186 (Perdue) 

L • NONIO • QVADRATO • COH • NA VT 
3 • MVM • IVS • 0 • MANILIVS • ET • CAL 
VENTIVS • RVFVS D S 

Leçon de Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7892. 

Lucio Nonio Quadrato cohorte Nautarum, centuria 
Mummi Justi, Quintus Manilius et Calventius Rufus de 
suo. 

A Lucius Nonius Quadratus, de la cohorte de Nantes, dans la centurie de 
Mummius Justus, Quintus Manilius et Calventius Rufus (ont) de leurs (deniers 
élevé ce monument). 

Gioffredo, Nie. civ. p. 24 ; Stor. dell. Alp. ms. p. 47. — 
Muratori, Nov. thés, dcccxxxvii, n. 7. Ricolvi, Inscr. 
n. 41. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 52. — Risso, Guide de 
Nice , p. 69 — Bourquelot, Inscr. ant. n. 57. — Tisserand, 
Hist. de Nie. t. I, p. 39. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. 
p. 190 ; — Carlone, Vest. épigr. p. 79, n. 125. 

Tous les auteurs qui ont rapporté cette inscription ont, 


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456 


à l’exception de M. Mommsen, écrit à la deuxième ligne S. 
MVMIVS en un seul mot et Calvenius au lieu de Calventius. 

N° 187 (Perdue) 

TI • IVLIO • VELL 
ACONIS • FIL 
CL • VIACO 

sic MILES ■ CCH ■ NA VT 
5 } TI • IVL • REST 

HERED • EX • TES • H • S 

Cette leçon est un peu différente de celle de M. Mommsen. 

Tito Julio, Vellaconis filio, Claudia Viaco,militi cohor- 
tis Nautarum, centuria Titi Julii Restituti ; heredes ex 
testamento. Heredi sequitur. 

A Titus Julius, fils de Vellaconis, de Claudia Viacum, soldat de la cohorte des 
Nantes, de la centurie de Titus Julius Restitutus ; les héritiers (selon le vœu 
émis dans) son testament (lui ont élevé ce monument) qui suit à ses héritiers. 

GiofEredo, Nicæ a civitas p. 19. — Muratori, dcccxxv 
n. 5. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 84. — Risso, Guide de 
Nice, p. 69. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 56. — Sanguinetti, 
Inscriz. dell. Lig., p. 207 — Carlone, Vestig. épigr. p. 
100, n. 158. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 7888. 

A la troisième ligne, M. Mommsen rejette les mots CL. 
VIACO séparés, pour n’en faire qu’un seul mot CLVIACO *, 
dont il ne fait ni un cognomen ni le nom d’un pays. Devant 
ce silence, j’ai cru bon de rétablir la leçon de Muratori, qui 
traduit ces sigles par Claudia Viacum, ville de Vindéliciens ; 
à la quatrième ligne j’ai laissé subsister MILES, quoique 
le texte demandât militi ; mais aucun auteur n’ayant écrit 
autrement, nous sommes en droit de considérer ce mot 
comme un lapsus dulapicide. J’ai rétabli le mot coh avec la 
liaison de l’O et de l’H, qui est commune dans ce mot, à cause 
de la façon (CO • I) dont plusieurs auteurs l’ont écrit. M. 


1. Dans son manuscrit d’Aix, Raymond de Soliers donne la lecture suivante, finalement 
adoptée par Mommsem : GLVTACO ; ce serait alors un surnom : G lu lac us . 


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467 


Mommsen avait restitué ainsi COh ; mais la liaison me parait 
suffisamment indiquée. 

D’après Gioffredo, cette inscription, qui était dans l’église 
de Saint-Barthélemy, a été, de là, transportée dans les jar- 
dins du palais ducal. 


N° 188 (Perdue) 

TI • IVLIO • T • IVLII • FR • MIL 
DVPLIC • CCH • NAVT 
LIB • FAVSTVS • PATRONO 

Tito Julio, Titi Julii fratri, militi duplicario cohortis 
Nautarum. Libertus Faustus patrono. 

A Titus Julius, frère de Titus Julius, soldat duplic&ire de la cohorte des 
Nantes , non affranchi Faustus (a élevé ce monument) à son patron. 

Gioffredo, Nie. civ. p. 24; Storia dell. Alp. Mar. ms. 
p. 47. — Muratori, Nov. thés, dcccxxv, n. 6 — Ricolvi, 
Inscr. n. 37 — Bonifassi, Nie. insc. n, 39 — Bourquelot, 
Inscr. ant. n. 54 — Tisserand, Hist. de Nice , t. I, p. 39. — 
Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 191 — Carlone, Vest. 
épigr. p. 79, n. 123. — Mommsen,Corp.t. V, vol. 2, n. 7887. 

J’ai, en grande partie, suivi la leçon de Mommsen. On 
appelait milites duplicarii , les soldats qui, en récom- 
pense de leurs services, recevaient double ration, etc. Giof- 
fredo dit que cette inscription est dans la campagne de Ci- 
miez sans autre indication. 


N° 189 (Perdue) 

APOLONIO 
DYONISIO 
MIL • CCH • NA 
TVBIC • H • E • T 

Apolonio Dionysio, militi cohortis N autarum.Tubicen, 
heres ex testamento. 

A Apolonius Dionysius, soldat de la cohorte des Nantes, le trompette son 
héritier, d’après son testament (l'ii a fait ce monument). 


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— 458 — 

Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48. — Ricolvi, Inscr. n. 
42 — Zaccaria, Excurs. 154 — Orelli, Inscr. lat. a mpl. coll. 
n. 3621. — Bonifassi, Nie. inscr., 89. — Bourquelot, Inscr. 
ant. n. 55. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 41. — San- 
guinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 207.— Carlone, Vest. épig. 
p. 80, n. 128 — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7884. 

N» 190 (Perdue) 

T • AVRELIO • DE 
MENCELONIS • F • BO 
DIONIO • C(H • LIG 
J • TREBONI • HERED E T 


Mommsen a publié les deux leçons suivantes, Corp. t. V, 
vol. 2, n. 7885 : 


Raymond de Soliers 


Gioffredo 


T • AVRELIO • DE 
MENCELONIS • EBO 
DIONIO • COINO 
T • ERIPONE • HERED • I T 


AVRELIO • DE 
ENCIONIS • I • BO 
DIONIO • CO • O 
SEREBONI • H • R • D 


Sans chercher à rétablir une bonne leçon, je me suis 
appuyé surl.es deux textes fournis par Mommsen pour établir 
ma restitution. Je conserve Demencelonis et Bodionio : le 
premier me paraît bon et le second nous est déjà connu 
par l’abréviation Bodi au n. 185 ; quant à Coino, comme 
l’avait proposé M. Mommsen, je lis coh. lig, l’L et l’I ayant 
été pris pour un N et le G pour un O. A la dernière ligne, 
le mot Treboni parait s’imposer ainsi que les lettres E ■ T, 
au lieu de I • T. Je lis ainsi cette inscription: 


Tito Aurelio, Demencelonis filio Bodionio, cohorte Li~ 
gurum, centuria Trebonii. Heredes ex testamenlo. 

A Titus Aurélius Bodionius, fils de Demencelon, de la cohorte Ligure, cen- 
turie deTrébonius.Ses héritiers, d'après son testament, ont élevé ce monument. 

Gioffredo donne les deux lectures ci-dessus : celle de 
Raymond de Soliers, publiée dans Bouche, Hist. de Prov. 


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459 


1. 1, p. 300. — Gioffredo, dans son manuscrit de la Stor. dell. 
Alp. p. 49, lecture quia été suivie par Ricolvi, Inscr. n. 40. 
— Bonifassi, Nie. inscr. n. 85. — Bourquelot, Inscr. a nt. 
n. 116. — Tisserand, Hist. de Nice t. I, p. 40 et Carlone, 
West. épig. p. 77, n. 116. 

L’autre, môme manuscrit de Gioffredo p. 47, d’où Bonifassi, 
Nie. inscr. n. 55, et Tisserand, Hist. de Nice 1. 1, p. 39. 

D’après Soliers, cette inscription aurait été trouvée dans 
la propriété des Carlins. 


N° 191 (Perdue) 

TERTIO • DOCGONIS 
F • MIL • COH • GAETVL 
? GALLI • AYLVS 

Tertio, Docconis filio, militi cohortis Gætulorum centu- 
ria Galli Aulusani. 

A Tertius, fils de Docco, soldat de la cohorte des Gétules de la centurie de 
Gallus Aulusanus. 

Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7898, publie d’après 
Ricolvi, Inscr. n. 13, la leçon suivante 

TERTIO DOCCONIS 
F ■ MIL CCXLTVL 
} GALLI AVIVS 

Les corrections que j’ai indiquées ci-dessus, me paraissent 
certaines. 

Ricolvi dit avoir copié cette inscription sur une marche, 
devant l’église des Réformés. Je n’ai trouvé sur les marches 
qu’une inscription moderne ; mais je sais, d’autre part, que 
quelques pierres ont été changées récemment. 

N» 192 (Perdue) 

VERDVCCIO • P • F 
ALPINO • MIL 
CO H • I • L • HERED • ET 
P • VER ■ P • F • PATERN 
FECER 


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460 — 


Restitution de M. Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7899, 
d’après le texte suivant fourni par Bonifassi, Nie. inscr., 
n. 104 : 


VERDVCCIO ///// 

ALP1NO • MIL 
COH ■ I LIG • PERED 
PVER • P ■ PATERN 
FECER 

Verduccio Publii filio Alpino, militi cohortis primæ 
Ligurum, heredes et Publius Verducius, Publii filius Pa- 
temus fecerunt. 

A Verducciu8 Alpinus, fils de Publius soldat de la première cohorte des 
Ligures, ses héritiers et Publius Verduccius Paternus, aussi fils de Publius, 
ont fait (ce monument.) 

D’après Bonifassi ce texte était à Falicon, où je l’ai vaine- 
ment cherché ; mais on m’a dit qu’il y avait autrefois sur les 
pieds-droits de la porte du presbytère, deux pierres écrites 
qui ont été brisées par les ouvriers qui faisaient une répa- 
ration à la façade. Le curé actuel a vu ces pierres, mais il 
n’avait jamais pensé à les copier. 

N» 193 (Perdue) 

BOD' 

MlLlTl 1 1* 

II • LEG 
RW' 

EX 

Cette inscription, assurément incorrecte, est fournie par 
M. Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 792, accompagnée de la 
note suivante : « Schedula inter, mise. patr. vol. 147, Bi- 
bliot. reg. Taur. » sans autre nom d’auteur. Il indique sa 
situation dans les ruines de la citadelle, où elle fut trouvée, 
dit-il, en 1828. 


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— 161 — 

N° 194 (A Tarragone) 

L • VALERIVS • L • F • SE 
CVNDVS • DOMO 
ALBENTiBILI • MIL • LEG 
VII • G • F • PAMPHIL1VS • VARVS 
ET VALIVS • VELOX 
MILITES • LEG • EIVSDEM 
HEREDES • POSVERVNT 

Lucius Valerius, Luci filius Secundus, domo Albinti- 
miliensi, miles legionis septimæ geminæ felicis; Pam- 
philius Va rus et Valius Velox, milites legionis ejusdem, 
heredes posuerunt. 

Lucius Valérius Secundus, fils de Lucius, originaire de Vintimille, soldat de 
la septième légion gemina heureuse ; Pamphilius Varus et Valius Velox, sol- 
dats de la même légion, ses héritiers (lui) ont placé (ce monument.) 

La VII 0 légion gemina, fut créée par Galba, dont elle prit 
d’abord le nom (Galbiana), qu’elle changea depuis pour 
celui de gemina. En 69 ap. J.-C. elle avait ses quartiers en 
Pannonie ; sous Alexandre Sévère on la retrouve en Espagne 
en Tarraconaise : c’est certainement vers cette époque qu’elle 
fut gravée. C’e^t le nom d’Albintimilien qui a trompé les 
éditeurs de Gioffredo. 

Cette inscription est rapportée par Gruter, Corp. inscr. 
dlxvi, 3, qui la place à Tarragone, dans le palais archié- 
piscopal. Les éditeurs de Gioffredo l’ont à tort attribuée 
aux Alpes-Maritimes ; Carlone, Vest. épig. p. 34, n. 23, 
précise et prétend qu’elle se trouve à Beaulieu, où certes 
elle n’est pas. On la trouve rapportée par Hübner, Corp. 
inscrip. Hisp. t. II, n. 4171, parmi celles de Tarragone. 

N® 195 (Probablement de Rome) 

D • M 

T • AVRELI 
CL • CERTI 
CEMENELI 

5 FR • LEG ■ XX • V • V 
IVLIVS • SEVERVS 
ET • AVRELIVS 
SEMPRONIVS 
H • F • C 


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• 62 


Diis manibus Titi Aurelii, Claudia tribu, Certi Cerne- 
neli, frumentarii legionis vigesimæ Valeriæ victricis, 
Julis Severus et Aurelius Sempronius heredes faciendum 
curaverunt. 

Aux dieux mânes de Titus Aurélius Certus de la tribu Claudia deCiraiez, 
frumentaire de la vingtième légion valérienne, victorieuse, Julius Sévérus et 
Aurélius Sempronius, ses héritiers, ont pris soin de lui élever (ce monument.) 


Elle a été découverte dans les papiers de Panvini, ma- 
nuscrits du Vatican, n. 6035 p. 71, où elle est écrite par 
une main étrangère. — Doni, Inscr. ant. Don. pars VI, 
n. 76 — d’où la tire Muratori, Nov. thés, dcgxcvii, 1. 
— Fabretti, Inscr. ant. 744,520 — Bourquelot, Inscr. ant. 
la cite à tort parmi les inscriptions de Cimiez, n. 73 — d’où 
Carlone, Vest. épig. p. 89 n. 143 — Je l’ai retrouvée dans 
le Corp. inscr. lat. de Berlin, t. VI, vol. I, n. 3916, parmi 
les inscriptions de Rome. 

Dans l’exposé que Tibère fit au sénat des forces de la Ré- 
publique et de leur répartition, nous trouvons la vingtième lé- 
gion en Germanie Inférieure; en 69, au moment de la guerre 
civile, elle était en Bretagne et sous Alexandre Sévère en 
Bretagne Supérieure. C’es le mot de Cemenelium qui a 
trompé les auteurs qui placent cette inscription dans les 
Alpes-Maritimes. 

Ce texte nous apprend que la ville de Cimiez était inscrite 
à la tribu Claudia. 

N° 196 (An musée de Klagenfurth) 
Croissant et étoiles 

MARIVS • RV 
CTICNI • E • MILE (sic) 

S • COHORTIS 
MONTANORV 
5 M • PRIMAE ■ STIP 
ENDIORVM XXV 
H • S • EST 
MONT AN VS HP 


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463 


On la trouve dans Lazi, r. r. p. 333 ; 734 ; 1236. — Gruter, 
Corp. inscr. dlii, 5. — Muratori, Nov. thés, mmxxxiv, 5. 
— Pocoke, Inscr. ant. græc. et lat. p. 113, 17. — Eichorn, 
Carienth. 1. 1, p. 43 — Schottky, Viruneus tab. 4 — Kumpf, 
ms., qui l’a vue le 11 mai 1818 — Ankershofen, Carinthiaca 
t. I, 517. — Steiner, Inscrip. rom. Danubi et Rheni, ms. 
3959 d’après Knablius. — Tous ces auteurs la rapportent 
comme se trouvant en Autriche. Voici maintenant quels 
sont les auteurs qui l’ont, à tort, introduite parmi les ins- 
criptions niçoises : — Gioffredo, Stor. dell. Alp. p. 174. éd. 
in-8° — Risso, Guide de Nice, p. 180 — Bourquelot, Inscr. 
ant. n. 70 — Tisserand, Hist. de Nice t. I, p. 42 — Carlone, 
Vest. épigr. p. 29, n. 8 — Mommsen, Corp. inscr. t. V. vol. 
2. n. 1066, déclare qu’il faut la restituer à Virunum. 

La leçon que je publie est celle de M. Mommsen, Corp. 
t. III, vol. 2. n. 4849, qui a vu l’inscription et déclare que la 
lecture en est certaine ; il ne faut donc pas tenir compte de 
toutes les autres lectures. 

Marius, Ructicni filius, miles cohortis montanorum 
primæ stipendiorum XXV hic situa est ; Montanus heres 
posuit. 

Marius, flls de Ructicnus, soldat de la première cohorte des montagnards, 
qui a servi vingt-cinq ans, est situé ici. Montanus, son héritier, lui a placé 
(ce monument). 

N° 197 (A Saint-Veit, en Autriche) 

TI • IVLIVS 
CONDOLLI 
F • CAPATIVS • 

MIL • COH 

5 MON • PHI • STIP III i 
HSE 

TI • IVLIVS • CRIGALO 
TI • IVLIVS • BVCCIO 
H • F 


l. Ces trois lignes inclinées sont, dans l'inscription, traversées par une autre ligne 
diagonale, allant de gauche i droite et partant du sommet. 


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— 164 — 

On trouve ce texte dans les anciens manuscrits autri- 
chiens de Peutinger, ms. n. 527, p. 57 — chez Choler, p. 
140— Chez Apian,Sacr. sancf.p. 400, 3 — Lazi,r. r. p. 333; 
734 ; 1236 ; 1239. — Gruter, Corp. inscript, dxliv, 10 ; 
Steiner, Inscr. rom. Danub. et Rhen. 3924 — une seconde 
copie de cette inscription a été envoyée à Lazi, r. r. p. 
1235 par Stephan Wilhelm, notaire de la ville — Gioffredo, 
Stor. dell. Alp. éd. in-8° t. I, p. 174 la donne à tort au 
nombre des inscriptions des Alpes-Maritimes — Bourquelot, 
Inscr. a nt. n. 69, suit Gioffredo — ainsi que Carlone, Vestig. 
épigr. p. 80, n. 127 — Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 
1066 la rend à Viranum. 

La leçon que je donne ci-dessus est empruntée à M. 
Mommsen, Corp. t. III, vol. 2, n. 4846. 

D’après Lazi, cette inscription est gravée sur un marbre 
carré près de Saint-Veit. 

Titus Julius, Condolli filius, Capatius, miles cohortis 
montanorum primæ stipendiorum trigenta, hic situs est. 
Titus Julius Crigalo (et) Titus julius Buccio heredes 
fecerunt. 

Titus Julius Capatius, fils de Condollus, soldat de la première cohorte des 
montagnards, qui a servi trente ans, (repose) ici. Titus Julius Crigalon etTitus 
Julius Buccion, ses héritiers, lui ont fait (ce monument). 


Ces quatre derniers textes, introduits à tort parmi les ins- 
criptions des Alpes-Maritimes, doivent donc en être retran- 
chés, de même que la Cohors montanoimm qui ne peut plus 
être comptée au nombre de celles qui ont séjourné dans nos 
régions. , 


< 


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m — 


Inscriptions municipales 

N° 198 


/// VIR • LAVRO • DE 
CVRIONI • CEME 
NELENSIVM 
• EQVO PVB 
AEBVTIA • LAVREA 
MATER 
L d d D 

Quirina Lauro, decurioni Cemenelensium, equo 

publico ; Aebutia Laurea, mater. Locus datus decreto de- 
curionum. 

A ... Laurus de la tribu Quirina 1, décurion de Cimiez, chevalier public, 
Aebutia Laurea, sa mère (a élevé ce monument). Le lieu a été donné par décret 
des décurions. 

Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 26, édité, p. 103 — 
Millin, Voy. dans les dép. t. II, p. 551 — J. de Wal. Myth. 
septent. mon. p. 202. — Bonifassi, Nie. inscrip. n. 46. — 
Risso, Guide de Nice, p. 67. — Gazzera la publie trois fois 
dans les Acta Tàurinens.; la première fois, d’après un ano- 
nyme, la deuxième fois d’après Muleti, et la troisième d’après 
un de ses amis de Cimiez.— Bourquelot, Inscr. ant.n. 49. — 
Henzen, Orell. supl. n.5100. — Tisserand, Hist. de Nice, t. 
I, p. 4. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 193. — Carlone, 
Vest. épigr. p. 71 n. 105. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 
n. 7903. 

Il ne manque à cette inscription que la première ligne qui 
contenait le prænomen, le gentilicium et la filiation du per- 
sonnage dans la forme suivante : 

1. 8alinium (Castellane) était inscrite & la tribu Quirina ainsi que Pedo (Bourg Saint- 
D al mas); ce personnage était probablement de Tune de ces deux localités. 

n > 


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— 466 — 


P • MATVCIO P P 
QVIR • LAVRO • DE etc. 

Il va sans dire que cette restitution, certaine pour la -for- 
me, est absolument hypothétique pour le fond ; c’est-à-dire 
que les noms sont pris au hasard, parmi ceux qui se ren- 
contrent à Cimiez. 

Cette inscription est gravée sur un bloc de calcaire carré 
dont le sommet manque, le monument a la forme d’un autel ; 
elle est conservée dans le vestibule de la villa Garin à 
Cimiez. 

N° 199 (Perdue) 

INTEGRITATI 

BENEMERITA 

Q • DOMITIO • 0 • F 

NO • IIV1R0 • AMP • 

5 BIS • ET • COLLEGIO 

CIVITAS • CEMEN 

CVIVS • PVBLICATIO 

NIBVS • ET • ItïïïIVIRIS • EP 

COLLEGIIS • TRIBVS - ET • OP. . . 

10 POPVLO • OMNI • OLEVM 

L • D • D • D 

On trouve cette inscription dans Gloffredo, Stor. dell. Alp. 
ms. p. 27; édité p. 103. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 30. — 
Bourquelot, Inscr. a nt. n. 130. — Tisserand, Hist. de Nice, 
t. I. p. 41 — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 201 . — Car- 
lone, Vestig. épigr. p. 72, n. 106. — Mommsen, Corp. t. V, 
vol. 2 n. 7905. 

Cette inscription peut assez facilement se restituer, pres- 
que en entier, d’une façon certaine ; mais il faut pour cela la 
présenter comme je le fais ici, en supposant la cassure en 
biais. Voici dans ce cas comment on peut la lire : 


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167 


INTEGRITATI 

BENEMERITA 

0 • DOMITIO • 0 • FILIO • PATER 

NO • IIVIRO • AMPLIATORI • VR 
5 BIS • ET • COLLEGIORVM • TRIVM 

CIVITAS • GEMENELENS • OB 
CVIVS • DEDICATION • DECVRIO 
NIBVS • ET ■ IiiïïIVIRIS • EPYLVM • ET 
COLLEGIIS • TRIBVS • ET • OFFIC • ET 
10 POPVLO • OMNI • OLEVM • DEDIT 
L • D • |D • D 

Les deux premières lignes, qui, d’ailleurs, ne formaient 
probablement pas le commencement de l’inscription, ne pour- 
raient se restituer qu’hypothétiquement. 

...Quinto Domitio, Quinti filio, Paterno, duumviro, am- 
pliatori urbis et collegiorum trium, Civitas Cemenelen- 
sium. Ob cujus declicationen, decurionibus et sextumviris 
epulum et collegiis tribus et officialibus et populo omni 
oleum dédit. Locus datus decreto decurionum. 

...A Qaintus Domitius Paternus, flls de Quintus, duumvir, bienfaiteur de la 
ville et des trois collèges; la ville de Cimiez (a élevé ce monument); et, à l'oc- 
casion de sa dédicace, (a donné) aux décurions et aux sextamvirs un repas, 
et aux trois collèges et aux officiers et à tout le peuple a distribué l'huile. 
Le lieu a été donné par décret des décurions. 

Le mot ampliator n’est pas très usité dans les inscrip- 
tions ; mais on en cite d’autres exemples, notamment une mé- 
daille d’Antonin le Pieux citée par Eckhel, dans laquelle ce 
prince est qualifié d' ampliator civium. La signification 
exacte du mot ampliator serait : celui qui agrandit, qui 
ampliat; mais je pense qu’ici il faut le prendre dans son sens 
figuré : c’est toujours qui ampliat, mais il faut entendre qui 
a donné de l’extension, de la vie, de la vigueur, c’est-à-dire 
qui a été le bienfaiteur. S’il ne s’agissait que de la ville, 
ampliator urbis aurait certainement son sens propre; mais 
comme l’inscription ajoute et collegium trium, ce mot ne 
peut être pris à mon avis que dans son sens figuré. 


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— 168 — 

Pour la seconde fois, nous trouvons les trois collèges de 
Cimiez formant une compagnie et agissant comme corps cons- 
titué. 

D’après Giofïredo, cette inscription aurait été découverte, 
de son temps, à Cimiez, sans indication plus précise. 

Mommsen a maintenu le mot publicatione que donne la 
leçon de Giofïredo ; m’appuyant sur l’inscription que l’on 
trouvera au n° 201 de ce recueil, j’ai cru pouvoir rétablir 
ded.ica.tio. 


N° 200 

G • MANTI • PATERNI • DECV 

IIVIR • FLAMN1S • CIVITATIS • C . . . . 

AEBVTIA • NEPOTILLA • OB 

El VS • ERGA • SE • ADFECTION 

MAR1TO • INCOMPARAB 

FECIT 

CVM • QVO • VIX1T • ANN • XX 
M • VIIII • D X 


On peut compléter facilement ce texte de la façon suivante : 

D M 

G • MANTI • PATERNI • DECVRIONI 
IIVIR • FLMINIS • CIVITATIS • CEMENEL 
AEBVTIA • NEPOTILLA • OB • MIRAM 
EIVS • ERGA • SE • ADFECTIONEM 
MARITO • INCOMPARABILI • VIVA 
FECIT etc. 


Diis manibus, Gaii manti Paterni decurioni,duumviris, 
flaminis civitatis Cemenelei; Aebutia Nepotilla,obmiram 
ergase adfectionem, marito incomparabili, vivafecit,cum 
quo vixit a nuis viginti, mensibus nono, diebus decem. 


Aux dieux mânes de Galus Mantius Patemus, décurion, duumvir et flamme 

de la ville de Cimiez ; Aebutia Nepotilla, à cause de son admirable affection 

envers elle, a de son vivant élevé ce tombeau à son mari incomparable, avec 

lequel elle vécut vingt ans, neuf mois et dix jours. 

# 


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169 


Ricolvi, Inscrip. n° 3. — Millin, Voy. dans les dép. t. II, 
p. 555. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 94. — Bourquelot, Ins- 
crip. a nt. n. 42. — Tisserand, Hist. de Nice , 1. 1, p. 41. — 
Carlone, Vestig. épigr.p. 96, n. 150. — Mommsen, Corp. t. 
V, vol. 2, n. 7913. 

Cette inscription est conservée dans le monastère de 
Saint-Pons, dans l’ancien vestibule où je l’ai vue. 

Le prénom Gaïus, pour Caïus, indique une basse époque. 
J’ai rétabli les lettres D. M. soit à cause du cas génitif qui 
commence l’inscription, soit d’après la leçon de Bonifassi 
dans le manuscrit du comte de Pierlas, que l’on retrouve 
chez Bourquelot. 


N° 201 (Perdue) 

MATRI • PIISSIMAE • POSVIT • OB 
CVIVS • DEDICATIONEM • DECVRI 
ONIB • ET • VI • VIR • AVG • VRBANIS • ET • OP 
FICIALIB • SPORTVLAS • 5. • II DIVISIT • ITEM 
COLLGlIS • X • I • ET • RECVMBENTIBVS 
PANEM • ET • VINVM • PRAEBVIT • ET • OLEVM 
POPVLO • VIRIS • AG • MVLIERIBVS • PRO 
MISCE • DEDIT • L • D • D • D 

Les premières lignes manquent. 

... matri piissimæ posuit. Ob cujus dedicationem decu- 
rionibus et sextumviris augusialis urbanis et officialibus, 
sportulas denarios duo divisit, item collegiis denarium 
unum et recumbentibus panem et vinum præbuit et 
oleum populo, viris ac mulieribus promisce dédit. Locus 
datus decreto decurionum. 

... à sa mère très pieuse a élevé (ce monument), et à cause de sa dédicace 
a divisé aux décurions, aux sextumvire Augustaux urbains et aux officiers, 
une largesse de deux deniers, et aux membres des collèges, un deftier, et aux 
invités, a distribué le pain et le vin, et a donné 1 huile au peuple, hommes 
et femmes mélés. Le lieu a été donné par décret des décurions. 

U s’agit ici, comme dans l’inscription rapportée plus haut, 
n. 199, de largesses et de repas faits aux funérailles de per- 
sonnages importants de la ville. 


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470 


Le mot sportula signifie, à proprement parler, petite cor- 
beille qui servait à porter au peuple les vivres qu’on lui don- 
nait à l’occasion de ces cérémonies ; mais la signification de 
ce mot s’est considérablement étendue : si bien, qu’il peut 
signifier les jeux où l’on faisait des distributions sembla- 
bles, ou tout autre largesse accordée au peuple. J’ai traduit 
recumbentibus par invités : c’est certainement là le sens 
que lui donne l’inscription ; mais strictement, il faudrait 
dire : « ceux qui vont se mettre à table » car on mangeait 
de couché. 

J’ai suivi la leçon de Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 
7920. On trouve cette inscription dans Gioffredo, Stor. dell. 
Alp., ms. p. 48, édité, p. 114. — Bonifassi, Nic.inscr., n. 67. 
— Risso, Guide de Nice, p. 15. — Bourquelot, Inscrip. 
a nt., n. 129.— Tisserand, Hist. de Nie., 1 . 1 , p. 42. — San- 
guinetti, Inscriz., p. 198. — Carlone, Vestig. épigr., p. 84, 
n. 134. 

Tous ces auteurs ont donné cette inscription d’une façon 
très défectueuse. 

Selon Gioffredo, cette inscription était dans la propriété 
Galera à Cimiez. 


N # 202 (Perdue) 

L • VENIREIVS • PICT VS 
DS- CEMEN 
SE • VICO • SIBI • ET ' 

LIBERT • LIBERTAB 
5 POSTERISQVE • EOR 
C • MET1LIA -CF 
C • MARIVS • C • F 

Cette leçon est celle qui est fournie par Spon, Miscel. p. 
163, qui'l’a tirée des papiers de Peiresc. M. Mommsen dé- 
clare qu’il ne l’y a pas trouvée; mais il est probable que 
c’est dans les papiers qui sont restés à la bibliothèque Méjane 
à Aix que se trouve cette inscription. — Bonifassi, Nie. ins., 
n. 68, la prend dans Spon. — Bourquelot, Insc. a nt., n. 109, 
donne les cinq dernières lignes de cette inscription ; il les 


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— 474 — 

prend dans le manuscrit du comte de Pierlas, qui déclare 
l’avoir prise dans les papiers de Peiresc; etn. 119, toute 
l’inscription, d’après Spon. — Il a été suivi dans cette voie 
par Carlone, Vestig. épig., qui donne l’inscription entière, 
p. 32, n. 17, et la fin seulement p. 74, n. 110. 

M. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7918, propose de la 
restituer de la façon suivante : 

L • ETEREIVS ■ FESTVS 
DEC • CEMEN 

SE • VIVO • S1BI • ET, etc. 

% 

Lucius Etereius Festus, decurio Cemenelei, se vivo, sibi 
et libertis libertabus posterisque eorum : Caia Metilia , Caii 
filia, Caius Marius, Caii filius. 

Lucius Eteréius Festus, décurion de Cimiez, de sou vivant, pour lui et ses 
affranchis et affranchies et leur postérité : Caïa Métilia, fille de Caîus, Caius 
Marius, fils de Caïus. 9 


Peiresc l’indique simplement comme se trouvant à Nice, 
sans désignation plus précise. 

N» 203 

MANTO • GEMINIO 
1NGENVO 

IIVIR • ET • SACER 
GEMINIA • FILIA 
5 PATRI • PUS • ET 
ALBICCIA • MATERNA 
MARITO • INCOMP 

Manto Geminio Ingenuo, duumviro et sacerdoti : Ge- 
minia filia patri piissimo et Albiccia Materna marito in- 
comparabili. 


A Mantus Géminius Ingénuus, dnumvir et prêtre : Géminia sa fille, & son 
père bien-aimé et Albiccia Materna à son mari incomparable. 

Cette pierre est conservée dans un couloir du monastère 


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— 172 — 


de Saint-Pons, où je l’ai vue. C’est ma lecture que je donne 
ci-dessus. 

Il en existait deux copies, l’une de Ricolvi, Inscrip., n. 7, 
et l’autre de Millin, Voy. dans les dép., t. II, p. 558, d’où 
l’a tirée Bonifassi, Nie. inscr., 117. — Risso, Guide de 
Nice, p. 70. — Bourquelot, Inscr. antiques, n. 40. — Tisse- 
rand, Hist. de Nie., t. I, p. 41. — Carlone, Vestig. épigr., 
p. 94, n. 147. — et Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7912. 

Toutes les leçons fournies par ces divers auteurs sont dé- 
fectueuses ; je ne citerai que celle de M. Mommsen, qui a 
corrigé ses devanciers comme il a pu, mais qui n’a pas vu 
l’inscription : 1" ligne, Manio Gemino ; 2 e ligne, iivir fecer. ; 
3 e ligne, Gemina. 

La partie la plus importante, celle qui porte le mot sa- 
cerdos, n’avait été lue par personne. 

N» 201 

T • GALERIVS 
EVTYCHIVS 
IiiiiIVIH • AVG 
U DOMITIAE • HE m 
5 LLIADI • VXORI 
MERENTISS • F 

Diis Manibus. Titus Galerius Eutychius, sextumvir 
Augustalis, Domitiæ Helliadi, uxori merentissimæ, fecit. 

Aux dieux mânes. Titus Galérius Eutychius, sextumvir Augustal, à Domitia 
Helliadus, sa femme très méritante, a élevé ce monument. 

Millin, Voy. dans les dép., t. II, p. 555. — Bonifassi, Nie. 
inscr., n. 125. — Risso, Guide de Nice, p. 68. — Casalis, 
Dizionario, t. II, p. 751. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 41. 
— Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 290. — .Tisserand, 
Hist. de Nice, t. I, p. 41. — P. Simian, Revue de Nice, 15 
févr. 1862. — Carlone, Vest. épigraph., p. 76, n. 115. 

Cette pierre est aujourd’hui conservée dans la collection 
de M. Guilloteau à Cimiez, où je l’ai vérifiée. 

Je suis en désacord avec M. Mommsen, qui a Vu cette 


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— 473 — 

pierre, pour la seconde ligne, où je lis Eutychius et non 
Eutyches ; pour la cinquième ligne, où je lis lliadi avec 
deux LL; et pour la sixième, où, après le mot merentiss., 
j’ai vu un F, que M. Mommsen n’a pas noté. Quand j’ai pris 
copie de cette inscription, comme d’ailleurs de toutes celles 
des Alpes-Maritimes, je ne connaissais pas l’olivrage de 
M. Mommsen ; mais je l’ai lu avec grand soin et à plusieurs 
reprises, et les copies que j’en ai faites à plusieurs mois 
d’intervalle, concordent toutes. J’ai donc lieu de croire que 
ma lecture est exacte. 

i 

N° 205 (Perdue) 

SALLOVIAE • HILARIAE.^ 

SALLOVIVS • ACHILAEVS • ImiIVIR • ET 
OR*A • PARTHENOPE • FILIAE 
DVLCISSIM 

Salloviæ Hilarité... Sallovius Achilæus, sextumvir, et 
Ortia Parthenope, filiæ dulcissimæ. 

A Sallovia H ilaria, Sallovius Achiléus, sévir, et Ortia Parthénope, à leur 
fille très douce. 

On trouve cette inscription dans Gioflfredo, Stor. dell. 
Alp., ms. p. 49, d’après les notes de Richelmi. — Bonifassi, 
Nie. inscr., n. 123. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 46. — 
Tisserand, Hist. de Nice, 1. 1, p. 42. — Carlone, Vest. épigr., 
p. 28, n. 6. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7916. 

La leçon que je donne ici, est celle de M. Mommsen, qui 
seule est correcte. 


N» 806 

L • BLA 1VNIVS • CORN VT VS 
MAGISTER • COLL • DENDRO 
PHORVM • ARAM • ET • PAVl 
MENTVM • SCHOLAE • ET • PRO 
5 NAVI ■ DE • SVO • FECIT 

ET • SPORTVLAS • DEDIT • SING 
DENDROPHORIS • ï. • SINGVLOS 
aT • VINVM • PASSIM • DIVISIT 


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474 


Lucius Dla... Junius Comutus, magister collegii deit- 
drophorum, aram et pavimentum scholæ et pronavi de 
suo fecit, et sportulas dédit singulis dendrophoris dena- 
rios singulos et vinum passim divisit. 

Lucius Bia .. Julius Cornutus, président du Collège des dendrophores, a fait 
faire à ses dépens, avec diligence, l'autel et le pavage de la schola, et a donné 
un denier à chaque dendrophore et de même leur a divisé le vin. 

On ne sait pas encore au juste ce qu’étaient les dendro- 
phores ; les uns en font des ouvriers, d’autres des corpora- 
tions religieuses. Ces deux opinions sont, à mon avis, trop 
absolues ; les dendrophores pouvaient, comme cela est 
certain d’ailleurs, porter processionnellement des rameaux 
(SévSpov) dans les cérémonies publiques, d’où leur nom de den- 
drophores ; mais il est plus que probable que c’étaient des 
corporations d’ouvriers. En effet, à Cimiez, par exemple, on 
les trouve associés avec les centonariorum et les fabrume n 
un seul corps délibérant, ayant, par décret du Sénat, autori- 
sation de se réunir, de tenir assemblée : or les centonarii et 
les fabri étaient des ouvriers. Il est donc probable que les 
dendrophores en étaient aussi ; mais ce collège s’occupait 
plus spécialement des choses religieuses et publiques. 

Le Magister collegii était le président d’un collège, le 
premier des sacerdotes de ce collège ; ces places étaient très 
recherchées. 

La schola était la salle dans laquelle le collège tenait ses 
réunions et faisait ses cérémonies religieuses. Junius Cor- 
nutus avait fait faire à neuf, à ses frais, le pavage et l’autel 
du collège des dendrophores, dont il était le président; et 
certainement, à l’occasion de l’inauguration du monument 
restauré, il fit les largesses indiquées par l’inscription à 
chacun des membres du collège. 

Bourquelot, Inscr. antiques, n. 131. — Carlone, Vest. 
épigr., p. 28, n. 7. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7904, 
a vu le monument et a vérifié l’inscription sur la pierre. 

Cette inscription, qui a été trouvé vers 1840 dans des fouil- 
les faites au quai Saint- Jean-Baptiste, est actuellemënt con- 


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175 


servée à la villa Guilloteau, parmi les nombreuses antiquités 
qui composent la collection du propriétaire : c’est là que je 
l’ai vérifiée ; ma lecture est conforme à celle de M. Momm- 
sen, qui se distingue des lectures précédentes par quelques 
légers détails. 

N° 207 

HELVIAE • M f 
PATERNAE 
EX • TESTAMEIÎO 

IPSIVS 

5 ALBICCIA • MA 
TERNA • HERES 
L • D • D D 

Helviæ Muci, filiæ Paternæ ; ex testamento ipsius Al- 
biccia Materna heres. Locus datus decreto decurionum. 

A Helvia Paterna, fille de Mucius; selon son propre testament, Albiccia Ma- 
terna, son héritière (lui a élevé ce monument). Le lieu a été donné par décret 
des décurions. 

Cette inscription est actuellement conservée dans le ves- 
tibule de la villa Garin; elle est gravée sur un cippe en 
forme d’autel. 

Ce texte, récemment découvert, n’est cité que par M. 
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7910. Ma lecture diffère 
de la sienne en un point : à la troisième ligne, j’ai lu e* 
testamento et non ex testament. 

N» 208 

FLAVIAE • PATER 
NI • FIL • PATERNAE 
MANILIA • OVIN 
TINA • MATER • FIL 
5 Carissim • L • D • D • D 

Flaviæ Paterni, filiæ Paternæ, Manilia Quintina mater 
filiæ carissimæ. Locus datus decreto decurionum. 


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476 


A Flavia Paterna, fille de Paternus, Manilia Quiutina, sa mère (a élevé ce 
monument) à sa fille très chère. Le lieu a été donné par décret des décurions. 

Cette inscription est actuellement dans les jardins du 
Château, à côté des ruines de l’ancienne cathédrale, où je 
l’ai vue. 

Elle a été publiée par l’Académie de Turin dans les Mise, 
patriæ, vol. 147 de la Bibl. royale. — Carlone , Vestig. 
épigr., p. 31, n. 13. — Alex. Bertrand, Revue arch., nouv. 
sér., t. xix (1869), p. 308 — et par Mommsen, Corp., t. V, 
vol. 2, n. 7908. Il n’y a aucune différence entre ma lecture 
et celle de M. Mommsen. 


N» 809 (Perdue) 

VIL//V/RVS 
AEDILICIVS 
T • F • I 

Rapportée d’après Ricolvi par Zaccaria, Exe., t. I, p. 54. 
— Bonifassi, Nie. inscr., n. 75, qui cite Ricolvi, au n. 10. — 
Bourquelot, Inscr. ant., n. 50. — Sanguinetti, Inscr. dell. 
Lig., p. 206. — Carlone, Vestig. épigr., p. 99, n. 156. — 
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7919. 

Cette inscription, en trop mauvais état pour être rétablie, 
était l’épitaphe d’un personnage qui avait été édile. 

N° 210 (Perdue) 

p • etereIo • p • f • q • qvadràto 
etereIa aristolaIs mater 

STATVAM • PO S VT 

OB * Cvlvs • dedIcat • COLL • cenT 
5 EPVLVM * EX • MORE • T • DEDIT • ^E • M • H-S * XII 

TAVT • EX • VSVR • QVOD * ANN * Is • PERPET 
üt -NATAL * QVADRATl • V • ID • APR 
VBI • RELIQVIAE • Eivs • CONDlTAE • SVnT 
SACRlFlCIVM • FACERavT • AN • FARE • ET • LiBO 
10 ET • IvTEMPLO • EX * MORE • EPVLARa\tVR 

ET • ROSAS • SVO • TEMPORE • DEDVCER3\T 
ET • STATVAM • TERGER3'T • ET • C0R0NAL3\T 
QVOD • «E * FACTVROS • RECEPERVnT 


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m — 


Publio Etereio , Publii filio, Quirina (tribu), Quadrato 
Etereia Aristolaïs mater statuam posuit. Ob cujus dedi- 
cationem , collegio centonariorum epulum , ex more , pri - 
mum dédit, et millia sesteicia duodecim, ita ut ex usuris 
quod annis in perpetuum dienatali Quadrati, quintum 
idus a prilis, ubi reliquiæ ejus conditæ sunt, sacrificium 
facerent an fare et libo et in templo, ex more, epularentur, 
et rosas, suo tempore, deducerent et statuam tergerent et 
coronarent ; quod se facturos receperunt. 

A Publius Etéréius Quadiatus, fils de Publius, de la tribu de Quirina, Etdréia 
Aristolaïs, sa mère, a élevé une statue. Pour la dédicace de laquelle, elle a, 
suivant l’usage, offert un premier repas au collège des centonarii et leur a 
remis une somme de douze mille sesterces, atin que, avec les intérêts de cette 
somme, chaque année, le jour de la naissance de Quadratus, qui est le cin- 
quième des ides d'avril, ils fassent un sacrifice à l’endroit où sont cachées ses 
reliques (cendres), qu’ils y mangent le far et le ft&tm, et fassent, suivant 
l’usage, le repas dans le temple; qu’à l’époque des roses ils en apportent, et 
après avoir nettoyé la statue, qu'ils l'en couronnent. Ce que les centonarii ont 
accepté de faire. 

On a deux copies de cette inscription : l’une se trouve 
dans les papiers d’un anonyme que M. Mommsen, cite sous 
le nom de Codex Filonardianus, à la page 98 ; — l’autre est 
donnée par Gioffredo, Nie. civitas, p. 22 ; on la retrouve 
dans son manuscrit de la Stor. dell. Alp., p. 37, et dans l’é- 
dition de ce même ouvrage, p. 113, où Gazzera a introduit 
de mauvaises corrections. — Dans Spon, Miscel. erud., p. 62. 
— Donati, Sup. ad thés Mur., p. ccxxvi, n. 6. — Mura- 
tori, m. cxcix, n. 6. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 66. — 
Papon, Hist. gén. de Prov., t. I, p. 10. — Bourquelot 
Inscr. a nt., n. 128. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 
216. — Carlone, Vest. épigr., p. 25-26, n. 2. — Mommsen, 
Corp.,t. V, vol. 2, n. 7906. 

J’ai suivi pour les trois premières lignes la leçon de M. 
Mommsen, qui me paraît être, pour cette partie, la meil- 
leure; pour la ligne 5 j’ai cru pouvoir rétablir ETM • HrS • 
XII, qui me paraît se rapprocher davantage de toutes les 
leçons fournies par les auteurs anciens, où les signes H-S et 
XII se rencontrent toujours, et offrir un sens plus complet 


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— 478 — 

que ITEM • XÎ; à la sixième ligne, j’ai écrit ■fAVTjitatif, 
au lieu de que propose M. Mommsen ; à la 9 e ligne, j’ai 
rétabli AN PARE ET LIBO, au lieu de ansare et libo, 
que propose M. Mommsen, qui déclare toutefois, qu’il ne 
peut dire ni à quel genre de sacrifice peuvent se rapporter 
ces mots ansare et libo, ni même ce que peut signifier 
hnsare. Tout le restant de ma leçon est conforme au texte 
fourni par M. Mommsen, qui est certainement le meilleur 
de tous ceux qui ont été publiés jusqu’à ce jour. 

Les centonarii étaient des ouvriers qui préparaient des 
étoffes de laine; d’après Végèce 1 2 il faut entendre par le mot 
centones, des couvertures de laine. Freund * incline à y 
reconnaître des chiffons ; mais il est clair qu’il s’agit ici 
d’une corporation d’ouvriers en drap grossier, tel que les 
moines de Cimiez en fabriquent encore de nos jours. La fa- 
brication de ces draps a toujours été particulière au départe- 
ment, ou mieux à la région ; et l’on peut penser, sans trop 
se lancer dans la fantaisie, que les moines de Cimiez, qui de 
tout temps ont eu cette spécialité de fabriquer ces draps gros- 
siers, qui aujourd’hui encore, possèdent des moulins à fou- 
lon sur les bords du Loup, ne sont que les successeurs des 
centonarii. 

On sait combien les traditions et les usages romains se 
sont perpétués en Provence. Dans certains pays, on re- 
trouve ces usages tels quels: ainsi, pour ne citer qu’un 
exemple, il est d’usage dans nombre de villages de semer des 
feuilles vertes devant la porte d’une maison où quelqu’un 
vient de mourir. N’est-ce pas là la continuation de la cou- 
tume romaine, qui consistait à couvrir les défunts de fleurs 
et de feuillages? Je m’arrête à cet exemple pour ne pas être 
entraîné trop loin de mon sujet, mais j’en aurais cent autres 
à citer. 

Le far est une variété de froment que nous appelons 
épeautre ; les Romains le mangeaient soit rôti, soit bouilli en 


1. Végèce, liv. IV, cap. 15: « Extrinsecus autera, ne imraiaeo concremetur Incendio 
crudis ac recentibue coriia, vel eentonibus operetur. » 

2. Freund, Grand Dictionn. de la lang. lai., p. 459. 


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— 09 — 

farine ; mais il était très répandu dans leur alimentation. On 
trouve encore en Piémont et en Provence beaucoup de vil- 
lages où l’on mange l’épeautre, le riz ou le maïs cuits de 
ces deux façons. 

Le libum était un gâteau dont Caton nous a donné la 
composition; il était fait de farine, d’œufs, de fromage et de 
laurier. On fait encore en Piémont des gâteaux analogues. 
L’usage de porter des roses sur les tombeaux est mentionné 
par diverses inscriptions. 

D’après tous les auteurs qui en ont parlé, cette inscrip- 
tion se trouvait à la porte de la cathédrale de Nice. 

N» 211 

LVIAE • PA 
E • FIL • ALI 
^TERN^ 

\r> 

Ce fragment appartient à l’inscription suivante que l’on 
croyait perdue : 

VALERIAE • MA 
TERNAE 
EX TESTAMENT 

HE 

5 NA 
MA 
L 

Valeriæ Maternæ, ex teslamento, (et) Helpiæ Paternæ 
filiæ ; Albiccia Materna heres. Locus datus decreto decu- 
rionum. 

A Valéria Materna, selon son testament, et à Helvia Paterna sa fille ; Al- 
biccia Materna, leur héritière, a élevé ce monument. Le lieu a été donné par 
décret des décurions. 

On la trouve dans Gioffredo, Stor. dell. Alp., ms. p. 48. 
— Bonifassi, Nie. inscr., n. 82. — Bourquelot, Inscr.ant., 


LVIAE • PA TER 
E • FIL • ALB ICCIA 
TERN A • HERES 
D D D 


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480 


n. 96. — Tisserand, Hist. de Nie., t. I, p. 40. — Carlone, 
Vest. épigr., p. 75, n. 113, qui prétend qu’elle a été décou- 
verte par Ricolvi dans la villa Galea. — Mommsen, Corp., 
t. V, vol. 2, n. 7911. 

Le fragment de cette inscription, qui subsiste encore au- 
jourd’hui, est conservé dans la collection Guilloteau à Ci- 
miez, où je l’ai vu. M. Mommsen n’en parle pas. 


N" 212 


5 


adf] 


ECTIoN 


co 

dendroph 

opli 

l d 


LLEG 
ORVM 
PATROXO 
MO 
D d 


Ce fragment d’inscription est trop incomplet pour pou- 
voir être restitué ; il est conservé à la villa Garin. Il a été 
publié pour la première fois par M. Mommsen, Corp., t. V, 
vol. 2, n. 7921. 


N® 213* 

C • ALBIN10 CF- FALER 
0 • IIVIRO • ET • CVRATORI 
KALEN • PECVNIAE 
CEMENELENSIV 
LD- DEGR • DECG • CEMEN 

Ca.ioAlbin.io, Caii filio, Falerna (tribu), questori, duum- 
viro et curatpri kalendariorum pecuniæ Cemenelensium. 
Locus datus decreto decurionum Cemenelei. 

A Caïus Albinius, fils de Caïus, de la tribu Falerna l , questeur, duumvir et 
curateur des deniers de la ville de Cimiez relatifs aux kalenÜes. Ce lieu a 
été donné par décret des décurions de Cimiez. 

Publiée par Durandi, Piem. Cisp., p. 72. — Bourquelot, 


1 Meyranesi, qui croyait que Cimies était inscrite à la tribu Falerna, l'a mentionnée 
dans presque toutes ses inscriptions. 


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— 181 — 


Inscr. antiq., n. 28. — Carlone, Vest. èpig., p. 99, n. 154. 
— Mommsen, Corp. f t. V, vol. 2, n. 1030 * falsa. 

Cette inscription, qui sort de l’officine de Meyranesi, a été 
fabriquée par lui sur une inscription publiée plus tard par 
Orelli, n. 62, où l’on voit un curator kalendariorum 
reipublicæ. 

N» 214* 

P • SECVNDO • SEVERINO -MF 
EQVITI • PVBLICO • IIIIVIRO .... 

CVRATORI • CEMENELENSIVM 
0 • ALIMENT • ... 


L • D • DEC • DECC 

Publio Secundo Severino, Muci filio, equiti publico, 

quatuor viro curatorî Cemenelensium, questori ali- 

mentario Locus datus decreto decurionum. 


A Publias Sécundus Sévérinus, fils de Mucius, chevalier public, quatuorvir, 

curateur de Cimiez, questèur alimentaire Le lieu a été donné par décret 

des décurions. 

Comme la.précédente, cette inscription a été fabriquée par 
Meyranesi, d’où Durandi, Il Piem. cisp., p. 71. — Bour- 
quelot, Inscrip. antiq., n. 32. — Carlone, Vest. épigr., p. 
80, n. 136. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 1050* falsa. 

Le questeur alimentaire était un magistrat chargé de ré- 
partir une pension alimentaire aux personnes qui en étaient 
pourvues, mais surtout aux jeunes enfants abandonnés. 


N° 215 * 

TI • APPI • CLAVDi 
CENSOR • QQ • COL on 
IA • NIC • PATRO 
NO • OP • MERITO 


Titi Appii Claudii, censori quinquenali; colonia Niciæ 
patrono optimo merito. 


iî 


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— 482 — 

(Aux dieux mânes) de Titus Appius Claudius, censeur quinquennal; la co- 
lonie de Nice à son patron très méritant. 

Ce texte est fourni par Ricolvi, Inscr., n. 54, et cité par 
Bonifassi, Niciens. inscr., n. 37, d’après lui. — Mommsen, 
Corp., t. V, vol. 2, n. 1061 *, après avoir cité ces auteurs 
ajoute : « De fraude nemo dubitabit. » Je partage complète- 
ment cet avis ; il est, en effet, bien difficile d’admettre que 
Nice soit qualifiée de colonie. Le mot colonia dans les ins- 
criptions a toujours eu la signification de colonie romaine ; 
or Nice n’était pas une colonie romaine. 

N° 216* 

D • M 

C • VEVTIO _C • F sic 
ASIATICO • IIVIR 
1LAR1A • PROBA • CON 
5 IVGI ■ PIENTISS • El sic 
QV1 • VIXIT ANN • XXXI ■ M • V D X 

Diis Manibus, Caio Veutio ? Caii filio Asiatico, duum- 
viro. Ilaria Proba conjugi pientissimo Ç fecit ) ? qui vixit 
annis trigenta uno, mensibus quinque, diebus decem. 

Aux dieux mânes; à Caïus Veuüus Asiaticus, fils de Caîus, duumvir. Ilaria 
Proba à son mari très pieux a fait (ce monument) ; il vécut trente et un ans, 
cinq mois et dix jours. 


Ce texte est donné par Ricolvi, Inscr., n. 60, d’où le tire 
Bonifassi, Nie. inscr., et enfin par Mommsen, Corp., t. V, 
vol. 2, n. 1064 *, qui ajoute : « Nomen uxoris falsarium pro- 
dit. » Je ne fais aucune difficulté pour admettre que ce texte 
est faux ; mais j’avoue qu’une explication un peu plus détail- 
lée m’eût fait plaisir. Pourquoi le faussaire est-il trahi par 
les noms de l’épouse? C’est ce que je ne saisis pas bien ; tou- 
tefois comme je n’ai pas retrouvé ce texte et que la plupart 
des auteurs ne le mentionnent pas, je le maintiens parmi les 
faux ; mais il ne m’en faudrait pas beaucoup pour me faire 
revenir de cette opinion. 


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483 


N» 217 * 

L • VITELLIO • VICTORINO 
LF- HARVSPICI • MARI 
ANILIA • SEPTIMIA ■ CON 
IVGI • DYLCISS • CVM • QVO 
5 VIX • ANN • XIV • M • VIII D - III 

Lucio Vitellio Victorino, Lucii filio, haruspici; Maria- 
nilia Septimia conjugi dulcissimo, cum quo vixit annis 
quatuordecim, mensibus octo, diebus très. 

A Lucius VitelliusVictorinus, fils de Lucius, haruspice; Marianilia Septimia 
à son époux bien-aimé, avec lequel elle a vécu quatorze ans, huit mois et 
trois jours. 

Ricolvi, Inscrip. n. 56. — Bonifassi, Nie. inscr., 118. — 
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 1065 *. 

Pour celle-ci je comprends le doute, les sigles L. F. qui 
se trouvent après le cognomen, le titre d’haruspice, le nom 
de Marianilia sont autant d’indices de fausseté. 

N° 218 Au Vasto d'Aimoné (Histonium) 

M • RAEBIO • M • F • N • ARN • SVETRIO 
MARCELLO • EQVO ^PVBLICO 
AED • Q • IIIIVIR • I • D • IlIIcir • QVIN • II 
PATRONO • MVNIC • FLAMINI • DIVI 
5 VESPASIANI 

M • BAEBIVS • SVETRIVS • MARCELLVS 
ET • SVETRIA • RVFA 
PATR1 • OPTIMO 

H VIC • DECVRIONES • FVNVS • PVBLICVM 

10 STATVAM • EQVESTREM • CLIPEVM 

ARGENTE VM • LOC • SEPVLT 
D D 

Marco Baebio, Marci filio... Arniensi Suetrio Marcello, 
equo publico, ædili, questori, quatuorvir jure dicundo 
quatuorvir quinquenali iterum, patrono municipii, /7a- 
mini divi Vespasiani ; Marcus Baebius Suetrius Marcellus 


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184 


et Suetria Rufa patri optimo. Huic decuriones funus pu - 
blicum, statuam equestrem, clipeum argenteum, locum 
sepulturæ, decreto dederunt. 

A Marcus Baébius Suétrius Marcellus fils de Marcus, de la tribu Arniensi, 
chevalier public, édile, questeur, quatuorvir rendant la justice, quatuorvir 
quinquennal pour la seconde fois, patron du municipe, flamine du divin Ves- 
pasien; Marcus Baébius Suétrius Marcellus et Suétria Rufa à leur père excel- 
lent. Les décurions par un décret lui ont donné les funérailles publiques, une 
statue équestre, un bouclier d'argent et le lieu de sépulture. 

On la trouve dans Gruter, p. 374. — Gioffredo, Stor. dell. 
Alp., éd. in-8°, p. 92. — Bouche la rapporte aussi dans son 
Hist. de Prov., mais il la place à Castellane. — Carlone la 
donne à tort à Cimiez, p. 71, n. 104, et à Castellane, p. 157, 
n. 279. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 1066, déclare 
qu’elle appartient au Vasto d’Aimone; et le môme auteur, 
Inscr. regn. neap., n. 5250, la cite parmi les inscriptions 
d’Histonium. 

C’est le mot Suétrius qui a fait commettre l’erreur. On 
s’est souvenu d3 Castellane, qui était la capitale des Suetri, 
et l’on a cru que le texte appartenait aux Alpes-Maritimes ; 
mais ici Suétrius est un simple cognomcn et Castellane n’é- 
tait pas inscrite à la tribu Arniensi, mais bien à la tribu 
Quirina : ce ne pouvait donc, en aucune façon, être de Cas- 
tellane qu’il s’agissait. En tous les cas ce texte doit être res- 
titué au Vasto d’Aimone, l’antique Histonium. 


* 

Inscriptions Itinéraires 


N° 219 (Perdue) 

MATVCIAE • PATERNAE • EX • PAGO • LIC1RRO 
VICO • NAVELIS • IMMATVRA • MORTE 
SVBSTRACTAE • 0 • V • ANN XV M XI • D • V 
L • MATVCIVS • QVARTINVS ■ ET • AELIA • MATERNA • PARENTES 

Peiresc, manuscrits de Paris, fonds latin 8957, f. 238. — 
Gioffredo, Nie. civ., p. 24, et Stor., ms. p. 49. — Raymond 
de Soliers, dans l 'Histoire de Provence de Bouche, t. I, p. 


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— «85 — 

107. — Spon., Mise., p. 191. — Maffei, A rscritic. fap.,1. III, 
civ, la cite d’après Ricolvi. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 131. 
— Bourquelot, Inscr. a nt., n. 1 12. — Muratori, Novus thés., 
mliv, n. 3. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 41. — 
Carlone, Vest. épigr., p. 91, n. 145. — Mommsen, Corp., t. 
V. vol. 2. n. 7923. 

J’ai suivi la leçon de Peiresc. 

Matuciæ Paternæ, ex pago Licirro vico Navelis, imma- 
tura morte subtractæ, qui vixit a unis quindecim, mensi- 
bus undecim, diebus quinque ; Lucius Matucius Quartinus 
et Aelia materna parentes. 

A Matucia Paterna, originaire du pagU9 de Licirrum au vicus Navelis, 
soustraite dans un âge très tendre par la mort, qui vécut quinze ans, onze 
mois et cinq jours; Lucius Matucius Quartinus et Aélia Materna, ses parents 
(lui ont élevé ce monument). 

J’ai démontré dans l’introduction de ce travail que le pa- 
gus Licirrum était Lucéram et leVzcus Navelis le Plan de 
Revel ; je ne reviendrai donc pas sur cette question qui me 
* parait aujourd’hui résolue. 

On a prétendu que cette inscription était gravée sur le 
même bloc que celles qui se rapportent à Caïus Subrius 
Secundinus, que j’ai publiées parmi les inscriptions provin- 
ciales : je ne sais ce qu’il y a de vrai dans cet on-dit ; mais 
en tous cas, elle n’a aucun rapport avec ces inscriptions. 

N° 220 (Perdue) 

SEX • RASSIO • L • F • CAM • ALB 
PRIAMVS • L • F • D • S 

Sexto.Cassio Luci, filio Camilia, (tribu) Albo; Priamus, 
Luci filius, de suo ( fecit ). 

A Sestus Cassius Albus, fils de Lucius, de la tribu Camilia; Priamus fila 
de Lucius, a, élevé ce monument à ses frais. 

Gioffrcdo, Nie. civitas, p. 24; et Stor. dell.Alp., p. 47. 
— Briti, Albensia (1661), p. 7. — Muratori, Nov. thés., 
mcxxvi, n. 12. — Ricolvi, Inscr. n. 38. — Durandi, Il 


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486 


Piemontê cisp., p. 199. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 51. — 
Bourquelot, Inscr. a nt., 87. — Tisserand, Hist. de Nice, t. 

I, p. 39-40. — Carlone, Vest. épigr ., p. 80, n. 126. — Corp., 
t. V, vol. 2, n. 7922. 

Cette inscription est indiquée par les auteurs comme se 
trouvant à Cimiez, sans autre désignation plus précise. C’est 
à tort que Briti la cite parmi les inscriptions d’Albe. 

N° 221 

SPARTAC PATERNAE VXORI RARISS 

CVIVS IN VITA TANTA OBSEQVIA FVER 
VT DIGNE MEMORIA EIVS ESSET REMV 
NERAND ////// L VERDVCC MATERNVS 
5 OBLITVS MEDIOCR 1 //////// SVAE VT 
NOMEN / / / / VS AETERNA / / / / / T wp.tione 
CELEBR III ETVR HOC M0N*i ///////// 

P SVA INSTITVIT ET SIBI 

Spartaciæ Paternæ, uxori rarissimæ, cujus in vita tanta 
obsequia fuerunt, ut digne memoria ejus esset remune- • 
randa, Lucius Verduccius Maternus, oblitus mediocritatis 
suæ, ut riomen ejus aeterna dileclione celebraretur, hoc 
monimentum sua pecunia instituit et sibi. 

A Spartacia Paterna, sa femme d'un très rare mérite, qui pendant sa vie fût 
remplie d'attentions et d'amour pour lui, afin que sa mémoire fût dignement 
rémunérée; Lucius Verduccius Maternus, quoique chargé île médiocrité, afin 
que son nom soit éternellement béni (dans une éternelle dilection soit célébré), 
lui a élevé ce monument de ses propres deniers et aussi pour lui-méme. 


Cette inscription est conservée dans la buanderie du cou- 
vent des capucins à Saint-Barthélemy près Nice. . 

Pingoni, ms. f. 146. — Gioffredo, Nicæa civ., p. 23 et 
Stor. dell. Alp., ms. p. 49. — Muratori, Nov. thés., 
mcccv, n. 5. — Ricolvi, Inscr., n. 10. — Millin, Voyage , t. 
II, p. 538. — Bonifassi, Nie. insc., n. 127. — Risso, Guide 
de Nice, p. 72. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 114. — Château- 
giron, Album du comté de Nice. — Tisserand, Hist. de 
Nice, I, 40. — Carlone, Vestig. épigr., p. 101, n. 159. — 


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\ 81 


Mommsen, Coi'p., t. V, vol. 2, n. 7956, qui a vérifié l’ins- 
cription sur le monument. 

Ma transcription diffère quelque peu de celle M. Momm- 
sen; ligne 4, je n’ai pas vu l’A final de veneranda ; ligne 6, 
les six premières lettres du lambeau de mot LECTIONE 
ne subsistent qu’à moitié, ainsi que je les indique ; 8* ligne, 
P- SVA- INSTITVIT- ET SIBI, tandis que M. Mommsen 
a lu : SVB A INSTITVIT. 

N” 222 

MEMORIAE CATTIAE EVCARPIÆ 
CONIVGIS OPTIMAE 

C MVLTELIVS SECVND1NVS MAP / / / S 

Memorix C attise Eucarpiæ, conjugis oplimæ, Caius 
Multelius Secundinus, maritus. 

A la mémoire de Cattia Eucarpia, son excellente épouse, Caïus Multelius 
Secundinus, son mari. 

Cette inscription se trouve dans le jardin des capucins au 
couvent de Saint-Barthélemy, où elle sert d’auge ; c’était un 
ossuarium lapideum. 

Pingoni, ms. f. 146. — Gioffredo, Nie. civ., p. 23 et Stor. 
dell. Alp., ms. p. 49. — Muratori, Nov. .thés., mcccxxi, 1. 
— Ricolvi, Inscr., n. 11, — Millin, Voy. dam les dép., t. 
II, 537. — Bonifassi, Nie. inscr., n. 130. — Risso, Guide de 
Nice, t. I, p. 68. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 88. — Tisse- 
rand, Hist. de Nice, t. I. p. 41. — Carlone, Vest. épigr., p. * 
101, n. 160. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7932, quia 
vérifié l’inscription. 

Il n’y a entre ma lecture et la sienne que la différence de 
la fin de la ligne 3, qu’il lit MAR • FEC, tandis que j’ai lu 
MARITVS. 

N® 223 

G • VALER1AE • CANDIDÎ) ( IMMAT 
MORTE • SUBT • 0 • ANN' • XV VALERIVS 

B°u VICTOR • ET • SECVNDIN t • NEPOTILLA Écu 
FILIAE ■ DVLC J (FECERViT 


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188 — 


Gaiæ Va leriæ Candidillæ immatura morte subtractæ, 
qui vixit annis quindecim ; Valerius Victor et Secundinïa 
Nepotilla filiæ dulcissimæ fecerunt. 


A Gaia Valéria Candidilla soustraite avant l'àge par la mort, qui vécut 
quinze ans; Valérius Victor et Secundinia Nepotilla à leur fille très-douce ont 
fait (ce monument). 


Cette inscription est conservée dans le vestibule du cou- 
vent de Saint-Pons, où je l’ai vérifiée. 

Gioffredo, Nie. civ. p. 23, et Stor. dell. Alp. ms. p. 49. 

— Muratori, Nov. thesaur. mccxxiv. n. 2. — Raymond de 
Soliers, Manus. d’Aix. — Ricolvi, Inscrip. n. 4. — Millin, 
Voyage dans les dép. du mid. de la France, t. II, p. 557. 

— Bonifassi, Niciens. inscr., n. 139. — Gazzera. — Muleti. 

— Risso, Guide de Nice, p. 71. — Bourquelot, Inscrip. 
a nt. n. 78. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 41. — Car- 
lone, Vestig. épigr. p. 90, n. 144. — Al. Bertrand. Rev. 
arch. nouv. sér. xix, (1869), p. 307. — Mommsen, Corp. 
t. V. vol. 2, n. 7959, qui a vérifié l’inscription sur l’original. 
Sa lecture ne diffère pas de la mienne. 

N« 224 

LAPIDEVM • 0Ss\ 

VALERIA • ALPtt 

LIO • VALERIO • SILVi. . 

FRATRI • SVO • CHARI. . . 

5 ET • PIENTISSIMO • Q4 
VIXIT • ANOS • XXVIII • ET 
MENSES • VIII • ET • DIES • XII 

Lapideum ossuarium. Valeria Alpina Julio Valerio 
Silvino fratri suo charissimo et pientissimo, qui vixit 
annos duo de trigenta et menses, octo et dies duodecim. 


Ossuaire de pierre. Valéria Alpina à Julius Valérius Silvinus, son frère 
très cher et très pieux, qui vécut vingt-huit ans, huit mois et douze jours, 
a fait ce monument. 


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489 


Cette inscription est actuellement encastrée dans le mur 
d’un bâtiment de service à la villa Massoins, au pied du 
Mont-Chauve, entre Falicon et les Giaïnes. Bonifassi, Nie. 
inscr. p. 64. — Risso, Guide de Nice, p. 71. — Bourquelot, 
Inscr. a nt., n. 77. — Durante, Chorographie, p. 34. — 
Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 215. — Tisserand, Hist. 
de Nice, t. I, p. 42. — Carlone, Vestiges épigr., p. 103, 
n. 164. — Et, enfin, Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7958, 
qui donne de cette inscription, qu’il n’a pas vue, une leçon 
tout à fait fautive. Je commence d’abord par dire que la pierre 
et l’inscription sont admirablement conservées et qu’il ne 
peut y avoir aucun doute sur la lecture; iljnanque, par suite 
d’une cassure franche, la fin des cinq premières lignes ; mais 
rien de ce qui est écrit ne peut être douteux. M. Mommsen 
rétablit ainsi la première ligne, lapident posuit : il faut lire 
lapideum. ossu...; au commencement de la troisième ligne, 
il faut lire lio et non la ; à la quatrième ligne, il faut lire chari 
et non kart. Je reconnais que cette formule n’est pas usitée 
dans les Alpes-Maritimes ; mais, je le répète, il ne peut y 
avoir aucun doute sur la lecture. 


N® 223 

PONTIAE • PRIMI 
TIVE • PONTIA • FELI 
CISSIMA • LIB • PATRo 
NAE ■ BM DE • SVO • FE 
5 CIT 

Pontiæ Primitivæ. Pontia Felicissima liberta patronæ 
bene merenti de suo fecit. 


* A Pontia Primitiva. Pontia Felicissima, son affranchie, à sa patronne bien 
méritante de ses deniers a fait (ce monument). 

Ricolvi, Insc. n. 8. — Bourquelot, Inscriptions antiques 
etc.n. 75. — Carlone, Vestig. épig. p.99 n. 155. — Mommsen, 
Corp. t. V. vol. 2. n. 7952, qui a vu la pierre et vérifié 
l’inscription. 


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— <90 — 

Cette pierre est actuellement conservée dans le vestibule 
du couvent de Saint-Pons, où je l’ai vérifiée ; ma lecture ne 
diffère de celle de M. Mommsen que par le P de la première 
ligne, que cet auteur n’a pas distingué des autres lettres qu’il 
dépasse. 


K» 226 

VALERIAE • MATERNAE • FIL • CARISSI 
MAE • ET • IVLIO • ALBICCIANO • NEPOTI 

Êou, DVLCISSIMO • AGVTIA • PROTOGENIA Écu 
M ■ SVIS • INPENDIS • SIBI • ET • SVIS • FECIT 
ET • POSVIT 

» 

Va leriæ Maternas, filiæ carissimæ, et Julio Albicciano, 
nepoti dulcissimo, Acutia Protogenia mater, suis in - 
pendis sibi et suis fecit et posuit. 

A Valéria Materna, sa fille très chère, et à Julius Albiccianus, son petit-fils 
très doux, Acutia Protogenia, la mère, de ses deniers pour elle et les siens, a 
fait et placé (ce monument). 

Carlone, Vest. ép. p. 30 n. 12. — Alex. Bert. Rev. Arch. 
n. Sér.. t. 19, p. 308. — Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, 
n. 7960, qui a vérifié l’inscription sur l’original. Aucun de 
ces auteurs n’a mentionné la cinquième ligne qui y est pour- 
tant bien ; Carlone, qui publie la leçon de M. Gény, avait 
écrit Va leriæ materni fil ; M. Mommsen a lu : Va leriæ 
materne. 

Cette inscription est conservée dans le jardin du château 
de Nice près des ruines de l’ancienne cathédrale ; elle est 
gravée sur un ossuaire de grandes dimmensions. 

N® 227 

. . . AEGEIAE • SATVRNINAE • F 
et M. IVLIO • PROFESSO • FRATRI 
et M. JuLlO • ONERO • PATRI 
et Aegeittà ■ HONESTAE • MATRI 
5 Aegeia • HONEST1LLA • FECIT 
SIBI ET SVIS 


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— 494 — 

. . . Aegeiæ Satuminæ, filiæ, et Marco Julio Professo 
fratri, et Marco Julio Onero, patri, et Aegeiæ Honestæ 
matri ; Aegeia Honestilla fecit sibi et suis. 


A Aegeia Saturnina, sa fille, et à Marcus Julius Professus, sou frère, et à 
Marcus Julius Onérus, son père, et à Aegeia Honesta, sa mère ; Aegeia Ho- 
nestilla a fait (ce monument) pour elle et pour les siens. 


Carlone (d’après Gény), Vestig. épigr. p. 21 n. 14. — 
Alex. Bertrand, Rev. Arch. n. sér. t. 19 (1869) p. 308. — 
Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7954, qui a vérifié l’ins- 
cription sur l’original ; 3° ligne ONIRO. 

J’ai rétabli M à côté de IVLIO, parce qu’il reste encore 
le dernier jambage de cette lettre. 

Cette inscription, qui est gravée sur une grande base, est 
conservée dans le jardin du château de Nice, à côté de la 
précédente. 

N° 228 (Perdue) 

L • SERVILIO LF- ROGAt 
L- SERVILIVS • EVGENES • ET 
L - SERVILIVS - ABASGAIÎ 1 
ET • SERVILIA • L • LIB • LAIS 
5 OPTIMO • PATRONO 
FECERVNT 

Lucio Servilio Lucii filio Rogato; Lucius Servilius 
Eugencs et Lucius Servilius Abascantus etServilia, Lucii 
liberta, Lais, optimo Patrono fecerunt. 


A Lucius Servilius Rogatus, Lucius Servilius Eugenes et Lucius Servilius 
Abascantus et Servilia Lais, affranchie de Lucius, à leur excellent patron ont 
élevé ce monument. 


On trouve cette inscription rapportée dans les manuscrits 
de Pingonàdeux reprises différentes aux pages 119 et 146. 
— Gioffredo, Nie. civ. p. 23, le même, Stor. dell Alp. ms. 
p. 48. — Muratori, Novus thés, mdlix, 2. — Bonifassi, 
Nie. inscr. n. 42. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 39. — Tis- 


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192 


serand, Ilist. de Nice. t. I, p. 40. — Carlone, Vestig. 
épigr. p. 27, n. 3. — Mommsen, Corpus inscr. t. V, vol. 2 
n. 7955. 

J’ai suivi la leçon de M. Mommsen, qui est peu différente 
de celle de Pingon. 

D’après Gioffredo, cette inscription se voyait autrefois 
dans les jardins du palais ducal, aujourd’hui la préfecture : 
Pingon la place à Saint-Barthélemy ; je ne l’ai pas retrouvée. 

N» 229 (Perdue) 

METTIO • PARDO 

LVIMATVRA • MORTE • SVBTRACTO 
QVI • VIXIT ANN • XXXV 
MARCINIA • LVCILLA • VXOR 
5 MARITO • DVLCISSIMO 

CVM • QVO • VIXIT • ANN • XVI 
FECIT 

Le texte que je donne n’est fourni par aucun auteur, du 
moins dans la forme que je lui restitue; mais il m’a paru 
évident que le texte fourni par tous les auteurs qui ont men- 
tionné cette inscription, était interpolé, et j’ai essayé de le 
rétablir en me conformant aux usages épigraphiques. 

Mettio Pardo, immatura morte subtraclo, qui vixit 
a nuis triginta quinque, Marcinia Lucilla, uxor, marito 
dulcissimo ; cum qua vixit a unis sex decim, fecit . 


A Mettius Pardus, soustrait par la mort avant l'âge, qui vécut trente-cinq 
ans; Marcinia Lucilla, sa femme, à son mari très doux, avec lequel elle vécut 
seize ans, a fait ce monument. 


On avait deux copies de ce texte : 


METTIO • PARDO • MAR 
CINIA • LVCILLIA • VXOR 
CVM • QVO • VIXIT • AN • XVI • M 
... IMMAT VRA • MORTE SVBTRAC 
TO • QVI • VIXIT • ANN ■ XXXV 
DVLCISSIMO • FECIT 


METTIO • PARDO 
MARCINIA • LVCILLIA • VXOR 
CVM • QVO • VIXIT • ANN • XVI 
IMMATVRA • MORTE • SVBTRACTO 
QVI • VIXIT • ANN * XXXVI 
MARITO • DVLCISSIMO • FECIT 


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— 193 *— * 

C’est à l’aide de ces deux textes, que j’ai cru pouvoir re- 
construire celui que je fournis plus haut. 

Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms p. 47. — Ricolvi, Inscr. 
n. 44. — Zaccaria, Exc. I, 55. — Sanguinetti, Inscriz. dell. 
Lig., p. 204. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 111. — Bourquelot, 
n. 100. — Carlone, Vest. épigr., p. 27, n. 5. — Mommsen, 
Corp. t. V, vol. 2, n. 7947, a suivi la leçon de Gioffredo. 

Aucun de ces auteurs n’a remarqué que ce texte était 
interpolé. 

D’après Gioffredo, cette inscription aurait été trouvée en 
1658 dans la propriété Galera. 

N» 230 (Perdue) 

ALBICCIAE • Q • F 
PAVLINAE 

ALBICCIA • VRS10NIS 
FILIA • GALLA 

Albicciæ Quinti filiæ Paulinæ ; Albiccia Ursionis filia 
Galla. 

A Albiccia Paulina, fille de Quintus ; Albiccia Galla, fille d’Ursion (a élevé 
ce monument.) 

Gioffredo, Nie. civ. p. 24, d’où lui-même, Stor. dell. Alp. 
p. 48. — Briti, Alba, p. 7. — Muratori, Novus thés, mccxxxix, 
2. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 135. — Bourquelot, Inscr. 
ant. n. 85. — Tisserand, Hist. de Nie. t. I, p. 39. — Car- 
lone, Vest. épigr., p. 32, n. 16. — Mommsen, Corp, t. V, 
vol. 2, n. 7928. 

J’ai suivi la leçon de M. Mommsen. 

Gioffredo place cette inscription dans la citadelle de Nice; 
Tisserand, sur le chemin du petit Saint- Laurent, aujourd’hui 
quartier des Baumettes, et Briti à Albe, ce qui ne peut 
s’admettre. 


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. — 494 — 

N® 831 

PARENTES • FIL)IA)e • PIENT 

lmmatvraT cohorte 

MONIMENTr — J V_N 

5 INSTITVERVNT 

Parentes filiæ pientissimæ, immatura morte subreptæ, 
monimentum (funérarium) ? instituernnt. 

Les parents, à leur fille très pieuse, soustraite avant l'âge par la mort, ont 
institué ce monument funéraire. 


Cette inscription, gravée sur un ossuaire de petites dimen- 
sions, est actuellement conservée dans la salle d’entrée de 
la bibliothèque de Nice, où elle est placée au pied de la 
grande borne milliaire du milieu. Je précise sa position, 
parce que M. Mommsen déclare qu’il ne l’a pas trouvée dans 
cet établissement ; la partie médiane de l’inscription a beau- 
coup souffert et la pierre est d’une lecture difficile. 

On trouve cette inscription dans Bourquelot, Inscr. ant. 
n. 98. — Dans Carlone, Vest. ép. p. 30, n. 11. — Mommsen, 
Corp. t. V, vol. 2, n. 7964. 

Aucun de ces auteurs ne l’a donnée correctement. 

N® 238 (Perdue) 

OCTAVIAE • VALERIANAE 
ANIC1A • VALERIA 
MATER • FILIAE 
PIISSÎMAE 

Octaviæ Valerianæ Anicia, Valeria mater filiæ piissimæ. 

A Octavia Valériana Anicia, Valéria la mère à sa fille très pieuse. 

Ricolvi, Inscrip. n. 2. — Zaccaria, Exc. I, 53. — Donati, 
Suppl, ad Thés. Mur. ccclxx, 2. — Bonifassi, Nie. inscr. 
n. 129. — Bourquelot, Inscr. ant. 94. — Sanguinetti, Inscr. 


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495 


dell. Lig., p. 206. — Carlone, Vest. ép., p. 33, n. 20. — 
Momasen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7949. Ces auteurs ne 
donnent pas l’emplacement exact de ce texte; ils disent 
simplement : à Nice. 


N» 233 

D M 

OCONIAE • SECvNDINAE 
VXORI • RARISSIMAE • CvIVS 
IN • VITA • TANTA • OBSEQVIA 
5 FVERVNT • VT • DIGNE • MEMOR 
EIVS • ESSET • REMVNERANDA 
ET • QVONIAM • PAVPERTAS 
EST • INPEDIMENTO 
F VIT • tpSO • FACTVM 

Diis Manibus , Oconiæ Secundinæ , uxori rarissimæ, 
cujus in vita tanta obsequia fuerunt, ut digne memoria 
ejus esset remuneranda et quoniam paupertas estimpe- 
dimento, ( fuit ipo factum ) ? 


Aux dieux mânes, à Oconia Sécundina, son épouse très rare, qui pendant 
sa vie fut si remplie d'attentions et d'amour pour lui, afin que sa mémoire soit 
dignement rémunérée ; et comme la pauvreté est un empêchement, (on a fait 
pour lui ce monument.) 


Il semblé que ce texte ne soit pas complet ; il y manqué 
les noms du mari, à qui sa pauvreté a empêché d’élever un 
monument à sa femme. La dernière ligne n’est pas certaine 
fuit ipso factum me parait bien étrange, mais de quelque 
côté que j’aie pris cette ligne je n’ai pas vu autre chose ; je 
l’ai revue trois fois et j’en ai fait trois copies, qui toutes trois 
sont identiques. 

Ce texte est conservé à la villa Guilloteau, dans la collec- 
tion du propriétaire. M. Mommsen, Corp. t. V, vol., 2, 
n. 7948, qui le premier a publié cette inscription déclare 
que l’inscription est fruste et de lecture dificile. Ma lecture 
ne diffère que fort peu de la sienne ; ligne 2”*, j’ai marqué 
un petit v qu’il n’a pas vu ; ligne 4, j’ai lu TANTA en en- 


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496 


lier ; ligne 5, j’ai tout lu ; enfin ligne 9, M. Mommsen a lu 
INIT VISO SOLACIVM, mais il ajoute : versus 9 ut expe- 
direm mihi non sucessit. Quoique cette ligue soit dans 
l’état le plus déplorable, je crois, je le répète, que ma 
lecture est exacte. 


N» 234 

CLEMENTILLAE 

QVE • VIVIT • ANN • XV • M • V • D • V 
.... VERA • MATER • FIL • PIISSIMAE 
et MOCCIA • VERA • MATRI 
5 POSVERVNT 

Cleihentillæ quævixitannis quindecim, mensibus 

quinque, diebus quinque, Fera mater filiæ piissimæ , et 
Moccia Fera matri, posuei'unt. 

A Clémentilla qui vécut quinze ans, cinq mois et cinq jours, Véra, sa 

mère, à sa fille très pieuse, et Moccia Véra à sa mère, ont élevé ce monument. 


Il semble que l’âge de Clementilla devrait être xxv ans, 
plutôt que xv ; cet âge de quinze ans, cinq mois et cinq 
jours paraît bien faible pour une mère ? 

Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48. — Bonifassi, Nie. 
inscr. n. 138. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 110. — Tisse- 
rand, Ilist. de Nie. t. I, p. 40. — Carlone, Fesf. épigr. p. 73, 
n. 108. — Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7936. 

D’après tous ces auteurs, découverte à Cimiez. 

N° 235 (Perdue) 

P • ETEREIO • M 
ETEREI • DOMÎS 
TICI • F • QVIRINA 
OVAIîRATO • C 

5 M 

M...... 

P • ETEREIVS • Ll’VS (?) 

D D 


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— 497 


Publio Etereio Marti Eterei Domestici filio , Quirina 

Quadrato ? Publius Etéréius Litus ? decreto decu- 

rionum. 

A Publius Etéréius Quadratus fils de Marcus Etéréius Domesticus, de la 
tribu Quiriua.. ... Publius Etéréius Litus, d'après un décret des décurions. 


J’ai restitué le cogriomen Quadratus d’après un sceau de 
potier en bronze qui porte ce nom. Le cognomen Litus, que 
je propose ligne 7, n’est qu’une conjecture. Gioffredo, Stor. 
dell. Alp. ms. p. 47. — Ricolvi, Inscrip. n. 40. — Millin, 
Voy. dans les dép. t. II, p. 551. — Bonifassi, Nie. inscr., 
n. 47 — Bourquelot, Inscr. a nt. n. 43. — Tisserand, Hist. 
de Nice, 1. 1, p. 42. — Carlone, Vest. épigr. p. 74, n. 111. 
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7937. 

Du temps de Millin, cette inscription était encore dans la 
villa Garin. 

N° 236 (Perdue) 

M • BAEBIO • PA 
TERNI • FIL 
CLAVD • VRSO 
BAEBIA • PAVLINA 
5 fraTri • OPTlMO 

Marco Daebio Paterni filio Claudia Urso,Baebia Paulina 
fratri oplimo. 

A Marcus Baébius Ursus fils de Patemus, de la tribu Claudia, Baébia Pau- 
lina à son excellent frère (a élevé ce monument.) 


Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48. — Bonifassi, Nie. 
inscr. n. 114. — Bourquelot, Inscr. a nt. n. 83. — Tisse- 
serand, Hist. de Nice t. I, p. 39. — Carlone, Vest. épigr. 
p. 75, n. 112. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7930. 

J’ai suivi la leçon de M. Mommsen. 

D’après divers auteurs, cette inscription aurait été trouvée 
dans la propriété Galera à Limiez. 

13 


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— 198 — 

N° 237 (Perdue) 

Protomœ duce 

BVHGIO • VI PP 
DONIIIAE manus 

BVRGIO • L junctœ 

BVRCIA • MAR • SNO 

Mommsen, Corp., t. V. vol. 2, n. 7931, fournit cette ins- 
.cription, qu’il a recueillie parmi celles de Gazzera, qui en 
a donné deux copies. Il semble qu’elle pourrait se rétablir 
ainsi : 


BVRCIO • VIPPI • F 
DOM • SAL • 

BVRGIO • L 
BVRCIA • MAR • SVO 

Burcio Vippi filio, domo Saliniensi, Burcio liberto ; 
Burcia marito suo (fecit.) 


A Burcius fils de Vippus, originaire de Castellane, et à Burcius son af- 
franchi; Burcia a élevé ce monument & son mari. 


D’après Gazzera, cette inscription serait à Notre-Dame 
de Beaulieu, près Villefranche. Je ne l’y ai pas vue. 


N» 238 

£5 D M <£> 

HAVE • TiES 
TYLLIS • ET • T v 
GLA • THESTYlL 
5 DI • CONIVGl 
CARISSIMAE 
ET • DVLCISSIM 
P • AELIVS • MV 
SIC VS P S 

Diis manibus. Hâve Thestyllis et tu : Claudiæ Thestyl- 
lidi conjugi carissimæ et dulcissimæ; Bublius Aelius Mu- 
sicm pecunia sua ( posuit 


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— 499 — 

Aux dieux mânes. Salut Thestyllis, et à toi : à Claudia Thestyllis, sa femme 
très chère et très douce ; Publius Aélius Musicus, de ses deniers a élevé ce 
monument. 

Cette inscription a été trouvée à Nice sur le chemin de 
l’Empeyrat, c’est-à-dire sur le parcours de la voie romaine 
(Empeyrat signifie empierré, c’est-à-dire pavé); elle a été 
publiée d’abord par M. Brun, secrétaire de la Société des 
lettres, sciences et arts de Nice, et ensuite par M. Mommsen, 
Corp. t. V. vol. 2, n. 7935, avec quelques inexactitudes. 

Elle est aujourd’hui conservée dans le local de réunion 
de la Société des lettres, sciences et arts de cette ville. 

N® 239 (Perdue) 

D M 

C • VALERIO • MATERNI • f 
HEREDES 
DIGNO ' MERENTI 

Diis manibus; Caio Valerio mateimi filio, heredes digno 
merenti. 

Aux dieux mânes; à Calus Valérius, fils de Maternus, ses héritiers à cause 
de ses mérites. 


Raymond de Soliers en a laissé deux copies : l’une à Aix, 
dans ses manuscrits, et l’autre dans YHist. de Prov. de 
Bouche, 1. 1, p. 300. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 49. 
— Bonifassi, Nie. inscr. n. 80, — Bourquelot, Inscr. 
a nt. n. 117. — Pingon, ms. p. 146. — Gioffredo, Stor. dell. 
Alp. p. 48. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 102. — Bourquelot, 
Inscr. a nt. n. 97. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 40 
trois fois et p. 42, deux fois. — Carlone, Vest. èpigr. p. 76, 
n. 114. — Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 7957. — Ray- 
mond de Soliers, dit qu’elle se trouvait dans l’église de 
Saint-Barthélemy. 


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(Voy.Pl. IV, n® 3) (Inédite) 


— 200 — 

N° 240 

D M 
ValeriAE • PATERNAE 

VAL • LICINVS 

fil caRISSIMAE 

Diis manibus; Valeriæ Paternæ, (Lucius) Valerius Li- 
cinus filiæ carissimæ. 

Aux dieux mânes ; à Valéda Paterna, (Lucius) Valérius Licinus à sa fille 
très chère. 

Cette inscription, qjii est inédite, est conservée dans la salle 
d’entrée de la Bibliothèque municipale à Nice, où je l’ai vue. 

N® 241 • (Perdue) 

M • IVLIVS 

martaLs 

TI ■ IVLIAE • PUS 
PATER 

Marcus Julius Martialis, Titæ Juliaæ piissimæ pater. 

Marcus Julius Martialis son père, à Tita Julia très pieuse. 

Raymond de Soliers, dans Bouche, Hist. de Prov. t. I, 
p. 300 et dans son manuscrit d’Aix. — Gioffredo, Stor. 
dell. Alp. ms. p. 49. — Bonifassi, Nie. insc. n. 93. — 
Bourquelot, Insc. ant., n. 118. — Tisserand, Hist. de Nice 
t. I, p. 40 et 42. — Carlone, Vest. épigr., p. 77, n. 118. — 
Mommsen, Corp., t. V. vol. 2, n. 7938. 

J’ai suivi la leçon de Raymond de Soliers, qui me parait 
être la meilleure, sauf toutefois pour la liaison de l’L et de 
l’I à la fin de la seconde ligne, qui est une conjecture que je 
fais. Mommsen ne donne que deux lignes à l’inscription, 
et sa seconde ligne est ainsi composée : TI • IVL • I AEPIIS 
PATER. 

D’après tous les auteurs, cette inscription a été trouvée 
à Cimiez, dans la propriété des Carlins. 


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N» 248 


(Perdue) 


D* S 
IVSTINA 
VIVA 

SIBI • POSVIT 

De suo, Justina viva sibi posuit. 

# 

De ses deniers, Justina de son vivant s'est fiait ce monument. 

Conservée par Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 47, 
d’après les notes de Barthélemy Richelmy. — Ricolvi, 
Insc. n. 33. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 71. — Tisserand, 
Hist. de Nice, t. I, p. 3Ô. — Carlone, Vest. p. 78, n. 120. 
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7940. Cet auteur ne 
mentionne pas les lettres D S de la première ligne; il suppose 
une lacune après le mot Justina et une autre avant le mot 
mua. Je n’ai pas cru devoir adopter cette leçon, car la for- 
mule : Justina viva sibi fecit est complète, et il n’est pas 
nécessaire de, supposer des lacunes; au surplus, il ne faut 
que rapprocher ce texte de celui d'Ennia Fuscina viva sibi 
fecit, de Vence, ou Julia Fuscina viva sibi fecit, de Cas- 
tellane, pour être convaincu que ce texte est bien complet. 

J’ai suivi la leçon fournie par Carlone. 

D’après les auteurs, cette inscription a été trouvée à 
Cimiez, près de l’amphithéâtre. 

N® 243 (Perdue) 

D M 

ALBICCI • LICIN1 • ET 
ANTONI • LIBERAL1S 

Diis rnanibus Albiccii Licinii et Antonii Liberalis. 

Aux dieux mânes d’Albiccius Licinius et d'Antonius Libéralis. 


Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 48. — Bonifassi, Nie. 
inscr. n. 103. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 84. — Tisse- 


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rand, Hist. de Nice, t. I, p. 41. — Carlone, Vest. épigr. 
p. 78, n. 121. — Mommsen, Corp. t. V, vol 2, 7925. Cet 
auteur fournit la leçon suivante : 

D • ALBIGCI • LICINI 
ANTONI • LIBERALES 

Je n’ai pas cru devoir suivre cette leçon, qui me parait 
moins bonne que celle que fournit Carlone. 

Gioflfredo dit qu’elle était gravée sur un tombeau de 
marbre, sur lequel étaient sculptées de nombreuses et variées 
figures d’oiseaux et autres animaux ; il ajoute que ce tom- 
beau a été trouvé à Cimiez et qu’on peut le voir à Nice, 
près du bien des héritiers de l’avocat Scoffier. Muratori, 
Nov. thésaurus mdcxxviii, n. 2, donne cette inscription 
d’après Mezzabarba ; mais il la place à tort parmi les inscrip- 
tions de Turin. Carlone et Bourquelot placent ce texte à 
Cimiez, ancienne villa des Carlins. 

N° 244 (Perdue) 

PETRONIAE • VERAE 
MÀTRI • PIISSIMAE 
* F1LIVS • VERVS 
V E 

Petroniæ Veræ, matri piissimæ, filius Verus vivus fecit 
(ou) erexit. 


A Petronia Véra, sa mère très pieuse, son fils Vérus de son vivant a fait (ou 
a élevé ce monument.) 

Gioflfredo, Nie. civ. p. 24, et Stor dell. Alp. ms. p. 47. 

— Muratori, Nov. thés, mcclxxi, 4. — Ricolvi, Inscr. n. 28. 

— Bonifassi, Nie. insc. n. 50. — Bourquelot, Insc. ant. 
n. 81. — Tisserand, Hist. de Nice, t. 1, p. 39. — Carlone, 
Vest. p. 79, n. 124. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,n. 7951. 

D’après Carlone, cette inscription serait dans le jardin 
des Récollets à Cimiez. 


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203 


N» 245 (Perdue) 

On a deux copies de cette inscription : 

Pingon R. de Soliers 

0 

S • FLANIU .* SELANIO 

MEÛOVI M • F /// 

Celle de Raymond de Soliers me parait la meilleure quoi- 
que plus incomplète, on peut y lire : 

0«vccTOî. Selanio Muci filio 

Mort. A Sélanius fils de Mucius. 

tandis que je ne connais aucun prénom s’abrégeant avec 
une S: on connaît se.r, ser, etc.; mais S seule ne se ren- 
contre pas, à ma connaissance du moins. 

Raymond de Soliers, ms. d'Aix et dans Bouche, Hisl. de 
Prov. t. I, p. 300. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 49. 
— Bonifassi, Nie insc. n. 109. — Bourquelot, Insc. ant. 
n. 89. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 40. — Carlone, 
Vest. épigr. p. 83, n. 133. — Pingon, ms. f. 146. — Momm- 
sen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7972. 

Tous ces auteurs la placent dans l’église de Saint-Barthé- 
lemy, près Nice. 

N° 246 (Perdue) 

MAR1ANILLA / / / / / 

////////////// 

I I 1 1 MARITO • SVO 

1NCOMPARABILI / / / 

////////// FEC1T 

Cette leçon est celle que fournit Mommsen, Corp. t. V, 
vol. 2, n. 7945, on peut lire ainsi : 

Marianilla marito suo incomparabili fecit. 

t 

Marianilla a fait ce monument à son mari incomparable. 


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— 204 — 

M. Mommsen, ne cite que Bonifassi, Nie insc. n. 96 
comme ayant connu ce texte; mais on trouve le mot Ma- 
. rianella dans Tisserand, Hist. de Nice, t. I, page 41 et 
dans Carlone, Vest épigr. p. 85, n. 137. 

D’après Bonifassi, cette pierre était autrefois à Villefran- 
che, dans le jardin Bauflfer, elle aurait été employée dans 
une bâtisse en 1808. 


N» 247 

an/ ~~ \lVS 

ALB \__^ GA 

THEMERIS 

MERENTISSIM5 
Est-il permis de lire : 

AnÇtist)ius, Albicciæ Agathemeris merentissime. 
Àntistius à Albiccia Agathemeris très méritante. 


Cette inscription est gravée sur un bloc de pierre, em- 
ployé dans la bâtisse du pilier d’arceau d’un aqueduc du 
quartier de Saint-Sylvestre, près Nice; les deux premières 
lignes sont en partie détruites par une entaille en queue 
d’aronde, qui paraît dater de longtemps déjà. Elle a été pu- 
bliée par Gioffredo, Nie. civ. p. 23 et Stor. dell. Alp. ms. 
p. 49. — Muratori, mcgccxxxii, 9 in Nov. thés. — Boni- 
fiçtssi, Nie. inscr. n. 137. — Bourquelot, Insc.ant. n. 80. — 
Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 40. — Carlone, Vest. 
épigr. p. 103, n. 163. — On la trouve aussi un peu diffé- 
remment dans Ricolvi, Inscr. n. 12. — Et enfin dans Momm- 
sen, Corp, t. V, vol. 2, n. 7927, qui n’a pas vu l’original. 


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k 


— 205 — 
N» 248 



Cette inscription, malheureusement brisée, est conservée 
dans la collection de M. Guilloteau à Cimiez, qui l’avait 
achetée d’un paysan du hameau des Giaïnes, situé au pied 
du Mont-Chauve ; on peut la restituer à l’aide de la copie 
de Raymond de Soliers, dans ses papiers conservés à Aix. 

Diis manibus. Abru-Paterna , Quinti filia Abruma, 
Verio Frequentiano in conjugio mortuo, annorum tri- 
genta; reliquit filium Verium Ursulum annorum quinque 
mesium septem, qui mortuus (est) bimulus mesium sex, 
diemm unodeviginti, Abru-Paterna filio posuit. 

Aux dieux mânes. Abru-Paterua Abruma, fille de Quintus, à Vérius Fré- 
quent ianu s, mort pendant son mariage à l’âge de trente ans ; il laissa un fils 
Vérius Ursulus, âgé de cinq ans et sept mois, qui mourut la même année 
six mois et dix-neuf jours après. Abru-Paterna à son fils, a (élevé ce monu- 
ment). 

Gioffredo, Nie. civ. p. 23 en donne une leçon différente ; 
le même, Stor. dell. Alp. m. p. 50. — Muratori, Nov. thés. 
mcxxiii, 2. — Bonifassi, Nie. insc. n. 100. — Bourquelot, 
Inscr. a nt. n. 106. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 44-, 
très incorrectement. — Carlone, Vest. épigr. p. 100, n. 157. 
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7950. — Tous ces au- 


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4 


— 206 — 

teurs ont suivi la leçon de Gioffredo, qui ne donne que six 
lignes à l'inscription et qui omet quelques mots ; il en existe 
une autre copie, celle de Raymond de Soliers, dans ses pa- 
piers d’Aix. M. Mommsen a aussi donné cette leçon, Corp. 
t. V, vol. 2, p. 932. . 

Le développement de ce texte, qui est emprunté à 
•M. Mommsen, est douteux en bien des points ; mais avec ce 
qui reste de l’original, il est bien difficile de lire d’une autre 
façon. 

* N» 249 (Perdue) 


....XV • IVNIA .. 

Ce fragment est rapporté par Gioffredo, Stor. dell. Alp. 
ms. p. 48, et Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 7939. Il est 
trop incomplet pour qu’on en puisse rien tirer. 


N» 250 



Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7924, qui l’a vu. Comme 
le précédent, ce fragment est trop incomplet pour pouvoir 
être utilisé. 


N° 251 (Perdue) 

CIRIACAE • SEC.VNDINAE • wiATVCIVS 
PATERNVS • CONIVGI • INCONPARABILI 
IBEATVS • CIRCIANVS • TN • PATERNAE 
MATRI • DVLCISSIMAE 

Je donne ce texte d’après Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 
7933, qui le prend dans les Addenda de Bonifassi, n. 155, 
lequel en fournit deux copies. D’après ce dernier auteur, 


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207 


cette inscription serait dans le jardin du couvent de Sainte- 
Claire, où elle servirait aux lessiveuses. 

Dans l’une de ses copies, Bonifassi porte liiatucius, ce que 
M. Mommsen corrige en Matucius : je l’ai suivi dans cette 
correction; mais je ferai toutefois remarquer que le nom 
Biatus (d’où Biatucius ) existe, et que je l’ai relevé sur un 
monument de Notre-Dame-de-Vie. Le nom d’Ibéatus ne 
me parait pas correct, et je ne. m’explique pas le sens des 
lettres T N, pas plus d’ailleurs, que le cas de Patenta;. 

N® 232 (Perdue) 

T1NO ■ CLAVD • GALL 

Gioffredo, Stor dell. Alp. ms. p. 48. — Ricolvi, lnscr. 
n. 43. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7934. 

Le mot Claud parait devoir être traduit par Claudia, 
tribu à laquelle appartenait Cimiez, où a été trouvée cette 
inscription. 

N® 253 

MANTIAE T • Fit SALLVCXE ■ MAN'TIA 
MATVRA FI LIA • PlENTISSIMa 

% 

Mantiæ Titi filiæ Sallucæ, Mantia Matura filia pientis- 
sima (po8uit.) 

A Mantia Salluca, Allé de Titus, Mantia Matura sa fllle tris pieuse (a posé 
ce monument.) 

Peiresc, ms. de Paris, fondlat. n. 8957, p. 237. — Momm- 
sen, Corp. t.V, vol. 2, n. 7942. 

La copie de Peiresc porte Mantiæ à la fin de la première 
ligne et pientissime à la fin de la seconde ; c’est aussi la 
leçon que fournit M. Mommsen. 

D’après Peiresc, cette inscription était conservée au mo- 
nastère de Saint-Pons, près Nice. 


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N» 254 


(Perdue) 


MANVLIA CF- ETMEAMIIA (sic) 

E • EMINIO • PATEHNO 
CONIVGI • SVO • BENE • MERENTI 
MEMORIAE • FECIT • 0 ■ VIXIT 
5 ANN • XXXVIII • MENS • XII • DIES • XXV ' 

Leçon fournie par Mommsen, Corp. t. V,. vol. 2, n. 7943. 

— D’après Bouche, hlist. deProv. t. I, p. 304. — Gioffredo, 
Stor dell. Alp. ms. p. 54. — Durandi, Il Piem. cisp. p. 70. 

— Bonifassi, Xic. insc. n. 116. — Bourquelot, Iriser, a nt. 
n. 115. — Carlone, Vest. épigr. p. 112, n. 179. Il existe de 
cette inscription une autre leçon un peu différente, celle de 
Raymond de Soliers, ms. d’Aix, que voici : 


MAnVLIA • G ■ F • ET • MEA 
MIIA • EMI • N 10 
P A T E R N 0 G 0 N 
I V G I • SVO • BENE 
5 MERENTI • M E M 
ORIAE • FECIT • 0 
VIX IT 

• ANN OS * 

XXXVIII XI 
10 S • XXV 

Ne pourrait-on pas lire : Manilia Caii filia Æ milia 
Eminio Paterno conjugisuo bene merenti mémorisé fecit, 
qui vixit annos triginta octo, menses undeüim, dies vin- 
genti quinque. 


Manilia Æmilia, Aile de Caïus, à la mémoire chérie de son époux Eminius 
Paternus, qui vécut trente-huit ans, onze mois et vingt-cinq jours, a fait ce 
monument. 


D’après tous ces auteurs, cette inscription était à Fa- 
licon; elle n’y est certainement plus aujourd’hui. 


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209 


N° 255 (Perdue) 

VIPPIA • CLEMENTIL/A • MATER 
COMINIAE • MARCIAE • FILIAE • PIEN 
TISSIMAE • QVAE • IMMATuRA • MORTE 
DECEPTA • VIX • ANN • XIIII • M • IIII 
5 D • V • MERENTISSIMAE • CO nlra 
voTVM • FRATRES ■ FECERVNT 


Vippia Clementilla mater, Cominiæ Marciæ, filiæ pien- 
tissimæ, quæ, immatura morte decepta, vixit annos qua- 
tuor decim, memes quatuor, dies quinque, merentissimæ ; 
contra votum fratres fecerunt. 

Vippia Clémentilla, la mère, à Cominia Mareia sa fille très pieuse, qui, en- 
levée par une mort prématurée vécut quatorze ans, quatre mois et cinq jours, 
pleine de mérites; ses frères, contre son vœu, lui ont élevé ce monument. 


J’ai suivi l'a leçon fournie par M. Mommsen, pour la res- 
titution des deux dernières lignes; mais on pourrait aussi, 
ce me semble, rétablir ainsi cette partie : 

D • V • MERENTISSIMAE • aOro 
ri- TVM • FRATRES • FECFRVNT 

Dies quinque merentissimæ sorori tumulum fratres 
fecerunt. 


A leur sœur très méritante, ses Irères ont fait ce tombeau. 

Gioffredo, Nie. civ. p. 23, d’où lemême auteur dans laStor. 
dell. Alp. ms. n. 50. — Muratori, Nov. thés, mccxxix, 7. — 
Bonifassi, Nie. inscr. n. 121. — Risso, Guide de Nice, 
p. 70. — Bourquelot, Insc. ant. n. 107, en donne deux co- 
pies. — Tisserand, Hist. de Nice, en donne aussi deux co- 
pies,! I, p. 42 et 44. — Carlone, Vest. épigr. p. 112. n. 177. 
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7962. 

D’après Gioffredo, cette inscription était autrefois dans la 
villa Tonduti près Falicon. 


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240 


N» 256 

D M 

LIC INI VS 
DIONYSIVS 
L I C I N I O 
5 PLACIDO 
FfLIO • CARIS 
SIMO • FECIT 

Diis manibus, Licinius Dionysius Licinio Placido, filio 
carissimo fecit. 

Aux dieux mânes, Licinius Dionysius à Licinius Placidus, son fils chéri, a 
fait ce monument, 

Gioffredo, Nie. civ. p. 24 et Stor. dell. Alp. ms. p. 50. 
— Muratori, Nov. thés, mclxxxiii, 5. — Bonifassi, Nie. 
insc. n. 119. — Durante, Chorographie du comté de Nice, 
p. 53. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 212. — Risso, 
Guide de Nice, p. 65. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 82. — 
Carlone, Vest. épigr.g. 117, n. 188. — Mommsen, Coip. 
t. V, vol. 2, n. 7941. 

Aucun des auteurs qui ont copié cette inscription n’a re- 
marqué que le signe gravé entre le D et l’M de la première 
ligne était un niveau : tous, sans exception, l’ont pris pour 
un A. 

Cette inscription est actuellement encore au château de 
Drap, encastrée dans un mur des bâtiments de service où je 
l’ai copiée. 

N® 257 

pRIMO • VoL tinta 
CORQrlis 

Fragment conservé dans la collection de M. Guilloteau à 
Cimiez. 

Cette inscription n’a encore été publiée que par M. Momm- 
sen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7953. 


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— 2H — 

N» 258 (Inédite) 

IM 

DIVI • N ervae 
adn VXi ^lll 1 intomno 

Ce fragment d’inscription, qui est conservé à la Bibliothè- 
que municipale de Nice, faisait certainement partie d’une 
inscription impériale ; la deuxième ligne devait porter les 
mots üivi Nervæ ; la troisième ligne commençait par lès 
mots (adN)ep(oti). M(arco) A n[tonino). Il est donc probable 
qu’il s’agissait d’une dédicace à Caracalla, ou peut-être à 
L. Septime-Sévère. 


N» 259 (Inédite) 

. .antipohllknorum . . . 

EQVES 

TA 

Comme le précédent, ce fragment est à la Bibliothèque 
municipale. 

Ce fragment, qui certainement faisait partie d’une inscrip- 
tion militaire, pourrait, à mon avis, être rapproché de celui 
que j’jii donné n° 257 ; l’on sait en effet qu’ Antibes était ins- 
crite à la tribu Voltinia ; ou pourrait dans ce cas, lire ainsi : 

— PRIMO • VoL tinta 

GOHORTIS 

antipoLYÏknorum 

EQVES 

TA 

Toutefois, ceci n’est qu’une conjecture et n’offre rien de 
certain. C’est le commencement du mot Voltinia qui, rap- 
proché du fragment lita, m’a suggéré cette idée, qui, je le 
répète, ne s’appuie que sur une conjecture tout à fait gra- 
tuite. 




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Fr. 1 


— m — 

N» 260 

II 

I • D' Fr. 2 DIÜ 

)>■ ■>»»»’ 

Fr. 3 JMI 
A« l 

A Nice, à la Bibliothèque municipale. 

Ces trois fragments, dont les lettres sont de grandeur 
égale, paraissent avoir fait partie de la même inscription. 

Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7969, a donné ces trois 
fragments avec quelques différences, surtout pour le frag- 
ment n. 1. 


N» 261 

OSPI 

C • MI.... 

VM • C.... 

NDA 

A Nice, Bibliothèque municipale. 
Mommsen, Corp. t. Y, vol. 2, n. 7968. 


N» 262 


. : . . 0 • LIB.... 
....H - EX • T.. 


Quinti libertus heres ex testamento. 

affranchi de Quintus son héritier d'après son testament. 


Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7965. 

Cette inscription est gravée sur un piédestal en calcaire, 
conservé dans le jardin du Château à Nice ; le reste de 
l’inscription est trop fruste pour pouvoir être lu; Mommsen 
n’a pas vu l’H de la deuxième ligne. 


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243 


N« 263 (Perdue) 

C ALBVCIO PROCLO 
MIL ■ CohOHI C////S 
ORD • IVL • C III CN 

FRONTO /// coh. eIVSD 
HER • EX • TEST 

Cette inscriptiorf nous a été conservée dans les manus- 
crits de Raymond do Soliers, à Aix. — Mommsen, Corp. 
t. V,vol. 2, n. 7981. 

D’après Soliers, olle était autrefois dans le monastère de 
Saint-Pons. 


N° 264 

S VLA... 

IVS 

cerne NELO 

Nice, villa Guillotcau. 

Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7970, lit à la dernière 
ligne CemeNELO. 


N» 265 


Kr. I 


LB • IV^ 
AGO 1VI 



Fr. 3 



Fr. 4 

fü! 


Nice, villa Guilloteau, quatre fragments qui paraissent 
avoir appartenu à la même inscription. 

Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7971, a publié deux de 
ces fragments, les fragments 1 et 2, et il y ajoint un troisième 
morceau qui fait, selon moi, partie d’une autre inscription ; 
il n’a pas mentionné l’L de la fin de la première ligne du 

14 


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— 244 - 

fragment 1 ; il a écrit VF- seconde ligne du môme frag- 
ment, et n’a pas mentionné l’A du fragment 3, comme for- 
mant un morceau séparé. 


N» 266 

MI EXEMP 
1CTISSI 

m 


Nice, villa Guilloteau. 

Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7966. 

«® 267 (Voy. PI. IV, n» 15) 

Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7971, donne ainsi ce 
fragment, qu’il joint aux fragments 1 et 2, n. 265 : 

IRIB 

On voit que ma lecture est toute différente. 

N® 268 (Inédite) 

Fr. i DON 

PIE 

Fr. t I Kamw'mo (?) 

A Nice, villa Guilloteau. 

Deux fragments qui paraissent avoir fait partie de la 
même inscription. 


N» 269* (Fausse) 


IVNIAE ® VALERIAE 
FILIOLAE • DVLCISSIMAE 
PARENTES • INF • ... 


Juniæ Valeriæ, filiolæ dulcissimæ, parentes inf. 

A Junia Valôria, leur fillette? très douce, ses parents malheureux (ont 
élevé ce monument). 


« 


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— 215 — 

Dnrandi, Il Piem. cisp. p. 78. — Bourquelot, Inscr. 
a ni. n. 123. — Carlone, Vest. épigr. p. 32, n. 18. — Momm- 
sen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1047*, p. 92*, falsa. 

C’est une des inscriptions que Durandi tenait de Mey- 
ranesi. 

Durandi place cette inscription à Cimiez. 


N° 270 * (Fausse) 


V F 

L • VINNIVS • TF- FA/ 

SIB1 • ET • EVLALIAE • CONIVGI 
INCOMPARABILI 
CVM • QVA 

Vivus fecit Lucius Vinnius, Titi filius Falema, sibi et 
Eulaliæ conjugi incomparablili, cum qua 

Fait de son vivant, Lucius Vinnius, fils de Titus, de la tribu Falerna, pour 
lui et pour Eulalie, sa femme incomparable, avec laquelle 

Durandi, Piem. cis. p. 78. — Bourquelot, Inscr. ant. 
n. 124. — Carlone, Vest. épig. p. 32, n. 19. — Mommsen, 
Corp. t. V. vol, 2, n. 1056*, p. 92‘, falsa. Comme la pré- 
cédente, cette inscription sort du recueil de Meyranesi. 

Durandi la place à Nice, au dehors de la porte Peirolière. 


N° 271 * (Fausse) 

L- MILLINO 
L- M1LLINVS 
HERMAGORAS 
FRATER 

Citée par Bonifassi, Nie. insc. n. 108. — Tisserand, Hist. 
de Nice , t. I, vol. 2, n. 40. — Carlone, Vest. épigr. p. 104, 
n. 165. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1058*, p. 92* 
falsa, ajoute que Bonifassi la cite d’après Gioffredo, où, dit-il, 
il ne l’a pas trouvée. C’est pourquoi, à cause des noms 
qu’elle porte et de son absence dans les papiers de Gioffredo, 


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— 246 — 

il la déclare fausse. Il est probable, que s’il ne l’avait pas 
fait, cela ne m’aurait pas paru suffisant; mais comme je ne 
puis pas prouver qu’elle n’est pas fausse, je la maintiens 
comme telle. 

On lit ainsi cette inscription : 

Lucio Millino, Lucius Millinus Hermagoras frater. 

A Lucius Millinus, Lucius Millinus Hermagoras, son frère, a élevé ce mo- 
nument. 

N» 272 * (Fausse) 

ALICONI 

PROV VIE 

TRIB- POT 

Bonifassi, Nie. insc. n. 53, — d’après Ricolvi, Inscr. 26. 
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1060* p. 92‘, falsa ; cet 
auteur ajoute qu’elle a été fabriquée à l’aide de l’inscrip- 
tion de Beaulieu qui porte le mot ALICONI. . 

N° 273 * (Fausse) 

C GRAC1NVS- SIBI- ET FAVSTINAE 
VXORI- ET- FIL 
ET- C- ZOSIMO- LIB 

V- F 

Caius Gr&cinus sibi et Faustinæ uxori et filiæ et Caio 
Zosimo, liberto , vivus fecit. 

Caïus Gracinua, pour lui et pour Faustina sa femme et sa fille et pour 
Caïus Zosimus, son affranchi, de son vivant a fait ce monument. 

Ricolvi, Inscr. n. 58. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 74. — 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1062*, p. 92*, falsa ; il 
ajoute : Nomina titulum condemnant. 

D’après Bonifassi, cette inscription était à Nice. 

N» 274 * (Fausse) 

SEX PVBLICIVS 
SEX- F- POL 
SIBI- ET SVIS- V- F 
HMDMAB 


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2<7 


Ricolvi, Iriser. n, 50. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 69. — 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 1063*, p. 92* falsa; qui 
ajoute que la formule de la dernière ligne ne se trouve jamais 
dans nos régions. 


Inscription» Chrétienne» 

N° 275 


4» HIC- REQVIESCET- BONE MEMORIAE 
SPECTABILIS- EXPECTATVS Q- VIXITtf 

poisson. ANN VS & L- M VlICVIVStf DP & 

EST- SVB-DIE- VIII- K- L IV Jp’-DN LEONE IVMIE 
5 VCSS 

Ilic requiescet bonæ mémorisé spectabilis Expectatus, 
qui vixit annus quinquaginta, menses septem, cujus de- 
positio (est) sub die octava kalendas junii (ante), domino 
Leone Juniore. Vir clarissimus semper salvus. 

Ici repose le respectable Expectatus, de bonne mémoire, qui vécut cinquante 
ans, sept mois, dont la déposition a été faite le huitième jour avant les ka- 
lendes de juin, sous le règne de Léon le Jeune. Ce fut un homme clarissime 
toujours sauf. 

Gioffredo, Nie. civ. p. 104 et Stor. dell. Alp. ms. p. 47 
et édité p. 218. — Muratori, Nov. thés, ccccxi, n. 5. — 
Bonifassi, Nie. inscr. n. 140. — Tisserand, Hist. de Nice, 
1. 1, p. 43. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 51. — Gazzera, Act. 
Taur. sér. 2, vol. XI, p. 156. — Carlone, Vest. épigr. p. 85, 
n. 138. — Brun, Inscr. a ne. retrouvées ou inédites, in 
Ann. de la Soc. des lettr. sc. et arts des Alp. Mar. t. II, 
p. 109, sq. planche B, fig. 1. — Mommsen, Corp. t. V. 
vol. 2, n. 7978. 

Cette inscription, qui était d’abord à Cimiez, a été ensuite 
transportée dans la demeure de M. Risso, route d’Italie; 
elle avait été perdue depuis : M. Brun l’a dernièrement 
retrouvée et l’a donnée à la Société des lettres, etc., des 
Alpes-Maritimes, qui la conserve dans le local de ses 
séances. 


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SI 8 


L’inscription est datée, puisqu’elle porte le nom de Léon 
le Jeune : c’est donc à 474 après J.-C. qu’elle remonte. 

N° S76 (Perdue) 

METILIAE 

AVRELIAE 

XPIANAE- FIDELI 
ET- AVRELIO- ET- RVSTICIAE 
5 FL- SECVNDINVS- CONIVGI 
ET- FILIIS- INFELICISSIMVS- M- F 

Metiliæ Aureliæ, christianæ fideli, et Aurelio et 
Rusticiæ; Flavius Secundinus conjugi et filiis, infeli- 
cissimus monumentum fecit. 

A Métilia Aurélia , chrétienne fidèle, et à Aurélius et à Rueticia; Flartue 
Sécundinue, très malheureux, à sa femme et à ses enfants a fait ce monument. 

On a une autre copie de ce texte, fournie par Gioffredo ; 
mais elle est moins bonne que celle de Peiresc, que j’ai 
suivie. 

Peiresc, ms. de Paris, fonds, lat. 8957, p. 237. — Giof- 
fredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 49. — Bonifassi, Nie. inscr. 
n. 151. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Carlone, 
Vest. épigr. p. 87, n. 139. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 
n. 7977. 

Voici la copie de Gioffredo : 

AVRELI 

CHRISTIANAE FIDEI 
ET- AVRELIO ETRV 
FL- SECVNDINVS- VX 
5 ET- FIL- INFELICISS- F 

Je suis bien persuadé que Gioffredo n’a eu de cette ins- 
cription qu’une copie imparfaite et que la vraie leçon est 
celle que fournit Peiresc. 

D’après Gioffredo, cette inscription était de son temps 
dans le monastère de Saint-Pons ; je l’y ai vainement cher- 
chée. 


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249 


N° 878 (Perdue) 

IVNNI- COGNATI 
P.. ECO- MAT C... 

FECERVNT 

Cette inscription a été publiée par Raymond de Soliers 
dans son ms. d’Aix et dans YHist. de Prov. de Bouche, t. I, 
p. 304. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 54. — Du- 
randi, Il Piem. cis. p. 7t. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 76. 
— Bourquelot, Inscr. a nt. n. III. — Tisserand, Hist. de 
Nice, t. I, p. 43. — Carlone, Vest. épigr. p. 112, n. 178. — 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 7973. 

Aucun de ces auteurs n’a remarqué le chrisme qui est à 
gauche de l’inscription ; Mommsen y met cette note de mu- 
sique tous ces auteurs donnent l’inscription sur deux 
lignes et notent ainsi la seconde ECOMAIC. 

Je prends la leçon que je fournis dans une copie faite 
par le curé de Tourette de Nice, avant qu elle ne fût 
détruite. D’après lui, cette inscription était, avec une autre, 
scellée dans le mur du presbytère de Falicon ; elles ont été 
détruites toutes deux à l’occasion d’une réparation qui a été 
faite à cet édifice. 


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320 


MONACO ET LA TURBIE 


Inscriptions Impériales 

N° 279 (Voyez planche V). 

ImperatoriCse$ari,divifilio,Augusto,pontifidmaxur no,' 
imperatori XIIII, tribunicia potestate XVII, Senatus po- 
pulus que romanus. Quod, ejus ductu auspiciisque, Gcntes 
Alpinæ omnesque a mari supero ad inferum pertinebant 
sub imperium populi romani sunt redactæ. Gentes Alpinæ 
devictæ: Trumpilini Camunni* , Venostes 3 , Vennonetes 
Isard*, Breuni, Genaunes 5 , Focunates. Vindelicorum 
Gentes quattuor: Cosuanetes 6 , Rusinates'', Licates, Ca- 
tenates. Ambisontes, Rugusd, Suanetes, Calucones *, Bri- 
xenetes 9 , Lepontii, Uberii, Nantuates,Seduni, Varagri 10 , 
Salassi, Adtavones, Medulli, Ucenni u , Caturiges, Bri- 
giani, Sogontii l *, Brodionti, Nemaloni, Edenates 13 , Esu- 
biani, Vea mini, Gallittæ 1 *, Triullatti ,5 , Ecdini, Vergunni, 


1. Tous les manuscrits et toutes les éditions portent : Triumpilini ou Triumfilini; 
cette dernière altération se trouve dans les manuscrits du Vatican n. 3861, XI* siècle, que 
je désignerai par la lettre F; dans celui de Leyde Lipsii 7, aussi du XI* siècle, qui portera 
la lettre G, et dans celui de Ricardi du XI*. que je désignerai par la lettre H. — Corpu* 
Trunpilini. 

2. Caurnunni H 1; Camuni Ms. do Leyde du IX* siècle, que je désignerai par la lettre 
D ; Ms. de Paris n* 6795 du IX* siècle, qui portera ls lettre A: c’était d'ailleurs la lesture 
la plus usitée . 

3. Vennostes , A, D. Venostes tous les autres. 

4. Isarchi, D, H, Teubner ; Isard tous les autres. 

5. Cœnaunes , D, A* , G* , Teubner; Auces Al; Genaunes * tous ou presque tous. 

6. Consuanetes, G, Teubner ; Cos. F; Cosuanetis, A, D; Cusuanetes, H; presque toutes 
les éditions portent Consuanetes. 

7. Irudnates A ; . . . . fis D. 

8. A/lucones, F G H 

9. Brixenetis A, D ; Brixentes presque tous. 

10. VavagriFQ 2 H ; Varagri ou Veragri tous les autres 

11. Ucenni D ; H,..ernu ; tous les autres portent Uceni. 

12. Sogionti A D G * ; Soli. . G ; Sont. F ; Seont H. et vulgairement Sogiontii . 

13. Edemn. F H ; Edenates tous les autres. 

14. GaUitreFQ\...triH. 

15. Triulacti F H ; Tiul. G; Triulatti presque tous. 


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224 


Eguituri, Nematuri ', Oratelli, Nerusii, Velaunii 
Suetrii. 

A l'empereur César, fils du divin César, Auguste, grand pontife, proclamé 
empereur pour la quatorzième fois, en jouissance pour la dix-septième fois 
de la puissance tribunitienne, le Sénat et le peuple romain. Parce que sous 
sa conduite et sous ses auspices, Hous les’peuples Alpins, depuis la Mer Supé- 
rieure jusqu'à l’Inférieure, ont été soumis à l’Empire romain. Peuples Alpins 
vaincus : les Trumpilins, les Camunes, les Vénostes, les Vennonètes, les 
Isarces, les Breunes, les Genaunes, les Focunates. Quatre nations Vindéli- 
ciennes : les Cossuanètes, les Rucinates, les Licates et les Catenates ; les Am- 
bisontes, les Rugusces, les Suanètes, les Calucones, les Brixenètes, les Lépon- 
tiens, les Ubériens, les Nantuates, les Sédunes, les Varagres, les Salasses, les 
Acitavons, les Médulles, les Ucennes, les Caturiges, lesJBrigiens, les Sogonces, 
les Brodiontes, les Némalones, les Edenates, les Esubiens, les Véaraines, les 
Gallites, les Triullates, lesEgdines, les Vergunnes, les Eguitures, les Néma- 
tures, let Oratelles, les Nérusiens, les Velaunes et les Suétriens. 

De cette immense- inscription, il ne nous est parvenu que 
quelques fragments, que l’on a pu retrouver jusqu’à ce jour 
dans les matériaux employés dans les constructions de la 
Turbie et de l’ancienne cathédrale de Nice ; grâce au texte 
de Pline, on a pu essayer quelques restitutions qui, pour 
la plupart, paraissent certaines. Ces fragments sont au nom- 
bre de onze : neuf d’entre eux sont au musée de Saint-Ger- 
main, où j’ai pu les vérifier; le dixième est à la Bibliothèque 
municipale de Nice, où je l’ai copié, et le onzième est aujour- 
d’hui perdu ; mais il a été vu par Ricolvi, devant l’église de 
la Vierge, à la Turbie. 

Avant d’étudier la place qu’il convient de donner à ces 
fragments, il est bon de savoir que les lettres de la première 
ligne avaient 0,36 cent, de hauteur; tandis que celles des 
mots de l’énumération des peuples n’en n’ont que 0,19 et 
que l’intervalle d’une ligne à l’autre est de 0,09 cent., pour 
cette énumération. Ces principes une fois admis, passons à 
l’examen de chaque fragment. 

Fr. 1. — AVG. Ce fragment n’a pu appartenir qu’au mot 
Augusto de la première ligne. Mommsen le cite, d’après 
Ricolvi, Corp. t. V, vol. 2, n“ 7817, i. 


1. Nematuri H, édition de Detlefsen, Berlin 1806, et Corp. Mommsen ; tous les antres 
portent Nementuri. 


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82 Î — 


Fr. 2. — N doit appartenir à la première ligne à cause de 
sa grandeur ; il faisait probablement partie du mot pontifici. 
C’est sur ce fragment que je me suis appuyé pour établir que 
les lettres de la première ligne avaient 36 cent, de hauteur. 
Il a été cité par le comte deCessoles, qui, le premier, l’a fait 
connaître dans les Mém. de l'Ac. de Turin, série II, vol. 
V, an. 1843, p. 164 et suivantes, et dans la planche qui ac- 
compagne son mémoire. — Par Bourquelot, Inscr. ant. p. 
33, n. 19. — Carlone, Epigr. greco-massal. et rom. p. 68, 
n. 101 (note). — A. Bertrand, Rev. a rch. nouv. série t. XIX, 
p. 309. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 906, n. 7817, 3. 

Fr. 4. — (Voir pl. V.) Ce fragment appartient sans aucun 
doute au mot Trumpilini ; les amorces de lettres que l’on 
voit au dessus doivent se lire S • ALPIN et font partie des 
mots Gentes Alpinæ. Ce morceau est le plus anciennement 
connu, il a été cité par Gioffrcdo, Nie. civ. p. 4. — Bouche, 
Hist. de Prov. t. I, p. 99. — Ricolvi, Inscrit. — MafFei, 
Muséum Veronense, p. 232. — Lanciarez, Mem. Storich. 
p. 13. — Durandi, Il Piem. c isp. p. 21. — A. Beaumont, 
Travels through the Maritime Alps. p. 111. — Millin,Vot/. 
dans les dép. t. II, p. 581. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 16. 
— Do Cessoles, Mém. de l’Ac. de Turin, II série, vol. 
V, an. 1843, p. 164 sq. et planche n. 2. — Bourquelot, Inscr. 
ant. p. 30, n. 19. — Sanguinetti, Inscriz. rom. dell. Lig. 
p. 185. — Carlone, Vest. épigr. p. 67, n. 101 (note). — Ber- 
trand, Rev. arch., etc. n. 31. — Cerquand, Rev. arch. nouv. 
sér. t. XX, p. 281, n. 1, — et Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 
p. 906, n. 7817, 4. — Desjardins, Géogr. de la Gaule , t. II, 
p. 247, n. 1. 

Fr. 5. — Ni, c’est la fin du mot Trumpilini : les deux 
fragments se raccordent très bien ; tous les auteurs qui ont 
cité ce fragment sont unanimes à ce sujet. Il est cité par 
Ricolvi, Inscr. — Cessoles, Mém. de l'Ac. de Tur. etc., 
p. 164, sq. pl. 2. — Bourquelot, Insc. ant. p. 30, n. 19. — 
Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 185. — Carlone, Vest. 
épigr. p. 68, n. 101 (note). — Cerquand, Rev. arch. etc., 
p. 281, n. 2. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 906, n. 


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— 223 — 

7817, 5. — Desjardins, Géogr. de la Gaule , t. II, p. 247, n. 2. 

Fr. 6. — C. Cette lettre est précédée d’un grand espace 
vide : elle commençait donc un mot ; elle pourrait donc se 
rapporter aux mots Cammuni, Cosuanetes, Catenates, Ca- 
lucones et Caturiges. Mais la pierre parait se rattacher à 
la ligne précédente ; ce qui me fait accepter l’opinion, géné- 
ralement admise par les auteurs, qu’elle formait la première 
lettre du mot Camunni. Ce fragment a été cité par Cer- 
quand, Rev. arch. etc., p. 281, n. 5. — Mommsen, Corp. 
t. V, vol. 2, p. 906, n. 7817, 6. — Desjardins, Géogr. de 
la Gaule, t. II, p. 248, 5. 

NI 

Fr. 7. — NOST. Il ne peut y avoir de doutes sur ce frag- 
ment: c’est la fin du mot Venostes*, surmontée des amorces 
de la syllabe NI, qui formait la fin du mot Camunni. 
M. Desjardins, qui n’a pas adopté la disposition des noms 
de peuples par colonnes, tout en lisant dans la ligne du bas 
Venostes, fait surmonter ce mot des lettres NF de inferum, 
dont la partie inférieure pourrait au besoin avoir formé les 
amorces de lettres qui se trouvent sur le fragment ; mais 
on ne peut adopter cette manière de voir, car il est certain 
que les considérants du décret étaient en lettres plus grosses 
que celles des noms de peuples ; il est donc nécessaire, 
pour faire concorder ce fragment, d’accepter l’ordre dispo- 
sitif que j’ai suivi. Ce fragment est cité par Ricolvi. — De 
Cessoles, Mém. de VA. de Tur. etc., p. 164, sq. pl. 2. — 
Bourquelot, Inscr. a nt. p. 31, n. 19. — Sanguinetti, Inscriz. 
dell. Lig. p. 185. — Carlone, Vest. épigr. p. 67, n. 101 
(note). — Bertrand, Rev. arch. etc., n. 32. — Cerquand, 
Rev. arch. etc., n. 3. — Mommsen, Corp. t. Y, vol. 2, 
p. 906, n. 7817, 7. — Desjardins, Géogr. de la Gaule, t. II, 
p. 247, n. 3. 

Fr. 9. — A VN . Ce fragment ne peut avoir appartenu 
qu’aux mots Genaunes ou Velauni, car l’amorce de la lettre 
qui précède le V est bien un A ; mais il faut remarquer 
qu’ au-dessous de cette syllabe, il se trouve un grand espace 
vide : ce mot était donc le dernier ; or, en adoptant la dis- 


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position en colonnes, il ne peut convenir qu’au mot Genau- 
nes. M. Desjardins, qui dans sa disposition place ce mot à 
sa quatrième ligne, considère ce fragment comme ayant fait 
partie du mot Velauni ; mais, je l’ai dit, la disposition en 
colonnes s’impose et ne permet pas d’adopter cette manière 
de voir. 

Ce fragment aété cité par Cerquand, Rev. a rch. etc., n. 6. 

— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 906, n. 7817, 9. — Desjar- 
dins, Géogr. de la Gaule t. II, p. 248, n. 6. 

Fr. 8. — NI. Ce fragment peut avoir fait partie des mots 
Dreuni, Seduni, Ucenni, Brigiani, Nemaloni, Esubiani, 
Vea mini, Egdini et Vergunni ; mais, comme M. Mommsen 
en fait la fin de Breuni, je lui ai conservé cette place. On 
trouve ce fragment cité par M. de Cessoles, Mém. de l'Ac. 
de Tur. II série, vol. 5, ann. 1843, p. 1G4 et sq. etpl. n. 2. 

— Bourquelot, Inscr. ant. n. 19, p. 30. — Sanguineiti, 
Inscriz. dell. Lig. p. 185. — Carlone, Vest. épigr. p. 67, 
n. 101 (note). — Bertrand, Rev. a rch. etc., n. 31. — Cer- 
quand, Rev. a rch. nouv. sér. t. XX, p. 281, n. 4. — Momm- 
sen, Corp. t. V, vol. 2, p. 907, n. 7817, 8. — Desjardins, 
Géogr. de la Gaule t. II, p. 247, n. 4 ; ce dernier duteur, à 
cause de la disposition qu’il a adoptée, en fait la fin de 
Vergunni. 

M 

Fr. 10. — DE. Ce fragment a été mal lu par M. Momm- 
sen, qui a vu à la ligne supérieure l’amorce d’un V ; tandis 
qu’on n’y reconnaît qu’une cassure qui par sa forme, il est 
vrai, rappelle cette lettre, mais qui n’est qu’un accident : on 
y voit très bien, à côté de cette cassure, la première haste 
d’un M, qui ne peut être confondue ni avec celle d’un A, qui est - 
plus penchée, ni avec celle d’un N, qui est tout à fait droite. 
M. Mommsen, qui dans sadispositionde l’inscription ne laisse 
pas de vide entre Vindelicorum et Focunates, place là ce 
fragment; selon lui le DE fait partie de Vindelicorum et l’V 
appartient à Focunates. C’est le rapprochement de ces deux 
lignes qui force M. Mommsen à couper le mot Eguituri, 
comme on le verra plus loin, afin de conserver aux colonnes 


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225 


de noms le même nombre dépeuples. Comme, ainsi que je le 
dirai plus bas, je n’admets en aucupe façon la coupure du 
mot Eguituri, j’ai disposé l’inscription de façon à obtenir 
un vide après le mot Focunates ; ce qui me fait gagner un 
nom et me permet de donner à la dernière colonne le même 
nombre de lignes qu’à toutes les autres. Il semble en effet, 
qu’il doit y avoir eu après Focunates un espace libre ; car 
l’inscription reprend à nouveau : Vindelicorum Gentes 
quatuor, comme elle a commencé : Gentes Alpinæ devictæ. 

Je suppose donc que le fragment ci-dessus doit avoir ap- 
partenu aux mots Nemaloni pour la partie supérieure et 
Edenates pour la partie inférieure. M. Desjardins, qui en 
fait une partie du mot Oratelli de sa dernière ligne, néglige 
l’amorce supérieure. Ce fragment a été cité par Cerquand, 
Rev. arch. nouv. sér. t. XX (1869), p. 281, n. 7. Cet auteur . 
propose d’en faire ou devictæ et sunt, ou, comme l’afait après 
lui M. Mommsen, Vindelicorum et Focunates : la première 
de ces deux combinaisons est doublement impossible à cause 
de la grandeur des lettres du mot sunt qui devaient avoir, 
nous l’avons vu, plus de 19 cent, de hauteur; la seconde 
raison est que l’amorce de la lettre supérieure n’est pas un 
V. — Mommsen, Corp. t. V, vql. 2, p. 907, v. 7817, 10. — 
Desjardins, Géogr. de la Gaule t. 2, p. 248, n. 7. 

Fr. 11. — (Voir pl.V.) Deux parties d’N,laligne supérieure 
contient la fin de cette lettre et la ligne inférieure le commen- 
cement. Il y a au dessus un assez grand vide ; M. Mommsen 
le place au haut de la même colonne que moi, mais il le donne 
aux mots Nemaloni et Drodionti. Comme d’après la dis- 
position que j’ai adoptée, la colonne commence par le mot 
Sogontii, au-dessous duquel se trouve le mot Brodionti, 
c’est à ces deux mots que je l’ai attribué ; le grand vide su- 
périeur s’explique par l’espace compris entre les sigles 
P. et R. M. Desjardins, à cause de la disposition qu’il a 
cru devoir donner à l’inscription, est obligé de transporter 
ce fragment à la première ligne ; et, ne tenant pas compte du 
peu de hauteur des lettres, il en fait l’N de tribunic de sa 
première ligne et celui de Gentes de sa seconde ; mais ces 


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— 226 — 

deux lettres avaient certainement plus de 19 cent., pui9qne 
nous avons vu que les lettres de la première ligne en avaient 
36 : il n’est donc pas possible d’admettre cette attribu- 
tion. Ce fragment n’est cité que par M. Mommsen, d’après 
Hirschfeld, qui lui en a envoyé une copie, et par M. Desjar- 
dins dans sa Géographie de la Gaule. 

J’ai réservé pour le dernier le fragment n # 2, AV. 
M. Mommsen en fait une partie du mot a uspiciisque, parce 
que, dit-il, le témoignage de Ricolvi démontre, d’une part, 
qu’il n’a pas pu faire partie du mot AugiLsto, puisque Cer- 
quand l’a trouvé dans l’intérieur d’un mur, de manière à ce 
qu’il ne pouvait se lire : il ne peut donc, en aucun cas, être 
confondu avec celui AVG qu’a vu Ricolvi ; d’autre part, le 
fragment d’N conservé à la bibliothèque de Nice établit bien 
certainement que la première ligne avait 36 cent.; il faut 
donc chercher autre chose. Il ne croit pas pouvoir l’appli- 
quer à un nom de peuple, parce qu’il remarque que l’in- 
terstice entre les noms des peuples n’est que de 9 1/2 cent. ; 
tandis qu’on en compte près de 22 au-dessus de ce fragment : 
il faut donc, selon lui, en faire de toute nécessité le com- 
mencementdu mot a uspiciis, qui, étant à la troisième ligne, 
doit avoir été écrit en caractères plus petits. M. Desjardins 
propose d’en faire AV de Augusto. Je n’ai accepté ni l’une 
ni l’autre de ces manières de voir; et comme les lettres 
du fragment 2 mesurent exactement la même hauteur que 
celles de tous les fragments qui appartiennent à l’énuméra- 
tion des peuples, je considère ce fragment comme apparte- 
nant à cette énumération et je l’applique au mot Velauni. Le 
vide qui est au sommet s’explique très bien ; car, comme le 
bloc n’est pas carré à son sommet, il en résulte que c’est 
l’interstice entre deux lettres qui est conservé (voy. la 
pl. V). En effet le mot Nerusi, qui surmonte Velauni , 
possède un V, lettre qui laisse à droite et à gauche un espace 
suffisant pour expliquer le vide qui surmonte AV. Je crois 
que les 3* et 4' lignes n’étaient pas en lettres aussi gran- 
des que les l r * et 2° ; mais je suis persuadé qu’elles étaient 
plus grandes que celles des noms de l’énumération géo- 


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387 


graphique. Ce fragment a été cité par Cerquand, Rev. 
a rch. etc. n. 8. — par Mommsen, Corp. t. V. vol. 2 p.906 
n. 7817,2. — Desjardins, Géogr. de la Gaule, t. 2. p. 248,8. 

J’ai adopté en partie, pour la disposition de l’inscription, 
le système de M. Mommsen, qui m’a paru le plus satisfai- 
sant de tous ceux qui avaient été proposés jusqu’à ce jour ; 
mais où je n’ai pas suivi cet auteur, c’est dans sa coupure du 
mot Eguituri en deux noms Egui et Turi. M. Mommsen, en 
effet, s’appuie pour faire cette coupure sur deux passages de 
Pline, que l’édition de Teubner 1 2 donne ainsi qu’il suit pour 
le premier de ces textes : « Ligurum celeberrimi ultra Alpes 
Sallui, Deciates, Oxubi ; citra Veneni, Exturri, Soti, 
Vagienni* , etc. » Ce qui est ainsi corrigé dans le Corpus 3 4 : 
Citra (Alpes) Venemes, Turri,Soti, Bagienni, etc. Ce même 
texte est donné de la façon suivante par M. Littré dans la 
collection Nisard 4 : Citra (Alpes) Veneni et Caturigibus 
orti Vagienni, etc. On le voit, dans cette leçon, les mots 
Turi et Soti font partie, le premierdu mot Caturigibus et le 
deuxième emprunte l’s finale de ce dernier mot et le mot 
orti en entier. Le second texte que M. Mommsen prend 
dans Pline 5 , se trouve rapporté ainsi dans Teubner : 
« Cottianæ civitates Etturi Liguribus orti Vagienni, etc.; » 
lo Corpus en fournit la leçon suivante : « et Turii Liguribus 
orti Bagienni, etc.; «enfin l’édition Nisard donne : « Catu- 
riges et ex Caturigibus orti Vagienni, etc.,» En somme, 
rien de douteux comme ces deux passages. 

Presque toutes les éditions de Pline donnent ces deux 
textes comme M. Nisard et tous les manuscrits de la Biblio- 
thèque Nationale à Paris semblent, à quelques petites 
différences près, confirmer cette leçon : en sorte que la 
correction ne serait admissible, à mon avis, qu’à la 
condition que d’autres auteurs, ou des monuments lapidai- 
res, nous eussent fait connaître ces Turi ; tandis que, par le 


1. Caii Plinii Secundi Not . Hiat. Liptiœ, B. O. Teubneri 1870 in-8*. 

2. Teubner Plin. nat. Hiat. III, 5 (7), 47, p. 132. 

3. Corp. t. V, vol. 2. p. 873. 

4. C. Plinii Hiat. Not. III , XXIV, 4. 

5. C. Plin. Ed. Niaard 1. III, VII, I, p. 161. 


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— 228 — 

fait, M. Mommsen s’appuie d’un côté sur un texte douteux, 
qu’il corrige, d’après le monument delaTurbie, pour corriger 
l’inscription de la Turbie, que tous les manuscrits et toutes 
les éditions donnent avec le mot Eguituri ; et de l’autre sur 
l’inscription du monument de la Turbie ainsi corrigée par 
lui, pour établir le texte de Pline. 

Si encore l’on trouvait dans un seul manuscrit le mot 
Eguituri de l’inscription coupé en Egui-Turi, on pourrait, 
au besoin, si faible que fût cet appui, s’en servir pour étayer 
cette opinion ; mais dans l’espèce, on ne s’appuie sur rien. 

D’ailleurs, le mot Eguituri est immédiatement suivi du 
mot Nementuri ; et les deux finales des deux mots ont trop 
de rapports entre elles, pour permettre la disjonction de l’un 
de ces deux mots. Enfin, aucun auteur, ni Pline ni autre, ne 
fait mention de peuples nommés Egui. 

Ces diverses raisons me paraissent de nature à infirmer 
l’opinion émise par M. Mommsen : c’est pourquoi j’ai réta- 
bli le mot Eguituri. 

Je n’ai pas changé le mot Nerusi en Nemesi, quoique, à 
mon avis, c’est ce dernier mot qu’aurait dû porter l’inscrip- 
tion : parce qu’en somme il est possible que l’inscription ait, 
par suite de l’ignorance de ses rédacteurs, porté le mot 
Nerusi , que l’on trouve écrit dans tous les manuscrits ; 
mais si j’ai laissé ce mot tel quel dans l’inscription, je l’ai 
corrigé dans ma carte ancienne, d’après le monument de 
Vence, qui mentionne le Collegium lignariorum juvenum 
Ncmesiorum. 

J’ai fait faire un moulage de cette inscription ; il est 
actuellement déposé au musée de Saint-Germain-en-Laye. 

J’ai aussi maintenu le mot Esubiani, quoique, à mon 
avis, le monument ait dû porter Vesubiani ; mais comme 
rien ne le prouve, c’eût été montrer trop de hardiesse, que 
corriger ainsi, d’après de simples présomptions, quelques 
probables qu’elles peuvent être, le seul monument antique 
qui nous ait conservé les noms anciens des peuples alpins. 

Nommer tous les auteurs qui ont parlé de l’inscription de 
la Turbie serait un très long travail sans aucune utilité. Elle 


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— 229 — 

a été rapportée par Pline (Hist. Nat. III, 20, 136 J. Un 
grand nombre d’écrivains l’ont, depuis, plus ou moins fidèle- 
ment reproduite. Je me contenterai de citer ceux qui ont 
publié des fragments retrouvés à laTurbie. . 

Le plus ancien de tous est Gioffredo ; mais avant lui, dom 
Lopez de Zuniga, dans son Voyage de Tolède à Rome, avait 
déjà dit 1 que l’inscription que rapporte Pline était à la 
Turbie. Quelques années après, Manuti * , mentionnant ' 
l’inscription de Pline, dit qu’elle se trouvait à la Turbie ; 
.mais Gioffredo est le premier qui ait publié un fragment de 
l’inscription. 

Il rapporte deux descriptions anciennes de ce monument, 
qui ont été reproduites dans leur entier par Mommsen dans 
le tome V du Corpus. D’après ces descriptions, le mo- 
nument aurait été composé d’une grande base carrée suppor- 
tant un socle aussi carré, qui, lui-même, soutenait une 
construction ronde, entourée de colonnes d’ordre dorique, 
que surmontait une coupole, au sommet de laquelle se voyait 
la statue d’Auguste. Dans diverses parties du monument, il 
existait des niches, dans lesquelles se trouvaient des statues 
(peut-être la tête de Drusus qui a été trouvée à la Turbie et 
achetée parle prince de Danemark, était-elle une de ces der- 
nières). Selon l’auteur anonyme de cette description, l’ins- 
cription était placée sur l’une des faces du socle, au-dessous 
d’une frise ornée de bas-reliefs, dont un fragment se trouve 
actuellement au musée de Saint-Germain. 

Il y a dans tout cela, comme dans tout travail de reconsti- 
tution, du vrai, du possible et de l’incertain. L’état de déla- 
brement et de ruine dans lequel se trouve le monument à 
l’heure actuelle, ne permet pas de dire avec certitude ce qui 
était vrai à l’époque où les descriptions ont été faites. 

Un autre description, sommaire et fantaisiste celle-là, en 
a été faite par Raymond Féraud dans la Vida de Sant 
Honorât) y en ai parlé dans l’introduction de ce travail. 


1. Itinerarium ab oppido complu terni Tôle la nœ provindœ ulteriorit Hitpaniœ, 
etc Rome, 15, 21, in-4° — Bd. Franc. Schott. p. 129. 

2. Codex Vaticanuê, n* 5237. 

15 


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— 230 — 

On a longtemps discuté sur l’emplacement des trophées 
d’Auguste : quelques-uns les plaçaient à Suze, où l’on voit 
un arc de triomphe portant une inscription ; d’autres vou- 
laient qu’ils fussent à Aoste, où l’on trouve aussi un arc qui 
a perdu son inscription; et d’autres enfin à la Turbie. Toutes 
ces discussions sont closes depuis que le comte de Cessoles 
a démontré dans son mémoire que l’inscription de la Turbie 
était bien authentique, depuis surtout qu’on a retrouvé onze 
fragments de l’inscription antique, employés pour la plupart 
dans l’appareil de constructions certainement antérieures à. 
l’époque où tant d’inscriptions fausses ont été fabriquées ; et 
tout le monde aujourd’hui se plaît à reconnaître que, d’une 
part, les trophées d’Auguste étaient placés à la Turbie, et 
que, d’autre part, les fragments d’inscriptions que l’on a 
retrouvés sont bien authentiques. Walckenaer a été le der- 
nier à soutenir le contraire : sans avoir jamais vu les pièces 
du procès, il prétendait que les fragments retrouvés n’étaient 
que des copies modernes, fabriquées avec le texte de Pline ; 
mais personne n’admet aujourd’hui cette opinion émise par 
Walckenaer sans aucun fondement sur une simple supposi- 
tion de Cluvier. 


Discussion mn la position des peuples mentionnés dans 
Plnscrlptlon de la Xurble 

Je n’ai pas à m’occuper des vingt-quatre premiers noms 
qui mentionnent des peuples situés en Italie ; je ne commen- 
cerai donc mon étude qu’à partir des Medulli. Ils sont 
nommés sur les trophées d’Auguste et sur l’arc de Suze ; ils 
sont d’ailleurs mentionnés par Pline ’, Strabon *, Ptolémée s , 
Vitruve 4 . Leur position semble pouvoir être précisée d’une 

1. Pline, Hiit. Nal., III, XXIV (XX), 4. 

2. Strabon, IV, vi, 5. 

3. Ptol. Géogr., Il, x, (IX), II. 

4. Vitruve, De Areh. y VIII, 3. « In Àlpibus natione Medullorume st genus aqua quant 
bibunt efficiuntur turgidis gutturibus. » 

Ce passage a servi à placer les Medulli dans la Maurienne ; car ce sont les peuples les 
plus goitreux que l’on connaisse. Il est curieux de remarquer combien cette opinion que 
ce sont les eaux provenant des.fontes de neiges qui donnent naissance aux goitres, est 
ancienne. On ne se rendait pas encore compte du pourquoi, le remède n'était pas trouvé ; 
mais la cause était parfaitement déterminée. 


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— 234 

façon à peu près certaine dans la Maurienne, vallée de l’Arc. 

Lès Ucenni qui suivent et qui paraissent être les mêmes 
que les Iconii, devaient habiter la vallée de la Romanche. 

Comme j’en parlerai à propos de l’inscription deClanz, je 
ne fais que rappeler leur situation. 

Les Caturiges étaient les peuples qui ont formé plus tard 
le diocèse d’Embrun ; leur capitale était Chorges. Ils sont 
mentionnés sur les deux monuments de Suze et de la Turbie. 

Les Brigiani étaient certainement placés dans le terri- 
toire de la Briga. M. Desjardins 1 propose de les inscrire 
dans la vallée supérieure de la Durance à Briançon, tout en 
faisant remarquer que cette ville faisait partie du territoire 
des Caturiges et qu’elle était certainement soumise au roi 
Cottius, qu’en conséquence 'elle aurait dû être inscrite 
plutôt sur l’arc de Suze que sur le monument de la Turbie. 
Le savant géographe a parfaitement raison ; d’autant mieux, 
que l’inscription sur laquelle il s’appuie pour faire cette 
attribution, n’appartient pas à Briançon, mais à Briançonnet 
de la vallée de l’Estéron, comme nous le verrons plus loin. 

Les Brigiani habitaient la haute vallée de la Roya ; ils 
étaient bornés au nord par les hautes cimes du Clapier, du 
Gelas etdu Mercantour (de 3, 000 à 3,500 m.)qui les séparaient 
de la vallée de la Sture, qui, de cette façon, se trouvait 
entre les Brigiani et les Caturiges. Au midi ils confinaient 
aux Intimilii ; à l’ouest ils étaient séparés de la vallée de 
la Bevera, qui servait probablement d’habitation aux Mon- 
tant, par la Nauque, la Cime-du-Diable et le Bego (de 

2,200 à 2,500 m.). Ils habitaient donc les territoires occupés 
aujourd’hui par Tende, la Briga et Saint-Dalmas. Walcke- 
naer * et Durandi 3 proposent le premier Briançon et le 
second à Briançonnet : nous verrons plus loin que ce pays 
était occupé par d’autres peuples. D’ailleurs, les mots Brig 
ou ordo Brig. des inscriptions sur lesquelles on s’appuie 
pour soutenir cette opinion, ne s’appliquent pas aux Bri- 
giani, mais bien à la ville de Brigantium. 

1. Desjardina, Qéograph. de» Gaule», t. II, p. 253. 

t. W&lckenaer, Géograph. de» Gaule», t, II, p. 36. 

8. Durandi, Piem. ciepadan ., p. 22, 


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— 232 — 

Les Sogontii, qui, sur l’inscription de la Turbie, suivent 
les Brigiani, devaient être placés dans le territoire de 
Puget-Théniers : on trouve dans les parties montagneuses 
de cette contrée un grand nombre dç noms qui semblent 
rappeler celui des Sogonces, mais en particulier celui de 
Souches, que les chartes donnent sous la forme de locus de 
Sogonches, et les livres terriers de la fin du XVI* siècle 
Sounches. La chute du G et de l’N suivant la diphthongue 
ou est chose très commune dans les langues méridionales; 
il semble donc que le mot Sogoncii se soit transformé (par 
suite de certaines tendances au chuintement, propres aux 
peuples montagnards et à la langue génoise en particulier) 
en Sogonchii ou Sogonches [, qui a fait Soonches, qui lui- 
même a fourni Souche. Il est incontestable que ce n’est là 
qu’une conjecture ; mais elle m’a paru assez fondée pour 
mériter d’être mentionnée. 

Walckenaer *, propose de placer ces peuples au nord-est 
de Forcalquier aux environs de Sigonces. M. Desjardins *, 
dit que rien n’est plus douteux que cette attribution. 
Durandi 8 , les place comme moi dans les environs de Sonches, 
mais plus au nord, laissant le territoire de Puget-Théniers 
libre pour une autre peuplade. Ces peuples étaient séparés 
de leurs voisins par des cimes variant entre 1,500 et 2,400 
mètres de hauteur ; leur territoire était formé par l’ensemble 
de la vallée de la Rodoule. 

Les Brodiontii, qui venaient ensuite, ont été avec juste 
raison, ce me semble, assimilés aux Bodiontici de Pline. 
Malgré cela Walckenaer 1 2 3 4 propose de les placer dans la 
vallée d’Olle, qui, dit-il, est dominée par une montagne 
nommée Brodont. 

Si, comme le veut M. Desjardins 5 et comme je le pense 
les Brodiontii et les Bodiontici sont identiques, c’est dans 
les environs de Digne qu’il faut les placer. 

1. "Walckenaer, Oéogr. des Gaules, t, II. p. 39. 

2. Desjardins, Qèograph. de la Gaule , t. II, p. 233. 

3. Durandi, Piémont, eisp., p. 22. 

4. Walckenaer, Géogr. delaGaul ., t. II, p. 38. 

5. Desjardins, Loc. cit ., p. 254. 


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233 


Walckenaer 1 2 propose de placer les Nemaloni dans la 
vallée de Miolan. J’avoue, avec M. Desjardins, que le rap- 
prochement me parait peu concluant ; mais je ne sais où 
les mettre. 

Après les Nemaloni viennent les Edenates. Walcke- 
naer *, propose de les placer dans la vallée d’Egnan au- 
dessus de Voiron. M. Desjardins 3 déclare que leur position 
est encore à découvrir, mais d’ An ville 4 , et avant lui Bouche 5 * , 
avait remarqué que le nom ancien du village de la Seyne 
s’écrivait en latin Sedena : « la ville de Seyne, dit Bouche, 
assez ample et considérable aux montagnes de cette pro- 
vince, du diocèse d’Embrun, estant la principale de plusieurs 
villages voisins, vulgairement dit chef de Viguerie, elle 
s’appelait anciennement Sedena, comme il appert du cata- 
logue des couvents de l’ordre des frères Prescheurs, où il y 
a Conventus Sedenae de l’an 1445, et ainsi il ne s’y ajoute 
qu’une lettre S au mot Edenates 8 . » 

Cette manière de voir avait été acceptée par Papon 7 ; mais 
depuis la publication des géographies de MM. Walckenaer 
et Desjardins, leur situation était remise en question : il me 
parait donc nécessaire de résumer quelles sont les raisons 
qui m’ont déterminé à reprendre à nouveau l’attribution de 
Bouche. 

En 1837 on a découvert à Rochegude, près Avignon, un 
vase de terre noire contenant plusieurs kilogrammes de 
monnaies, parmi lesquelles on remarquait quelques deniers 
à la légende Dertrandus cornes Edne ; cette légende 
embarrassa fort les numismates, on proposa de traduire 
Bertrandus cornes e(t) d(ux) N (arbonje 8 . Cette classifi- 

1. Walck., Loc. cit f} p. 37. 

2. Id. Id. p. «5.' 

3. Deajardina, Loe. cft.,p. 254. 

4. D’Anville. Notice de la Gaule , p. 288. 

5. Bouche, Hist. de Proc ., t. I, p. 104. 

0. L’adjonction d’un S avant un nom n’est pas chose si extraordinaire que l'on n'en 
trouve d’autrea exemples ; ainsi du temps de TzetzÀs, les Grecs avaient attaché un £ 
au commencement du nom des Alpes; ce qui fit dire à cet écrivain : 

y AX7tta, où SxX7«a, Eùp<o7raTa r?)ç ’lxaXiaç [uyaXa. Lycophr.v, 1301. 

7. Hist gén . de Proc., X. I, p. 110. 

8. Rev. numismat. 1841. p. 373 et 4844, p. 127. 


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234 


cation ne fut pas admise, et quelques années plus tard, M. 
de Longperrier *, les attribua à Bertrand IV, comte de For- 
calquier (1150-1208) qui, dit-il, y est qualifié de comte de la 
Seyne, cornes Edne, lequel nom vient évidemment du nom 
des Edenates. 

« Nous n’hésitons pas, dit-il, à penser qu’au XII e siècle le 
nom antique était moins altéré encore et que la légende 
cornes Edne signifie comte de la Seyne. » 

Voilà, ce me semble, un monument assez probant ; on 
savait que la Seyne. s’était appelée Sedena, ce qui offrait 
déjà une grande analogie avec Edenates ; mais la forme 
Edena est plus qu’une analogie, c’est une similitude absolue : 
il me semble donc qu’il n’est plus possible d’hésiter et que 
les Edenates doivent être définitivement placés à la Seyne. 

Ces peuples sont, à mon avis, les mêmes que les Adanatii 
mentionnés par l’arc de Suze ; mais je ne pense pas qu’ils 
soient les mêmes que les Adunicates de Pline. 

Les Esubiani, qui sont certainement les mêmes que les 
Vesubiani de l’insciiption de l’arc de Suze, habitaient la 
haute vallée de la Vésubie. A ce propos M. Desjardins *, 
fait remarquer que le nom ancien de la Vésubie était 
Vulpis, qu’il n’y a donc aucune analogie entre ce nom et 
les Esubiani. 

Il est vrai que l’on voit sur la table de Peutinger une 
rivière du nom de Vulpis (v. pl. III), qui paraît occuper la 
position de la Vésubie ; mais même en admettant que ce 
nom soit en effet celui de cette rivière, il est clair que l’an- 
cien nom s’est perdu et que le cours d’eau a gardé celui du 
peuple habitant ses rivages ; son nom, dans ce cas, aurait 
été primitivement fluvius Vulpis Vesubianorum et plus 
tard fluvius Vesubianoi-um et enfin Vesubia ; car, il est 
impossible de ne pas tenir compte de l’analogie des noms 
quand ils se rapprochent à ce point. 


1. Dissertation sur deux deniers frappés en Provence pour les comtes de Forçai - 
quier, par M. A. de Longperrier. Dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de 
France , nouvelle série, t. X, 1850, p. 35-42. 

2. Desj., Oéogr. de la Qaul t. II, p. 100. 


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235 


Plusieurs auteurs 1 2 3 ont proposé de les placer'aux alentours 
d’Ubaye, le long de la rivière de ce nom, en se fondant sur 
l’analogie des noms ; mais les meilleurs auteurs * ont pré- 
féré en faire deux groupes, dont l’un, mentionné sur l’arc 
de Suze, habitait les bords de l’Ubaye, et l’autre, inscrit 
sur le monument de la Turbie, les bords de la Vésubie. 

Cette distinction des Esubiani et des Vesubiani, en 
plaçant les Esubiani sur la Vésubie, qui a conservé son V, 
et les Vesubiani sur l’Ubaye, qui aurait perdu la syllabe 
initiale, ne me parait pas acceptable. La principale des 
raisons mises en avant pour soutenir cette opinion, est que 
la Vésubie paraît bien éloignée du groupe Cottien pour 
avoir fait partie du petit royaume de Cottius : à quoi il est 
facile de faire remarquer que les Ectini sont tout aussi 
éloignés, puisqu’ils habitaient la vallée de la Tinnée ; et 
pourtant aucun auteur ne s’est avisé de vouloir les distinguer 
des Egdini de l’arc de Suze. On ne peut donc pas s’appuyer 
sur cet argument. 

Les Veamini, suivant d’Anville s , habitaient les environs 
de Thorame (haute et basse) entre l’isole et le Verdo, dans 
l’ancien diocèse de Senez. Cet auteur dit que le nom ancien 
de Thorame est Thoraminia, et Papon 4 ajoute que dans les 
langues celtiques vean signifie montagne et min rouge, 
d’où notre mot minium ; il fait remarquer que les monts de 
Thorame sont rouges 5 6 , et que tor signifiant habitation, 
l’analogie lui parait frappante. Je ne sais de quel celtique 
veut parler Papon; mais en breton tor signifie ventre et 
min nez ou visage, et par extension cap, promontoire : dans 
ce cas l’analogie se comprendrait difficilement. Mais en 
laissant de côté l’étymologie fantaisiste de Papon, on peut 
conserver les Veamini dans cette situation, puisqu’on n’a 
rien de mieux à offrir. Walckenaer® accepte l’identification 


1. Papon, HUt. Gen. de Prov., p. 110, etc. 

2. D’Anville, Notic ., p. 293-294. — Desjardina, îoe. cil., p. 100. 

3. D’Anville, Not , p. 682. 

4. Papon, Hi*t. gén. de Prov , t. 1, p. 111. 

3. Ce sont des schistes rouges qui forment en grande partie le terraia permien. 

6. Oéogr. de la Gaule, U II, p. 13. 


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236 


de d’Anville, et Desjardins *, tout en déclarant qu’ils n’ont pu 
être identifiés avec certitude, ne propose rien. 

Les Gallitae, qui viennent ensuite, ont été placés dans 
les environs de Gilette, au confluent du Var et de l’Esteron, 
par Durândi * et Walckenaer 1 2 3 * 5 6 ; mais cette identification n’est 
pas acceptable, et je préfère m’en tenir à l’avis de Papon *, 
qui les place entre Alloz et Colmars, dans la haute vallée du 
Var. 

Les Triullatti, qui venaient ensuite, ont été placés par 
Durandi*, à Triola, vallée de la Roya, et par Walckenaer*, 
sur les bords du Var entre Guillaumes et Entrevaux, où, 
dit-il, on trouve la rivière Tuelli et la cime nommée Ailette. 
J’avoue que je suis peu convaincu par ces raisons,' et dans 
l’incertitude, je préfère adopter le sentiment de Gioffredo 7 8 , 
qui les place entre Alloz et Barcelonnette. 

La position des Ectini, qui viennent ensuite, me parait 
convenir à la haute vallée de laTinée. M. Desjardins* dit 
à propos de cette attribution : « les conduire sur les bords 
de la Tinea (Tinier), sous prétexte que le nom de cette rivière 
a conservé leur souvenir, ne saurait plus contenter per- 
sonne. » D’abord le nom de la rivière n’est pas Tinier (qui 
en latin donnerait Tinerii et non Ectini, mais Tinée), dont 
la transcription latine est Tinia ; mais il y a plus : la prin- 
cipale ville de cette région se nomme Saint-Etienne ; or, 
sans prétendre que Etienne vienne de Ectini, dans tous les 
cas, ne peut-on pas croire que les premiers chrétiens ont 
consacré ce village à Saint-Etienne, justement parce que 
le nom de ce saint rappelait celui de ce village ? On trouve 
dans les Gaules de nombreux exemples de ce fait : ainsi 
Sembetten, dans les Pyrénées, à fait Saint-Béat ; Mons 
MaHis, à côté de la Napoule, à fait mont Saint-Martin, etc. 


1. Desjardins, loe. cit ., p. 100. 

2. Durandi, II Piem. cisp. Ânt. t p. 26. 

3. 'Walckenaer, Géogr. des Gaules, t. II., p. 41. 

4 Papon, Hist. gén. de Prov ., 1. 1, p. 111. 

5. Durandi, Il Piem. cisp., p 26. 

6. Walckenaer, Géogr. des Gaul , t. II, p. 41. 

7. Giofftedo, Stor. dell. Alp. Maril ., Chorog. 

8. Desjardins, Géogr, de la Gaul. row.,p. 255. 


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237 


Ces sortes de calembours sont très communs ; on en trou- 
verait cent exemples dans les Gaules. Je pense donc qu’on 
peut sans crainte maintenir les Ectini dans la vallée de la 
Tinée. Seulement, je ne suis pas de l’avis de Durandi qui 
croit qu’ils s’étendaient de Puget-Théniersà Saint-Etienne : 
Puget-Théniers est sur les bords du Var, et son territoire 
est séparé de celui de Saint-Etienne par le massif du 
Mont-Mounier, d’une hauteur qui varie entre 2,200 et 
2,800 mètres, ce qui rend les communications très pénibles 
en été et tout à fait impossibles pendant huit mois de l’année. 

Après les Ectini venaient les Vergunni, dont la position 
semble certaine aux environs de Vergons, à l’ouest d’En- 
trevaux. Bouche * rapporte des actes du moyen âge dans 
lesquels le nom de cette localité est écrit Vergunni ; il serait 
impossible de demander davantage. 

J’ai placé les Eguituri dans la haute vallée du Var, dans 
les environs d’ Entraunes ; non pas que je trouve une simili- 
tude de noms quelconque, mais simplement pour ne les pas 
éloigner des Nèmaturi. J’ai suivi en cela la classification de 
Gioffredo * ; M. Desjardins 1 2 3 4 5 6 les verrait plus volontiers aux 
environs d’Egouares, au confluent de l’Ubaye et de la Du- 
rance, ou (suivant Walckenaer *) dans un district nommé 
Entre-deux-Guiers. M. Mommsen* a fait de ce nom deux 
peuples : les Egui et les Turi ; on a vu déjà pourquoi je ne 
me suis pas associé à cette manière de voir. 

Les Nematuri étaient, selon Durandi 7 et Walckenaer 8 9 , 
dans les environs de Demandols, entre Castellane et Ver- 
gons ; M. Desjardins * dit que leur situation est à chercher ; 
Gioffredo 10 11 les met à Glandevez ; Papon u croit qu’ils habi- 

1. Durandi, Piem. eUp.. p. 96. 

2. Bouche, HUt. de Prov., 1. 1, p. 178. 

3. Gioffredo, Stor. dell. Alp. Marit ., Chorogr. 

4. De «jardins, Oéogr „ etc., p. 255. 

5. Walck., Oéogr. dee Gaules, t. II, p. 68. 

6. Corp. t. V, vol. 2, p. 907. $ 

7. Durandi, Piem. cUpad ., p. 27. 

8. Walck., Oéogr etc., p. 41. 

9. Deajard., loc. cil., p. 255. 

10. Giolfr., loc. cil. 

11. HUt. de Prov., %. I, p. 113. 


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238 


taient le territoire de Clanz : c’est à ce dernier avis que je 
me suis rangé. Cet auteur prétend que leur nom en langue 
celtique signifie habitants d’un pays boisé ; or, comme le 
pays de Clanz fournit les plus beaux bois du département, il 
en conclut que les Nematuri y habitaient. Quoique je ne 
m’associe pas à ces conclusions dans ce qu’elles ont de trop 
absolu, il est certain que la montagne de Clanz forme un 
district parfaitement distinct des pays environnants : c’est 
une seule montagne couverte d’une épaisse forêt, qui semble 
plutôt rappeler un bois sacré qu’autre chose ; et s’il fallait 
chercher une étymologie au mot Nematuri, je serais bien 
plus porté à le rapprocher du sanscrit Nemindâra, qui 
était le nom d’une des sept montagnes fabuleuses situées 
autour de Mêru (l’Olympe des Indhous). En effet, Nemi 
signifie lieu consacré, et l’on verra plus loin que ce lieu 
parait avoir été consacré à quelques divinités et notam- 
ment à Hercule. 

D’un autre côté Nemas ignifie ravin à pic, fossé, fente dans 
la terre ; or, il est impossible de trouver un lieu plus abrupt 
que le vallon de la Tinée en cet endroit ; les deux rives 
sont à pic et les vallons qui descendent de la montagne for- 
ment une multitude de cascades, se précipitant dans la Tinée 
d’une hauteur de plus de cent mètres. En somme, mon avis 
eçt que le territoire de Clanz doit être laissé aux Nematuri. 

Les Oratelli sont placés par Walckenaer 1 2 entre la mon- 
tagne d’Oret et le lieu nommé Orres. Tout en mentionnant 
cette opinion, M. Desjardins* dit qu’on peut en douter; 
Gioffredo 3 les place près de Peille au village détruit d’Oira ; 
Durandi 4 et Papon 5 6 les placent à Utelle, dans la basse 
vallée de la Vésubie. C’est l’opinion que j’ai adoptée. 

Les Nerusii ou mieux les Nemesii étaient à Vence, nous 
en avons la preuve évidente par le témoignage de Ptolémée*. 

1. Oéogr. des Gaules, t. II, p. 66. 

2. De«j., loc. cit., p.255. 

3. Gioffred., Stor. etc. 

4. Durandi, JlPiem. cisp., n. 27. 

5. Hist. gén. de Prov , p. 113. 

6. 111,1,41. 


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— 239 — 

Walckenaer 1 2 voit les Velauni dans les environs de Vau- 
velause sur les bords du Verdon, au nord de Castellane ; 
Papon* les place vers l’embouchure du Var, et d’Anville 3 et 
Durandi 4 , vers Guillaume ou Beuil. C’est cette dernière 
position qu’à mon avis ils devaient occuper. 

Les Suetri sont bien connus, grâce au texte de Ptolémée 5 6 . 
Ils habitaient les alentours de Castellane (Salinium), qui 
était leur capitale. 

Tels sont, dans nos régions, les peuples que mentionne 
l’inscription de la Turbie. Mais il y avait encore les Inti- 
milii, qui dépendaient du municipe d 'Album Intimilium ; 
les Vediantii, qui formaient la cité dont Cimiez était la 
capitale ; les Quariates, que mentionnent l’arc de Suze et 
Pline * : je les ai placés, tout à fait conjecturalement, entre le 
Var et l’Esteron pour me conformer au texte de Pline, qui 
dit : « Regio Oxubiorum, Ligaunorumque. Super quos 
Suetri, Quariates, Adunicates. » Il existe dans cette région 
un lieu nommé Cuébris, que les anciennes chartes nom- 
ment Cuabrias, mot qui m’a paru se rapprocher quelque 
peu de Quariates ; mais je me hâte de dire que je n’en 
tire aucune conclusion : car il est fort possible que les 
Quariates se soient trouvés de l’autre côté des Suetri, dans 
les environs de Forcalquier 7 . 

J’en dirai tout autant des Adunicates, que j’ai placés à 
à tout hasard entre le Chanz et le Var, au-dessus des Qua- 
riates. 

J’ai placé les Montant de Pline dans la région de l’Aution 
et du Moulinet, et les Alpini suc le massif montagneux 
qui sépare Breil de Saorge, parce que ces peuples sont encore 
aujourd’hui nommés les Alpins dans le langage du pays. 
A dire vrai, je crois que le nom d' Alpini devait être donné 
à l’ensemble des peuples habitant la région des Alpes, quels 

1. Walck., Oéogr. etc.,X. II. p. 66. 

2. Papon, Hist. de Prov ., t.I.. p. , 114. 

3. D'Anvillo, Notice, p. 684. 

4 . Dnrandi, Piem.cisp. ant., p. 27. 

5. Ptol. III, 1.41. 

6. Pline, Hat. hist., III, 4 (5), 35. 

7. Walck, Oéogr. des Gaules, X. II, p. 3435 et Desjard., Oéogr . etc., p. 100. 


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240 — 


que fussent d’ailleurs leurs noms spéciaux ; il est donc fort 
possible que le mot Alpini n’ait jamais désigné une peu- 
plade particulière, mais bien toutes les peuplades habitant 
ces régions. Restent les Salyes, que j’ai placés sur le rivage 
dans l’ancien territoire attribué autrefois aux Marseillais. 

En finissant cette longue énumération, je dois dire que, 
sauf quelques-unes qui sont certaines, toutes ces attribu- 
tions sont nécessairement conjecturales et que l’on aurait 
tort de vouloir y trouver autre chose que des mieux que 
rien. Nous n’avons, pour nous guider dans ces sortes de 
travaux, que quelques ressemblances de noms et ujj certain 
ordre géographique que l’on paraît avoir suivi dans la 
rédaction de l’inscription de la Turbie : on ne peut donc 
que proposer des solutions plus ou moins acceptables, mais 
nullement certaines. 

Six des noms de peuples, cités par le monument de la 
Turbie, sont aussi inscrits sur l’arc de Suze ; ce sont les 
Caturiges, les Medulli, les Edenatii ou Adanatii , les 
Egdini ou Ectini, les Vea mini et les Vesubiani ou Esu- 
biani. Il n’y a à cela rien d’étonnant : car Pline ne dit pas 
que toutes les cités de Cottius furent fidèles ; mais bien 
que douze d’entre elles restèrent fidèles ; et le petit royaume 
de l’ami des Romains dut être quelque peu modifié après 
les victoires d’Auguste. 


N» 280 (Perdue) 

itnp. c AESARI 

AVGVSTO 

Imperatori Cæsari Augusto 

A l'empereur César Auguste.... 

Cette inscription a été découverte à la Turbie par 
J. Boileau, un Anglais qui venait continuer les recherches 
de Ricolvi. Elle a été publiée par le comte de Cessole dans 
les Mém. de l’Ac. de Turin , sér. II, vol. V, p. 166 et 


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241 


planche n. 3. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. pag. 318, 
325. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7818. - 
D’après le comte de Cessoles, cette inscription étai t gravée 
sur un grand piédestal de près d’un mètre de haut et d’un 
peu plus d’un mètre de large. Les lettres avaient 11 cent, 
de haut et les interstices entre les lignes étaient de 7 '/* cent. 
Ces renseignements et ces mesures excluent la possibilité 
de rapporter ces mots à l’inscription de la Turbie, dont les 
lettres, on vient de le voir, sont beaucoup plus grandes. 
Du temps de M. de Cessoles cette inscription était dans la 
propriété Gastaud ; je ne l’y ai plus trouvée. 

•* 4 


Inscriptions militaires 


N° 281 

Imp Caesar 
avgvsTvs- imp- X 

TRIBVNICIA 

POTESTATE- XI 
5 B G I 

Imperator Cæsar Augustus, imperator decem, tribuni- 
cia potestate undecim sexcentesimum primum (millia- 
rium.) 

L'empereur César Auguste, proclamé empereur pour la dixième fois, en 
possession de la puissance tribunitienne pour la onzième fois. Six cent premier 
milliaire. 

Ce qui correspond à d’année (de Romô) 742. Auguste 
commença ses puissances tribunitiennes le 27 juin de l’an de 
Rome 731, et à partir de cette époque, il les renouvela 
toutes les années à la même date : c’est donc après le 27 
juin 742 que l’inscription a été placée, ou soit l’an 12 avant 
notre ère. Cette voie fut donc exécutée presque immédiate- 
ment après les victoires d’Auguste sur les peuples des Alpes, 
an 739-740; mais il ne faudrait pas en conclure qu’elle 
n’existait pas auparavant. Auguste en fit une voie romaine ; 
il la répara, la stratifia, la fournit de milliaires ; mais il est 


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— 242 — 

certain que la voie existait dès longtemps auparavant. J’ai 
donné ailleurs 1 2 des preuves de son existence antérieure- 
ment à Auguste ; depuis, M. Mommsen * s’est exprimé en 
ces termes à son sujet : « Ea via, quamquam nequaquam 
recto rigore procedit, unius loco fuisse et primariam adeo 
viarum ex Italia in Galliæ ducentium secundum haec dubi- 
tari non potest. » 

Le chiffre 601, qui termine l’inscription, indique le nom- 
bre de milles parcourus depuis Rome ; on peut les divi- 
ser ainsi : 


millet. 

Voie Flaminia, de Rome à Rimini CCXXI 

» Aemilia (Lepidi), de Rimini à Plaisance . CLXVIII 

» Postumia, de Plaisance à Tortone LU 

» Aemilia (Scauri), de Tortone à Vado . . LXXVI1II 
i> Julia Augusta de Vado au Var XCIII 

Ce qui donne un total, nécessairement ap- 
proximatif, de 613 milles 

de Rome au Var. 


Cette inscription a été publiée par Lanciarez (1756) ms p. 
24. — Letronne, Inscription d'une borne milliaire, dans 
la Revue archéologique, 2* année, 1" partie, p. 173. — 
Henzen, Supl. Orell. n. 5101. — Tisserand, Hist. de Nice, 
1. 1, p. 37. — Carlone, Vest. épigr. p. 53, n. 76. — A. de 
Longperrier, Y Hiver à Menton, p. 29. — Mommsen, Corp. 
t. V, vol. 2, n. 8094. 

D’après Lanciarez cette inscription était autrefois au 
quartier des Veilles sur le versant du mont Ricart, à 170 pas 
de la route carrossable qui conduit de Monaco à Menton, 
vers la partie orientale, sur la route appelée de son temps 
route romaine. Elle a été trouvée avec les deux suivantes 
dans le mois de mai 1755, et depuis transportée à Monaco. 
Elle est aujourd’hui dans le jardin du palais du prince, 
où je l’ai copiée. 


1. Vente et la voie Julia Augusta, dans los Annales de la Société des Lettres, 
Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, t. IV. 

2. Corpus, inscrip. lat., t. V, vol. 2, p. 828. 


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243 


N» 282 (Perdue) 


CCXII 

1MP- CAES- dlvi 
TRAIAN ». parlhici f. 

DIVI- N ervœ. n. Traia 
5 NVs. Hadrianus. Aug._ 

pont. mctx. trib. pot. ix cos. ui 
viam. Juliam. omG 
aflumine trebbia quàE 
veluslate intercilfàRat 
10 sua pecunia restiluYÏ 
B- C- I 

Ducentesimum duodecimum ( milliarium ). Imperator 
Cæsar divi Trajani parthici filius, divi Nervae nepos, 
Trajanus Hadrianus Augustus, pont maximus, tribunicià. 
potestate nona, consul terlium, viam Juliam Augustam, 
a flumine Trebbia, quæ vetustate interciderat, sua pecunia 
restituit. Sexcentesimum primum ( milliarium ). 

Deux cent douzième milliaire L'empereur César, fils du divin Trajan le 
Parthique, petit-fils du divin Nerva, Trajan Hadrien-Auguste, grand pontife, 
en possession de sa neuvième puissance tribunitienne, consul pour la troisième 
fois, a réparé de ses deniers la voie Julia Augusta (à partir du fleuve la 
Trebbia), que la vétusté avait détruite. Six cent premier milliaire). 

Au premier abord* il semble qu’il y ait contradiction 
entre le chiffre qui commence l’inscription et celui qui la 
termine ; mais en y réfléchissant on s’aperçoit qu’il y a là 
deux indications : la première, la longueur de la voie Julia 
Augusta depuis Plaisance ou la Trébie, et par cela même 
l’indication du nombre de milles qu’Hadrien avait fait 
réparer, et la dernière la numération depuis Rome, qu’ Au- 
guste avait fait établir. On peut donc conclure d’après cela 
que la voie Julia Augusta comprenait : 

La voie Posthumia de Plaisance à Tortone.. 52 milles 


» Aemilia de Torlone à Vado 79 — 

» Augusta de Vado au Var 93 — 

Ce qui donne un total de 224 milles 


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— 244 — 

Ce qui fait qu’il fallait, du point où se trouvait le milliaire, 
12 milles pour se rendre au Var et 212 pour joindre la Trébie. 
Cette mesure concorde très-bien avec celle de Rome, puis- 
que le chiffre total des milles entre Rome et le Var était, 
nous l’avons vu, de 613 milles : il restait donc aussi 12 milles 
& parcourir pour arriver au fleuve. 

Hadrien a fait cette réparation à la voie Julienne en 
l’année 125 après J.-C., qui fut celle de sa neuvième puis- 
sance tribunitienne ; il avait été nommé consul pour la 
troisième fois en 119. 

Cette inscription n’a été publiée que par Lanciarez, ms. 
p. 24, et par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 8095. Aucun 
de ces deux auteurs n’a essayé de restituer ce texte ; je l’ai 
complété d’après deux milliaires du même empereur qui 
sont conservés à la bibliothèque de Nice et que l’on trou- 
vera plus loin. 

Cette inscription était autrefois à côté de la précédente 
au quartier des Veilles; je n’ai pu la retrouver, quelques 
recherches que j’aie faites. 


N® Î83 (Perdue) 

IMP- ANTONINVS 
PIV c FaIIDXV« 

PC VIT 

DCI 

Telle est la leçon que fournissent Lanciarez, ms. p. 24 et 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 8096. — Tisserand, Hist. 
de Nice, tr. I, page 37, et Carlone, Vest. épigr., p. 51, n. 69, 
fournissent un texte qui porte à la 2 e ligne le mot Antonius 
et le chiffre D C I à la dernière ; c’est fort probablement une 
mauvaise leçon du texte ci-dessus, et qui, sans aucun doute, 
doit être rétabli ainsi : 

IMP- ANTONINVS 
PIVS- FELIX- AVG 
PONI- CV RAVIT 
BCI 


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— 245 


Imperator Antoninus, pius, félix , Augustus,poni cura- 
vit; sexcentesimum primum (milli&riurn). 

L'empereur Antonio, pieux, heureux, Auguste, a pris soin de faire placer 
ce milliaire, qui est le- six cent premier. 


Cet imperator Antoninus, pius, felix, pourrait être 
Caracalla ou Elagabale ; mais il est très-probable que c’est 
le premier de ces deux empereurs : car on trouve plusieurs 
milliaires au même nom et dans aucun d’eux le nom n’est 
effacé. Or, on sait que la mémoire d’Elagabale fut proscrite 
et que, par ordre du Sénat, son nom fut effacé des monu- 
ments publics qui le portaient ; il est donc probable que si 
ces milliaires se rapportaient à lui, on aurait trouvé son nom 
effacé, au moins sur quelques-uns d’entre eux. 

Quoique d’après les médailles, Caracalla ne prenne le nom 
de felix qu’à partir de l’an 213, d’après les inscriptions on 
le trouve déjà en possession des noms de pieux et heureux 
en 203*. 

Ce milliaire était à côté du précédent. 


N® 284 

ÏMP ANTONINVS 
PIVS- FELIX- AVG 
PONI- CVRAVIT 

Cette inscription, qui n’a été publiée que par M. Mommsen, 
Corp. t. V, vol. 2, n. 8093, est actuellement à Monte-Carlo, 
près de la gare, où elle a été transportée de Roquebrune, 
dit-on: dans ce cas elle devait porter le chiffre 599 ou 
peut-être 600 ; mais je n’ai pu acquérir la certitude que le 
transport de cette pierre s’était en effet effectué de Roque- 
brune ou des environs ; et il se pourrait que ce fût la même 
que la suivante, qui est mentionnée par divers auteurs et 
que je n’ai pu retrouver. 


1. Wilmanns, Exempte itaeriptionum, n. 987. 


16 


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246 


N» 285 (Perdue) 

Imp antoninvs 

PIVS- FELIX- AVG 
PONI CV RAVIT 
BCII 

Cette inscription est rapportée par Bouche, Hist. de 
Prov., 1. 1, p. 303, et une seconde leçon p. 499. — Gioffredo, 
Stor. dell. Alp. ms. p. 54. — Schiaffino, Ann. eccl. vol. I, 
p. 23. — Durandi, Il Piemonte cisp., p. 85. — Bonifassi, 
Nicien. Inscr., n. 23. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 135. 
— Carlone, Vest. épigr., p. 51, n. 70. — Mommsen, Corp. 
t. V, vol. 2, n. 8097. 

Carlone dit que cette inscription se trouve aujourd’hui 
dans le palais du prince de Monaco, c’est une erreur. 

Ce milliaire était placé entre ceux qui se trouvaient aux 
Veilles et ceux des carrières de la J ustice qui portaient le 
numéro 603. 


N» 286 

Imp- Caesar 

AVGVSTVS imp. x 

TR1BVNIG ia 

POTESTATE • xi 
5 B G III 

Cette inscription est située sur le bord de la voie romaine, 
à cet endroit entaillée dans le roc, à côté des carrières dites 
« Carrières de la Justice, » parce que, pendant tout le 
moyen âge, c’est là que se faisaient les exécutions capitales. 
C’est de ces carrières, qu’ont été tirés par les Romains 
les matériaux qui ont servi a élever le monument ancien de 
la Turbie. Elles sont situées 600 mètres avant d’arriver 
à la Turbie. 

On trouve cette inscription dans Ricolvi, Inscriz., n. 24. 
— Zaccaria, Excurs. litt ., 1, 53. — Bonifassi, Nie. inscr., 


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247 


n. 17. — Le comte de Cessoles, Mém. de l'Ac. de Turin , 
II* série, vol. 5, p. 167, pl. 6. — Bourquelot, Inscr. a nt., 
n. 137. — Sanguinetti, Inscr. dell. Lig., p. 317 et 324. — 
Tisserand, Hist. de Nice, 1. 1, p. 37. — Carlone, Vest. épigr. 
p. 53, n. 79. — Mommsen, Corp, t. V, vol. 2, n. 8098. 

Carlone lui donne le vallon de Laghet pour emplacement, 
ce qui est faux. 

N° 287 

imP- ANTONINVS 

PIVS- FEUX- AVG 
TJNI- CVRAVIT 
BC III 

Cette inscription est située à côté de la précédente. On la 
trouve chez Ricolvi, Inscriz., 25. — Maffei, Mus. ver. 
ccxxxi, 8. — Donati, Sup. ad. thés. Mur. ccxvi, 4 — 
Lanciarez, ms. p. 23. — Comte de Cessoles, Afem. de l'Ac. 
de Tur., sér. II, vol. 5, p. 167, pl. 7. — Durante, Chorogr., 
p. 30. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 136. — Sanguinetti, 
Inscriz. dell. Lig., p. 317 et 324. — Tisserand, Hist. de 
Nice, t. I, p. 37. — Carlone, Vestig. épigr., p. 51, n. 71. — 
Mommsen, Corp., t. V., vol. 2, n. 8099. 

N® 288 

IMP CAesAR 

avgvsTvs- iivipx 

TRIBVNICIA 
POTp«tatf. XI 
5 d CI V 

Cette inscription a été trouvée près de la Turbie ; elle est 
actuellement dans la salle d’entrée de la bibliothèque 
municipale de Nice. 

Elle a été publiée par le comte de Cessoles, Mém. de l’Ac. 
de Turin, II* série, vol. 5, p. 167, pl. 8. — Bourquelot, 
Inscr. antiq., n. 138. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., 
p. 317 et 324. — Tisserand, Hist. de Nice, 1. 1, p. 37. — 


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— 218 — 

Carlone, Vest. épigr., p. 53, n. 77. — Mommsen, Corp., 
t. V, vol. 2, n. 8100. 


N° 289 

Imp Caesar 

AuGVSTVS- imp- X 

TRïBVNICIA 

POTESTATE- XI 

5 DCV 

Ce milliaire est actuellement au quartier de l’Espéraille, 
sur le rebord de la voie romaine. 

On trouve ce texte dans le Mémoire de M. de Cessoles, in 
Mém. de l'Ac. de Turin , II e série, vol. 5, p. 168, planche 
n. 10. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 140. — Sanguinetti, 
Inscrit . dell. Lig., p. 318, 324. — Carlone, Vestig. épigr., 
p. 53, n. 78. — Gazzera, ms. — Mommsen, Corp., t. V, 
vol. 2, n. 8101. 

N» 290 
ccx \ I 

IMP- CAESAR- DIVI 
TRAIANI- PARTHICI- F 
DIVI NERVAE N TRAIA 
5 NVS- HADRIANVS AVG_ 

PONT_MAX- TR1B- POT- IX 
COS- III VIAM IVLIAM 
A VG- A FLVMINE- TREB 
BIA- QVAE vwtv î>TATE 
10 1NTE°l.iDERAT- SVA 
PE r / NIA REST1TVIT 
DCV 


Cette inscription, trouvée à côté de la précédente, est 
actuellement dans la salle d’entrée de la bibliothèque mu- 
nicipale à Nice. 

A l’exception des chiffres, qui sont différents, elle doit être 


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349 


lue comme celle qui porte le numéro 282. Le chiffre supé- 
rieur se restitue avec certitude puisqu’il reste celui de la fin. 

Trouvée par Boileau, cette inscription a été publiée dans 
1 e Guide de Nice, de Risso, p. 206. — De Cessoles, Mém. de 
l'Ac. de Tur., II* série, vol. 5, p. 168, pl. n. 9. — Henzen, 
Supl. Orell., n. 5103. — Elle est aussi dans les manuscrits 
de Gazzera, à qui M. l’abbé Montolivo l’avait communiquée. 
— Durante, Chorographie,.p. 29. — Bourquelot, Inscr. 
anf., n. 139. — Letronne, Rev. arch. (1845), p. 175. — 
Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 318,325. — Tisserand. 
Histoire de Nice, t. I, p. 379. — Carlone, Vest. épigr., p. 54, 
n. 81. — Bourguignat, Insc. rom. de Vence, p. 79. — 
Gerol. Rossi, Vintimiglia p. 41. — Mommsen, Corp., t. V, 
vol. 2, n. 8102. 

N® 291 

ccxvii 

*’ M P b A E S A H blvi 
T R A * A N I • P A R T H«?» /*. 

DI VI NERVAE N TRata 
5 NVS • HADRIANVS aug 
PONTVMAXTRIB- POf ix 
COS • 111 • VIAM IVLI AM aug. a. 

FL V M iNiErt nB I A • 0 uœ 
VETVSTATE INTERCI DE raf 
10 SVA • PECVNIA- RESTITu 1T 
BCVI 

Cette inscription était autrefois au quartier Saint-Pierre, 

à côté de la suivante : elle a été ensuite brisée : ses mor- 
« 7 

ceaux ont roulé dans le fond du vallon de Laghet, d’où ils 
ont été retirés pour être restaurés et placés dans la salle 
d’entrée de la bibliothèque municipale de Nice. 

On trouve cette inscription dans M. de Cessoles, Mém. 
de l’Ac. de Turin, II* série, vol. V, p. 168 et pl. n. 12. — 
Dans le manuscrit de Gazzera. — Risso, Guide de Nice, 
p. 190. — Bourquelot, Inscr. anf., n. 142. — Sanguinetti, 


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250 


Inscr. dell. Lig., p. 319-326. — Carlone, Vest. épigr., p. 55, 
n. 82. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8103. 

N° 292 
IMP 

ANTONINVS 

P1VS 

FELIX- A VG 
5 poni curav 1T 

dcvi 

Cette borne est encore en place au vallon de Laghet, au 
quartier Saint-Pierre, sur le bord de l’ancienne voie : elle 
portait sans aucun doute le numéro 606 ; car elle est placée 
à un mille du numéro 605 et à pareille distance du 607. 

Elle a été trouvée par Boileau, qui la fournit à Gazzera, 
ms. (1841). — De Cessoles, Mém. de l'Ac. de Tur., II® sér., 
t. V, p. 168, pl. n. 11. — Bourquelot, Inscr. ant., n. 141. 
— Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig.. p. 319-325. — Carlone, 
Vest. épigr., p. 52, n. 75. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
n. 8104. — Tisserand, Ilist. de Nice, t. I, p. 37, cite deux 
fois cette inscription incorrectement, 2* ligne, Antonius, 
etc. ; il ne mentionne pas l’absence du chiffre. — Carlone, 
Vest. épigr., p. 52, n. 72, la cite ; d’après lui ce sont là trois 
textes qui assurément n’en font qu’un seul, celui qui est 
donné ci-dessus. 


N» 293 

IMP- CA esar 
AVGVSTVS- iroPX 
TRIBVNICIA_ 

POTESTATE- XI 
5 BGVII 

Cette inscription est encore en place sur le bord de la 
voie romaine, au lieu dit Pierre longue, au quartier de 
Garquier. Publiée par Ricolvi, Ins., p. 21. — Maffei, Mus. 
ver., ccxxxi, 7. — Donati, Supl. ad thés. Mur., ccix, 1. 


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— 251 — 

— Risso, Guide de Nice, 206. — Bertolotti, Viaggio 
per la Liguria marit., i, 196. — DeCessoles, Mém. de l'Ac. 
de Tur., II e série, vol. V, p. 169, pl. n. 12. — Bourquelot, 
Inscr. ant., n. 143. — Sanguinetti, Inscr. dell. Lig., p. 320, 
326. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 37, très-incor- 
rectement, 2 e ligne AVG. BTRX etc. — Carlone, Vest. 
épigr, p. 54, n. 8, donne les deux leçons. — Mommsen, 
Corp. t. V, vol, 2, n. 8105, donne quatre leçons de cette 
inscription, d’après de Cessoles, Ricolvi, Risso et Gaz- 
zera. La leçon de M. de Cessoles est la seule exacte. 

i 

N» 294 

ccxix 

imp. Caesar 

divi tr ai a ni . partie t • f 
Dioi nervœ n. fralANVS 
5 HADRIANVS pont • MAX- TRIB 
POT- IX COS- iii. via M- IVLIAM 
AVG- A- FLVMINE TREBIA- QVAE 
VETVSTATE- INTERCIDERAT 
SVA- PECVNIA- RESTITVIT 
10 BCV1I1 

Cette inscription est située à un mille au-delà de la pré- 
cédente, presque au fond du vallon de Laghet, toujours 
dans le quartier nommé Garquier. 

J’ai rétabli le chiffre du commencement à l’aide de celui 
qui termine l’inscription. 

On trouve cette inscription chez Ricolvi, Inscriz. ms. n. 22. 

— Maffei, Mus. veron. ccxxxi, 5. — G. L. Oderico, Lettere 
ligustiche (1792) p. 66. — Donati, Supl. ad thés. Mur. 
ccxiv, 2. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 22. — Amoretti, 
Viaggio da Milano a Nizza, 1829, p. 59. — Risso, Guide de 
Nice, p. 207. — Navoni, Passeggiata, p. 165. — Bertolotti, 
Fiag. p. la Lig., i, 196. — De Cessoles, Mém. de l'Ac. de 
Turin, 11 e série, vol. V, p. 169, pl. n. 14. — Gazzera, ms. 

— Bourquelot, Inscr. ant. n. 144. — Sanguinetti, Inscriz. 


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252 


dell. Lig. p. 320, 326. — Carlone, Vest. épigr. p. 56, n. 83. 
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 8106. 

N* 295 

imp. a-NiONINVS 
P1VS- FELIX- A VG 
PONI- CVRAV1T 
B C VIII 

Cette inscription est située sur le sentier qui de la Trinité 
va joindre le vallon de Laghet. Elle devait être autrefois à 
côté de la précédente, mais elles ont été remuées toutes 
deux. 

Ricolvi, Inscriz. ms, n. 23. — Maffei, Mus. veron. 
ccxxxi, 6. — Donati, Supl. ad thés. Mur. ccxvn, 3. — 
Bonifassi, Inscr. nie. n. 21. — Durante, Hist. de Nice, 
1,85. — Amoretti, Viagg. da Mil. p. 59. — Risso, Guide 
de Nice, p. 207. — Bertolotti, Viagg. p. la Lig., i, 191. — 
De Cessoles, Mém. de l'Ac. de Turin, II* série, vol. V, 
p. 169, pl. n. 15. — Gazzera, ms. — Bourquelot, Inscr. ant. 
n. 145. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 320, 327. — 
Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 37. — Carlone, Vest. 
épigr. p. 52, n. 74. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 
8107. 

Telles sont les inscriptions milliaires qui se trouvent dans 
la région de Monaco; presque toutes les bornes qui les 
portent se rencontrent ou dressées le long de l’antique 
voie ou renversée? sur ses bords. Quelques-unes ont été 
transportées à Nice, dans la bibliothèque municipale ; d’au- 
tres ont été roulées ; mais à l’aide d’un pareil nombre de 
monuments, il est, on le comprend, très facile de restituer le 
passage de la voie Julia Augusta, et de corriger ce que 
l’Initéraire d’Antonin et la table de Peutinger peuvent avoir 
de fautif dans nos régions. 


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253 - 


Inscription» militaires 


0 

N° 296 

PVB. vale RIVS 
C- Filius. VOLT 
RVSTICVS t 
DoM an/IP- mL 
5 COHORTIS- g AE 
HIC- SITVS- EST 

Publius Valerius, Caii filius, Voltinia Rusticus, domo 
Antipoli, miles cohortis Gætulorum, hic situs est. 

Publius V&lériUs Rusticus, fils de C&ïus, de la tribu Voltinia, originaire 
d'Antibes, soldat de la cohorte des Gôtules, est situé ici. 

Cette inscription sert de pierre à laver à la fontaine qui 
se trouve entre Monaco et le monastère de Laghet. Elle est 
très fruste ; mais je crois être certain de ma lecture. 

Ricolvi, Inscriz. ms. n. 17. — Bonifassi, Nie. inscrip, 
n. 90. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Carlone, 
Vest. èp. p. 118, n. 191. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 
7820. 

On savait déjà, par d’autres inscriptions, qu’ Antibes était 
inscrite à la tribu Voltinia. 

Tous les auteurs qui ont, avant moi, publié cette inscrip- 
tion ont lu à la cinquième ligne cohortis AFR ou cohortis 
AE ; aucun n’a su lire la ligne 4 et tous l’ont abandonnée 
comme irrestituable. 


N® 297 

h EaEu&S EX TEST 
L- AEMILIVS- BANNO D 
CRISPVS- IBZALA ) 
COSCONIVS GALLVS 
5 MILES 


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254 


Heredes ex testamento ( posuerunt ) Lucius Aemi- 

lius Banno, centurio, Crispus Ibzala, centurio,(et) Cos- 
conius Gallus, miles. 

Se? héritiers lui ont élevé ce monument et d'après son testament (ce 

sont) Lucius Aemilius Banno, centurion, Crispus Ibzala, centurion, et Cosco- 
nius Gallus, soldat. 

Cette inscription est connue depuis Gioffredo, Nie. civ. 
p. 19; d’où lui-même dans son ms. de la Stor. dell. Alp. 
p. 50. — Muratori, Nov. thesaur. dcclxxvi, 2. — Ricolvi, 
Inscriz, n. 18. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 83. — Durante, 
Chorogr. p. 26. — Sanguinetti, Inscr. dell. Lig. p. 215. — 
Bourquelot, Insc. a ni. n. 52. — Tisserand, Hist. de Nice, 
t. I, p. 43. — Carlone, Vestig. épigr. p. 117, n. 190. — 
F. A. Brun, Revue de Nice (1874), pag. 12. — Mommsen, 
Corp. t. V, vol. 2, n. 7819. Cet auteur a vu' l’inscription, 
mais n’a pas vu la première ligne qui existe pourtant bel et 
bien ; à la troisième ligne il a lu Idzala. 

Cette inscription, qui était autrefois entre la Turbie et 
Eze, est actuellement à Nice, dans le jardin de M. Brun, 
rue Saint-Etienne, 30, en attendant que la Société des Let- 
tres, Sciences et Arts de cette ville puisse la recevoir dans 
son local. 


N» 298 


(—. MONTANVS 

II- vocontiv's 

OH' I- LIG- M1SSICIVS 
VF 


Lucius Montanus ( miles et) Lucius Vocontius, cohortis 
primae Ligurum missicius, vivi fecerunt. 


Lucius Montanus, soldat, et Lucius Vocontius, vétéran de la première 

cohorte des Ligures, lui ont de leur vivant élevé ce monument. 

Cette inscription est actuellement conservée dans le 
jardin du palais du prince de Monaco, où je l’ai lue. Elle a 
été plusieurs fois déjà publiée ; notamment par Bouche, 


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255 


Hist. de Prov. t. I, p. 303. — Lanciarez, ms. p. 23. — 
Bonifassi, Nie. inscr. n. 12. — Bourquelot, Inscr. a nt. n. 
64. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Alf. de 
Longperrier, YHiver à Menton, p. 30. — Carlone, Vest. 
épigr. p. 35, n. 26. — Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 
7822. 

Inscriptions municipales 

N° 299 (Perdue) 

M- CQELIO- L- F 
F al- CRESCENTI 
q • AED- ii. VIRO 
IVNIA M- F- TERTVLLA 
5 MATER 

f 

Marco Cœlio Lucii filio Falerna (tribu) Crescenti, quœs- 
tori, aedili, duumviro : Junia Mucii filia Tertulla, mater. 

À Marcus Cœlius Crescens, fils de Lucius, de la tribu Falerna, questeur, 
édile, duumvir ; Junia Tertulla, fille de Mucius, sa mère (lui a élevé ce monu- 
ment). 

Cette inscription a été publiée par Bouche, Hist. de Prov. 
t. I, p. 303. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 54. — 
Lanciarez, ms. p. 21. — Durandi, Il Piemonte cisp. p. 84. 
— Bonifassi, Nie. inscr. n. 79. — Bourquelot, Inscr. a nt. 
n. 44. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. > — Carlone, 
Vest. épigr. p. 36, n. 27. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. 
n. 7824. 

J’ai suivi la leçon fournie par M. Mommsen. Bouche et 
après lui Bourquelot, Carlone, etc. avaient lu : FAB au lieu 
de Fal. Je ne crois pas qu’il puisse y avoir de doute sur le 
nom de la tribu, puisque nous savons de source certaine que 
Vintimille était rattachée à la tribu Falerna. 

D’après Bouche, cette inscription se trouvait autrefois au 
port de Monaco. Ce quartier a tellement changé dans ces 
dernières années, qu’il n’est pas étonnant qu’elle ait disparu : 


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256 


peut-être a-t-elle été employée dans quelque bâtiment neuf 
de la Condamine ; peut-être est-elle brisée ; mais dans tous 
les cas, elle ne se trouve pas au lieu où Bouche l’indique, et 
c’est en vain que je l’y ai cherchée. 

N® 300 

W • AVELIO c* VI • F- FAL 
PATERNO- DEC- QVI 
V1-AN-XVI1II M X-D -XIX 
M/ • AVELIVS- W • F- MA 
RCELLVS- ET- CÔMI 
SIA- TRANQVILLINA- PA 
RENTES-FILIO-PIENTISSI 
»MOC5 

Manio Avelio, Manii filio, Falerna (tribu) Paterno , 
decurioni, qui vixitannos uno-de vinginti, mcnses decem, 
diesuno de vinginti : Manius Avelius, Manii filius, Mar- 
cellus etComisia Tranquillina, parentes, filio pientissimo 
(fecerunt). 

À Maniug Avélius Paternus, fila de Manius, de la tribu Falerna, décurion, 
qui vécut dix-neuf ans, dix mois et dix-neuf jours : Manius A véiius, Marcel lu», 
fils de Manius, et Comisia Tranquillina, ses parents, à leur filsbien-aimé ont 
élevé ce monument. 


Cette inscription qui, d’après Lauciarez, a été trouvée en 
1756 à Roquebrune, est encore actuellement conservée dans 
le vieux château qui domine le village. 

Lanciarez, ms. p. 26. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 
182; — cet auteur déclare la tenir de M. Henri Longperrier, 
Y Hiver à Menton, p. 91. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. 
n. 7823, qui déclare la tenir de G. A. Muller. — Gerolamo 
Rossi, Descrip. de la ville de Vintirrt. p. 42. 

Manius Avélius était décurion de Vintimille, qui, comme 
je viens de le dire, était inscrite à la tribu Falerna ; son 
prénom Manius ne se lit, dans nos régions, que sur les ins- 
criptions de cette cité. C’est la première fois que je rencontre 
un décurion aussi jeune. 


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— 257 — 

Le gentilicium Avilius est très commun, celui à'Avelius 
l’est moins; mais on le rencontre pourtant quelquefois. Dans 
tous les cas, ici il ne peut y avoir aucun doute : c’est bien 
Avelius que porte la pierre. 


N» 301 


PME 

\t ilio p/YTERT VLINO A 

LA VH 

■Lavin • Il EV 

D P- ME 

tilius- rerVrVLLINVS M 

VENN 

onianus fY P 


Diis Manibus. Publio Metilio, Publii filio, Tertulino 
LauroLavinensi, egregio viro, Publius Métilius Tertuli- 
nu8 Vennonianus, filius, vivus, posuit. 

Aux dieux mAnes. A Publius Métilius Tertulinus, fils de Publius de Lauro* 
lavinium, homme égrège Publius Métilius Tertulinus Vennonianus, son fils, 
de son vivant lui a fait ce monument. 

Ce texte se reconstitue très facilement à l’aide de deux 
autres inscriptions qui mentionnent le même personnage; 
l’une de ces inscriptions fut trouvée à Albenga. Publius 
Métilius y est qualifié de clarissimus vir, de questor desi- 
gnatus et de patronus. Le monument lui est élevé par la 
plebs urbana Albingaunense. 

Cette inscription est aujourd’hui à Menton dans le mur de 
la maison d’habitation de la villa Savaresc, qui appartenait 
autrefois aux Galléan de Saint- Ambroise. M. A. de Long- 
perrier prétend qu’il y a à côté un temple de Diane. J’ai bien 
vu une vieille construction d’apparence romaine ; mais rien 
n’indique que ce fût un temple et que ce temple ait été 
consacré à Diane. 

Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43, publie le second 
fragment de cette inscription, qu’il dit avoir été trouvée à 
Gorbie ; mais comme il ajoute « à côté d’un temple de 
Diane, » il me semble certain que c’est une erreur de copie 
et que cet auteur a simplement mal copié le renseignement 
fourni par M. Alfred de Longperrier dans Y Hiver à Menton , 


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Î68 


p. 4. — Carlone, Vestig. épigr. p. 122, n. 197. — Sangui- 
netti, Inscriz. dell. Lig. p. 181. — Ger. Rossi, Descrip. de 
la ville de Vintim. p. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 
7825, qui la tient de J. B. Jonas et de Gerolamo Rossi. 

N» 30 2 (Voy. PI. IV, n» 18). 

Lucius Ulattius Macrinus et Aemilia , Publii filia, Po- 
silla, sibi et Lucius Ulattio Macro filio, Burciæ Manii 
filiæ Secundæ, Aemiliæ, Muci filiæ, Marcellae, vivi fece- 
runt. 

Lucius Ulattius Macrinus et Aemilia Posilla*, fille de Publias, pour eux et 
pour Lucius Ulattius Macrus, leur fils, pour Burcia Secunda, fille de Manius,et 
pour Aemilia Marcella, fille de Mucius, de leur vivant, ont fait ce monument. 

Cette inscription, qui se trouve actuellement scellée sous 
un banc, à gauche de la porte de l’église d’Eze, a été publiée 
par Gioffredo, Nicia civitas, p. 24 et dans la Stor. dell. 
Alp. ms. p. 50. — Muratori, Novus thés, mccxxviii, n. 7. 
— Bonifassi, Nie. inscr. n. 122. — Gazzera, ms. — Durante, 
Chorog. p. 32. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 223. — 
Bourquelot, Inscr. ant. n. 113. — Tisserand, Hist. de 
Nice, t. I, p. 44. — Carlone, Vestig. épigr. p. 34, n. 25. — 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 7963. 

Il n’est pas un seul des auteurs qui l’ont publiée jusqu’à 
ce jour, qui l’ait exactement représentée ; c’est pourquoi je 
l’ai dessinée sur ma planche. 

N» 303 

P- L- F- EMILIO sic 
P A T E R N 0 
FILIO P I E N T 
IS.IM® • PARE 
5 N T E S • I N F E 
L I G I'S I M I 

F C 

Publio Lucii filio, (. A Jemilio Paterno, filio, pientissimo, 
parentes infelicissimi faciendum curaverunt. 


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*59 


A Publias Aemilius Paternus, fils de Publ : us, leur fils biem-aimé, ses 
malheureux parents ont pris soin de faire élever ce monument. 

Cette inscription est conservée dans le jardin du palais des 
princes de Monaco. Elle est gravée sur un ossuaire de 
moyenne grandeur qui porte deux panneaux : un seul, celui 
de droite, porte une inscription ; le second panneau n’a 
jamais été inscrit. Ce texte est singulier, à cause de la place 
que le graveur a choisie pour indiquer la filiation : réguliè- 
rement il faudrait P. Emilio L. F. Patemo. Je ne connais 
que cet exemple dans le département. 

Ce monument a été publié par Bouche, Hist. de Prov. 
t. I, p. 303. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 54. — 
Durandi, Il Piem. cisp. p. 85. — Bonifassi, Nie. inscr. n. 
98 et 101. — Bourquelot, Inscr. ant. n. 95. — Tisserand, 
Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Carlone, Vest. épigr. p. 36, 
n. 30. — Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. en donnî une autre 
copie, p. 50, d’après les notes de Barthélemy Richelmy, séna- 
teur. — Schiaffino, Annali ecclesiastici délia Liguria, 
vol. 1, p. 23. — Lanciarez, Memorie storiche di Monaco, 
ms. p. 24. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 184. — Alf. 
deLongperrier, VHiv. à Ment. p. 30. — Mommsen, Corp. 
t. V, vol: 2. n. 7826. 


N° 304 (Perdue) 

AEMILIAE- MATRI 
AEMILIA- FILIA 
OSSVARIVM- FECIT 
et sur le côté : 

RVFFINAE- FILIAE 
MATER- RVFF1NA 
OSSVARIVM- FECIT 

Aemilise Matri, Aemilia filia, ossuarium fecit. Ruffinae 
filiæ, mater Ruffina ossuarium fecit. 

A Aemilia ea mère, Aemilia, sa fille, a fait cet ossuaire. A Ruffina, sa fille, 
' sa mère Ruffina a fait cet ossuaire. 

Cette leçon est celle que fournit Lanciarez dans ses Ann. 


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260 


eccl. dell. Lig. t. I, p. 23. Elle n’a été suivie que par 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 7827 et par moi ; tous ces 
autres auteurs ont suivi Bouche, Hist. deProv. 1. 1, p. 303, 
qui fournit la suivante : 

EMILIAE- FILIAE 
EMILIA- MATER 
OSSVARIVM- FECIT 

(A)Emiliæ filiæ (A)Emilia mater ossuarium fecit. 

A Aemila, sa fille, Aemilia, sa mère, a fait cet ossuaire. 

Ainsi donnée, cette inscription a été publiée par Gioffredo, 
Etor. dell: Alp. ms. p. 54. — Durandi, Il Piem. cisp. 
p. 85. — Bonifassi, Inscriz. dell. Lig. n. 65. — Bourquelot, 
Inscr. ant. n. 104. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. 
— r Carlone, Vest. épigr. p. 36, n. 28. — et [Mommsen, à 
côté de la précédente. 

Il semble bien que ce soit la même; mais peut-être est-elle 
différente de celle que donne Lanciarez, et faudrait-il en 
compter deux. 

Au dire de Bouche, cette inscription était à côté de 
l’église de Sainte-Dévote entre Monaco et Monte-Carlo. 

N° 305 (Perdue) 

IVNIAE- M F 
TERTVLLAE 
L GOELIVS 
NIGANDER 

Juniæ Muci, filiæ Tertullæ, Lucius Cœlius Nicander. 

Et Junia Tertulla, fille de Mucius, Lucius Cœlius Nicander (a elevé ce mo- 
nument). 

Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 303. — Gioffredo, Stor. 
dell. Alp. ms. p. 54. — Lanciarez, Ann. eccl. p. 21. — 
Bonifassi, Nie. inscr. n. 124. — Bourquelot, Inscr. ant. 
n. 90. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Carlone,* 
Vestiges épigraphiques, p. 36, n. 29. — Mommsen, Corp. 
t. V, vol. 2. n. 7830. 


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— 261 — 

J’ai suivi la leçon de M. Mommsen. 

Bouche place cette inscription à Monaco ; Lanciarez, par 
erreur sans doute, la place à Serravalle en Toscane. 

N» 306 (Perdue) 

D- M 

AEM1LIAE- M- FIL- RVFINAE 
M- AEMILIVS- RVFVS 
ET VETTIA • GVPITA 
5 PARENTES 

FILIAE- PIENTISSIME- POSVERVNT 

Diis Manibus. Aemiliæ, Marci filiæ, Rufinæ ; Marcus 
Aemilius Rufus et Vettia Cupita, parentes, filiæ pientissi- 
m(a)e posuerunt. 

Aux dieux mânes. A Aemilia Ruflna, fille de Marcus ; Marcus Aemilius 
Rufus et Vettia Cupita, ses parents, à leur fille bien-aimée ont placé ce monu- 
ment. 

Ce texte n’est donné que par Schiaffino, Ann. eccl. clell. 
Ligur. vol. 1, p. 23 et par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. 
n. 7828. J’ai suivi sa leçon, sauf pour la division des lignes, 
que j’ai quelque peu changée. 

Schiaffino prétend que cette inscription était de son temps 
(1652) à Monaco. 


N® 307 (Perdue) 

CORNELIAE- IRENAE 
CORNELIVS- ZENON 
PATER-FILIAE-KAR1SSMAE 
0SSVAR1V- SE- VIVO- FECIT 

Comeliæ Irenæ, Cornélius Zenon, pater, filiæ karis- 
simæ ossuarium se vivo fecit. 

A Cornélia Iréna, Cornélius Zénon, son père, à sa très chère fille a fait, lui 
virant, cet ossuaire. 

Comme la précédente, cette inscription n’est rapportée 
que par Schiaffino, Ann. eccl. dell. Lig. 1. 1, p. 23 et, d’a- 
près lui, par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7829. 

17 


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— 262 


N° 308 (Perdue) 

....M SATIN.... 

IVR 

D’après Durante, Chorographie, p. 26, ce fragnlent est 
près de la Turbie au quartier de Cadogan ; je ne l ai pas 
retrouvé. Il a été donné, d’après Durante, par Tisserand, 
Hist. de Nice, t. I, p. 43. — Sanguinetti, Inscriz. dell. 
Lig., p. 215. — Carlone, Vest. épig. p. 117, n. 189. — 
Mommsen, Corp., t. V, v. 2, n. 7821. 


A VINTIMILLE 


Inscription» votives 

N» 309 

APPOLIîf 
V- S 

M- C- ANT1VS 

Appolini votum solvit Marcus C{laudiusJ ? Anthus. 

A Àppolon Marcu9 Claudius Anthus a accompli son vœu. 

Cette inscription est gravée sur un petit autel encastré 
dans l’angle gauche de la façade de l’église de Saint-Roch, 
à Nervia. Elle a été reproduite par Amoretti, Viaggioda 
Milano a Nizza, p. 50. — Navone, Passeggiata per la 
Liguria, p. 186. — G. Rossi, Descr. de la vill. de Vint., 
p. 38. — Sanguinetti, Inscr. délia Lig.,p. 178. — Mommsen, 
Corp., t. V, v. 2, n. 7810. • 


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263 


N° 310 

IVNONI- REGINAE SACR 

OB- HONOREM- ME.MORI AMQV AE • VERGINIAE- P- F 
PATERNAE- P- VERGINIVS RHODION- LIB- NOMINE 
SVOETMETILIAE- TERTVLLINAE- FLAMINIC- VXORIS 
5 ’ SVAE ET LIBERORVM SVORVM- VERGINIORVM- QVIETI 
PATERNAE- RESTITVTAE- ET- QVIETAE 
S P P' 

Junoni reginæ sacrum ob honorem memoriamque 
Verginiæ Publii filiæ Paternæ ; Publius Virginius 
Rhodion, libertus, nomine suoet Metiliæ Tertullinæ fla- 
minicæ, uxoris suæ, et liberorum suorum Verginiorum 
Quieti, Paternæ, restitutæ et Quietæ sua pecunia posuit. 

Consacré à Junon la reine, en l'honneurct en mémoire de Verginia Raterna, 
fille de Publius ; Publius Verginius Rhodion, son afiranchi, en son nom et au 
nom de Métilia Tertullina la flaminique, sa femme, et des Verginius leurs 
enfants Quiétus, Paterna, Restituta et Quieta, a, de ses deniers, placé ce 
monument. 

Cette inscription est gravée sur une pierre d’un mètre de 
haut sur 60 cent, de large, qui est scellée dans le mur de 
la nef, à droite en entrant dans la cathédrale de Vintimille ; 
elle a été publiée par Ganduci, Discorso sopra l’inscri- 
zione ovvero epitafio ritrovato a TortonaiGènes 1614,in-4°), 
p. 47. — Gioflfredo, Stor. dell. Alp. Marit., ms., p. 37, 
édition p . 111, ne cite que le commencement de l’inscrip- 
tion, et d’après Gioflfredo, Carlone, Vest. ép., p. 166, n. 294. 
— Schiaffino, Ann. eccl. dell. Lig., vol. 1, p. 22. — Navone, 
Passegg,, p. 140. — Ant. Cassini, lllustrazione delle 
lapide Jvnoni Reginae (Albenga, 1854, in-8°). — Rossi, 
Storia di Vintimiglia (1857), p. 27, et Descrip. de la ville 
de Vint., p. 35, n. 1. — Alf. de Longperrier, YHiver à 
Menton (1862), p. 47. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., 
p. 176. — Mommsen, Corp., Inscr., t. V, vol. 2, n. 7811. 

Nous retrouvons dans ce texte une femme du nom de 
Métilia Tertullina ; mais ce n’est, à mon avis, qu’une affran- 
chie de cette maison : car nous savons par les inscriptions 


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264 


d’Albenga et de Menton, que les membres de cette famille 
étaient d’ordre sénatorial, et il est peu admissible qu’un 
affranchi ait épousé une fille d’un rang aussi élevé. Métilia 
Tertullina était certainement flaminique de Junon. 


Inscription» militaire» 

N° 311 (Perdue) 

IMP- ANTONI 
N VS- PIVS- FELIX 
A VG PONI- CV 

RAVIT 

5 BXXCIX 

On trouve cette inscription dans Peiresc, ms. de Paris, 
fonds lat. 8957 à la page 230 ; cet auteur déclare la tenir de 
Jérôme Maurand, prêtre d’Antibes, qui, sous le titre de 
Li epitaphi antichi da diverse parti racolti, lui envoya, 
en un recueil de cinq pages, les inscriptions qu’il avait 
colligées dans un voyage fait en Italie en 1572. — Mommsen, 
Corp., t. V, vol. 2, n. 8087. Cet auteur a corrigé quelques 
petites inexactitudes que donnait la copie de Maurand ; j’ai 
suivi la leçon de M. Mommsen. 

D’après Maurand, cette borne se trouvait près de la mer ; 
il est plus que probable qu’elle était à l’emplacement de 
l’ancien Album Intimiliun, probablement à côté du théâtre 
antique récemment découvert par M. G. Rossi, sous les 
sables que les vents et la mer ont accumulés en ce lieu : 
il y a gros à parier que si l’on continue les fouilles com- 
mencées en cet endroit, on retrouvera ce monument enfoui 
sous le sable. 

N° 312 

Imp- Caesar _ 
avgvsTvs- imp X 

TRIBVNICIA 
POTESTATE XT 
5 B X C 


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265 


Ce milliairesert de bénitierà lachapelle de Saint-Michel, à 
Vintimille ; il est à droite en entrant dans la chapelle. Il a 
été publié par Ganduci, Discorso sopra, etc., p. 47. — 
Schiaffino, Ann. eccl., vol. 1, p. 23. — Navone, Passeg., 
p. 143. — Bertolotti, Viaggio per la Lig. marit., 1,245. — 

Le 'comte de Cessoles, Mémoires de VAc. de Tur., II e série, 
vol. 5, p. 166, pl. n. 4. — Bourquelot, Inscriptions anti- 
ques, n. 133. — Gerol. Rossi, Stor. di Vint., p. 21, et 
Descr. de la ville de Vint., p. 35, n. 2. — Alfr. de Longper- 
rier, YHiver à Menton, p. 47. — Roubaudi, Nice et ses . 
environs, p. 118. — Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig., p. 315, 

321. — Carlone, Vest. épigr. p. 50, n. 67. — Mommsen, 
Corp.,i. V, vol. 2, n. 8088. 


N” 313 

IMP • ANTONINVS 
PIVS • FELIX • AVG 
PONI • CVRAVIT 
B X C 

Ce milliaire est, comme le précédent, dans la chapelle de 
Saint-Michel, où il est employé à soutenir la confession 
de Sainte-Madeleine, qui se trouve au fond de la chapelle. 

Maurand prétend avoir vu près de la Bordighera un mil- 
liaire portant ce numéro, ce qui est impossible; mais, 
comme le fait remarquer M. Mommsen, il se peut très-bien 
qu’il ait vu celui que l’on trouvera au n" 315, qui, d’après 
Zuniga, était au-delà de la Roya, devant le couvent des 
Augustins. Il faudrait alors entendre que Maurand a trouvé 
ce milliaire « sur la route de la Bordighera » et lire : sopra 
Cil cammino) di Bordighera, etc. 

On trouve ce texte chez Ganduci, Discorso, p. 47. — - 
Gioffredo, Stor. dell. Alp., ms. p. 47, éd. p. 107, 166. 

— J. Lopez de Zuniga, Voyage d’Alcala à Rome (1608). 

— Ughelli, Italia sacra, t. IV, 428. — Schiaffino, Ann. 
eccl., vol. 1, p. 23. — Navone, Passegg., p. 142. — De 
Cessoles, Mém. de l’Ac. de Tur., II' sér., vol. 5, p. 166, 


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266 


pl. n. 5. — Roubaudi, Nice et ses environs, p. 118. — 
Henzen, Suppl. Orell., 5104. — Bourquelot, Inscr. ant., 
n. 1345. — Gerol. Rossi, Stor. di Vint. p. 21, et Descr. 
de la vïll. de Vint., p. 36, n. 3. — Sanguinetti, Inscriz. 
dell. Lig., p. 315, 323. — Alf. de Longperrier, l'Hiver 
à Ment., p. 48. — Carlone, Vest. épig., p. 50, n. 68. — 
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8089. Je n’ai pas men- 
tionné Maurand, car je ne pense pas qu’il s’agisse de ce 
milli aire-ci. 

N° 314 (Perdue) 

IMP - ANTO// 

NVS- PIUS- FELIX 
AVG- PONI • CV 

RAVIT 
X"..... 

D’après Maurand, ce milliaire était à côté du précédent ' 
sur la route de Vintimille à la Bordighera. Etait-ce le 
n # dxxcviii ? — Momsen, Corp., t. Y, v. 2, n. 8090. 

N° 315 (Perdue) 

IMP- ANTONINVS 
PIVS- FELIX • AVG 
PONI - CVRAVIT 

C’est cette inscription, je pense, que Maurand a vue 
d’après Stunica, Itinerarium ab oppido complutensi Tole- 
tanæ, provinciæulteriori Hispaniæ, usquead urbemroma- 
nam adJohannem Stunicam fratrem.. féliciter incipit, A. 
1512, Rom. Marcel. Silber, Al. Franck, 1521, in-4°, éd. 
Schott, p. 133. — Maurand dans Peiresc, ms. de Paris, 
fonds lat. n. 8957, p. 230. — Gioffredo, Stor. dell. Alp., 
ms. p. 57 et édit. p. 107 et 166. Cet auteur pense que c’est 
la même que celle de la chapelle Saint-Michel ; cela serait 
admissible si, comme le fait remarquer M. Mommsen, on 
n’avait pas le témoignage de Maurand, qui dit avoir vu 
un milliaire portant lé n. 590 au dehors de Vintimille. 


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267 


N° 316* 

t 

IMP 

ANTON INVS 
Vins 

felix auü 


Ce milliaire était employé dans la digue ancienne de la 
Roya. Il fut emporté par la rivière, de laquelle il a été retiré 
en fort mauvais état et presque illisible, en 1863; il est 
aujourd’hui à demi enfoui sur la promenade de la Colla. 
Quel était son numéro d’ordre ? C’est ce qu’il est actuelle- 
ment impossible de dire. 

Il a été publié par Sanguinetti, Inscr. dell. Lig ., p. 323. 
— et par Rossi, qui le lui avait communiqué, dans la Descr. 
de la vill. de Vint., p. 36, n. 4. — Mommsen, Corp., t. V, 
vol. 2, n. 8092. 

On a trouvé, entre Plaisance et Vintimille, quatre autres 
bornes de cette voie : l’une à Ponti, près Spigno, sur le 
portail de l’église paroissiale, où d’après Borci, Acqui, 1,60 
on lisait:... Antoninvs | pivs I avg | poni | ivssit ; la 
seconde dans la Rivière de Gênes, à Alassi, près Al- 
benga, laquelle porte ces mots : M • tvli ■ antoninvs . pivs 
feux. AVtî., d’après Falonardi. La troisième est près de 
Diano, au lieu nommé la Chiappa. D’après M. de Cessoles, 
on y lit: imp. CxEsar | avpvsrvs • im/>. x | triBVNiciA. 
POtEs xi | dliii ; cette inscription a été aussi publiée parmi 
celles des Alpes-Maritimes par Bourquelot, Inscr. ant., n. 
132, et par Carlone, Vest. épigr., p. 50, n. 66. — Mommsen, 
Corp., t. V, vol. 2, n. 8085. La quatrième a été trouvée à 
San Remo; d’après les manuscrits de Filonardi, voici ce 
quelle contenait : 


TIVS.... L..S 
....V...S IMP • X 
TRIBVNIT1A 
POTEST • X 


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— 268 


Ce texte n’a été publié que par Mommsen, Corp., t. V, 
■vol. 2, n. 8086, qui ne le rétablit pas, pensant sans doute que 
le lecteur saura faire lui-même la correction. En effet, cette 
inscription était certainement la même que celle de tous les 
milliaires d’Auguste de cette voie. 


InacrlpttoM Militaire» 

N° 317 

HRV 

MILI 

T^R 

Ce fragment d’inscription, trouvé en 1876 près du théâtre 
antique d 'Album Intimilium par M. Gerolamo Rossi, a été 
publié par lui dans le Recueil de Fiorelli, sous le titre de : 
Note deçjli scavi (année 1876, p. 177). Mommsen, Corp., 
t. V, vol. 2, n. 8962, l’a-reproduite dans son supplément. 

Je ne veux certes pas tenter une restitution complète de 
ce texte ; mais il semble que la première ligne a porté le 
mot chrvsis, qui était un cognomen bien connu dans nos 
régions : la seconde ligne portait, à n’en pas douter, le mot 
militi. Faut-il lire à la dernière T C F, testa.menta.rn cura- 
vit fieri ? En tous les cas c’est bien une épitaphe de mili- 
taire, et jusqu’à ce jour c’est la seule qui ait été trouvée à 
Vintimille. On connaît bien des soldats de ce pays, mais 
leurs tituli ont été retrouvés loin de leur patrie. On peut 
citer : Caius, A Ibutius, Caii filius, Falema tribu, domolnti- 
miliensi, miles cohortis octavae populi romani ; militavit 
annisseplemdecim, vixitannis triginta quinque. Hicsitus 
est. Cette inscription, citée parmi celles d’Aquilée par 
Bertoli, Ant. di Aquil. sacr. e prof. Venise (1739), est 
certainement très importante pour Vintimille ; car elle éta- 
blit d’une façon indéniable que la cité des Intimiliens était 
inscrite à la tribu Falerna. Une seconde inscription, citée 
par Spon d’après Fabretti, nous fait aussi connaître ce fait. 

Je n’ai pas vu le fragment ci-dessus, je le publie d’après 
Mommsen. 


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269 


Inscription» Municipale» 


N° 318 
5k ai 

I • CVRAT 
PVTEOLOS 
curato R • AEDIVM 
5 sacrar . et . opeRvM 
publicorum. 

Ce fragment a été trouvé en 1842 sous le pavé du chœur 
de la cathédrale ; il est aujourd’hui scellé dans la salle de 
l’ Hôtel-de-Ville à Vintimille. 

Ce texte a été publié par Gerol. Rossi, Stor. di Vint. 
1857, p. 45, et üescr. de la vill. de Vint. (1875), p. 36, n. 5. 
Mommsen, Corp. Inscr., t. V, vol. 2, n. 7812. Cet auteur 
dit que la première lettre de la première ligne a dû être un 
B, et qu’à la fin de cette même ligne, il manque trois lettres ; 
et il ajoute : « Versus 3, 4 videtur significari cura reipubli- 
cæ Puteolanorum ; sed accusativus unde pendeat, reperire 
non potui. Nam displicet omnino de quo cogitavi : curator 
missus Puteolos vel curator ad Puteolos. » Je ne me 
hasarderai pas à rechercher ce qu’il n’a pas trouvé. Les 
curatores aedium sacrarum et operum publicorum , étaient 
des magistrats chargés de l’entretien des temples et des édi- 
fices publics. 

N° 319 

0 • MANTIO • 0 • FIL 
PALAT • PLACIDO 
EQ • PVBLICO AEDILI 
IIVIR • SACERDOTI • LA 
5 NVV1N0 • L • POLFEN 

NIVS ■ CERDO • ET • MAN 
TIA • LVCIDA • CVM • LIBE 
RIS SVIS- MANTIS- LVCIFE 
ROETZENIONE • PO 
10 SVERVNT S P 


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270 


Quinto Mantio, Quinti filio, Palatina, Placido, equo pu- 
blico, a edili, duumviro, sacerdoti Lanuvino ; Lucius Pol- 
fennius Cerdo et Mantia Lucida cum liberis suis, Mantis 
Luciferus et Zenio, posuerunt sua pecunia. 

A Quintus Mantius Placidus, fils de Quintus, de la tribu Palatina, chevalier 
public, édile, duummvir et prêtre de Lanuvium ; Lucius Polfénius Cerdon et 
Mantia Lucida avec les deux Mantius, Luciférus et Zénion, leurs enfants, ont 
de leurs deniers élevé ce monument. 


Cette inscription a été trouvée à Nervia, le 27 juin 1870 
dans la propriété de M. Second; elle y est encore à côté de 
la porte d’entrée, où je l’ai lue. 

Elle a été publiée par Gerol. Rossi dans la Gazette offi- 
cielle du royaume d’Italie, le 19 juillet 1870, et plus tard 
par le même auteur dans sa Descrip. de la ville de Vint., 
p. 37, n. 6 ; et par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7814. 

N« 380 

M/ ' ATILIO’ L- F’ FAL’ ALPINO’ AED 
V ’ ATlLlAE • M/ • F' VEAMONAE 
L - ATILIO' M/' F 'CVPlTO 
C • ATILIO * M/ ’ F • ALPINO 

5 M ■ ATILIO - M/ • F ■ PRISCO 

ATlLlAE • W ' F ’ POSILLAE 
ATlLlAE’N/ ’F'SEGVNDAE 
LICINIÆ * C ’ F ’ GVPlTAE • NEP 
T F I 

Manio Atilio , Lucii filio, Falerna Alpino, aedili ; V. 
Atiliae, Manii filiæ Veamonæ; Lucio Atilio, Manii filio 
Cupito ; Caio Atilio, Manii filio Alpino ; Marco Atilio, 
Manii filio Prisco ; Atiliæ Manii, filiæ Posillæ ; Atiliæ 
Manii filiæ Secundæ ; Liciniæ Caii,filiæCupitæe, nepotæe. 
Testamentum fieri jussit. 

A Manius Atiliu9 Alpinus^flls» de Lucius, de la tribu Falerna, édile; à V. Ati- 
lia Veamona, fille de Manius; à Lucius Atilius Cupitus,fïls de Manius; à Caïus 
Atilius Alpinus, fils de Manius ; à Marcus Atilius Priscus, fils de Manius ; à 
Atilla Posilla, fille de Manius ; à Atilia Secunda, fille de Manius ; à Licinia 
Cupita, fille de Caïus, sa petite-fille. Leur testament a ordonné l'érection de 
ce monument. 


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271 — 


Cette inscription est actuellement à Saorgc ; elle est gra- 
vée très artistement sur une plaque de marbre encastrée 
dans le mur de l’église paroissiale, à côté de la porte laté- 
rale et en face du presbytère. Les mots sont séparés par des 
virgules et la formé des lettres est d’un très bon style. Elle 
nous apprend que Saorge appartenait à la cité des Intimi- 
liens, qui était, nous l’avons vu, inscrite à la tribu Falerna. 
C’est cette inscription qui a fourni à Meyranesi le thème 
d’une multitude d’autres qu’il a fabriquées. Il avait cru que 
la tribu Falerna était celle de Cimiez et dans presque toutes 
ses inscriptions de Cimiez on la trouve mentionnée ; on 
retrouvera plus loin dans un texte de sa fabrication le même 
Atilius Alpinus. 

' M. Mommsen mentionne l’opinion de Gioffredo, qui dit 
que cette inscription a été apportée à Saorge du Castrum 
de Malamortis ; mais il ajoute que Scaliger disant que 
l’inscription est à Saorge, Gioffredo a dû être trompé. Les 
affirmations des deux auteurs sont vraies, car le Castrum 
de Malamortis et Saorge ne font qu’un ; ou plutôt, Malmort 
est la partie nord-ouest du village : donc Scaliger a eu 
raison de dire qu elle était à Saorge, puisque Malmort est 
dans cette ville, et Gioffredo a eu raison de dire qu’elle y avait 
été apportée de Malmort, puisque effectivement cette 
inscription était autrefois dans les murs du vieux châ- 
teau et qu’elle a été depuis transportée à Saorge même. 

Cette inscription a été publiée par Scaliger, Ms. de Lyon , 
Papembr. 6. p. 16. — Gruter, Corp. Inscr. dcccxxxix, 1. 

— Gioffredo, Nie. civit. p. 13. — Ricolvi, Inscriz. n. 26. 

— Zaccaria, Excurs. 1,53. — Donati, Sup. ad thés. Mur. 
cccviii, 3. — Bonifassi, Nie. inscriz. n. 81. — Durante, 
Chorogr. p. 181. — Bourquelot, Inscrip. ant. n. 101. — 
Tisserand, -H ist. de Nice, t. I, p. 44. — Sanguinetti, Inscriz. 
dell. Lig. p. 206. — Carlone, Vest. ép. p. 122, n. 198. — 
Gerol. Rossi, Descrip. de la ville de Vint. p. 42, n. 19. — 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7813. 


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272 


Inscription» funéraire* 

N® 321 (Voy. PI. IV, n» 1) 

pOMPEIO 

wACKO 

PIISSIMO 

Cette inscription est incomplète à gauche ; elle est gravée 
sur un fragment d’urne en marbre, qui est actuellement à la 
bibliothèque municipale de Nice. Elle a été trouvée en 1863 
dans les environs de Vintimille, par M. Vernier, architecte, 
qui en a généreusement fait don à la ville. Les sculptures 
qui ornent ce petit monument m’ont paru mériter d’être 
reproduites, aussi les ai-je dessinées dans une planche de 
texteô. 

Cette inscription n’a été publiée jusqu’àce jour que par M. 
Mommsen dans son Corpus, t. V, vol. 2. n. 7816. 

Je ne cherche pas à restituer ce texte ; car il peut se com- 
pléter de cent manières différentes, toutes aussi arbitraires 
les unes que les autres. 

N® 322 

DEDIG • A • T • Q • EP 

Cette inscription se lisait au-dessous d’une mosaïque 
représentant Arion assis sur un dauphin ; elle a été décou- 
verte en 1852, dans la propriété de la prébende paroissiale à 
Nervia ; elle est aujourd’hui détruite. 

Elle a été publiée par Gerol. Rossi dans son Hist. de Vin- 
timille,]). 27, et plus tard dans sa Descrip. delà. vill. de 
Vint., p. 38, n. 8. — par Sanguinetti, Inscriz. dell Lig. 
p. 179 et Bulletin dell. Inst. (1873) p. 29. — Mommsen, 
Corp. t. V, vol. 2, n. 7815. 

N® 323 

DATVMQ 

P • SEX • FVN 

M • OPERACJONE 

ET • PRO AMORE 


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— 273 — 

Je n’ai pçts vu cette inscription ; quand je suis allé à Vin- 
timille, je n’avais pas l’honneur de connaître M. Rossi, qui 
la conserve chez lui ; je la cite donc, d’après la copie qu’il 
en fournit dans sa Description de la ville de Vintimille, p. 
37, n. 7. 

Je ne puis rien dire au sujet de ce texte ; à quoi se rap- 
porte-t-il ? je l’ignore absolument; je ne suis même pas très 
certain que ce soit une inscription romaine. 

Je n’ai pas poussé plus loin mes recherches du côté de 
l’Italie ; et si j’ai cité les inscriptions de Vintimille, ce n’est 
que parce qu’il m’a paru qu’elles ne pouvaient pas être sépa- 
rées de celles de Monaco, Menton et Saorge : il fallait donc, 
pour avoir un tout complet, donner les monuments de Inti- 
milii ; mais aller plus loin serait sortir du cadre que je me 
suis imposé. 


A TOURETTE, A LEVENS, AU PLAN DE REVEL 

ETC. 


Inscription» votive» 


N® 324 

P • S • D • D 
0 • ENIBOVDIVS 
MONTANVS • J 
LEG . III ITALICAE 
5 ORDINATVS • EX • EQ 
ROM • AB • DOMINO 
IMP • M • AVR- ANTOîf 
NO- AVG- ARAM- POSV 
IT • DEO • ABINIO 
10 LM 

Pro s&lute domus divinæ, Quintus Eniboudius Monta - 
nus, centmno legionis tertiæ Italicæ, ordinatus ex équité 


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874 


roma.no a b domino imperatore Marco Aurelio Antonino 
Augusto, aram posuit deo Abinio. 


Pour le salut de la maison divine, Quintus Eniboudius Montanus, centurion 
de la légion troisième Italique, nommé à cause de son titre de chevalier 
romain par noire seigneur l'empereur Marc-Aurèle Antonin Auguste, a placé 
cet autel au dieu Albinius de son plein gré. 


On trouve cette inscription mentionnée dans le ma- 
nuscrit de Bartoli, Dibl. Taurin. — Bonifassi, Niciens. 
inscrip. n. 8. — Gazzera, ms. — Roubaudi, Nice et ses 
environs, p. 1 10. — Durante, Chorogr. p. 47. — Bourque- 
lot, Inscrip. ant. n. 16. — Henzen, Orell. suppl. 6772. — 
Tisserand, Hist. de Nice. 1. 1, p. 44. — Sanguinetti, Inscri:. 
rom. dell. Lig. p. 210. — Carlone, Vestiges épigraph. p. 
114, n. 182. — Rev. Arch. nouv. sér. (1869) (Bertrand?), p. 
223, n. 2. — Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7865, qui 
la donne d’après un estampage que lui a fourni M. Wa- 
dington. 

Cette inscription, gravée sur un autel, était située à gau- 
che de la porte de l’église de Chàteauneul-ville-Vielle ; Bar- 
toli dit quelle soutenait autrefois le bénitier de cette église : 
elle a été depuis 1869 transportée au musée de Saint-Ger- 
main, où je l’ai copiée. 

La formule qui commence l’inscription et qui a été très 
usitée sous les Antonins, nous fait savoir que c’est de cette 
époque que date l’inscription ; probablement est-ce de Marc- 
Aurèle qu’il s’agit. Les membres de l’ordre équestre, c’est- 
à-dire les chevaliers romains, qui voulaient entrer dans l’ar- 
mée, prenaient d'emblée le grade de centurion; c’est ce que 
fait entendre Eniboudius lorsqu’il s’exprime en ces termes: 
ordinatus ex équité rornano. On possède de nombreuses 
inscriptions où ce fait est relaté ; mais celle-ci et celle qui 
estdédiéeau dieu ...Orevaius sont les seules de ce genre 
que nous possédions dans, la région. 

La légion III italica fut créée par Marc-Aurèle, sous 
Alexandre Sévère ; elle avait ses quartiers en Rhétie. Il est 
probable que c’est à la formation de la légion que Quintus 


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275 


Eniboudius fut fait centurion ; et c’est pour les remercier du 
succès de la demande qu’il avait faite, qu’il éleva deux 
autels, l’un au dieu Abinius et l’autre au dieu ...Orevaius 
comme nous allons le voir. 


N» 325 

P • S • D • D 
0 • ENIBOVDIVS 

MONJANVS • D 
LEG- III ITALICAE 
5 ORDINATVS • EX 
EQ • ROM • AB ■ DO 
MINO • IMP M A/ 
r EL- ANTONNO . A/G 
a RAm POSVIT • DEO 
to TOREVAIO -LM 

Cette inscription se lit absolument comme la précédente, 
à la seule différence près qu’elle est dédiée au dieu Tore- 
vaius? La première lettre du nom manque; mais il m’a 
semblé y reconnaître un fragment de barre transverse ayant 
pu appartenir à un T, à un F, à un E, ou même à la partie 
supérieure d’un Z. De toutes ces lettres celle qui semble 
avoir le plus de chance est un T ; Torevaius me séduit plus 
qu’aucun autre ; on trouve dans toute la Provence une mul- 
titude de noms commençant par tor : Thorrenc, Torame, 
Toramine, Toredun, Thoron, Thoronet, etc. ; d’ailleurs, le 
fragment de barre transverse, semble bien avoir appartenu à 
un T. 

N° 326 (Perdue) 

EGOMONI 
CVNTlNO 
VIC • G VN 
P 

(Deo) (S)egomoni Cuntino Vicus Cuntinus posuit. 

(Au dieu) Segomon Cuntinien lo Vicus Cuntinus a élevé ce monument. 


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276 


Cette inscription a été conservée par Gioffredo, Stor. 
dell. Alp., ms., p. 28 et p. 37 et dans son édition p. 110. — 
Ricolvi, Inscriz. n. 25, qui déclare l’avoir copiée sur la 
pierre. M. Mommsen doute de la sincérité de cette affirma- 
tion et croit que Ricolvi l’a copiée dans les papiers de 
Gioffredo. — Zaccaria, Excursus, i, 53. — Donati, Sup. 
a d thés. Mur., n. 3432. — Bonifassi, Nie. Inscr., n. 48. — 
Bourquelot, Inscr. a nt., n. 10. — Tisserand, Hist. de Nice, 
1. 1, 44. — Sanguinetti, Inscriz. rom. dell. Lig., p. 205. 
Carlone, n. 193, p. 119. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
n. 7868. 

Cette inscription a été trouvée dans les environs de l’Es- 
carène, probablement vers le village de Contes, qui était 
certainement, comme je l’ai dit dans mon introduction, le 
Vicus Cuntinus de l’inscription. Elle est aujourd’hui 
perdue. 

Le culte du dieu Ségomon a été très-répandu sur le versant 
gaulois des Alpes ; il en a été trouvé des traces à Culoz (Ain), 
à Arinthod (Jura), à Nuits (Côte-d’Or) et à Lyon. M. H. 
Monin [Monum. des anciens idiomes gaulois), pense que le 
radical sego, que l’on rencontre dans un grand nombre de 
noms gaulois d’hommes et de localités, doit être rattaché 
aux radicaux sig et sieg des idiomes tudesques, dont le sens 
est poursuite et victoire ; ce serait une sorte de dieu de la 
guerre que les Romains identifièrent avec Mars, comme le 
prouve l’inscription de Culoz, publiée dans la Revue archéo- 
logique (t. IX, p. 315), où ce dieu est nommé Mars Ségomon. 

N° 327 (Perdue) 

in h o n o r e m 
matronarum 

VEDIANTIARV M 
VOT • LIB LA et- RED 
5 DIT • L • VAL • VELOX 
MIL- LEG- XIIII- $EM- M 
ART • VICTRICIS • D 
CLAuef. rEPEnTINI 


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*77 


In honorent ma.trona.rum Vediantiarum, votum libens 
laetus reddit Lucius Valerius Velox, miles legionis XIlll 
geminse Martiæ Victricis, centuria Claudii Repentini. 


En l'honneur des matrones Védiantiennes, Lucius Valérius Velox, soldat 
de la quatorzième légion gemina Mirtia Victorieuse, de la centurie* de Clau- 
dius Répentinus, a librement et avec joie accompli son vœu. 

Cette inscription a été donnée pour la première fois par 
Bonifassi, Nie. inscr., n. 15, d’après une copie que lui 
fournit un habitant de Tourettes. — Durante, Chorogr. 
p. 42. — Bourquelot, Inscr ip. ant. n. 71. — Tisserand, 
Hist. de Nice, t. I, p. 45. — Sanguinetti, Inscriz. rom. 
dell. Lig. p. 222. — Carlone, Vestiges épigr. p. 109, n. 174. 
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, h. 7873. — Desjardins, 
Géogr. etc. t. II, p. 256. 

J’ai vu une copie de cette inscription faite par le curé de 
Tourettes ; ce doit être celle qui a servi à Bonifassi, on y lit : 
LAVRED à la deuxième ligne et CEM à la quatrième. 

A ce que disait le curé, cette inscription a été employée 
dans la bâtisse de la minoterie qui est en avant du hameau 
du Plan de Revel : elle n’aurait pas été brisée, s’il faut l’en 
croire. 

Les premières lignes ont toujours manqué. M. Léon 
Rénier, se fondant sur l’ inscription qui va suivre, les a res- 
tituées, et sa restitution a été acceptée de tous les épigra- 
phistes. 

Les matrones sont des déesses locales ; voici ce qu’en dit 
M. Gaidoz dans Y Encyclopédie des sciences religieuses : 
« Les déesses Mères (Maires ou Matræ ou Matronæ avec 
« des épithètes généralement topiques , par exemple 
« MATREBO NEMAVSICABO « aux mères de Nîmes » 
« et MATRIBVS TREVERIS, « aux mères de Trêves ») 
« semblent avoir été les « bonnes dames » ou les « dames 
« blanches » de l’endroit, et sont vraisemblablement le pro- 
« totype de nos fées. On les représente généralement assis- 
« ses, tenant un ou plusieurs enfants sur leurs genoux. 
« Plusieurs d’entre elles ont la même attitude que plus 


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278 


« tard la Vierge tenant l’Enfant Jésus ; et les statues mira- 
« culeuses de la vierge Marie trouvées dans la terre à 
« diverses époques (telle est, dans plus d’un cas, l’ori- 
« gine de ce qu’on appelle les « Vierges Noires ») étaient 
« sans doute des statues des déesses Mères gauloises ou 
« gallo-romaines. » 

Sous Tibère la légion quatorzième Gemina Martia. 
Victrix, était campée dans la Germanie Supérieure ; en 69, 
au moment de la guerre civile, elle était en Bretagne, et 
sous Alexandre Sévère, dans la Pannonie Supérieure. 

N° 328 

MATRONIS 
VELIANTIABVS 
P ■ ENISTALIVS P F 
CL- PATERNV3 
5 CEMEN'ELENSIS 

OPTIO • AD • OKDIXE 
) LEG XII 
PRIMIGENIAE 
PIAE • FIDELIS L M 

Matronis VecLiantiabus ; Publius Enistalius, Publii 
filiu8, Claudia (tribu) Paternus, Cemenelensis optio, ad 
ordinem centurionatum (prômotus) legionis XXII primi- 
geniæ, piæ, fidelis, libens merito. 

Aux Matrones Vediantiennes ; Publius Enistalius Paternus fils de Publius, 
déjà tribu Claudia, originaire de Cemenelum, lieutenant porté pour le grade 
de centurion de la vingt-deuxième légion primigenia, pieuse, Adèle, a libre- 
ment accompli son vœu. 

Spon cite deux fois cette inscription, Ign. Deor. aræ, p. 
53 ; Miscell. p. 104, d’après Peiresc, à ce qu’il dit : comme 
cette inscription ne se trouve pas dans les papiers de 
Peiresc qui sont à Paris, il est probable qu’elle est conservée 
dans ceux qui sont à Aix, bibliothèque Méjane. — Gioffredo, 
Nie. civit. p. 12; Stor. dell. Alp. ms. p. 26; id. éditée p. 
94. — Bouche, Hist. de Provence, t. I, p. 183. — Fabretti, 
620, 168. — Papon, Hist. gén. de Prov. t. I, p. 33. — 


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— 279 — 

Keysler,Anf. sept. Germanicæ et Celticæ, p. 444 ex Sched. 
Peiresc. — Orelli, Ampl. colt. n. 2093. — Bonifassi, Nie. 
inscr. n. 14. — Risso, Guide de Nice, p. 181. — Durante, 
Chorog. p. 40. — Roubaudi, Nice et ses env. p. 65. — 
Bourquelot, Inscr. a nt. n. 14. — Tisserand, Hist. de Nice, 
1. 1, p. 44. — Sanguinetti, Inscriz. rom. dell. Lig. p. 197. — 
A. Bertrand, Rev. arch. nouv. sér. t. XIX (1869), p. 306. 
— Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7872. — Desjardins, 
Géogr. de la Gaule, t. II, p. 256. 

Cette inscription est actuellement conservée dans un 
jardin de Tourettes de Levens, où je l’ai copiée. Les pre- 
mières lignes, que j’ai indiquées en lettres penchées, man- 
quent actuellement ; mais les anciens auteurs Spon, et Giof- 
fredo, la donnent complète : elle était donc intacte à cette 
époque. Gioffredo dit que cette inscription se trouvait autre- 
fois dans l’église paroissiale de Tourettes; Durante ditqu’elle 
servait de bénitier dans la chapelle de Saint-Sébastien; 
il ajoute qu’elle était en 1847 dans la propriété de la famille 
Laurenti, où elle servait d’auge et se trouvaità moitié enfouie. 

Les Optiones étaient les lieutenants ; leur nombre était 
égal à celui des centurions, qu’ils remplaçaient au besoin. 
Leur nom Optiones venait de la faculté qu’avait le centurion 
de pouvoir choisir son lieutenant. P. Enistalius était option 
dans la XXII* légion, il y fut nommé centurion ; et c’est 
pour remercier les matrones védiantiennos de cette grâce, 
qu'il leur avait demandée, qu’il fit élever cet autel à ces 
divinités tutélaires. 

La XXII* légion primigenia fut créée par Claude. En T59, 
pour la guerre civile, elle était en Germanie Supérieure, 
ses quartiers étaient à Mayence ; on la retrouve dans cette 
même région sous Alexandre Sévère. 

N» 3*9* 

HERCVLI • SACRVM 

Durandi, Piem. cisp., p. 69. — Bourquelot, Insc. a nt., 
n. 4. — Carlone, Vestig. épigr., p. 107, n. 167. — Mom- 
sen, Corp. t. V. vol. 2, p. 90*, n. 1016*, falsa. 


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280 


D’après Durandi, cette dédicace était à Aspremont sur le 
versant méridional du Mont-Chauve, où je l’ai bien inutile- 
ment cherchée. C’est une des inscriptions de Meyranesi. 

N» 330* 

HERCVLI • SACRVM 
L • VIATTIVS LF- FALER 


V S • L • M 

Herculi Sacrum. Lucius Viattius, Lucii filius , Falerna 
tribu votum solvit libens merito. 

Consacré à Hercule. Lucius Viattius, fl h de Lucius, de la tribu Falerna 

a librement accompli son vœu. 

Durandi, Piemonte cisp. p. 68. — Bourquelot, Inscr. 
ant. n. 3. — Carlone, Vest. épigraph. p. 166, n. 184. — 
Mommsen, C'orp. t. V, vol. 2. p. 90*, n. 1019*, falsa. 

Comme la précédente, cette inscription, qui est très habi- 
lement fabriquée, sort de chez Meyranesi. L’auteur a 
choisi le nom de Viattius, qui existe sur un texte d’Eze (près 
de Monaco) ; il nomme la tribu Falerna, qui est celle de Vinti- 
mille, à laquelle pouvait très bien appartenir ce personnage; 
mais l’origine en est trop suspecte pour qu’elle puisse être 
admise, surtout lorsqu’on n’en retrouve plus de traces. Du- 
randi place cette inscription à Châteauneuf. 

% 

Inscriptions Provinciales 

N® 331 * 

M ATILIO LF- FALER • ALPINO 
FLAM1NI • DIVI • CAESARIS 
NERVAE 
PERPETVO 

5 PATRONO • MVNICIPII 
TRIB • MIL1T • COHOR • ? 

LIGVRVM 
D • D 


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284 


Marco Atilio, Lucii filio, Falerna Alpino, flamini divi 
Cæsaris Nervæ perpetuo, Patrono municipii, tribuno 
militum cohortis centuriali ligurum ? decreto decurio- 
num. 

A Marcus Atilhn Alp ; nus, fils de Lucius, inscrit à la tribu Paie ma, flamme 
perpétuel du divin César Nerva, patron du municipe, tribun militaire de la 
cohorte centuriale des Ligures ? par décret des décuri jns. 

Durandi, Piem. cisp. p. 69. — Bourquelot, Inscrip. a nt. 
n. 67. — Carlone, Vest. épigr. p. 104, n. 166. — Mommsen, 

Corp. t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1032*, falsa . 

Les noms du personnage que mentionne cette inscription 
sont les mêmes que ceux de l’inscription de Sa^rge rappor- * 

tée plus haut n. 320 ; le faussaire (Meyranesi sans doute) a 
voulu donner ainsi, une tournure locale à son élucubration ; 
tandis que cela ne fait que faire ressortir davantage la 
fausseté de son texte. 

Durandi place cette inscription à l’église de Saint-Biaise : 
inutile, je pense, de dire qu’elle n’y est pas. 

Cet auteur ajoute que si l’on rencontre fréquemment la 
mention de la tribu Falerna dans les Alpes-Maritimes, c’est 
que les Védiantiens y étaient inscrits; ce qui est aussi faux 
que le texte sur lequel il s’appuie : Cimiez et les Védian- 
tiens étaient inscrits à la tribu Claudia. 

N® 332* 

C • 1VLIO • VALENTI I F FALER 
VI VIRO • CIVIT • SALINIEN ... ‘ 

ALPIVM • MARITIMARVM 
PATRONO • OPTIMO 


Caio Julio Valenti, Julii filio, Falema tribu, sextum 
viro civitatis Saliniensium Alpium Maritimarum, pa- 
trono optimo 

A Caïus Julius Valons, fils de Julius, inscrit à la tribu Falerna, sévir de* la 
cité de Salinium des Alpee-Maritimes, à leur patron excellent 


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282 


Durandi, Piem. cispad. p. 66. — Carlone, Vest. épigr. 
p. 121, n. 196. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. p. 91*, 
n. 1043*, falsa. 

J’ai déjà dit ce que je pensais de cette inscription à propos 
d’une autre toute semblable que Durandi attribue généreu- 
sement à Cimiez ; d’après lui, celle-ci aurait été trouvée à 
Lucéram dans le cimetière paroissial. 

N» 333* 

SEXTO • IVNIO • SEX- F 
RVFFO 

IIVIRO • PROC • ALIMENT 
CVR • PEG • PVBLICAE • ET 
5 FRVMENT- CVR 

Sexto Junio, Sexti filio Ruffo, duumviro, procuratori 
alimentario, curatori pecuniæ publicæ et frumenti ? 
curatori. 

A Sextus Juniu* Ruffus, fl!s de Sextus, duumvir, procurateur alimentaire, 
curateur des deniers publics et curateur du froment. 

Durandi, Piem. cisp. p. 68, place ce texte à Châteauneuf. 
— Bourquelot, Inscr. a nt. n. 47. — Carlone, Vestig. 
épigr. p. 116, n. 185. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 
p. 92*, n. 1646*, falsa. 

Cette inscription provient encore de Meyranesi. 

N® 334* 

M- AVRELIO ANNO C F 


PROC 

ALPIVM • MARITIMARVM 
5 PATRONO • COLONIAE 
LD 


Marco Aurelio Anno, Caii filio procuratori 

Alpium Maritimai'um, palrono colonise. Locus datus 

A Marcus Au**élius Annus, fils d? Calus procurateur des Alpes-Mari- 

times, patron de la colonie. Le lieu a été donné..... 


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283 — 


Durandi, Piem. cisp. p. 68. — Carlone, Vestiges épigr. 
p. 118, n. 192. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 91*, 
n. 1.034*, /a Isa. 

C’est encore à Meyranesi que l’on doit ce texte : Durandi 
le place à l’Escarène. 


Inscription» militaires 

N® 335* 

IMP CAES 
AVGVSTO 
D D 

Imperatori Cæsari Auguslo dedicatum ? 


Dédié à l'Empereur César Auguste. 

Ce texte aurait plutôt la tournure d’une dédicace que d’un 
milliaire ; mais Durandi, qui le cite, en publie un autre dans 
la même forme, situé, dit-il, à Saint-Sauveur, lequel à la 
suite des deux D, porte un chiffre. Il faut donc le prendre 
comme un milliaire, mais il n’est pas plus authentique pour 
cela. Durandi le place à Touet de l’Escarène. 

Durandi, Piem.' cisp. p. 73. — Carlone, Vest. épigr. p. 
65, n. 97. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2,p. §1*, n. 1025*, 
falsa. 

Inscriptions militaires 

N® 336 

PLACIDIA PRIMA • P • ANIc 
10 • TERTIO • MARITO • SVO 
ET • M • ANICIO • ALPINO 
FILIO • SVO • PIENTISSIMO 
5 MILITI • eT • T I RI C I NI 

COCHO XIIII (sic) 
VRBANAE • ) Quinti 

VOLVSI - SEVERI 
f C 


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884 


Placidia Prima Publio Anicio Tertio, marito suo, et 
Marco Anicio Alpino filio, suo pientissimo, militi et tibi- 
cini cohortis quartæ decimæ urbahæ, centuria Quinti 
Volusii Severi ; faciendum curavit. 

Placidia Prima à Publius Aniriu* Tertius, son mari, et à Marcus Aniline 
Alpinus, son fils bien-aimé, l'un poldat et l'autre trompette de la quator- 
zième cohorte urbaine, de la centurie de Quintus Volusiua Sévérus, a prie 
soin d'élever ce monument. 

Ce texte a été donné par Bonifassi, Nie. inscr. n. 126, 
qui l’avait copié sur le monument lui-même. — Par Carlone, 
Vest. épigr. p. 121, n. 195. — et par Cazalis, Dizionario 
géografico degli Stati sardi (Tur. 1833-1856 in 8°), t. IX, 
p. 429, qui parait le tenir d’une source étrangère et l’a 
publié d'ailleurs, ainsi que Carlone, très incorrectement. • — 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. n. 7894, qui n’a pas vu le 
monument, lui fait quelques bonnes restitutions, mais il 
donne les lignes 5 et 6, d’une façon très défectueuse. 

Cette inscription est aujourd’hui près de Levens, au 
quartier Notre-Dame-des-Prés, derrière la gendarmerie. La 
pierre est couchée sur le sol : l’inscription est exposée à 
toutes leur intempéries des saisons, elle est déjà d’une lec- 
ture très difficile; mais pour peu qu’elle reste dans la même 
position quelques annés encore, elle deviendra tout à fait 
illisible. 

A la cinquième ligne Mommsen donne militi tricin, la 
pierre porte militi et tibicin ; à la sixième eq-cho xiiii, la 
pierre porte cocho(rtis)xiiii. Ces mots sont écrits en lettres 
d’une hauteur double de celles du restant de l’inscription, et 
parfaitement lisibles; il y a bien cocho. Je pense que c’est 
là une forme de basse époque, pour coho ; nous trouvons en 
effet quelquefois dans les manuscrits les mots mihi, nihil, 
etc., écrits michi, nichil, etc. Ce serait ftonc une façon 
d’écrire indiquant que l’H doit être prononcée durement. 
C’est là une conjecture, mais je ne vois rien de plus plausible 
et la lecture est certaine. 


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— «« — 

N« 337 


C • VO 

MILES* L^ 

RICI • PU 

BRini • xl 

5 CIVS • vlS 

CL • NERI\ 

C • VIBIVS V • 

NIO • FACERLA 

Ce fragment est encore aujourd’hui dans l'église de Cha- 
teauneuf-ville-Vieille, où je l’aj copié. On ne pourrait tenter 
que des restitutions arbitraires; je préfère donc m’abstenir. 

On le trouve dans Gioffredo, Stor. dell. Alp. ms. p. 50. — 
Bonifassi, Nie. Inscr. n. 77. — Tisserand, Hist. de Nice, 
t. I, 45. — Carlone, Veslig. épigr. p. 116, n. 183. — 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7901. 


N« 338* 

D • M • S 

P • VALER1VS PF* CEMBNEL 
MILES- LEGIONIS- LIGVRV 

Dits Manibus sacrum. Publius Valerius, Publii filius, 
Cemenelensi, miles legionis Ligurum ? 

Consacré aux diaux mânes, Publius Valerius, fils de Publius, originaire de 
Cimiez, soldat de la légion ligure. 

Durandi, Piem. cisp. p. 67. — - Carlone, Vest. épigr. 
p. 121, n. 194. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 92*, 
n. 1052*, falsa. 

Durandi pense que la copie de cette inscription n’a pas 
été faite exactement, il propose de la corriger ainsi : miles 
cohortis 7 legionis ligurum ; elle ne serait pas plus accep- 
tée dans une forme que dans l’autre. Cet auteur la place à 
Levons sans désignation plus précise. 

Il n’y avait pas de légion ligure : les légions ne prenaient 


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286 


jamais, comme les cohortes, le nom du pays où elles étaient 
levées ; une légion avait d’abord un numéro d’ordre et en 
plus un ou plusieurs noms, pour pouvoir être distinguée 
d’avec d’autres légions qui portaient ce même numéro ; 
ainsi, pour n’en citer qu’un exemple, il y avait la légion 
II* Augusta, II e Adjutrix, II e Trajana et II* Parthica. 


Inscription Municipale 

t N® 339 

M • NEMVNIO • M • FIL 
C VPITO • DEC • IIVIR 
D MVNER • FLAM • CIVIT M 

M- NEMVN1VS- NErOS FIL 
5 P A T R I • S • P • P 

Diis Manibus. Marco Nemunio, Marci filio Cupito, 
decuiioni, duumviro munerario , flamini civitatis ; 
Marcus Nemunius Nepos, filius,'patri suapecunia posuit. 

Aux dieux m*nes. A Marcu 1 Némnniu^ C 'p'fius, fils de Marcus, décurion, 
duumvir, qui a d nné "n combat de gluliateu’s, fiamiue de la cl é ; Marcus 
Némunius Nêpjs, son fils (a élevé ce monument) a son père de ses deniers. 

Cette inscription est encore aujourd’hui encastrée jlans 
une maison au coin de la principale rue en entrant à Tou- 
rettes, où je l’ai copiée. 

Elle a été donnée fort incorrectement par Bonifassi, Nie. 
inscr. n. 56. — Durante, Chorogr. p. 40. — Bourquelot, 
Inscr. a nt. n. 37. — Tisserand, Hist. de Nice , t. I, p. 45. 
— Sanguinetti, Inscr. rom. dell. Lig. p. 216. — Carlone, 
Vestiges épigr. p. 111, n. 176. — et Mommsen, Corp. t. V, 
vol. 2, n, 7915, qui ne l’a pas vue. Ma lecture est absolu- 
ment certaine. 

On donnait le nom de munerarius au personnage qui 
avait offert au peuple un combat de gladiateurs. C’est pro- 
bablement à l’occasion de son duumvirat que Némunius fit 
cette largesse. Il était généralement admis que ceux qui 


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WJ 


étaient nommés à de hautes fonctions municipales, devaient 
faire un présent d’argent, ou faire élever un monument, ou 
payer un spectacle au peuple. On trouve même des inscrip- 
tions qui mentionnent des personnages ayant fait les trois 
choses en même temps. 


Inscriptions funéraires 


N« 340 

0 ALBICCIo 
PVDENTI 
Q • ALBICCI 
VS • PVDEN 
5 TIANVSPA 
<KI-DVLC 
mEMFECIT 

Quinto Albiccio Pudenti, Quintus Albiccius Pudentia- 
nus p&lri dulcissimo memoriam fecit. 


A Qui itns Albiccius Pudens, Quintus Albiccius Pudentianus à la mémoire 
de son père bien-aimé a élévé ce monument. 

Cette inscription, qui était anciennement au Plan de 
Revel, est actuellement à Tourettes, sur le bord de la 
grande rue, entre l’église et le village; elle a été apportée là 
par les soins du curé de Tourettes, qui a été assez heureux 
pour l’enlever des mains des maçons qui voulaient l’em- 
ployer dans une bâtisse. 

Ellp a été publiée par Bonifassi, Nie. inscr. n. 70, avec 
quelques inexactitudes aux deux dernières lignes. — Durante, 
Chorogr. p. 42. — Bourquelot, Inscriptions a nt. n. 86. — 
Bertrand, Rev. a rch. nouv. sér. t. XIX (1869) p. 307. — 
Tisserand, Hist. de Nice, 1. 1, p. 44. — Sanguinetti, Inscriz. 
rom. dell. Lig. p. 224. — Carlone, Vest. épigr. p. 108, 
n. 172. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7926. • 

M. Mommsen, s’appuyant sur la lecture de M. A. Ber- 
trand, donne ainsi la ligne 7 : t. f. I ; Bertrand avait donné : 
//E//E//I, ce qui s’accorde bien mieux avec ma lecture 


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qu’avec la restitution proposée par M. Mommsen. D’ailleurs, 
quoique la fin de l’inscription soit un peu fruste* on lit très- 
bien le mot fecit, et la seule lettre qui pourrait être un peu 
douteuse ne serait quel’M; l’E qui le précède est absolu- 
ment certain : il en est d3 même du mot DVLC à la 6* ligne. 

. N # 3U (Perdue) 


MCCC1AE 

PATEUNAE 


rien d'écrit 

0- ALB\ c CI PV 


de ce second 

DEîïlANI 


cartouche 

FIL1AE • VIVAE 



FECIT 




Mocciæ Paternæ, Quinti Albucii Pudentiani filiæ, vivæ 

fecit. 

A Mrccia Paterna, fille de Quintue Albuccius Pudentianua, elle vivante a 
fait ce mouument 

Cette inscription devait être complétée par la partie qui 
est vide à droite, laquelle devait porter les noms et titres de 
Quintus Albuccius Pudentianus et donnerainsi un sujetà fecit. 

Bonifassi, Nie. inscr.n. 72. — Durante, Chorographie, p. 
43. — Bourquelot, Inscript, ant. n. 102. — Tisserand, 
Hist. de Nice, t. I, p. 44. — Sanguinetti, lnscr. rom. dell. 
Lig. p. 225. — Carlone, Vest. épigr. p. 108, n. 171. — 
Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, n. 7947. 

J’ai fourni la lecture de M. Mommsen. Cette inscription, 
qui existait encore au Plan de Revel du tempsde Bourquelot, 
est aujourd’hui égarée. 

N« 342 

MARCIA • VERINA 
METTIAE F VS CI 
NAE • MATRI • SVoe 
PIENTISSIMAE 
5 POSVIT 


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289 


Marcia Verina. Mettiæ Fuscinæ, matri suæ pientissimæ, 
posuit. 

Marcia Vérina à Mettia Fuscina, sa mère très pieuse, a posé ce monument. 

Gioffredo, Nie. civ. p. 25. — Muratori, Nov. thesaur. 
mcclxv, 9. — Ricolvi, Iriser, n. 32. — Bonifassi , Nie. 
inscrip. n. 132. — Durante, Chorog. p. 43. — Bourquelot, 
Inscr. ant. n. 91. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 44. 
— Sanguinetti, Inscriz. dell. Lig. p. 226. — Carlone, Vest. 
épigr. p. 109, n. 173. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, 
n. 7944. 

Cette* inscription est encore aujourd’hui à l’angle d’une 
masure attenante à un moulin à huile, dans le Plan de Revel, 
où je l’ai copiée. 

Tous les auteurs qui l’ont publiée, à l’exception de 
Gioffredo, ont lu à la 3* ligne : NÆ MATRI • PI, et pientis- 
simæ h la 4 e ; ce qui faisait répéter deux fois la syl'abe PI : 
j’ai attentivement étudié ce point et je crois être certain qu’il 
faut lire suæ au lieu de pi. 


N» 343 

C • ANTESTIQ • VEL oCt 
CATTVNIAE • M/ • F 
CORNEL'AE • I, • ANESTIQ 
VERQ 

5 ANTESTIA CF- POLLA 
PARENTIBUS- ET- FRATRI 


Caio Antestio Veloci, Cattuniæ, Manii filiæ, Corneliæ, 
Lucio Antestio Vero ; Anlestia, Caii filia, Polla parentibus 
et fratri. 

A Caïus Anteatius Velox, à Cattunia Cornelia, fille de Manius, à Lucius, 
Antestius Vérus ; Ante*tia Polla, fille de Caïus, à ses parents et à son frère 
(a élevé ce monument ). 

Cette inscription est gravée sur'une dalle à l’entrée de l’égli- 
se de Chàteauneuf-ville-Vieille ; l’inscription est aujourd’hui 


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290 


très-fruste et ne se lit que très-difficilement. GiofTredo, 
Nie. civit., p. 24, Stor. dell. Alp., ms. p. 50. — Muratori, 
thesaur. mccxl, 3. — Bartoli, ms. — Bonifassi, Nie. inscr., 
n. 78. — Gazzera, ms. — Risso, Guide de Nice, p. 70. — 
Durante, Chorog., p. 48. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 105. 
— Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 42 et 44. — Sangui- 
netti, Inscriz. rom. dell. Lig., p. 212. — Carlone, Vest. 
épigr. p. 113, n. 180. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
n. 7929. 

N® 344 

G • VIPPIQ • VIP 

poignard PI • F • ADEROX bouclier 

TERTIA • V1PPIA 
VIPPI • F • FRATRI 
H • EX • T 

Caio Vippio, Vippi filio, Aberoni; Tertia Vippia, 
Vippi filia, fratri heres : ex testamento. 

A Caïus Vippius Aberon, fl’s de Vippius ; Tertia Vippia, fille de Vippius, 

son héritière, a son frère : selon le vœu émis par sou testament. 

♦ 

Cette inscription existe encore encastrée dans le mur 
d’une maison au Plan de Ravel, où je l’ai copiée. 

Morrali, Collectanea nicaeensia tabularii Taurinensis, 
p. 175. — Bonifassi, Nie. inscr., n.93. — Durante, Chorog., 
p. 43. — Bourquelot, Inscr. a nt., n. 79. — Tisserand, 
Hist. de Nice, t. I, p. 44. — Sanguinetti, Inscr. dell. Lig., 
p. 225. — Carlone, Vest. épigr. ,p. 107, n. 170. — Mommsen, 
Corp., t. V, vol. 2, n. 7961. 

N® 345 (Perdue) 

XlkUikE 
VXORIS 
PIENTISSI 
MAE ■ CR<? 

5 MoNiVs 
SECVNrfns 
P D M 


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291 


Ulattiae uxoris pientissimae y Cremonius Secundus 
posuit. Diis manibus. 

Aux dieux mânes dTJlattia, sa femme très-pieuse, Crémonius Sécundus a 
placé ce monument. 

Cette inscription n’a été publiée que par Bonifassi, Nie. 
inscr., n. 136, — et par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 
7976. Ces deux auteurs l’ont donnée dans la forme suivante : 

VIA VAE I VXORIS I PIENTISSE | MAE CRA I MANESV 
SSECVN I P- D- M 

Cette forme ne m’a pas paru acceptable et j’ai proposé la 
restitution ci-dessus. 

Bonifassi place cette inscription à Levens. C’est inutile- 
ment que je l’ai recherchée en ce lieu ou dans les environs. 

N» 346 
D M 

RAVSI ( lampe funéraire) 

Ce fragment est cité par Bonifassi, Nie. insc., p. 59; par 
Bourquelot, Inscr. a nt., n. 92. — Carlone, Vest. épigr., 
p. 107, n. 168, — et Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7975. 

On trouve ce fragment encastré dans le mur d’une maison 
au Plan de Revel. 


N» 347 (Perdue) 

//////// OVISIVS • MAT 

M • AENTONIVS /////// 

un n mu p n uni 

V-OPHS 

D’après Bonifassi, Durante et Bourquelot, cette inscrip- 
tion existait au Colombier, près de Tourettes ; je n’ai pas su 
la retrouver. La copie que je fournis est celle que donne 
M. Mommsen ; elle est certainement incorrecte, mais c’est 
la meilleure. 


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292 


Bonifassi, Nie. inscr., n. 57. — Durante, Chorog., p. 42. 
— Bourquelot, Inscrip. ant., n. 103. — Tisserand, Hist. 
de Nice, t. I, p. 44. — Sanguinetti, Inscriz. rom. dell. 
Lig., p. 223. — Carlone, Vest. épigr., p. 107, n. 169. — 
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 7974. 

Je ne tenterai pas une restitution de ce texte ; il me 
parait trop mal lu pour pouvoir arriver à un résultat autre 
qu*une pu e hypothèse, et je préfère m’abstenir. Bonifassi a 
lu orisivs à la première ligne et m • genionivs à la deuxiè- 
me ; la quatrième ligne a été lue ainsi par Bourquelot : 
v- o- p- n- s- 


N» 348* 

M • LOLIO CF- FALER 


COLLEGIVM 

5 0 • H • C • I • R 

Durandi, IlPiem. cisp., p. 70. — Bourquelot, Inscr. ant. 
n. 125. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 92* n. 1084*, 
/a/sa. 

Cette inscription, fabriquée par Meyranesi, a été imitée 
de l’inscription suivante, qui est actuellement au musée de 
Turin et provient de Monteù da Pè, l’ancienne Industrie ou 
Bodingomagus : 

C • LOlio 
C- LIB- PAL 
AGRAVLO 
C O L L E G 
CENTONAR 
0- H- C I R • 

Ce qui doit se lire : 

Caio Lollio, Caii liberto ( Pollia ) Agi'aulo, collegiwn 
Centonariorum : quo honore contentus impemam remisit. 


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293 


À Caïus Lollius Agraulus, affranchi de Caïu9. de la tribu Pollia, le collège 
de Centonairea ; lequel content de cet honneur a fait une largesse. 

C’est surtout à l’aide des inscriptions d'Industria, que, 
plus ou moins habilement, Meyranesi a fabriqué le volumi- 
neux Corpus de faux textes, dont tous les ouvrages d’épi- 
graphie ont été embarrassés jusqu’à ce jour. En constatant 
la fausseté de tous ces textes, M. Mommsen a rendu à la 
science épigraphique un immense service ; car plusieurs 
d’entre eux étaient en contradiction flagrante avec les don- 
nées historiques ou épigraphiques connues et ne faisaient 
qu’embarrasser les travailleurs. 


BRIANÇONNET, PUGET-THÉNIERS, CLANZ, ETC. 


N° 349 (Voy. pl. IV, n. 19) 

Inscriptions votives 

Herculi sacrum. Cnaeus Domitius Ahenobarbus, pro- 
consul , devictis et superatis bello Iconiis, Tric(oriis).... 

Consacré à Hercule. Cnæus Domitius Ahénobarbus, proconsul, après avoir 
vaincu et dompté par la guerre les Icônes, les Tricores.... 

Durandi, qui le premier a fourni cette inscription 1 , 
déclare l’avoir prise dans les papiers de Gioffredo, où elle 
n’a pas été retrouvée ; or, comme cet auteur est le seul, 
parmi les anciens, qui ait fourni ce texte, M. Mommsen l’a 
considéré comme faux*, surtout à cause de son origine. 
Avait-il tort? Assurément non. Durandi, qui s’est fait l’édi- 


1. Durandi, Il Pietn. eUpadano antico, p. II (d’après lui, Bonrquelot, Inscr., n. 0, et 
C&rlone, Vett. p., 114, n. SOS.) 

S. Mommsen, Corp., t. V, v. 2 p. 9*, n. \Q\r,fal$a. 

\9 


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294 


teur de Meyraseni, en est devenu le complice en déclarant 
avoir vu plusieurs textes qui sont notoirement faux et n’ont 
jamais existé. Il est donc certain qu’un auteur, ne retrou- 
vant pas l’original et n’ayant que la copie fournie par Durandi, 
qui déclarait l’avoir prise chez Gioffredo, où on ne la 
retrouvait pas, ne pouvait que déclarer que le texte était 
faux ; et c’est certainement ce que j’aurais fait, si je n’avais 
retrouvé l’original en un lieu où il est impossible de le 
croire falsifié. 

Dans la dernière séance de la réunion des Sociétés 
savantes à la Sorbonne 1 , j’ai dit de quelle façon j’ai décou- 
vert cette inscription au sommet d’une montagne, à près de 
2,000 mètres d’altitude. Je ne reviendrai pas sur les cir- 
constances dans lesquelles cette découverte a été faite, il 
suffira de dire que la pierre est brisée parle milieu et qu’elle 
contient une ligne que ne donne pas la copie de Durandi. 

Elle était, lorsque je l’ai découverte, au sommet du Tour- 
nairet, sur la limite des communes de Clanz, d’Utelle, de 
Lantosque et de Venanson : elle a été depuis acquise par 
l’Etat pour le musée de Saint-Germain, où elle sera inces- 
samment, où elle serait déjà, si les neiges, très-persistantes 
cette année, m’avaient permis de la faire transporter. 

Cnaeus Domitius Ahénobarbus , fut consul en l’an 122 
avant J.-C. Il vint en Gaule à cette époque ; mais il est à 
peu près certain qu’il ne livra la bataille contre les Allobroges 
que l’année suivante, 121 av. J.-C., sous le consulat de 
Fabius Maximus. 

Un débat fort intéressant s’est établi pour préciser laquelle 
des deux victoires de Domitius ou de Fabius avait été rem- 
portée la première ; malheureusement les textes sont très- 
obscurs et dans un désaccord complet à ce sujet. L’épitome 
deTite-Live, auquel il convient d’accorder une grande créance 
(car les Décades sont des Annales) et dans lequel Pabrévia- 
teur de l’historien a certainement suivi l’économie de l’au- 
teur, quantà la succession des faits, nous dit que Cn. Domitius, 


3. Voy. Y Officiel du 20 avril (séance du 19) ; le Temps, même date, et la Revue des 
Sociétés savantes, avril 1879. 


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* 


— 295 — 

en qualité de proconsul remporta la victoire de Vindalium 
sur les Allobroges et qu’ensuite Fabius Maximus, consul, 
battit les Allobroges et Bituit, le roi des Arvernes 1 . 

Il est donc probable que, quoique les actes triomphaux *'■ 
placent la victoire de Fabius avant celle de Domitius, c’est 
dans l’ordre inverse qu’il faut les placer ; et en effet, comme 
l’ont fait remarquer MM. Duruy 3 et Desjardins * , les fastes 
indiquent, non la date de la victoire, mais celle du triomphe. 
Il suffit donc que Fabius, après sa victoire, soit immédiate- 
ment rentré à Rome et y ait triomphé, pendant que Domi- 
tius finissait de pacifier le pays, pour que son triomphe ait 
précédé sur les marbres celui de Domitius, quoique la 
victoire de Domitius fût antérieure à la sienne. J’ai adopté 
pour ma part cette manière de voir, quoique M. Mommsen 
se soit prononcé pour l’opinion contraire 5 . 

Paul Orose *, Eutrope 7 , Appien 8 , Florus *, placent ou 
semblent placer la victoire de Fabius avant celle de Domi- 
tius : mais leurs récits sont tellement inexacts, qu’on ne peut 

1. Epitomaelib. LXI, Cn. Domitius proconsul advenus Allobroges ad oppidum V % »- 
dalium féliciter pugnavit ; quibus bellum inferendi causa fuit, quod Teutomalium 
Saluviorum regem fugientem recepissent et omni ope juvissent, quod que Aeduorum 
agros , sociorum populi romani vastassent. C. Gracchus seditioso tribunatu acto, cum 
Aventtaum quoque, arraata multitudine occupasset, aL. Opimio consule ex senatus-con- 
sulto vocato ad arma populo pulsus et occisus est, et cum eo Fulvius Flaccus consularis. 
aocius ejusdem furoris. Q Fabius Maximus consul, Pauli nepos , adversus Allobrogas et 
Bituitum Avernorum regem féliciter pugnavit , etc. On voit que dansl’épitome il ne peut 
y avoir de doute sur l'ordre des deux batailles, puisque entre les deux l’auteur raconte 
d’autres faits. 

2. Corp . inscr. lat., t. I. p. 460 : 

0- FABIVS- Q- AEMILIANI- F- Q- N- AN- BG xxxiii 
ÜAXIMVS- PROCOS DE- ALLOBRO gibus 

ET- REGE- ARVERNORVM- BETVLTO- X- K 

CN- DOMITIVS- CN- F- CN- N- AHENOBARB- Xn.dcxxxiii 
PROCOS- DE- GALLEIS- ET- ARVERNEIS- XVI- K 

3. Duruy, Hist. des Romains , nouvelle édition 1871, t. II, p. U2. 

4. Desjardins, Oéogr. de la Oaule romaine, t. II, p. 277. 

5. Rom. Qesch., t. II, p, 163, 2* édit. . t. V, p. 123-124 do la trad. françaine de M. Alexandre 

6. Paul Orose, V, 13. 

7. Eutrope, IV, 22. 

8. Appien, De reb. Oall. xu. 

. Florus, I, 36. 


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4 


— 296 — 

leur accorder la rtioindre créance ; tandis que le récit de 
Valère-Maxime *, si clair et si précis, ne peut laisser subsis- 
ter aucun doute sur l’ordre chronologique des faits. D’après 
cet historien, Domitius aurait commencé la guerre, Fabius 
l’aurait continuée et Domitius serait resté dans les Gaules 
après lui. En somme, je l’ai dit, le désaccord des écrivains 
à ce sujet laisse le champ libre aux hypothèses. 

En quel lieu fut livrée la bataille de Vindalium? Le 
fragment d’Appien dit simplement que les SaJyes, après 
leur défaite, se sauvèrent chez les Allobroges, où ils furent en 
vain réclamés, à la suite de quoi Domitius attaqua les 
Allobroges ; et qu’au moment où il franchissait la frontière, 
le général rencontra l’ambassadeur de Bituitus, etc., ce qui 
ne nous apprend rien sur le lieu du combat; mais nous 
savons, par les auteurs que je viens de citer, que le combat 
eut lieu près de Vindalium, sur les bords de la Sorgue. Nous 
savons aussi que Domitius éleva des tours en pierres sur 
le lieu de sa victoire pour en perpétuer le souvenir; Quel- 
ques auteurs ont pensé à Port-Traille. M. Desjardins * pré- 
fère Bédarides « parce que, dit-il, ce lieu est appelé Bituritæ 
dans un acte de 822 : ce qui semble rappeler les (tours) de 
Domitius. » 

Je n’ai pas assez étudié 1 q pays pour pouvoir me pronon- 
cer définitivement à ce sujet ; mais il me semble que Céreste, 
où l’on trouve les vestiges d’une voie romaine et d’un camp, 
où l’on voit le monument connu dans le pays sous le nom de 
Toun'e d'Embarbo (tour d'Ahénobarbus) a bien plus de 
chances que Port-Traille ou Bédarides. 

Après le départ de Fabius, Domitius dut continuer la 
campagne contre les petits peuples montagnards, qu’il sou- 
mit peu à peu, et rentrer finalement à Rome en prenant la 
route qui d’Eburodunum se rendait à Cemenelum. C’est 
pendant ce trajet, qu’il laissa au sommet du Tournairet un 
autel à Hercule, pour le remercier de ses récentes victoires 


1. Vaflère-Maxime IX, vx, 3. 

2. Oéogr. de la Oaul.. t. II. p. 278 


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297 


sur les Iconii, les Tricorii, probablement aussi les Medulli 
et d’autres peuples du Dauphiné et des Alpes-Maritimes. 

Cn. Domitius Ahénobarbus est un des ancêtres de Néron ; 
c’était une des plus illustres familles de Rome. 

N® 350 

DEO 

MARTI • IEVSD 
RINO- PAG- BERITI 
(sic) NIDE- SVO- SIBI 
POSVERVNT 

Deo Marti Jeusdrino, pagani Beritini de suo sibiposue- 

runt. 

Au dieu Mars Jeusdrinus, les paysans de Beritum ont, de leurs deniers et 
pour eux, élevé ce monument. 

Cette inscription a été rapportée pour la première fois, je 
crois, par Papon, Hist. gén. de Prov., t. I, p. 108, qui en 
avait fait une copie très-incorrecte ; il la soumit à M. Séguier, 
qui crut pouvoir lire à la troisième ligne Pac(atori). — 
Carlone, Fest. épigr., p. 123, n. 199, après avoir reproduit la 
leçon de Papon, déclare que ce ne peut être une pierre 
votive ; mais qu’il est probable qu’il faut lire D M à la 
première ligne, parce que la formule de suo sibi posuerunt 
ne peut appartenir qu’à une pierre tumulaire. 

L’inscription est actuellement encore, à demi enfouie 
dans le cimetière de la Penne, petit village des environs de 
Puget-Théniers, où je l’ai copiée. La syllabe NI de la qua- 
trième ligne, oubliée par le lapicide, a été ajoutée en dehors 
de l’alignement, entre la moulure d’encadrement et les autres 
lignes, commue l’indique. 

Ainsi que je l’ai dit dans l’introduction de ce travail, les 
Pagani Beritini ne peuvent être que les habitants de Berre, • 
petite commune des environs de Nice. Quant à la formule de ‘ 
suo sibi posuerunt que contient ce texte, il est vrai qu’elle 
n’est ordinairement employée que dans les monuments funé- 
raires, car on ne s’explique pas la présence du mot sibi dans 


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— 298 — 

* 

une inscription votive ; mais comme l’inscription est parfai- 
tement conservée et qu’il ne peut y avoir le moindre doute 
sur sa lecture, il faut admettre que le lapicide, habitué à 
graver cette formule sur des monuments funéraires, l’a, par 
erreur, introduite dans un texte votif. 

Papon, suivant son habitude, tâche de faire descendre 
Jeusdrinus du celtique (?) IEVO, qui signifie, dit-il, mettre 
sous le joug, et DRI fortification, rempart: ce qui, dit-il, 
convient au dieu Mars. 


N° 351* 

MATRI • DEVM • IDAEAE 
OPTIMAE • SANCTISSIMAE 
L- ALBONIVS- Q F- F- AEDIL 


Matri deum Idaeae optimae , sanctissimae. Lucius 
Albonius, Quinti fil Lus, Falem a tribu, aedilicius 

A la très-bonne, très-sainte Idéenne,mère des dieux. Lucius Albonius, fils 
de Quintus, de la tribu Falerna, ancien édile. 

Cette inscription, donnée par Durandi, Piem. cisp., p. 53, 
a été reproduite par Carlone, Vest. épigraph., p. 128, n. 21 1, 
et par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1023*, /a/sa. 

Carlone, d’après Durandi, dit que cette inscription était 
gravée sur un fragment d’autel votif qui existait à côté de la 
chapelle de Saint-Gilles ; c’est la chapelle de Saint-Arige ou 
Eloi qu’il faut lire : mais elle n’y est pas et n’y a jamais été. 
Je n’ai trouvé à côté de cette chapelle qu’une plaque de 
grès qui porte quelques lettres en fort mauvais état ; je les 
donne plusloin. Ce monument a été fabriqué par Meyranesi ; 
c’est la première fois queje rencontre Cybèle nommée mater 
* sanctissima , et bien certainement l’auteur a maladroitement 
imité une inscription de Vérone 1 qui fait mention d'une 
Veronia, qui a été prêtresse de Cybèle matris deum, et qui 

1. Corp , t. V, vol. 1, n. 3438. 


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899 


est ensuite qualifiée de matri sanctissimaè par son fils, qui 
lui élève ce monument. Il n’a pas remarqué que dans ce 
texte c’est Veronia qui est nommée mater sanctissima et 
non la déesse dont elle était prêtresse. 

Le plus souvent Cybèle est nommée Magna, Idaea, et 
parfois à son nom est joint un nom topique qui caractérise sa 
résidence ; mais jamais je n’ai trouvé le terme sanctissima 
qui d’ordinaire ne s’applique qu’à des mortels. 

N® 352* 

I V N O N I 
SACRVM 
M IVLIVS... 

ALBINVS 
5 V • S • L • M 

Junoni sacrum. Marcus Julius... Albinus votum solvit 
libens merito. 

Consacré à Junon. Marcus Julius... Albinus a accompli librement son vœu. 

Cette inscription, que Durandi place à la Tour entre Clanz 
et Utelle, n’a été publiée que par lui, Piem. cisp. p. 62, et 
par Mommsen, Corp. t. V, vol. 2, p. 90*, n. 1020*, falsa. 
Inutile de dire que je ne l’ai pas retrouvée. 

N® 353* 

IOv^I • 0PT1M0 • MAX 
SCIPIO_AVFILENVS- S- F- FALER 
VVIR- AVGVSTALIS 
VOT1 • COMPOS. . . REDITIS 

Jovi Optimo Maximo. Scipio Aufilenus, Scipionis fi- 
lius, Falema tribu, sextumvir augustalis, voti compo- 
siti reditis. 

A Jupiter très bon et très grand. Scipion Aufllénus, fils de Scipion, attaché 
à la tribu Falema, sévir auguatal, pour accomplir les vœux dont il avait été 
chargé. 


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300* — 


La fausseté de ce texte saute aux yeux. 

Durandi le place à la chapelle de Saint-Erige, près Saint- 
Etienne, où certes il n’est pas. 


N» 334* 

I • O • M 
M • FVLVIVS 
DEVICTIS • ET • SUPERATIS 
' LIGVRIBVS ■ BAülENNIS 
5 VEDIANTIBVS • MONTANIS 
ESALLWIEIS 
V • S ■ L • M 

Jovi Optimo Maximo. Marcus Fulvius, devictis et 
superatis Liguribus Bagiennis, Vediantibus, Montanis 
et Salluvieis, votum solvit libens merito. 

A Jupiter très bon pt très grand. Marcus Fulvius, après avoir vaincu et 
dompté les Ligures Bagiennes, Vediantiens, Montanes et Salluves, a accompli 
son vœu librement. 


Cette inscription a été publiée par Durandi, Picmonte 
cisp. p. 6, qui déclare la tenir de Meyranesi. — Muletti, 
Saluzzo, p. 23.— Henzen, Supl. ad Orell., 5107, où M. 
Mommsen a déclaré dans une note qu’il la croyait fausse, 
surtout parce qu’elle sortait de chez Meyranesi ; et c’est en 
effet la principale des raisons qui doit nous la faire rejeter, 
car l’inscription est très habilement faite. Elle s’appuie 
d’une part sur les fastes triomphaux et de l’autre sur l’ins- 
cription de Clanz. — Carlone, Vestig. épigr. p. 129, n. 214. 
— Desjardins, Géogr. de la Gaule, t. II, p. 256. — Momm- 
sen, Corp. t. V, vol. 2. p. 90*, n. 1021*, falsa. 

D’après Meyranesi cette inscription était à Prats, hameau 
de Saint-Dalmas le Selvage. J’ai parcouru toute la région 
avec le plus grand soin ; je n’ai pas laissé une muraille sans la 
visiter, à Vens, à Prats, à Bousyéies, aux Granges-commu- 
nes et jusqu’au col de Pelouse. J’ai interrogé tous les habi- 
tants, les curés, les maîtres d’écoles, les braconniers et les 
contrebandiers ; et voici le seul renseignement que j’ai pu 


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301 


obtenir : « Il y avait autrefois au hameau de Pratsune pierre 
écrite encastrée dans la bâtisse de l’église ; à la suite 
d’une avalanche amenée par le torrent de Salza morena, la 
moitié de l’église a été emportée et la pierre avec. » Ce rensei- 
gnement est trop vague pour qu’on puisse en conclure que la 
pierre de Meyranesi ait jamais existé ; il prouve tout au plus 
que l’église des Prats portait une inscription, peut-être une 
dédicace à quelque saint, en lettres gothiques, comme on en 
rencontre sur un grand nombre de monuments de ce genre 
dans ces régions. Il faut donc maintenir cette inscription 
parmi les fausses, puisque la source en est frelatée et que 
le monument ne se retrouve pas. 

Les actes triomphaux de l’année 631 (de Rome) portent : 

M-PVtof VS • M • F ■ Q • N • FLACCVS PRO • AN • DCXXX 

cos de li GVRIBVS • VOCONTIE1S 

SALLVVE1SQ (Corp. x 1. 1, p. 460) 

Smet a écrit Salluvieisq, et c’est certainement à cette 
copie que Meyranesi a emprunté ce mot, tandis que les mots 
devictis et superatis ont été empruntés à l’inscription de 
Clanz. 


N» 355* 

SEX • VALERIVS 

_ POMPEIANUS. . . A • F 
. VIVIR • AVGVST- ET - INCOLA 

CEMENEL 

5 ARAM- BASIM- ET- SIGNA 
VOTO- SVSCEPTO 
L • P 

Durandi place cette inscription à côté de la grande porte de 
l’église de Saint-Erige, près Saint-Etienne. Elle n’y est pas. 
Elle a été publiée par Durandi, Piem. cisp. p. 54. — Bour- 
quelot, Inscr. a nt. de Nie. etc. n. 48. — Carlone, Vest. 
épigr. p. 127, n. 210. — Mommsen, Corp. t. V, vol. 2. 
n. 1054*, p. 92*, falsa. 


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302 


N° 356 (à Bregenz) 

IN • H • D ■ D 
DEO • M31CVRIO 
ARCECIO • EX VO 
TO JSk. AM- POSVIT 
5 SEV31IVS • £EVE 
RIANUS b ■ f ■ GOS 
LEG • III • ITALIC 
GORDIAN 
S L 


In honorem domus divinæ, deo Mercurio Arcecio. Ex 
voto aram posuit Severius Severianus, beneficiarixis con- 
sularis legionis tertiæ Italicæ, Gordianæ, solvit libenter 
ou se liberavit. 

En l'honneur de la maison divine (impériale), au dieu Mercure Arcécius. 
Selon son vœu, Sévérius Sévérianus, bénéficiaire consulaire de la troisième 
légion Italique, Gordienne, a placé cet autel : il s'est librement acquitté ou 
simplement il s'est acquitté. 


C’est à tort que Gioffredo, Stor. dell. Alp. (édit. 1839), 
p. 216, place ce monument à Briançonnet: c’est à Brégenz*, 
l’ancienne Brigantium, au bout du lac de Constance, qu’elle 
se trouvait et quelle doit être restituée. — Carlone, Vest. 
épigr., p. 15 r i,n. 272, a suivi Gioffredo, et, comme lui, place 
ce texte à Briançonnet. 

Les bénéficiaires étaient des soldats exemptés de corvées 
par certains officiers et notamment par les tribuns. Sévérius 
a été fait bénéficiaire par un consul. Ces bénéficiaires mar- 
chaient généralement à la suite de leurs protecteurs, qui ne 
laissaient échapper aucune occasion de leur donner des 
grades et des dignités. 

La légion III Italica fut créée par Marc-Aurèle, sous 
Septime Sévère ; elle avait ses quartiers en Rhétie, où se 
trouvait Brigantium (Brégenz). Cette inscription a été 

1. Voy. Corp, t. III, n. 57#8. 


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303 


gravée entre les années 238 à 244 ; car ce n’est que sous les 
Gordiens que la III e légion s’est appelée Gordienne. 


Inscription» Impériale» 

N° 357 (Inédite) 

imp. Caes. L. Septimio • 
SEVERO • PIO • FELI 
CI • AVG • kRabico 
a DIABENICO • TRIB 
5 POT- III - IMPER - VII 
COS II- 


Imperatori Cæsari Lucio Septimio Severo, pio, felici, 
Augusto, arabico , adiabenico, tribunitiâ potestate III, 
imperatori VII. tons ali II 

A l'empereur César Lucius Septimius Sévère, pieux, heureux, Auguste, 
Arabique, Adiabénique, en jouissance pour la troisième fois de la puissance 
tribuni tienne, proclamé empereur pour la septième fois, consul pour la 
seconde fois 

Cette inscription est gravée sur un piédestal engagé dans 
le mur en pierre sèche qui soutient les terres d’une prairie, 
sur la place de Briançonnet. Elle est très fruste et j’ai eu 
quelque peine à la lire ; 'mais grâce aux judicieux et savants 
conseils qui m’ont été donnés par M. Allmer, j’y suis, je crois, 
parvenu. 

Septime Sévère fut consul pour la seconde fois en 194, avec 
D. Claudius Albinus Cæsar, qui l’était aussi pour la deuxième 
fois. Il prit le titre de pieux en 195, avec ceux d’ Arabique et 
d’ Adiabénique; il était alors dansjsa troisième puissance tribu- 
nitienne. Au commencement de l’an 195, il fut proclamé em- 
pereur pour la première fois, et vers la fin de la même année, 
pour la sixième et la septièmejfois. C’est donc de la fin de 195 
que date notre monument, qui était probablement achevé par 
les titres de pontife. x maximus et de pater patriae (ilpritce 
dernier titre en 194) et par la mention de l’ordo Brigantie- 
num ou Brigomagensium, qui lui fit élever ce monument. 


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304 


N® 358 

D ■ N 

P • LIC1NIO • COR 
NELIO • SALONI 
NO • VALERIANo 
NOBILISSIMO 
CAESARI 

BRIG 

Domino nostro Publio Licinio Comelio Salonino Vale- 
riano, nobilissimo Cæsari: ordo Brigomagensium (vel) 
Brigantienum . 

A notre seigneur Publius Cornélius Saloninus Valérianus, très noble 
Coesar : l'ordo de ceux de Brigantium a élevé ce monument. 

Cette inscription est gravée sur un petit cippe encastré 
dans le mur de l’église à Briançonnet. Elle a été publiée 
par Gioffredo, Stor. dell. Alp. p. 334 de l’édit. in-8° 1839. 
— Papon, Hist. gén. de Prov. t. I, p. 80. — Carlone, 
Vest. épigr. p. 154, n. 270, et par moi dans le mémoire que 
j’ai lu à la réunion des Sociétés savantes à la Sorbonne. 

Publius Cornélius Saloninus Valérianus était le second 
fils de Valérien ; c’était le frère de Pub. Cornélius Valéria- 
nus, qui fut associé à l’empire l’an 254 ap. J.-C. On l’a 
longtemps confondu avec son frère ; mais on a trouvé des 
textes dans lesquels ce prince est qualifie de frère de Corné- 
lius Valérianus. 

Cette inscription a été très probablement gravée à la 
même époque que celles de Cimiez et de Vence, faites, l’une 
en l’honneur de sa mère et l’autre de son frère. 

N® 359 (Perdue) 

I M P • C A E S 
L • DOMITIO 
AVRELIANO 
PF- INV1CT0 
A VG P • M 

ORDO BR • F • C 


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305 


Imperatori Cœsari Lucio Domitio Aurelia.no, pio, felici 
invicto, Augusto, pontifici maximo : ordo Brigomagen- 
sium (vel Brigantienum ) faciendum curavit. 

À l’empereur César Lucius Domitius Aurélianus, pieux, heureux, invaincu, 
Auguste, grand pontife : l'ordo de Brigantium a fait élever ce monument. 

Raymond de Soliers, dans ï Histoire de Prov. de Bouche, 
t. I, p. 28i. — Spon, Miscel. p. 159. — Gioffredo, Stor. 
dell. Alp. éd. 1839, p. 340. — Papon, Hist. gén. de Prov. 
1. 1. p. 81. — Carlone, Vestiges, p. 153, n. 269. 

Bouche assure que cette inscription se trouvait autrefois 
dans l’église des Pénitents noirs à' Briançonnet ; je ne l’y ai 
plus retrouvée. 

Cette inscription a été gravée entre les années 270 et 275, 
époque du principat d’Aurélien : on ne peut pas préciser 
davantage, car il n’y est fait mention ni de puissance tri- 
bunitienne ni de consulat. 


N» 300 (Perdue) 

IMP CAES- A VG- BIVt f.imp 

PONT - MAX • TrI3unicia*potestate . 

Imperatori Cæsari Augusto, Divi filio, imperatori 

pontifici maximo, tribun,itiâ. postestdte 

À l’Empereur César Auguste, fils du divin (Cœsar), proclamé empereur pour 

la fois, grand pontife, en jouissance de la puissance tribuuitienne pour 

la fois. 

Je trouve cette inscription incorrectement rapportée et 
certainement interpolée dans la Statistique des Alpes-Ma- 
ritimes, de J. Roux, t. I, p. 482. L’auteur s’exprime ainsi 
à son sujet : « L’inscription trouvée au haut du quartier 
de la Coste par l’évêque de Glandevez Tressemanes, est 
une preuve qué les Romains avaient à Puget-Théniers un 
lieutenant du préfet de Cimiez et une centurie de la qua- 
trième légion. Cette inscription fut portée, par ordre de cet 
évêque, àlaSedz, son palais, commune d’Entrevaux.M. David, 
qui avait acquis cette propriété de la nation, fit rompre la 


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306 


pierre pour s’en servir à la construction des murs de l’écu- 
rie de derrière la maison. Nous avons vu les morceaux de 
cette inscription, et nous l’avons déchiffrée avec la plus 
grande peine ». Or voici la lecture qu’il donne : 


S- IMP- 

G Æ • S \AVG • DIV 

PONT 

MAX- T»\ IB 

V I 

D • MAR.\ 

PVBLI 

US • NIGE1R • CENT 

IV • LE 

G ■ AlP- M/l ARIT 

VIVUS 

SIBI • F *\C1T 


Ce qui est absolument inacceptable. Il semble, en effet, 
qu’il y ait là trois fragments d’inscriptions, mais rompues 
dans un sens opposé à celui qu’indique l’auteur : l’une for- 
mée des deux premières lignes ; la seconde, de la troisième 
ligne ; et la dernière, des trois dernières lignes, qui paraissent 
fournir un sens complet, quoique certainement interpolées. 

Je n’ai, pour le moment, à m’occuper que de la première 
inscription, que je n’ai pas retrouvée à la Sedz. Elle était 
dédiée à Auguste : mai^nous ne pouvons savoir en quelle 
année elle fut gravée, par suite de la cassure de droite, qui 
a emporté les parties où se trouvaient le nombre de ses 
acclamations à l’empire, ainsi que celui de ses puissances 
tri buni tiennes. 


Inscription* militaires 

N° 361 (Inédite) 

Il y avait à côté de Briançonnef, dans une ferme nommée 
l’Ouméou ou l’Ormée, une pierre milliaire portant une 
inscription d’une dizaine de lignes, au dire des habitants. 
Cette inscription m’avait été signalée par M. Bourguignat, 
qui l’avait vue; malheureuseument, entre le passage de M. 
Bourguignat et ma visite, le curé de Briançonnet ayant 
besoin d’une pierre pour soutenir une croix dans le cime- 
tière, se fit donner ce milliaire dont la forme lui convenait ; 


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— 307 — 

mais craignant, sans doute, de laisser subsister quelque 
invocation à une divinité payenne, il fit effacer cette inscrip- 
tion qu’il ne savait pas lire, en faisant retailler la pierre. J’ai 
vu la pierre retaillée et les paysans qui l’ont transportée de 
l’Ormée à Briançonnet ; mais personne n’avait pris copie de 
l’inscription. J’ai seulement trouvé entre Gars et Briançon- 
net, 500 mètres au-delà de l’Ormée, un fragment qui a 
certainement appartenu à un milliaire ; il porte les lettres 
suivantes : 

| N ^PO\ 

C’est une pierre employée dans un mur de soutènement ; 
sa forme arrondie ne laisse pas de doute sur son origine. Je 
pense qu’on peut y voiries mots : tribun, pot. 

J’ai indiqué le tracé de la route à laquelle appartenait ce 
milliaire sur ma carte de l’arrondissement de Puget-Thé- 
niers (Voy. pl. II) :elle allait passer à Gars, traversait l’Es- 
teron et remontait le Cheiron, pour venir rejoindre, dans la 
plaine de Thorenc, la voie qui de Ventium se rendait à 
Salinium. Vis-à-vis Aiglun, ( Ait/lodunum ), on m’a montré 
un milliaire sans inscription, ou dont l’inscription a peut-être 
été complètement effacée par le temps ; mais aujourd’hui 
on ne peut plus rien y reconnaître : toutefois la présence de 
ce milliaire en ce lieu est une indication précieuse pour le 
tracé de la route romaino, aussi l’ai-je noté sur ma carte. 

N* 362 (Inédite) 

i. 0 

CI- INVICTO 

AvgvsTo 

XXIII 

J’ai trouvé cette pierre encastrée dans un mur de soutè- 
nement au vallon de la Boulinette, sousle village de Rimplas. 
Il faut, je pense, la rapporter à Probus et la compléter de 
la façon suivante : 


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308 


inip . caes. M. Aurel. ProbO 
pio feliCl • INVICTO 
p. m. AVGVSTO 
æXXIII 

Imperatori Cæsari Marco Aurelio Probo, pio, fClici, 
invicto, pontifici maximo, Augusto. xxxiii. 

A l’empereur César Marc-Aurèle Probus, pieux, heureux, invaincu, grand 
pontife, Auguste. Trente-troisième milliaire. 

Carlone publie 1 un milliaire de Constantin qui, dit-il, se 
trouve à Rimplas et que je n’ai pas retrouvé ; M. Mommsen 
le déclare faux. J’avais d’abord pensé à l’identifier avec le 
fragment que j’ai retrouvé ; mais le mot invictusque porte 
la pierre me paraît devoir être rapporté à Probus, qui a 
réparé les voies montagneuses des Alpes-Maritimes, comme 
il conste de l’inscription suivante, rapportée par Bouche, 
et qui, d’après cet auteur, se trouvait entre Senez et 
Glandevez : 


IMP • CAES 
M • A VR 
PROB P F 
INV • AVG 
III- COS- P- P 


C’est pourquoi j’ai mis le mot inédit à côté de cette 
inscription. Un autre milliaire de Probus a été trouvé à 
Cabasse. Tous les deux datent du troisième consulat de cet 
empereur ; ce qui me fait croire que celui de la Boulinette 
date aussi de cette époque. Ce serait donc en 280 qu'aurait 
été faite cette réparation à la voie qui de Salinium se ren- 
dait à Eburodunum. 

Les trois milliaires suivants ont été déclarés faux par 
M. Mommsen. Je les maintiens dans cette catégorie, parce 


1. Voyez le n° 364. 


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— 309 — 

que je ne les ai pas retrouvés et qu’il m’est impossible de 
prouver le contraire. 

N» 363* 


TRIBVN • POTEST 
XVI 

Tribunicia potestate xvi. 

Dans la seizième année de sa puissance tribunitienne. 

Durandi, Piem. cisp., p. 55. — Carlone, Vest. épigr., 
p. 65, n. 98. — Mommsen, Corp. t. V., vol. 2, p. 91*, n. 
1029* falsd. 

D’après Durandi, ce milliaire était à Pierlas, prèsd’Ilonse, 
vallée du Chanz. Je ne l’ai pas retrouvé, malgré les plus 
actives recherches, et je n’ai pu recueillir aucun témoignage 
sérieux de son existence. 


N* 364* 

IMP- CAESARI 
AVGVSTO 
D • D 
XVI 

Durandi, place ce milliaire à Saint-Sauveur. Quant à 
celui-là, je l’abandonne bien volontiers ; car, non-seulement 
je n’en ai pas retrouvé de traces, mais surtout à cause de son 
contexte, qui ne me semble pas acceptable pour un milliaire. 
Il a été rapporté par Durandi, Piem. cisp., p. 58. — Carlone, 
Vest., p. 65, n. 99. — et par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
p. 91*, n. 1026* falsa. 


N® 365* 

Sur une face Sur l’autre face 

IMP • GAES 
CONSTANTIN!) 

P10 • FELICI • INVICTO XLVII 

AVGVSTO 
5 XXII 

i o 


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310 — 


C’est ce milliaire que Durandi place à Rimplas et que 
j’avais songé à identifier avec celui que j’ai retrouvé dans 
le vallon de la Boulinette. J’ai dit les raisons qui m’ont fait 
abandonner cotte idée. 

On trouve ce milliaire rapporté dans Durandi, Piem. cisp. 
p. 59, qui déclare le tenir de Meyranesi et dans Carlone, p. 
65, n. 100. — Mommsen le donne, Corp., t. V, vol. 2, 
p. 91*, n. 1027*, falsa. 


Inscriptions militaires 


N° 366 

PVBLIVS • NIGER 
CENTVRIO 
IV LEG 

VIV • SIBI • FECIT 

Publius Niger, centurio legionis quartae, vivus sibi 
fecit. 

Publias Niger, centurion de la quatrième légion, s'est, de son rivant, 
élevé ce monument. 

Cette inscription a été trouvée à la Coste, quartier de 
Puget-Théniers, sous l’épiscopat de M. de Tressemanes, 
qui fut évêque de Glandevez de 1756 à 1771. C’est en 
creusant les fondations de son grand séminaire que l’ins- 
cription fut mise à jour : l’évêque la fit transporter à son 
château de laSedz, en face d’ Entrevaux. Plus tard les biens 
de l’évêque furent vendus au profit de la nation et le châ- 
teau fut acquis par M. David, qui, dit-on, fit rompre 
l’inscription pour l’employer dans la bâtisse des écuries. 
Le fait est que je n’en ai plus trouvé de trace. 

On trouve une copie de cette inscription dans le registre 
de la sacristie de la cathédrale. C’est là que l’a prise l’abbé 
Tisserand, Hist. de Nice, t. I, p. 45, et après lui Carlone, 
Vestig. épigr., p. 133, n. 222 et Mommsen, Corp., t. V, 
vol. 2, n. 7983, qui déclare ne rien savoir sur son origine; 


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311 


on a vu n. 359, de quelle façon l’a transcrite J. Roux, 
Statist. des Alpes-Marit., p. 482. 

La troisième ligne est certainement interpolée, il faut 
lireLEG IV. 

Deux légions portaient le numéro IIII : la Quarta Macedo- 
nica, qui était en Espagne, et la Quarta Scythica, en 
Mésie. Après la guerre civile les Flaviens supprimèrent la 
IIII Macedonica, qui s’était trop compromise avec Vitellius 
et la remplacèrent par la IIII Flavia, qui eut ses quartiers 
en Mésie supérieure, tandis que la Scythica passa en 
Syrie. A laquelle de cos légions appartenait Publius Niger ? 
Il est bien difficile de le préciser : c’est pourquoi il vaut 
mieux s’abstenir. 


N» 367* 

C • ATILIO • M • F • FAL • A 

PRAEF 

LEGIONIS- LIGVR- COHOR- ? 

5 HONORIS • CAVSSA • LOCVS 
EX • DECR 

Caio Atilio. Muci filio. Falerna tribu A(lpino) 

praefecto legionis Ligurum, cohortiscenturialis. Honoris 
caussa locus ex decreto (datus). 

A Canu Atilius Alpin us, fils de Mucius, de la tribu Falerna, préfet de la 
légion des Ligures, de la cohorte centuriale. En son honneur et par décret 
des décurions, on a élevé ce monument. 

Durandi, d’après Meyranesi, place cette inscription à 
Puget-Théniers, où je n’ai rien’ trouvé. La fausseté de 
cette inscription saute aux yeux : Puget-Théniers devait 
être inscrit à la tribu Papiria, dont dépendait Brigantium ; 
il n’y avait point de légion Ligure et le mot cohor. } placé 
après legionis ligurum est absurde. 

Cette inscription a été publiée par : Durandi, Piem. cisp ., 
p.57. — Carlone, Vesf. épigr., p. 133, n. 221.— Mommsen, 
Corp., t. V, vol. 2, p. 92, n. 1031* falsa. 


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— 312 — 

N° 368» 

D • M 

M • AVRELIVS 

MILES- COH PR 

} IVSTIN1 

5 VIXIT • ANN • XXXVII 
MILIT • ANN • XIII 

Diis Minibus. Marcus Aurelius..., miles cohortis... 
praetoriae..., centuria Justini. Vixit annis xxxvil, mili- 
tavit annis xm. 

Aux dieux mânes, Marcus Aurélius..., soldat de la cohorte prétorienne, de 
la centurie de Justinius. Il vécut trente-sept ans et servit treize ans. 


Cette inscription n’est pas trop maladroitement fabriquée; 
elle était, suivant Durandi, & Ilonse, où je n’ai rien trouvé. 

Durandi, Piem. cisp., p. 55. — .Carlone, Vestiges épigr., 
p. 126, n. 206. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 92*, 
n. 1033*, falsa : 

N» 369* 

MA- ELPIDIO -MF- ALPINO 
PRAEF • MILIT • COHOR • > • LIGVR 
ACCU ■ C- F • V X O R 


Marco Aelpidio, Marcifilio, Alpino, praefecto militum 
cohortis cenlurialis Ligurum, Accia, Caii filia, uxor. 

A Marcus Aelpidius Alpinus, dis de Marcus, préfet des soldats de la 
cohorte centuriale des Ligures, Accia, fille de Caïus, sa femme. 


Prefectus militum cohortis centurialis Ligurum ne veut 
rien dire. Durandi place cette inscription au Villars, où elle 
n’est pas. Durandi, Piem. cisp., p. 56. — Carlone, Vest. 
épigr., p. 132, n. 219. — Mommsen, Corp., t. V., vol. 2., 
p. 91*, n. 1039*, falsa. 


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343 


N° 370* 

M • RVFFO 

M- F- FALER- MONTANO- ALPINO 

EXERCIT 

COHOR 

5 LIGVRVM VIXIT • ANNOS 

LXXVIII • MENSES- XI- DIES- VII 
LVCIVS • RVFFVS • PATRI • B • M 
ET • ATILLIA 
CONIVGI • DVLCISSIMO 

Marco Ruffo, Marci filio, Falerna tribu Montano Alpi- 

no, exercit cohortis Ligurum vixit annos lxxviii, 

menses xi, dies vu. Lucius Ruffus patri bene merito et 
Atillia, congugi dulcissimo. 

A Marcus Ruffus Montanus Alpinus, fils de Marcus, de l'armée de la 

cohorte Ligure il vécut soixante-dix-huit ans, onze mois et cinq jours. 

Lucius Ruffus à son père bien-aimé et Atilia â son époux très-doux ont 
élevé ce monument. 

Durandi place cette inscription à Utelle, un peu au-dessus 
du confluent du Var et de la Vésubie ; je ne l’y ai pas 
trouvée. 

Durandi, Piem. cisp., p. 62. — Carlone, Vest. épigr., 
p. 132, n. 217. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 92*, 
n. 1049*, falsa. 


N • 371* 

D • M 

M- AELPIDIO- L- F- ALPINO- MONTANO 
FRAEF • MILIT • COHOR • J • LIGVRVM 
MARIANILLA ■ G • F- VXOR 
5 MARITO- INCOMPARABILI 

Diis manibus. Marco Aelpidio, Luci filio, Alpino Mon- 
tano, praefecto militum cohortis centurialis Ligurum. 
Marianilla Caii filia uxor marito incomparabili. 

Aux dieux mânes. A Marcus Aelpidius Alpinus Montanus, fils de Lucius, 
préfet des soldats de la cohorte centuriale des Ligures. Marianilla, fille de 
Caïua, son épouse, à son mari incomparable. 


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— 314 — 


Durandi place cette inscription à Saint-Sauveur, où je n’ai 
rien trouvé de pareil. Elle a été publiée par : Durandi, 
Piem. cisp., p. 58. — Carlone,' Vest. épigr., pp. 126-27, 
n. 207. — Mommsen, t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1040*, falsa. 

N» 372* 

D • M 

P- VALERIVS- P- F - FALER 

LEGIONIS • LIGVRVM 

COH • ? 

Diis manibus. Publius Va lerius, Publii filius, Faler- 
na legionis Ligui'um cohortis centurialis .... 

Aux dieux mânes. Publius Valérius fils de Publius, inscrit à la tribu 

Falerna de la légion des Ligures, de la cohorte centuriale 

Durandi place cette inscription à Isola. Inutile de dire 
que je ne l’y ai pas trouvée. 

Durandi, Piemonte cisp., p. 58. — Carlone, Vest. 
épigr., p. 127, n. 208. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
p. 92*, n. 1053*, falsa. 

Toujours cette absurde légion ligure, marchant de concert 
avec la tribu Falerna et la cohorte centuriale. 

Inscription» Municipales 

N° 373 

MARIAE • MATE 
RNI • FIL [5 LVCILLAE 
MARIVS • MATERN CS 
IVLIA • MATERNA 
5 FILIAE 

MARI • PATERN & 

VS ■ ET IVLIANVS 
SONORI • CA.RISSI 
MAE 

10 L • D • D • D 

EVNDEMQ • MATERNVM • OB 
HORORES • IIVIRAT • ET FLAMOîf 
BENE- GESTOS- PATRON- COOPTAR 
BRIG 


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345 


Mariae Matemi filiae Lucillae. Marins Maternus Cet) 
Julia Materna filiae; Marii (duo) Paternus et Julianus 
sorori carissimae. Locus datus decreto decurionum. Eun- 
demque Maternum, ob honores duumviratus et flamonii 
bene gestos, patronum cooptarunt Brigantiones (vel) Bri- 
gomagensii. 

A Maria Lucilla, fille de Maternus. Marius Maternus et Julia Materna à 
leur fille; les deux Marius, Paternus et Julianus, à leur sœur bien-aimée, ont 
élevé ce monument. Le lieu a été donné par décret des décurions. Les habi- 
tants de Brigantium ont choisi le même Maternus pour leur patron, à cause 
des honorables charges du duumvirat et du flaminat, qu'il a remplies à la 
satisfaction générale. 

Cette inscription est gravée sur une stèle qui est encas- 
trée dans le mur d’une grange, sur la place, à Briançonnet. 

Voilà certes une inscription qui ne peut guère laisser de 
doutes sur le rang qu’a occupé Brigantium ou Briançonnet. 

C’était une civitàs qui possédait des duumvirs, des décu- 
rions, des flammes, et se nommait un patron. Il faut donc en 
conclure, comme je l’ai fait clans l’introduction de ce travail, 
que le siège de la cité était primitivement à Briançonnet et 
que ce n’est que plus tard qu’il a été transféré à Glandevez. 

.Cette inscription a été publiée par Peiresc, Ms.jde Paris 
8957 — d’où Spon, Miscel., p. 160. Ces auteurs ne 
disposent pas les lignes comme elles sont en réalité et n’en 
donnent que dix en tout. Ils écrivent marii au lieu de 
marI ; fvxdemo ; flamon et coopt- a- r. — Wesseling, 
Vetera Romanorum itineraria, p. 341, en cite les quatre 
dernières lignes d’après Spon. — Les mêmes lignes sont 
citées par Papon. Hist. gén. de Prov., t. I, p. 80 — et 
d’après lui, par Carlone, Vestiges épigraphiques, p. 154, 
n. 271, qui dit les avoir prises chez Gioffredo, Stor. delle 
Alp. ; or, je n’ai pas retrouvé cette inscription chez cet 
auteur, et la leçon que donne Carlone est certainement 
empruntée à Papon. 

N° 374 (Fragment inédit) 

I 

M 

‘ ...LA 

ordo bRlGOMAgensium 


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346 


Ce fragment d’inscription est gravé sur une des marches 
de l’escalier de la porte d’entrée de l’église paroissiale de 
Briançonnet. Les gros souliers cloués des fidèles ont à 
peu-près complètement détruit ce texte, dont une partie, 
recouverte par la marche supérieure, doit être intacte. J’ai 
complété les lettres rigoma en Brigomagensium, quoi- 
qu’elles puissent avoir fait partie du mot Caturigom&gensium; 
mais comme la pierre se trouve à Briançonnet, qui n’appar- 
tenait certainement pas à la cité des Caturiges, j’ai préféré 
remplir la lacune de la première façon. C’est à cause de ce 
mot que j’ai toujours traduit lesigle brig par Brigantionum 
ou Brigomagensium. 


N® 375 (Perdue) 


BR- M ... 

BR- P- ... 

Cette inscription, qui se trouvait à Briançonnet, est four- 
nie par Carlone, Vesf. épigr., p. 155, n. 273. Ce doit être 
la même que la suivante, que fournit Raymond de Soliers 
dans Bouche, Hist. de Prov., t. I, p. 221 : 

BR M 

DR - P- 


N® 376* 

M- IVLIO- A - F • NIGRONI 
PATRONO • MVNICIPI 


QVO HONORE • CONTENTVS 
INPENSAM • REMISIT 

Marco Julio, Aelii filio, Nigroni, patrono municipii . • • 
. . . quo honore contentus impensam remisit. 


A Marcus Julius Nigion, fils d'Aelius, patron du municipe lequel, 

coûtent de cet honneur, a remis la dépense (nécessaire à la fêtef) 


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317 — 


Durandi, Piem. cisp., p. 57. — Carlone, Vestig., p. 133, n. 
220. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1042*, /aisa. 

Cette inscription est certainement imitée de l’inscription 
suivante, qui était à Monteù da Po, l’ancienne Industria : 

C ■ AVILIO -LF 
P O L • G A V I A N O 
FL AMIN • D I V I 
CAESAR • PERPETVO 

5 PATRONO • MVNICIP 

TRIB • MILIT • LEG • III 
GALLICAE 
D D 

QVO HONORE • CONElfvS 
10 IMPENSAM- REMISSIT 

Selon Durandi cette inscription était à Puget-Théniers. 

Meyranesi a simplement pris les mots patrono municipii, 
après lesquels il a feint une lacune qui le tire d’embaras, et 
termine son inscription par la formule quo honore con- 
tentus, etc. 

N° 377* 

DIS • MANIBVS 

G • ELPID1VS • G • F • FALER 
ADIVTOR • A - RATIONIB VS 


5 FECIT • SIBI - ET - VETTIAE 
AVFILENAE • GONIVGI • B • M 
ET • AELIAE • FILIAE • SVAVISS 
IN • FR • P- XVI • IN- AGRO • P • X • 


Diismanibus. Caius ÇA Jelpidius, Caii filius, Falerna 
tribu , adjutor a rationibus, fecit sibi et V ettiae Aufilenae, 
conjugi bene merenti, et Aeliae, filiae suavissimae. In 
fronte pedes sexdecim in agro pedes decem. 

Aux dieux mânes. C&ïus Àelpidius, fils de Caïus, de la tribu Falerna, 

commis du comptable a fait ce monument pour lui et pour Vettia Aufllena* 

sa femme bien méritante, et pour Aelia, sa fille très-suave. I*e terrain acquis 
est de seize pieds de taçade et de dix pieds de profondeur. 


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— 318 — 

Cette inscription a été publiée par Durandi, Piem. dspa- 
da.no , p. 54. — Par Carlone, Vestiges, p. 128, n. 213. — 
Par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1038*, falsa. 

Durandi prétend que cette inscription est à Saint-Etienne, 
dans l’église paroissiale. Je puis affirmer qu’on n’en a 
jamais eu de nouvelles, pas plus, d’ailleurs, que d’une autre 
que je mentionnerai plus loin. 

Cette inscription n’est pas trop mal faite ; et si elle ne 
sortait pas de l’officine de Meyranesi, elle serait très-accep- 
table; mais, comme dit M. Mommsen, non per se sed per 
sodas. 

N» 378* 

D • M 
VIARIAATILIA 
SIBI • ET • G _SALVIO 
VIRINO • VI VIR 
5 FILIO • PIISSIMO • QVI 
VIXIT • ANiNOS • XXXIX 

Diis manibus. Viaria Atilia sibiet Caio Salvio Virino, 
sextum mro, filio piissimo, qui vixit annos xxxix. 

Aux dieux mânes. Viaria Atilia pour elle et pour Caïus Salvius Virinus, 
sévir, son fils très-pieux, qui vécut trente-neuf ans 

D’après Durandi, cette inscription était devant l’église 
paroissiale de Tourncfort. Je n’ai rien trouvé, ni au lieu 
indiqué ni dans les environs. 

Cette inscription a été publiée par Durandi, Piem. dsp., 
p. 56. — Carlone, Vest. épigr.,p. 124, n. 202. — Mommsen, 
Corp., t. V, vol. 2, p. 92*, n. 1055*, falsa. 


Inscription* funéraire* 

N° 379 (Inédite. Voy. PL IV, n» 86). 

Diis manibus. Ludus Primipilus Primo, Justi filio, 
patri piissimo et de (se) bene merito, et Suprae,matri 
defundis, de suo vivusposuit. 


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m 


Aux dieux mânes. Lucius Primipilus r à Primus, fils de Justus, son père 
très-pieux et très-méritant, envers lui, et à Supra sa mère, morts tous deux, 
a, de son vivant, élevé ce monument. 

Cette inscription, que je n’ai trouvée rapportée par aucun 
auteur, est scellée sur la façade de la petite église de la 
Sagne, à gauche de la porte d’entrée. La Sagne est un 
hameau de Briançonnet. 

Je l’ai dessinée dans ma planche IV, à cause des attributs 
que l’on voit représentés dans le carré qui est au-dessous de 
l’inscription : à gauche, c’est certainement une faux ; à droite, 
je ne sait trop qu’y reconnaître ; au sommet se trouve un 
croissant surmonté d’un croisillon, qui pourrait bien être 
une étoile. 


N® 380 (Voy. PI. IV, n® B) 

P • MON ta 
NIO • FILIt 
P A T R I P * O 
VIVIS • E* sibi 
po SVEBuntf 

Diis manibus. Publio Montanio : filii patri pio viviset 
sibi possuerunt. 

Aux dieux mânes, à Publius Montanius, ses enfants ont élevé ce monu- 
ment à leur père très-pieux, de leur vivant et pour eux-mémes. 

Cette pierre est dans le cimetière de la Penne, à côté de 
celle que j’ai publiée sous le numéro 350. Je l’ai découverte 
en faisant déblayer le terrain, parmi des ronces et aux trois 
quarts enfouie. Les gens du pays nommaient cette pierre la 
Pierre d' U riel, et la croyance générale était qu’elle portait une 
inscription chaldaïque. Je l’ai publiée dans la Revue archéo- 
logique (1878), vol. xxix (mars). J’ai dessiné cette pierre à 
cause des attributs qu’elle porte et qui sont très-remarqua- 
bles : la tête de taureau ou bucrâne, le croissant et les étoiles. 
M. Robert Mowat, à qui j’ai montré cette inscription, est 
d’avis que ce sont les attributs des sectateurs de Mithra. 

On sait que le culte de Mithra, importé à Rome, A l’épo- 


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— 320 — 

que de Pompée, se répandit très-rapidement dans les Gaules 
et dans toute la partie septentrionale de l’empire romain, 
où il a laissé partout des traces très-importantes, surtout 
dans les grottes où se célébraient les terribles mystères de 
ce culte. 

N® 381 (Inédite) 

MEDVllINO 

ME F 

/VATRIBv S- N 

nEPOTI BVS • GA rissimis 

5 meduLLINIS • QWIBVS... 
cemenELO ■ CIVITAte. .. S B 

AS - COL AT 

DON 

Cette inscription est actuellement encastrée dans un mur 
de soutènement, sur la route de Toudon à Ascros, au nord 
de Pierrefeu, au quartier nommé Cadarei et aussi pierre 
écrite. Elle a été brisée sur les côtés au haut et au bas pour 
pouvoir être employée par l’entrepreneur de la route. Il 
ne reste plus aujourd’hui que les parties composées en 
majuscules droites. Avant d’avoir été brisée, elle avait été 
vue par M. Bourguignat, qui en avait rapidement pris copie ; 
c’est à l’aide de cette copie, bien incomplète, que j’ai pu 
rétablir, en partie du moins, les deux premières lignes. 
M. Bourguignat avait lu la première ligne MEDVCINO, 
j’ai cru pouvoir rétablir Medullino, en me fondant sur la cin- 
quième ligne qui porte le fragment ...llinis, qui bien évidem- 
ment est la fin du mot Medullinis. La fin de l’inscription, 
qui était certainement la partie la plus intéressante, est trop 
incomplète pour tenter une restauration quelque peu certaine. 
M. Bourguignat avait cru pouvoir lire à la ligne sept: 
ASCIA D ; mais, pour cette partie-là qui nous a été conser- 
vée , je suis certain de ma lecture : la pierre porte : 
AS COL AT. 

La pierre qui porte cette inscription est très-endomma- 
gée par les agents atmosphériques et d’une lecture très- 


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— 321 — 

pénible, à cause des cassures accidentelles et des sillons 
creusés par le temps, qui la traversent en tous sens. 

N® 382 (Inédite) 

VEN I M 
FI- MEDVtfmo 
palRI • CEMene 
léSSi 


Ce fragment est aujourd’hui employé dans le mur de 
soutènement de la place de l’église au hameau de La Roche 
à Val-de-Blore ; il a été trouvé dans un champ entre La 
Roche et Saint-Dalmas-du-Plan, enfoui à 50 cent, de profon- 
deur, le long de l’ancien chemin qui, de la vallée de la 
Tinnée, remonte le Val-de-Blore et va rejoindre Berthe- 
mont, où les Romains avaient un établissement de bains. 

L’inscription était beaucoup plus complète ; mais elle a 
été brisée par un maçon, pour être appropriée à sa nouvelle 
destination. 


N® 383 


.NEP.. 


REI...IN 


1 • IVL 


(Inédite) 


* cemeriE LO 

Cette inscription est gravée sur une stèle de grès en fort 
mauvais état, laquelle est située derrière la chapelle de 
Saint-Erige à Aoron , entre Saint-Etienne-ès-Monts et 
Isola, sur la rive droite de la Tinnée. Elle est en trop 
mauvais état pour pouvoir en rien tirer, mais elle sert du 
moins à constater la présence d’un monument romain en ces 
pays perdus. 

N® 384 (Perdue) 

CTA...M...C 

III...N...CC...A...1 


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322 


D’après Durante, Chorographie, p. 303, qui le premier a 
publié ce fragment et dit qu’il a été trouvé avec le suivant 
dans des fouilles pratiquées au quartier Saint-Sébastien, où 
je n’ai rien rien trouvé. Carlone, 1 r estig. épigr. publie aussi 
ce fragment, p. 124, n. 200. 

N° 385 (Perdue) 


...ALBANI 

...GAMIA- II... 


Durante, Chorog. p. 303. — Carlone, p. 124, n. 201. 

Je crains que Durante n’ait pris pour une inscription anti- 
que, l’inscription moderne (XVII e siècle) du bénitier de 
Sigale, qui porte le motCAMIA ; toutefois, devant son affir- 
mation, je m’incline. 


N # 386 (Perdue) 

M VFAIVZCAL 
RVFFS R' AIITD 
ILIN R'IDLoCT 
I • EILIPJP • M 

Cette leçon est fournie par Bonifassi, qui l’attribue à dom 
Juge, chanoine de Clanz à la fin du siècle dernier. Carlone, 
d’après le manuscrit du père Scalier (Archives de Nice), en 
fournit la leçon suivante, toujours attribuée à dom Juge : 

MV1 • A TV CD 
RVB • RpNIIÜD 
IL I N RD IC I. 

T- FILIO- D • M 

Bonifassi ajoute que la vraie leçon est celle-ci : 

MARIO • SEXTORIO • LVCIO 
DRVSO • ROM • MILITI 
ffl- C0H0R- LIG 
IVLIVS • PHILIPPVS P M 


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— 323 - 

Mario Sextorio, Lucio (et) Druso, Romæ, milit(es) 
cohortis tertiæ Ligurum. Julius Philippus monumentum. 
posuit. 

A Marins Sextorius Lucius et Drusus, originaires de Rome, soldats de la 
troisième cohorte des Ligures. Julius Pùilippus a élevé ce monument. 

Cette pierre, suivant dom Juge, était à Clanz, au quartier 
deRaus, dans les champs ; elle doit avoir été détruite, car je 
n’ai plus rien trouvé au lieu indiqué. 

Elle a été publiée par Bonifassi, Nie. inscr., n. 61 et 115; 
— par Carlone, Vestig. épigr., p. 125, n. 204, — et par 
Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 7982. 

J’ai supposé que la deuxième ligne devait porter milites 
et non militi ; la troisième : Cohor. III. lig., et la quatriè- 
me, Af • Pau lieu de P . M. En admettant ces légères correc- 
tions et interpolations, le texte devient correct. 

N« 387* 

V • F 

Q • AVRELTVS • PHILOS • S- F - FAL 
SIBI • ET- AETIO- PHI 
ET- SEXTIAE- AVLI- F- M 
ET • SECVNDO -MF- FAL • ET 
SVNIO- AELIO 
POSTER 

La fausseté de cette inscription est trop évidente pour 
qu’il soit besoin d’insister à ce sujet. 

Durandi, Piem. cisp., p. 59. — Carlone, Vest., p. 126, 
n. 205. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1036*, 
fais a. 

D’après Durandi, cette inscription était à Lieuche, vallée 
de Clanz, où je n’ai rien trouvé de semblable ; mais entre 
Lieuche et Pierlas et entre ce dernier village et Abillera, 
j’ai remarqué une grande quantité de briques à rebord, et 
un peu au-dessus de Pierlas un fragement de pierre arron- 
die sans inscription, que j’estime être la partie supérieure 


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— 324 — 

d’un milliaire ; je l’ai marqué comme tel dans une carte de 
l’arrondissement de Puget-Théniers. (Voy. pl. II.) 


N® 388* 

DIS- MANIBVS 

TITI FLAVEt • A VG • LIBER 


5 HEIC- EXTRA- PATRIAM. . . . 

ATILIA- VALERIA- F ILIA- INFELI 
CISSIMA • PATRI OPTIMO • ET 
DESIDERATISSIMO 
PLVRIMIS • CVM • LACRIMIS 
10 TF 

Diis manibus Titi Flavii, Augusti liberti heic 

extra, patriam Atilia Valeria, filia infelicissima, 

patri optimo et desideratiasimo, plurimis cum lacrimis 
tumulun fecit. 


Aux dieux mânes de Titus Flavius, affranchi d* Auguste, (mort) ici loin de 
1 a patrie. Atilia Valéria, sa malheureuse fille» a, avec de nombreuses larmes, 
élevé ce monument à son père excellent et très- aimé. 


L’inscription ne serait pas trop mal tournée, si l’auteur 
avait appelé la fille du nom de son père. 

Durandi, Piem. cisp., p. 54. — Carlone, Vest. épigr., 
p. 128, n. 212. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, 
n. 1014*, falsa. 

Durandi prétend que cette inscription est devant l’église 
paroissiale de Saint-Etienne-ès-Monts, il n’en est rien. 


N® 389* 


D • M 

M- AVRELIVS- VALENS • L- F - FAL 
EMIT- OLLAS- DEGEM- SIBI 
SVISQ • L1BERTIS • LIBERTABVSQ 
POSTERISQVE • EORVM 


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— 3*5 

Diis manibus. Marcus Aurelius Va lens, Lucii filius, 
Falerna, émit ollasdecemsibi suisque, libertis , libertabus- 
que, posterisque eorum. 

Aux dieux mânes. Marcus, Aurélius Valons, fils de Lucius, inscrit à la 
tribu Falerna, a acheté dix urnes pour lui, pour les siens, pour ses affranchis 
et affranchies, et leurs descendants. 

Dans l’esprit de Meyranesi, qui a inventé cette inscription, 
M. Aurélius Valens avait acheté, dans un columbarium, ou 
salle funéraire, contenant des niches assez sèmblables à des 
nids de pigeons, d’où leur nom de columbaria, dix urnes 
funéraires qu’il destinait aux siens. 

Durandi, Piem. cisp., p. 59. — Carlone, Vest., p. 132, 
n. 216. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 91*, n. 1037*, 
falsa. 

Durandi place cette inscription à Saint-Dalmas-du-Plan. 
Je l’ai cherchée en vain dans le village et ses environs. On 
m’a dit qu’il y avait à Molières une pierre écrite ; je m’y 
suis transporté, mais c’était une inscription en caractères 
gothiques du XV' siècle. 

N® 390* 

DDS- MANIBVS • SACRVM 
C • AVRELIO • MASCVLO -LF 
AELVIA- AVFREDITENIS 
PATRONO • BENE MERENTI 
F 

Diis manibus sacrum : Caio Aurelio Masculo, Lucii 
filio, Aelvia Aufreditenis patrono bene merenti fecit. 

Consacré aux dieux mânes : à Caïus Aurélius Masculus, fil9 de Lucius, 
Aelvia Aufreditenis à son patron bien méritant, a fait ce monument. 

Durandi, Piemonte cispadano , p. 63. — Carlone, Vest. 
épigr., p. 132, n. 218. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
p. 91*, n. 1035*, fa Isa. 

Durandi prétend que cette inscription était à Utelle. Je 
l’ai cherchée dans ce village, à Duranus, à Saint-Jean-de- 
la-Rivière, au Cros et dans tous les environs ; et je puis 

« 


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— 326 


affirmer qu’il n’y a dans toute cette région qu’une seule 
pierre écrite : c’est un rocher tombé dans la Vésubie sur 
lequel est gravé un chrisme récent et une date de la fin du 
dix-septième siècle. 


Inscriptions chrétiennes 

No 391* 

MATER D VLCISSIMA 

IN- PACE- XPI- RECEPTA 
IVLIVS • FILIVS • MEM0R1AM • FEC 

± 

0B1IT KAL • SEPT 

Mater dulcissi%na, in pace Christi recepta. Julius 

filius, memoriam fecil, (Chrismus). Obiit kalendas sep- 
tembres. 

Sa mère très douce, reçue dans la paix du Christ. Julius, sou fils, a 

fait ce monument à sa mémoire (le Chrisme ). Elle est morte pour les calendes 
de septembre. 

Durandi, Piem. cisp., p. 59. — Gazzera, Acta Taurinensia, 
2 e série, t. II, p. 163. — Carlone, Vest. épigr., p. 131, 
n. 215. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, p. 92*, n. 1057*, 
fais a. 

Durandi dit que cette inscription se trouve à Saint-Dalmas- 
du-Plan, où je l’ai cherchée activement, mais sans succès. 

N® 391 bis (Inédite) 

MEMORIAE V ///////// fi 
LIAE • DVLClSSIwoe / / / / / 


H • E • T 

Cette inscription est gravée sur un ci ppe # très-fruste qui 
forme le pied-droit de la porte du cimetière de Gars. L’ins- 
cription était tournée à l’intérieur ; je l’ai dégagée et j’ai fait 
tourner le cippe de façon à ce que l’inscription fût désormais 
visible. 


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3S7 — 


SUPPLÉMENTS 

A D.D IT I|ONS ET CORRECTIONS 


A VENCE 


En parcourant les papiers de Peiresc conservés à la Biblio- 
thèque nationale, j’ai trouvé quelques inscriptions, inédites 
jusqu’à présent, que je me hâte d’ajouter en supplément à 
mon recueil : 

N° 392 (Perdue) 

M • VAL • MAR 
CIANO • Q • V- A 
XVII • M • VAL • 

FRONTO ET 
5 NONIA • PATER 
NA FILIO 
PllSSIMO • FEC 


Marco Valerio Marciano, qui vixit annos septemdecim. 
Marcus Valerius Fronto et Nonia Patema, filio piissimo 
fecerunt. 

A Marcus Valérius Marcianus, qui vécut dix-sept ans. Marcus Valérius 
Fronton et Nonia Paterna ont élevé ce monument à leur fils très pieux. 

Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 30, déclare 
tenir cette inscription de M. de Flayosc, père du marquis 
de Trans, qui était cousin des Villeneuve, alors seigneurs 
de Vence. 

J’ai mis en lettres inclinées à la quatrième ligne le mot 
et, que Peiresc a écrit fi, et I’n qui commence la cinquième 
ligne, que j’ai mis à la place des lettres il, que porte la 
copie de Peiresc. En effet Ilonia n’est pas connu dans 


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328 


l’onomastique romaine, tandis que nonia ou même monia 
se rencontrent assez fréquemment. 

La situation de cette inscription n’est pas autrement 
désignée que par les mots à Vence ; mais la forme de la 
pierre est indiquée : c’est une base en forme d’autel ; et, 
comme elle est parmi les inscriptions qui sont dans la ville, 
il est probable qu’elle existait à cette époque dans quelque 
maison. 

N° 393 (Perdue) 

VALERIAE Secundae 
0- V- A- X1III- M enses- x- Ennia 
FVSGINA • MATER • FILIAE 
Ph'SS • ET • VALERII- Mj&.Cv S 
5 ET SEC VNDVS • SORORI 

I MERENTISSIMAE • FECERVNT I 


Valeriæ Secundæ, quivixit annos quatuordecim memes 
decem. Ennia Fuscina mater filiæ Piissimae et Va lerii 
(duo) Marcus et Secundus sorori merentissimæ fecerunt. 

A Valéria Secunda, qui vécut quatorze ans et dix mois. Ennia Fuscina la 
mère à sa fllle très pieuse, et les deux Valérius, Marcus et Secundus, à leur 
sœur bien méritante ont élevé ce monument. 

Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n - 8958, p. 37, dit que 
cette inscription et quelques autres qu’il donne sur la même 
feuille, lui ont été apportées de Vence par M. Blacas ; pro- 
bablement un membre de la famille Blacas, qui a fourni au 
chapitre de Vence une quinzaine de chanoines. 

L’inscription était gravée sur une grande urne brisée à 
droite de façon à ne laisser voir que le commencement des 
deux premières lignes ; la dernière ligne, en plus petits ca- 
ractères, est gravée en dehors du cadre de l’inscription sur la 
base du monument. Cette inscription se trouvait, à cette 
époque, dans la propriété Malivert, ce qui peut être : ou à 
Saint-Donnat, ou au nord de Vence, sur la route de Cour- 
segoules et sur les bords de la Lubiane. Mais je penche pour 
Saint-Donnat: d’abord parce qu’on y voit quelques cons- 


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— 329 — 

tr u et ions romaines et, surtout, parce que la propriété des 
Blacas touche pour ainsi dire ce quartier. 

J’ai rétabli à la première ligne Secundæ, quoique cela 
soit tout à fait problématique ; à la seconde ligne le genti- 
licium Ennia, d’après l’inscription n - 22 démon recueil; et 
les lignes quatre et cinq, en corrigeant la leçon de Peiresc, 
qui est la suivante : 

pisseivelnini Marcus 
pisicundus sorori 

N° 394 (Perdue) 


D • M 

C - GALLl • PAERld 
L- MAELI- AVlTI- FILI 
PlISSIMl • MAELI 
A • SEGVNDA MA r ER 
SIBI ■ ET • SVIS 
VlV • FEG 

Diis manibus Caii Gallii Paterni Cet) Lucii Maelii 
Aviti, filii piissimi. Maelia Secuncla, mater, sibi et suis 
viva fecit. 

Aux dieux mânei de Caïus Galiius Paternus et de Lucius Maelius Avitus, 
ses fils très pieux. Maelia Secunda, leur mère, pour elle et pour les siens 
a de son vivant élevé ce monument. 

Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n. 8938, p. 28, d’après 
les copies fournies à lui par M. de Chasteuil, procureur 
général en 1628, et p. 206, dessinée par lui-même en 1629. 
D’après cet auteur l’inscription se trouvait au monastère de 
Saint-Véran (la Dorade) sur les bords du Loup (rive gauche) 
à côté de celle que j’ai citée dans mon recueil sous le n. 37 
et de celle qui va suivre. 

N» 395 (Perdue) 

FIERI 

IVSSIT 

L • VAL • BYBLVS 
HERES • FECIT 


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— 330 


Fieri jussit Lucius Valerius Byblus , heres fecit. 

Lucius Valérius Byblus a ordonné de lui élever ce tombeau» son héritier 
l'a fait. 

Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 28, d’après 
la copie de M. de Chasteuil. 

Cette inscription était à côté de la précédente, au monas- 
tère de Saint-Véran. Toutes deux ont disparu ; mais on ne 
peut mettre en doute leur authenticité : car elles existent en 
copie par deux mains différentes dans les papiers de Peiresc. 
Ceci me confirme dans l’idée que j’ai émise, que l’oppidum 
des Décéates devait se trouver par là. 


A ANTIBES 


N° 396 (Perdue) 

D • M 

GRAN1Æ • VALE 
RIAE- 0- V A IIII 
M • GRAN1VS • VI 
TALIO FILIAE 
5 FECIT 

Diis ma.in.ibus Graniae Valeriae, quæ vixit annos qua- 
tuor. Marcus Granius Vitalio filiae fecit. 

Aux dieux mânes de Grania Valéria, qui vécut quatre ans. Marcus Granius 
Vitalion a élevé ce monument à sa fille. 

Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, qui parait 
l’avoir copiée lui-même, car l’inscription est de sa main. 
Cet auteur ajoute en marge « Vide marmoram tabellam 
quara Romae vidit Lipsius, ad exemplum Divi Ludovici, in 
aedibus privatis : m- granivs- vitalio- eq- inter clarissimos 
viros et decem primos annumeratos. » 

Sa situation précise à Antibes n’est pas autrement dési- 
gnée. 


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334 


N° 397 (Perdue) 


D • M 

AELIAE • IVLIAE 
CELSAE 

AELIVS • FELI 
C IA NV S ET VA 
K I A] • EMERITA 
FILIAE FECER 

Dits Manibus Aeliae (et) Juliae Celsae. Aelius Felicia- 
nus et Varia Emerita filiae fecerunt. 

Aux dieux mânes d’Aelia (et de) Julia Celsa, Aelius Félicianus et Varia 
Emerita, à leurs filles, ont élevé ce monument 


Cette inscription est citée par Maffei, Galliae antiquitates, 
etc., p. 68 (éd. de Vérone 1734) et p. 62 (éd. Paris 1733) et 
d’après lui dans Muratori, Nov, thés., t. III, p. mccïïxvii, 
n. 5. 

D’après Maffei, cette inscription était encore à Antibes 
de son temps. 


N° 398 


(Perdue) 


Imp.oaet.Fl. Vol. Constaraino. p.f. Aug.nep.divimaximia 

ti aug. pîi filio 


tn pro 
quom 


civibiu 
in tubur 
10 ejutde 


VINCIA ALPIVM MARITymarwm cive | 

INVS • MVLTI ■ QVAM QVlkn» deourio 


\VNIC1PIBVS • EIVS MVNi 
D E C 0 N 


ROMANIS QVI • MVNICIP 

BIIS • BR1GANTIONIS SVNTJ 

U- MVNICIPII INTER IPSOS Jinoolat.. 
I . CVM • PEREGRl NlS • El VS . P Wncioe 


icipii aum civib 

VENTIONES- CIVI 
manorum 

\ium incolunt 


NI- AVG • CONSTAN 

S EIVS • MVNI 
NES- EIVS- MV 
/S ROMANIS 
V M R O 


Imperatore Cæsare Flavio Valerio pio, felice, augusto, 
nepote divi Maximiani Augusti Contantii Augusti pii 
filio. 

in provincia Alpium Maritimarum 

cives ejus municipii quominus mulli quam 


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338 — 


quidem decuriones ejus municipii 

municipibus ejus municipii cum civibus romanis 

DECONVENTIONES C1VIUM ROMANORUM . . . 

civibus romanis qui municipium incolunt 

. ... in suburbiis Brigantionis sunt ejusdem mu- 
nicipii inter ipsos incolas . municipii? cum 

peregrinis ejus provinciæ 

Plaque de bronze citée par Peiresc, sous le titre : Frag- 
menta antiquæ tabulæ ænææ quoquo modo restituta, ms. 
de Paris, fonds latin n- 8958, p. 145. Il n’y a pas d’autres 
désignations d’emplacement ; mais comme, d’une part,ellese 
trouve parmi des inscriptions d’Antibes, que, d’autre part, 
il existe à Antibes (voy. n. 73) une inscription antique, qui 
fait mention d’une table d’airain qui doit apprendre toutes 
choses au voyageur : V iator, audi si libet, intus veni : tabula 
est æna quae te cuncta perdocet. Cette inscription sur table 
d’airain me paraît n’être pas autre chose que la plaque ci- 
dessus (que Peiresc semble avoir vue et copiée ; car elle est 
de sa main, et aucun auteur n’est mentionné). Je n’ai donc 
pas hésité à attribuer cette importante plaque à Antibes. 

Je n’ai suivi qu’en partie le commencement de restitu- 
tion de Peiresc ; toute la première et la seconde ligne sont 
de moi. Peiresc avait restitué au fragment n. 2 magni Aug. 
Constantini. A la troisième ligne, le mot cives est de moi. 
J’ai conservé la restitution de Peiresc dans les quatrième et 
cinquième lignes ; à la sixième ligne, le manuscrit de Peiresc 
porte de conventionieus ; à la huitième ligne, civibus 
est de moi. A la dixième ligne, Peiresc avait restitué litem : 
j’ai mis ejusdem. Enfin Peiresc commence la onzième ligne 
par le mot municipii, qui m’a paru peu certain. 

Il devait donc y avoir à Antibes, qui était le premier mu- 
nicipe des Alpes-Maritimes, en arrivant du côté de la Nar- 
bonnaise, un petit monument placé sur la route, avec son 
inscription extérieure invitant les passants à venir prendre 
connaissance des usages et conventions qui réglaient les con- 
ditions d’habitation des citoyens romains, des étrangers et 


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333 


des passants dans les municipes des Alpes-Maritimes. Le 
nom d’un seul de ces municipes nous a été conservé, c’est 
Relui de Brigantio, Briançonnet; cela est fort heureux, 
car c’est le seul dont le municipat fût discuté. 

N° 399 (Perdue) 

vrbHirE- r- ek 

Peiresc, ms. de Paris, fonds lat. 8958, p. 138. C’était pro- 
bablement une marque de brique, quoique l’auteur ne dise 
rien à ce sujet ; mais on verra plus loin un vase trouvé à 
Saint-Césaire, dont l’inscription a de grands rapports avec 
celle-ci. 


N® 400 (Perdue) 


lixij 

ET QVADRATVS 
SOCIVS E I V S 

Peiresc, ms. de Paris, fonds lat. 8958, p. 141, sans dési- 
gnation précise. La copie n’est pas de sa main. 

N® 401 

SEX • AEMILIO • PAVLLO 
PATRI AEMILIAE • Q- F - RE 
G1LLAE- MTRI- SEX- AEMIL 
PAVLLINO • FRATRI • T • AE 
5 MIL • BVRRO • FIL • G • AE 
MIL • VASTVS • SVIS 

Sexto Aemilio Paullo, patri ; Aemiliae Quinti filiae 
Regillae, matri; Sexto Aemilio Paullino, fratri ; Tito 
Aemilio Burro, filio. Caius Aemilius Vastus suis. 

A Sextus Aemilius Paullus, son père ; à Aemilia Regilla, fille de Quintus, 
sa mère ; à Sextus Aemilius Paullinus, son frère ; à Titus Aemilius Burrus, 
son fils. Caïus Aemilius Vastus a fait ce monument pour les siens 

Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 144. Quoique 
la situation de ce monument ne soit pas expressément 


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334 


désignée, je l’ai placé à Antibes, parce qu’il est au milieu 
d’inscriptions antiboises et parce que le nom de Régilius s’y 
est retrouvé (Voy. n. 97). * 


N» 408 (Perdue) 

G • C- P- T- C (sic) 

N E P 0 TI 

F R A T R I 

ET • ATTI 

AE • G F 

...,/EGIT 

Peiresc, ms. de Paris, n. 8958, p. 28, d’après les notes 
de M. de Chasteuil, procureur général et seigneur de 
Châteauneuf de Grasse. Cette inscription et la suivante 
se trouvaient en 1628, époque où M. de Chasteuil les a 
copiées, à Notre-Dame-du-Brusc, dans scs domaines. La 
chapelle de Notre-Dame-du-Brusc est à droite du chemin 
qui va de Châteauneuf à Valbonne, après avoir traversé 
la route départementale n. 6 de Grasse à Villeneuve. On 
m’a dit que cette inscription avait été transportée au Castel- 
laras, où se trouve le n. 120 ; je ne l’ai pas trouvée dans les 
environs , mais comme le parc était fermé et que, par suite 
de l’absence du propriétaire, il m’a été impossible d’y péné- 
trer, il est possible qu’elle soit encore en ce lieu. 

N® 403 


i" 

4nGSTtAE • MAT 
ernaS. ■ L • TANGAN 
tus FRONTO • CON 
jugi- A- SE- BENE- M 
5 eren TI • FECIT 


2 * 

L • TANGANIVS 
FRONTO S I B I 
VI V VS FECIT 


1* Antistiae Matemae ; Lucius Tanganius Fronto con- 
jugi a se bene merenti fecit. 

2* Lucius Tanganius Fronto sibi vivus fecit. 


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— 335 — 

1* A Antistia Materna; Lucius Tanganius Fronton, à son épouse bien 
méritante a fait ce monument. 

2* Lucius Tanganius Fronton, pour lui de son vivant s'est préparé ce 
monument 


Peiresc, ms. de Paris, fonds lat. 8958, p. 28, d’après la 
copie de M. de Chasteuil. 

Les restitutions sont de moi. 

Cette inscription était à côté de la précédente à Notre- 
Dame-du-Brusc. 

Les deux inscriptions chrétiennes qui suivent, sont con- 
servées dans le cabinet de M. le colonel Gazan, à Antibes. 

N® 404 


• B • • M 

HICREQVIESCITINPACE AN 
CILLA • DI • CALVMNIOSA • QVE 
VIXIT • ANN • C- DP • EST SVB 
die . primai NON • APRILS 

Bonae memoriae. Hic requiescit in pace ancilla Domini 
Calumniosa , quae vixit annos centum. Deposita est sus 
die prima nouas aprilis. 

A la bonne mémoire. Ici repose en paix la servante du Seigneur Colum- 
niosa, qui vécut cent ans. Elle a été déposée (en ce lieu) les premiers jours 
des nones d'avril. 

Cette inscription a été publiée par Breton, Antiquités de 
la ville d'Antibes (Va r) dans les mémoires de la Soc. Arch. 
du midi de la France, t. IV, p. 398. — Ed. Leblant, Ins- 
criptions chrétiennes de la Gaule, n. 622 A. et pl. n. 508. 
Elle a été trouvée au fort carré d’Antibes. 


;N® 405 


B m 

HIC REQVIr/SCî/ an- dt 

GENESIA QVAE vixit ann 

xx. d. p. R ST S VB Di e secunda f 
NOn-jan- 


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336 — 


Bonae memoriae. Hicrequiescit ancilla Domini Gènesia, 
quae vixit a nnos vigenti. Deposita est sub die secunda 
nouas Januarii. 

A la bonne mémoire. Ici repose la servante du Seigneur Génésia, qui vécut 
vingt ans. Elle a été déposée (en ce lieu) le second jour des nones de Janvier. 

Je crois cette inscription inédite. 

N«‘ 405 bis (Perdu#) 

CONIVGI GAL 
LIENI • A VG- N 

D D 

.. . ConjugiGallieni Augustinostri ; decretodecurionum. 

A la femme de notre Gallien Auguste; par décret dea décuriona. 

C’est certainement la fin d’une inscription à Cornélia 
Salonina. 

Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n. 8957. p. 229, copies 
de Maurand, prêtre d’Antibes. Ellès sont généralement 
mal faites et peu fidèles quant au nombre de lignes et à la 
forme. Peiresc, qui a revu toute les autres inscriptions d’An- 
tibes, ne note pas celle-ci, ce qui me permet de croire que 
Maurand aura peut-être confondu avec la dédicace à Salonine 
qui est à Nice. Je dois dire pourtant que la copie de Maurand 
donne le dessin de la pierre et que s’il fallait s’y fier, on 
devrait assurément considérer cette inscription comme tout 
à fait distincte de celle de Nice ; d’autant mieux qu’il la 
place près du château d’Antibes « a presso al Castello 
d'Antiboul .» C’est pour cela que je l’ai publiée, en lafaisant 
précéder de l’astérisque en signe de doute. 

N° 405 ter (Perdue) 

D “ 

VESVCcIAE PE K 
MOGENIAE 

VIG1LIA • LVCILIA 
5 MATRI • B M • FECIT 


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— 337 


Dits manibus, Vesucciae Hermogeniae. Vigilia Lu- 
cilla Ÿmatri bene merenti fecit. 

Aux dieux mânes de Vearuccia Hermogenia. Vigilia Lucilla À sa mère bien 
méritante a élevé ce monument. 

Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n. 8957, p. 229, d’après 
Maurand, qui lui donne comme emplacement le dessus 
d’une porte de maison ; « insu la porta de una casa, » ce 
qui est bien vague. Comme la précédente, cette ins- 
cription n’a pas été vue par Peiresc, et c’est sur le seul 
témoignage de Maurand que je la donne. 


A PIERREFEU 


N® 406 

TRITTIAE 
M- VIBIVS 
LONGV3 
VS- LM 

Trittiæ. Marcus Vibius Longus votum solvit libens 
merito. 

A Trittia. MArcus Vibius Longus a accompli son voeu de son plein gré. 

Peiresc, ms. de Paris, fonds latin, n. 8958, p. 151, avec la 
mention « au terroir de Pierrefeu, au pied de l’autel de 
Saint-Jéhan. » 

Il est vrai qu’il y a un autre Pierrefeu dans le Var, près de 
Cuers ; mais comme on n’y connaît aucune inscription, que 
d’autre part, à Pierrefeu des Alpes-Maritimes, la chapelle 
de Saint-Jean n’est pas dans b village même, mais bien 
dans son territoire, au hameau de la Cainée, sur le chemin 
romain que j’ai signalé, et qu’elle porte la désignation 
caractéristique de Saint-Jean-d'Aurèle, je pense que c’est 


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338 — 


bien de notre Pierrefeu qu’il s’agit. La chapelle de Saint- 
Jean de Pierrefeu est à côté du vallon de Cadarei, où j’ai 
relevé un fragment d’inscription. 

Trittia est donc une divinité topique des Alpes-Maritimes 
que cette seule inscription nous fait connaître. 

L’inscription était gravée sur un petit autel. 


A NICE 


N® 407 

POMPEIAE 

Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 191, avec 
la seule désignation à Nice. L’inscription est dessinée; elle 
est gravée sur un fragment de calcaire entouré d’une triple 
moulure. 

N» 408 

M ■ A L B IcciW 

Peiresc, ms. de Paris, fonds lat., n. 8958, p. 191, à 
Nice. Cette inscription est aussi entourée d’une moulure. 
Elle est de la même main que la précédente ; mais ne peut 
pas avoir fait partie de la même inscription, parce que la 
moulure se continue au-dessus et au-dessous de la ligne : 
ce qui indique que le titulum n’avait en tout qu’une seule 
ligne. 

Je dois dire, en finissant cet appendice, que quelques 
auteurs donnent à Cagnes une inscription mentionnant un 
certain C. Julius Senec a. C’est par suite de la confusion 
du nom de Cagnes avec celui de Cagnosc, où était vérita- 
blement cette inscription, que la méprise s’est opérée- 
Comme Carlone a déjà fait cette rectification comme le 
baron de Bonsteten * a publié cette inscription qui, dit-il, 

1. Carlone, Veut. tpxgr ., p. 155, n. 874. 

8. Carte archéologique du Var, p. 83. 


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— 339 — 

a été trouvée « dans les ruines d’une ancienne chapelle à 
quelque distance de Gonfaron, où était l’ancien village, 
aujourd’hui détruit, de Cagnosc ; » comme cet auteur ajoute 
que l’inscription est aujourd’hui au Luc, chez M. Aube, je 
pense pouvoir me. dispenser de la donner. 

J’ai donné au n. 115 une inscription mentionnant un 
dieu topique nommé Mars Olloubus ; sur les observations 
de M. R. Mowat et d’après d’anciennes copies que j’ai vues 
depuis, je crois qu’il faut lire Olloudius et non Olloubus. 
Voici en effet ce que porte la copie la plus authentique : 

MARTI OLLOvk) 

C’est un d et un i liés, il faut donc lire Olloudio. 

Je dois ajouter que du temps de Spon, cette inscription 
était à Aix, chez M. Sibon, trésorier-payeur. 

Il me reste maintenant à faire connaître les marques 
de potiers et les sigles figulins du département. C’est ce 
que je vais faire, en faisant remarquer que le travail que je 
fais est un premier travail ; car, jusqu’à ce jour, personne 
n’a songé à faire un Corpus de ces petites inscriptions. Il 
s’y trouvera donc des lacunes et d|S omissions : l’arron- 
dissement de Nice sera mieux traité que ceux de Grasse 
et de Puget-Théniers ; car M. Mommsen a déjà fait un 
premier travail sur les sigles figulins de Nice, qui, quoique 
incomplet, a été pour moi un guide précieux pour retrouver 
certains fragments. 


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340 — 


INSCRIPTIONS ET SIGLES FIGULINS DU DÉPARTEMENT 


Petit* Sceaux de bronze 

Je n’en connais que trois qui sont : 

N® 409 

P $ ETEREI $ 

QVADRATI 

et sur l’anneau qui sert à l’appliquer, les lettres : 

P • E • Q 

qui sont les initiales des noms du potier. 

Ce sceau a été trouvé dans les plaines de Châteauneuf, 
entre Peyloubet et Notre-Dame-du-Brusc, en 1870. Il est 
actuellement dans le cabinet deM. J. F. Cavalier, de Grasse, 
numismate distingué, qui a bien voulu m’en laisser prendre 
copie. * 

Ce sceau a déjà été publié par le docteur Mougins de 
Roquefort, dans sa Notice sur quelques poteries sigillées 
de Fréjus et d’Antibes, p. 14. 

N® 410 

Cf 

M 

AEM1LI 

BASSI 

Trouvé à Vintimille en 1857, à côté de la chapelle de 
Saint-Jean-Baptiste ; aujourd’hui chez M. le professeur 
Gerolamo Rossi, à Vintimille. 

G. Rossi, Stor. di Vint., p. 347. — Mommsen, Corp., 
t. V, vol. 2, n.8116, 9. 


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344 


N» 411 

GLVCo 

CORNE 

Trouvé sur remplacement de l’antique Albintimillium, 
près delà Nervia, aujourd’hui chez M. G. Rossi. Mommsen, 
Corp., t. V, vol. 2, n. 8116, 30. 


Vases de terre portant des Inscriptions 

N° 412 (Inédit.) 

rb • elez • ou ; zaïa • q j 

Sur un petit vase en forme d’écuelle trouvé à Saint-Cézaire 
(arrondissement de Grasse). Ces caractères sont tracés en 
traits noirs au fond du vase, sur la partie convexe, autour 
d’un cercle. Le vase est en terre rougeâtre ; il a été trouvé v 
dans une tombe romaine et contenait, dit-on, deux bronzes 
très frustes, que l’on croit être des Antonins. Je tiens ces 
renseignements de M. F. Brun, secrétaire de la Société des 
Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, qui a déposé 
ce vase dans les collections de la société. 

N» 413 

« MIRR'A 
6 MVRR' 

Se lit sur deux soucoupes conservées dans la collection 
Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8115, 77 et 
99. J’ai vu ces deux soucoupes. 

N» 414 . 

PRISCI 

Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
h. 815, 99. Je fai vue. 

N° 415 

F I E ® 1 C I 

» 


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— 342 — 


Nice, villa Guilloteau. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
n. 815, 154. Je n’ai pas vu cette inscription. M. Mommsen 
déclare que la lecture en est incertaine. 

N® 416 

o ' F ■ E • L 

Nice, chez M. Brun, qui le premier a publié un dessin de 
ce vase : Etude sur les sépultures gallo-romaines dans 
les Alpes-Maritimes du III e au VI e siècle, dans les mémoi- 
res de la Soc. des Lett. Sc. et Arts, t. III, (1875), pl. ; et 
après lui par Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8115, 176, 
qui ne mentionne pas M. Brun, dont il connaissait pourtant 
le mémoire. 

Les lettres sont en relief au milieu de divers objets, parmi 
lesquels on reconnaît des colombes. 

N® 417 

SEX • M • P 

A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 7, 4 ; gravé dans un cartouche eh forme plan- 
taire. Je l’ai vue. 

N® 418 
S • M • T 

A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 7, 7, sur un fragment de vase. Je l’ai vue. 

N® 419 
TRADIO 

A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 7,9, tradic. Elle est sur un fond de vase. Jel’ai vue. 

N® 420 

PATI 


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— 343 — 

A Fréjus, chez. Je docteur Pascal. Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 7, il. Cetté inscription est gravée sur un fond 
de vase dans un cartouche, eh forme de croissant. 

N» 481 (Inédite) 

STR0B1L1 (Voy. pl. IV, n. 13) 

Nice, villa Guilloteau. Sur un fond de vase. 

Lampes funéraires 

- N® 422 

VICTOR 

Nice, chez M. Brun, qui l’a publiée et dessinée dans son 
Etude sur les sép., etc. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
n. 8114, 139. Gravée sur une petite lampe trouvée en 1867, 
sur la route de Cimiez, propriété Camous. 

N® «3 

* 

FORTIS 

• Nice, villa Guilloteau, et chez M. Brun. Les deux exem- 
plaires ont été décrits parM. Mommsen, Corp., t.V,vol. 2, 
n. 8114, 54, lll etmmm. M. Brun a publié l’un des deux 
dans sa brochure Étude sur les sèpult., pl. J’en ai vu un 
troisième exemplaire chez un habitant de Cimiez. Voy. pl. IV, 
n. 22. 

N» 424 (Inédite) 

ERACLID (Voy. pl. IV, n. 9) 

Nice, villa Guilloteau. Sur un fragment de lampe. 

N® 485 (Inédite) 

CRESC (Voy. pl. IV, n. 21) 

Nice, villa Guilloteau. Surjune lampe enterre grise. 


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344 


N® 426 (Inédite) 

CELIA • FOR ( Voy. pi. IV, n. 1 i) 

Nice, villa Guilloteau. Sur une petite lampe rouge. 

N<> 427 (Inédite) 

MOMI SOSI (Voyez pl. IV, n. 6) 

Nice, villa Guilloteau. Dans un cartouche, sur une lampe 
en terre rouge. 

N» 428 (Inédite) 

LVCINA (Voy. pl. IV, n. 16) 

Nice, villa Guilloteau. Sur une petite lampe en terre rouge. 

N® 429 (Inédite) 

RECIAS (Voy. pl. IV, n. 7) 

Nice, villa Guilloteau. Sur une petite lampe en terre rouge. 

N® 430 

ANNI • SER 

Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
n. 8114, 6. Je l’ai vue. 

N® 431 

EX • OF • IVSTI 

Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
n. 8114, 77. Je l’ai vue. 

N® 432 
PAS AVC 

Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
n. 8114, 105e. Je n’aijpas vu cette lampe. • 

• ' ' N® 433 

C-CAECS 


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— ' 345* — 

, A Antibes, chez le colonel Gazan. Mougins de Rôque- 
fort, Notice, p. 13. 

îi» 434 

Tirvüsvôc 

- Titi Julii euccessi. 

A Antibes, trouvée dans la propriété Torreille ; actuelle- 
ment chez le colonel Gazan. Mougins de Roquefort, Notice, 
p. 13. 

N» 435 

‘ aGILlS 

# • 

A Antibes, chez le colonel Gazan. Trouvée à la Badine, 
près de la ville. Mougins de Roquefort, Notice, p. 12. J’ai 
vu les trois numéros ci-dessus chez le colonel Gazan. 


N» 436 

GENNATVS 

A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 7. , 

N® 437 

MARI 

A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 7. 

• N® 436 

L-P-AAR 

A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 7. 

N® 439 
CRESTI 


A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 7. 


N® 440 


VOL* SI 


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— 3i# — 

- A Fréjus, chez le docteur Pascal. Maugins de Roquefort, 
Notice , p.7. ' 

N» 441 

OF'RASIN 

A Fréjus, chez le docteur Pascal. Mougins de Roquefort, 
Notice , p. 7. 

N® 442 
RVR 

A Fréjus chez le docteur Pascal ; Mougins de Roquefort, 
notice p. 7. • 

N® 443 
OCTAVI 

A Vintimille, chez le professeur G. Rossi. Mommsen, 
Corpus, t. V.vol. 2, n. 8114, 100 o. 

N® 444 (Inédite) 

CATO fVoy.pl. IV, n. 25.) 

A Vence, au quartier de la Foux. Cette petite lampe est 
actuellement au musée de Cannes. 

N® 445 (Inédite) 

PATERNVS 

A Coursegoules, chez M. Bernard, juge de* Paix. 

Amphorea et Urne* funéraire* 

N° 44ô 

maE'R 

A Nice, villa Guilloteau. Sur une anse d’amphore. 
Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 8112, 8. Je l’ai vue. 

N® 447 

C&: 0 


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— 347 — 


Caii Antonii oficina ; Nice, villa Guilloteau. Anse d’am- 
phore. Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n 8112, 10, lit G. à la 
dernière lettre. 

N® 448 

D C R (Voy. pl. IV, n. 24) 

Nice, villa Guilloteau. Sur une anse d’amphore. 

Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 8112, 24, a lu Q C R. 

N® 449 

REGIAS 

Nice, villa Guilloteau. Sur un fragment de poterie. 

Mommsen, Corp. t. V. vol. 2, n. 8112, 115, déclare la 
lecture incertaine. J’ai lu ainsi, et si l’on compare avec le 
n® 429, il ne peut, ce me semble, rester aucun doute. 

N® 450 

FL<>VA 

NTINVS 


Flavius Va ntinus. 

Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp. 8112, 116. Je 
l’ai vue, l’inscription est gravée à la pointe. 

N® 451 

ISoSIlsOItl 

Momi Sosi ? Voy. pl. IV, n. 6, l’inscription d’une lampe 
funéraire, qui paraît être la môme, à cette seule différence 
près que celle-ci est rétrograde. Elle est gravée sur un 
fragment d’urne funéraire: à Nice, villa Guilloteau. Momm- 
sen, Corp. t. V. vol. 2, n® 8112, 117. Je l’ai vue. 

N® 452 (Inédite) 

PHOSTO 

Publii Hostilii oficina ? 


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— 348 — 


A Vence, collection Marcellin Guérin ; aujourd’hui à la 
bibliothèque municipale à Nice, fragment d’urne. 

Tallet à, rebord» 

N° 453 
CASTORIS 

A Antibes, chez le colonel Gazan. Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 11. Cette marque à souvent été rencontrée à 
Fréjus. 

N» 454 

a L ■ HSREN\ 

b L- H5RENN (Voy. /pl. IV, n. 47). 
c HERENN 
d L ■ FER- OP 

a. A Antibes, chez le colonel Gazan : Mougins de Roquefort, 
Notice, p. 11, et à Cimiez, couvent des Récollets : Bourque- 
lot, Inscr. a nt. n. 152, et d’après lui, Carlone, Vest. épigr., 
n. 141 de la façon suivante: FERENt. 

b. On en trouve de nombreux exemplaires à Nice et dans 
les environs ; il y en a quatre dans la collection Guilloteau. 

c. Nice, villa Guilloteau. 

d. A Cimiez : actuellement chez M. Brun, qui l’a publiée 
dans son Etude sur les sépult., pl., fig. 12.; età Vintimille, 
trouvée en 1865 : actuellement chez M. Rossi. 

Mommsen, Corpus, t. V, vol. 2, n. 8110, 445, a décrit 
tous ces types. Je les ai tous vérifiés. 

N» 455 

MARI 

Marque très répandue dans le département et surtout 
dans l’arrondissement de Grasse. Il en existe une multitude 
d’exemplaires : 

a. A Vence, dans la cour des pompiers (inédite). 


gitizecfrby 


Google 


m — 


• b. A Cannes, au musée : donnée par moi (inédite), voy., 
pi. IV, n. 23. • 

c. A Antibes, chez MM. Mouginsde Roquefort, Gazan et 
d’autres personnes. Elles, ont été trouvées à huit ou dix 
exemplaire^, en faisant les fouilles pour l’établissement de 
l’hôtel du Cap, en 1870. — Mougins dè Roquefort, Notice , 
p. 9. — J’en ai vu d’autres exemplaires, perdus aujourd’hui, 
à Saint-Val lier, à Saint-Cézaire, à Coursegoules età Carros. 

d. Il en existe deux dans la collection Guilloteau. 
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 446 c. — Brun, 
Etude sur les sépult., pi., fig., 11, e ; à Cimiez, dans le 
jardin des Observatins réformés, que l’on trouve dans 
Gioffredo, Nie. civ., p. 35 ; et dans son ms. de la Stor. delle 
Alp., p* 47, — Ricolvi, inscr., n. 29. — Zaccaria, Excurs. 
litt., 1, 54. — Bonifassi, Nie. Inscr., n. 63, 153. — Carlone, 
Vest. épigr., n. 137. — Tisserand, Hist. de Nice, t. I, 
p. 39. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 446, b. A 
l’exception de ce dernier auteur, tous les autres l’ont publiée 
dans la forme suivante : 

MAHIANILLA 

Je n’ai pas retrouvé cette brique. 

f. On en trouve un exemplaire à Monaco, chez M. de 
Wagatha. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 446, a. 

N® 456 

GEME 

Cemenelensi ? 

Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V, vol, 2, 
n. 81 10, 442. CT est le seul exemplaire que je co nnaiss e à 
cette marque ; il est brisé avant le C. de Cerne. 

N® 457 

et G * BÆBI * S 
b BÆBI 

* a. Nioe, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V* vol. 2, 
n. 8110, 443, 


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— 350 — 

b. Cimiez. Brun, Etude sur les sépult pl., n. 13. 
L’exemplaire est cassé à droite et à gauche. 

N® 458 

PRIMI (Yoy. pl. IV, n. 5.) 

a. Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t, V, vol 2, 
n. 8110,448. 

b. A Falicon. Actuellement à Tourette-de-Levens, chez 
le curé (Inédite). 

N® 459 

a M- MEL- POL' 

* 

b M- MEL- POLI i-3 

c 1EL POLH (Voy. pl. IV, n. 14.) 
d MEL POLI — 
e M- MEL POL’ 

a. A Cimiez. Brun, Etude sur les sépult., pl., fig. 10. 

b. Nice, villa Guilloteau, où je l’ai vue (Inédite). 

c. Nice, villa Guilloteau. Probablement la même que la 
suivante. 

d. A été vue par Bourquelot, Inscr. a nt., 152. — 
Carlone, Vest., n. 142. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, 
n. 8110, 447, c. 

e. Villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t.V. vol. 2, n. 8110, 
447, a b. 

N® 460 
R 

A Cimiez, couvent des Récollets. Bourquelot, Inscr. a nt., 
n. 153. — Carlone, Vest. épigr., n. 141. — Mommsen, 
Corpus, t. V, vol. 2, n. 8110, 452. Je ne l’ai plus retrouvée. 

N® 461 

vv • C 

Nice, villa Guilloteau. Mommsen, Corp., t. V. vol. 2, 
n. 81 10, 453. Je l’ai vue. 


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— 351 — 

M. Mommsen classe parmi les tuiles de Cimiez les 
suivantes, qui ont été retrouvées de Vintimille à Taggia : 
je leur conserve cette classification. 

N® 462 

P • COEPISII 

A Taggia, sur une brique ayant la forme d’un cadran 
solaire.. Vinc. Lotti, Gazzetta piemontese, n. du 3 juin 
1842. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 444. 

N® 463 ' 

PROBA n • ? 

Taggia. Trouvée en 1829-30, dans les ruines d’une villa 
romaine, entre le cap Dono et Saint-Cyr. Vincent Lotti, 
chanoine de Taggia, Gazzetta piemontese, n. du 3 juin 
1842. — Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 449. 

N® 464 

C X X 
ET RASI XX 

A Taggia. Trouvée à la même époque et au même lieu 
que la précédente. Vinc. Lotti, Gazz. piem., 3 juin 1842. — 
Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 450. 

N® 465 

t 

HHMH 1VH 
fli 3- XMII 

Cette dernière est actuellement à Gênes chez M. Varni. 
Son origine n’est pas certaine ; mais M. Mommsen l’attribue 
à Cimiez. Mommsen, Corp., t. V, vol. 2, n. 8110, 451. 


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— 36Î 


SUPPLÉMENT A LA LISTE DES PROCURATEURS 

DES "ALPES-MARITIMES 


, Je tiens deM. Héron de Villefosse, l'inscription suivante, 
qui est inédite ; elle a été trouvée par lui à Djimila (Cuicu- 
lum) en 1874. 


L • TITIN6 
ACOM\ENTAR • PRA 
PRAES1DI • ET • PROCI 

ALPIVM • MARli'MARvI 
niî’T’i rvNi » T ' T 'or*nïj 


C| lodiano 
tf-praetl 
uratori 


m 


Lucio Titinio Clodia.no , acommentariensi praefecti 
praetoriae, praesidi et procuratori Alpium Maritima- 
rum 

A Lucius Titiuius Clodianus, greffier du préfet du prétoire, prœses,et proco» 
rateur des Alpes-Maritimes 

La dernière ligne est incertaine. 

Lucius Titinius Clodianus, egregius vir, est bien connu 
par une autre inscription de Djimila publiée par divers 
auteurs et notamment par M. L. Rénier, Insc. d’Algérie, 
n. 2535, où il est qualifié de procurator Auguatorum noa- 
trorum (probablement Septime Sévère et Caracalla). Dans 
ce cas, il faudrait placer la préfecture de Titinius dans les 
premières années du troisième siècle. 

Mais il est possible que ces Augustes soient Valérien et 
Gallien ; ce serait alors dans la seconde moitié du troisième 
siècle, de 253 à 260, qu’il aurait administré les Alpes-Mari- 
times. 

Ce L. Titinius avait épodsé- Claudia Salvia et en avait 
eu un fils, L. Titinius Maximus Clodianus, et une fille dont 
le nom ne nous a été conservé qu’en partie. Son fils était 
flamine à Cuiculum. 


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— 3S3 — 


ADDITIONS ET CORRECTIONS BIBLIOGRAPHIQUES 


N° i. Peiresc, ms. de Paris, fonds latin 8958, p. 30. — 
Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 118. — et dans 
Orelli, Ampl. collectif), n. 1356, dans l’énuméra- 
tion des éthniques de mars. 

N° 2. Peiresc, n. 8957, p. 230, et 8958, p. 30. — Gruter, 
p. xxix et non xxiv. 

N® 3. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après les copies de 
M. de Flayosc. 

N° 7. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc. 

N” 9. On en trouve trois copies dans Peiresc, n. 8958, 
p. 28, 36 et 170. — Orelli en fournit deux copies : 
l’une, que j’ai citée au numéro 993, où il l’attribue 
à Feltre, et l’autre au numéro 5227 où il la rend 
& Vence. 

N® 14. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc. 

N® 18. Peiresc, n. 8957, p. 230. 

N® 21. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc. 

N® 22. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc. 

N® 23. Peiresc, n. 8958, p. 30, d’après Flayosc, et 36, d’a- 

près Blacas. — Gruter, t. II, dcccclxxviii, n. 
13. — Bouche, Hist. de Prov. t. I, p. 224. 

N® 34, Peiresc, 8957, p. 230, et 8958, pp. 63 et 152. 

N® 36. Peiresc, n. 8958, p. 28. 

N® 37. Peiresc, n. 89.58, p. 206 en fac-similé, première; 
ligne : TOSIMO. 

N® 38. Peiresc, n. 8958, p. 28. — Bourquelot, n. 126. 

Î'J® 65. ' Au lieu de « Bulletin de la Société française . ^‘ar- 
chéologie, » ce qui indiquerait à proprement 
parler le Bulletin monumental, lisez : « CQngrè& 


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- 35 * — 


archéologique de France, xxxiv® session , 1867, 
p. 334, n. 33. » 

N° 66. Au lieu de « Rev. Arch. 1862, p. 315 », lisez : 
1869, p. 305. 

N® 67. Peiresc la cite deiix fois, n. 8957, p. 229, d’après 
Maurand, qui 1 ne donne qu’une seule partie de 
l’inscription, et 8958, p. 29, d’après la pierre 
copiée par lui-même. — Bourquelot, dans son 
commentaire sur l’inscription à Mars Vintius., 
cite aussi cette inscription. — le n. d’Herzog est 
312. — et Dom Bouquet, Recueil des Hist. 1. 1, 
p. 135, col. 1, n. 2. 

N® 68. Peiresc, n. 8957, p. 222 et 8958, p. 140. 

N® 69. Est aussi citée par Breton, Antiquités de la ville 
d'Antibes (Va r), in Mém. de la Soc. archéolog. 
du midi de la France, p. 395. 

N® 70. Peiresc, n. 8957, p. 229. — Breton, Ant. de la 
ville d'Ant. p. 395, — Jos. Rocc. Vulpius, Vê- 
tus Latium profanum et sacr. t. 3, p. 150. 
— Fr. de Ficorini, Le maschere sceniche e le 
figure comiche, etc. p. 52. — P. Victorius, Va- 
riarum lectionum libri xxxvm, 8. — Dom 
Bouquet, Recueil des hist. de la Gaule et de la 
France, t. I, p. 135, col. 1, p. 1. — Caylus, 
Recueil d' Antiquités, t. II, p. 290, pl. lxxxii, 6. 
— Duchesne, Les Antiquités et recherches des 
villes, châteaux, etc. t. II, p. 275. — Enfin, 
tout dernièrement, M. William Bonaparte-Wise 
a publié à son sujet une touchante pièce de vers 
provençaux, dans laquelle il n’a que le tort de 
traduire biduo par quatre jours. 

N* 71. Breton, Antiquités, p. 394. 

N® 73. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29. — Et 
Duchesne, Antiq. et recherch. t. II, p. 275. 

N* 74. Peiresc, n. 8957, p. 229. — Breton, Antiquités, 
p. 396. 

N fc 75. Peiresc, n. 8957, p. 229. 


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— 355 — 

N° 76. Peiresc, n. 8957, p. 229. — Breton, Antiquités ; 

p. 394. Au lieu de Oruter, dcCcxcvii, 15, 
lisez : 15. 

N® 77. Citée aussi par Millin, Voy. dans les dép. t. II, 
p. 512. — Breton, Antiquités, p. 397. — Revue 
Arch. t. XIII, p. 45. 

N° 81. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29. 

N # 88. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29. — Breton, 
Antiquités, p. 394. — Et dom Bouquet, Recueil 
des llist. t. I, p. 134, col. 2, n. 13. — Papon, 
.Hist. Gén. deProv. t. I, p. 585. 

N® 89. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand ( dentro délia 
torre Antipolitana) , et 8958, p. 29. — Et dom 
Bouquet, Recueil des Hist. 1. 1, p. 135,col.l,n. 3. 

N® 92. Peiresc, n. 8957, p. 230, Maurand. — Un lapsus 
me fait attribuer à Gruter le Corpus -de Bœcke. 
Dom Bouquet, Recueil des hist. t. I, p. 134, 
col. 2, n. 12. 

N® 93. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29. — Breton, 
Antiquités, p. 397. 

N® 94. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand (trovata alpetit 
fort, adesso ne ’ la canonica) et 8958, p. 29. — 
Gruter, dccclxxx, 2. 

N® 95. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand (Al gran mol), 
et 8958, pp. 29 et 139. 

N® 96. Peiresc, n. 8957, p. 229 et 8958, p. 29 et 139. — 
Bouche, p. 289. 

N® 97. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand. 

N® 98. Peiresc, n. 8957, p. 229. 

N® 99. Peiresc, » » 

N® 100. Peiresc, » » et 8958, p. 147. 

N® 101. Peiresc, » » et 8958, p. 29. 

N® 102. Peiresc, n. 8957, p. 229, et 8958, p. 29. — Papon, 
Hist. gén. de Prov. t. I, p. 13. * 

N® 103. Peiresc, n. 8957, p. 229, Maurand (insu la porta 
délia chiesa) de la façon suivante : IMF | CAES | 
AVG. 


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— 356 — 

N # 104. Peiresc, n. 8957, p. 229 : Maurand, avec le dessin 
du portail. 

N* 107. Peiresc, n. 8957, n. 230 

N® 108. Herzog, Gall. narb. n. 620. — Revue Arch. 1861, 
t. III, p. 117. 

N® 112. Revue arch. 1862, t. Y, p. 316. 

N® 125. Peiresc, n. 8957, p. 230. — Papon (p. 12). 

N® 126. Peiresc, n. 8957, p. 230. Maurand, qui, à tort, n’en 
fait qu’une seule avec le n® suivant (127). 

N® 128. Peiresc, n. 8957, p. 230. 

N® 133. Peiresc, n. 8958, p. 141. 

Une grande quantité des omissions ci-dessus m’ont été 
indiquées par mon confrère et ami M. V. Lieutaud, biblio- 
thécaire de la ville de Marseille, à qui je suis heureux d’offrir 
ici mes remerciements. 


Edm. Blanc. 



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LES PATOIS 


DE 

t 

BIOT , VALLAURIS , MONS ET ESCRAGNOLES 


Une circonstance imprévue m’a amené à m’occuper des 
origines et en particulier des idiomes des communes de 
Biot, Vallauris, Mons et Escragnoles. J’ai pensé que le 
résultat de mes recherches pourrait offrir quelque intérêt, 
et, dans cette pensée, j’ai cru devoir publier les quelques 
notes qu’on va lire. 

Les habitants de ces quatre communes ont conservé un 
patois dans lequel on reconnaît très-bien encore, malgré 
de graves altérations, l’idiome de la Rivière de Gênes. 
Depuis la diffusion de l’instruction primaire, la création 
des voies de communication de toute espèce qui sillonnent 
aujourd’hui notre contrée, et l’accroissement des relations 
qui en a été la conséquence, cette teinte génoise tend à 
s’effacer de plus en plus. Dans les communes de Vallauris 
et de Biot, les jeunes générations ne parlent plus le patois 
d’autrefois et le comprennent à peine ; les personnes âgées 
le parlent seules entre elles. Il est donc facile de prévoir 
l’époque prochaine où cet idiome local aura fait place à. 
notre provençal dans la conversation familière ; car il est 
bien entendu que tous les habitants, ou du moins presque 

23 


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358 


tous, parlent couramment le français. L’accroissement 
incessant de l'industrie de la poterie, spéciale à ces deux 
communes ; les relations quotidiennes, qui en sont la consé- 
quence, entre les fabricants et les ports voisins de Cannes 
et d’Antibes ; la fréquentation des écoles ; les visites nom- 
breuses de nos hôtes d’hiver, ne peuvent manquer d’amener 
ce résultat. L’importance toujours croissante de Vallauris 
l’y produira plus tôt qu’à Biot: il est aisé d’en juger par 
ce fait, que le patois local s’est déjà provençalisé dans le 
premier de ces villages beaucoup plus que dans le second. 

Escragnoles, petite commune de 400 âmes environ, dans 
la partie la plus montagneuse du canton de Saint-Vallier, 
arrondissement de Grasse, a suivi le sort de Vallauris et de 
Biot, grâce surtout à la route nationale qui la traverse et 
la met en communication avec Grasse. Le patois local y 
est de moins en moins en usage. On peut même dire qu’on 
ne le retrouve plus que dans les hameaux, très-isolés, de Bal 
et de Rougères : dans tous les autres et au chef-lieu en 
particulier, qui est situé sur la grande route, on parle le 
français ou le provençal. 

Des quatre communes qui nous occupent, c’est celle de 
Mons qui conserve le mieux son ancien idione. Cette 
commune, de 1,000 habitants environ, est la plus reculée 
dans la partie montagneuse du canton de Fayence (Var). 
Elle est éloignée de Draguignan, a très peu de relations 
avec Grasse, et elle n’est sur aucune grande ligne de com- 
munication ; il n’est pas étonnant, dès lors, que le vieux 
patois s’y soit conservé mieux qu’ailleurs. Il faudra que 
plusieurs générations se succèdent encore pour que notre 
provençal le détrône. Ce patois est plus rude, plus dur et 
plus accentué que celui de Vallauris et de Biot. Sans parler 
de l’infinitif, souvent employé pour l’impératif, l’article seul 
^suffirait à lui donner cette rudesse : c’est, au singulier, rou 
et ra, au lieu de ou et a ; au pluriel, ri et re, au lieu de i et 
de e. Ce patois est, à très peu de chose près, le mauvais 
génois de^ hameaux de Figounia, commune de Vintimille, 
qui constitue une sorte d’idiome à part au milieu des 


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359 


nombreux dialectes de la Rivière de Gênes. Il est bien plus 
inintelligible pour nous que les patois de Vallauris et de 
Biot. Celui d’Escragnoles est le même. 

Pour mettre le lecteur à même d’aprécier aisément les 
différences de ces divers idiomes, je transcris ci-après 
l’Oraison dominicale, ainsi que la Salutation angélique en 
provençal de Grasse et en patois de Vallauris, de Biot et 
de Mons. J’écris les mots tels q.u’on les prononce : 

Provençal de Grasse : Nouestré pèro qué sias oou ciel, qué vouostré 
noun siégué santifia, qué vouostré régné arribé, qué vouostro vourounta 
siégué facho su la terro coum’oou ciel. Douna nous ooujourd’hui 
nouostré pain dé chaquo jou é pardouna nous nouostréi ooufenso 
coumo pardounan en aquélei qué n’an ooufensa, non nou laissés pa 
succoumba à la tentation, mai délivra-nou d’oou maou. Ensi soit i. 

You saludi, Mario, pléno dé gracio ; lou Ségnour és émé vous : sias 
bénido entré tou tei lei frémo é Jesu, lou frui dé vouostrei entraillo,es 
béni. 

Santo Mario, méro dé Diou, prégas per naoutrè, paourés pécadou, 
aro é à Touro dé nouostro mouor. Ensi soit-i. 

Vallauris : Nostrou païre qué séi aou ciel, qué vostrou noum séché 
santifiaou, ché vostrou régné arribé, qué vostra vourounta séché facha 
su a terra cou ma aou ciel. Dounaï ne ancuéi nostrou pan dé tutti i di é 
perdounai nè i nostré aoufensé couma perdounan en # aquéli que n’an » 

aoufensaï, é noun nélachaï pas succoumba a tentatioun, mai délivrai né 
d’ou ma. Ensin soit-i. 

Yè saludou, Maria, chéna dé graci, ou Ségnoù lé émé vouï: sé 
bénésia sututté i frémé é Jésus, ou frui di vostré tripé, lé bénisiou. 

Santa Maria, maïré de Diou, pregaï per naoutri, paouri pécadou, aüra 
é à l’oura dé nostra mouart. Ensin soit-i. 

Biot : Nostrou pa qui sei aou tzé, qu’ou vostrou nomé ou ségué 
santifiaou, qu’aou vostrou rouyaïmé ou né végué, qué a vostra volountai 
a ségué fàtcha chu a terra couma drentou au tzé. Daï ne ancuéi ou 
nostrou pan dé cada di è pardounaï né è nostré aüffentzé couma naoutril 
a pardounamou an échi qui n’an auffenzaou, è né non latcha pa catz£ 
drentou a tentatzioné, ma délivrai né d’aou ma. Qué couchi ségué. 

A vé saludo, Maria, tchéna dé grazia ; ou Signou ou l’é émé vouï, 
é sei bénia en déchu dé tutté lé feuméné é Jésu, ou fruit dé vostré 
entraillé é béniou. 


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360 


Santa Maria, mairé dé Diou, prégai per naûtri, povéri pécadoui, 
aou é à l’oura d’a nostra morté. Que couchi ségué. 

Motis et Escrag noies : Nostro papo qui es a rou cer, què vostro 
nomé séché santifiaou, què vostro régno séché arribaou, quèvostra 
voulountaou séché facha chu ra terra coum’a rou cer. Daî-né ancuéï 
nostro pan dè cada di, perdounaï-né nostreï aouffensé coumou naoutri 
perdounémou à tutti échi qui n’an aouffensaou, é né nous lacha pas 
succoumba a ra tentatiouné, é nous délivra de tutou ma. Ainsi-soit-il. 

Mi vé saludou, Maria, chénadé grassa ; ou Seignou lé coun vouï : ou 
sé bénéjia pu déchu tutté ré féméné é Jesu, ou frui dé vostré entraillé, 
è béniè. 

Santa Maria, a mar dé Diou, prégaï per naoutris, paouris pecadouis, 
avou é & l’oura dè nostra morté. Ainsi-soit-il. 

Pour peu que l’on ait quelque notion du génois, les 
textes qui précèdent doivent faire juger que ces trois patois 
nous viennent, comme je l’ai dit en commençant, de la 
Rivière de Gênes. Je trouve surtout dans la désinence des 
mots féminins le cachet qui distingue ces patois de notre 
idiome. Cette désinence est en a au singulier et en e au 
pluriel, tandis que dans notre provençal elle est ordinaire- 
ment en o et toujours invariable. 

Ceux de Vallauris et de Biot semblent avoir eu une origine 
commune et avoir été primitivement les mêmes à peu de 
chose près. Celui de Vallauris s’est provençalisé bien plus 
que l’autre. J’ai déjà fait cette observation, et les échantillons 
ci-dessus doivent, je pense, lajustifier complètement. 

Ainsi, dans le Pater de Vallauris, vous trouvez une 
seule fois l’article précédant le prénom possessif : i nostri 
aufensè, tandis que cet italianisme se reproduit régulière- 
ment dans celui de Biot : ou voustrou nomé, ou vostrou 
rouyaïmé, avostravoulountaï, etc. Vous n'avez, d’ailleurs, 
.qu’à rapprocher les mots pairé et ciel de Vallauris, des pa 
et tzé de Biot. Je ne parle pas de l’ensin soit-i, du premier, 
qui est presque du français, et du qué couchi ségué si ori- 
ginal du ^pcond. 

Il est assez difficile, en étudiant cet idiome profondément 


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— 364 — 

altéré aujourd’hui, d’en préciser l’origine : d’autant plus que 
la Rivière de Gênes, d’où il vient évidemment, est très-fertile 
en dialectes. On reconnaît aisément à l’idiome les habitants 
de deux communes voisines et même de deux hameaux 
voisins. Chacun des hameaux très-nombreux de Vintimille 
a un dialecte qui n’est pas exactement celui du chef-lieu 
de la commune et qui diffère aussi de celui du hameau 
limitrophe. Ainsi de San-Remo, Oneille, Albenga et autres 
communes de la Rivière du Ponent. 

Au milieu de ce fouillis, il est utile de s’aider, dans la 
recherche qui nous occupe, de l’histoire de nos quatre com- 
munes. Cette histoire est assez connue ; je crois devoir 
néanmoins la rappeler en quelques mots. 

Biot, que l’on suppose avoir été un ancien Castrum 
romain, fut donné par le comte de Provence en 1126 à 
l’abbé de Lérins, qui y établit un prieuré autour duquel se 
forma un groupe d’habitations. La grande peste du XV e 
siècle le dépeupla entièrement. Isnard de Grasse du Bar, 
évêque de Grasse, abbé commendataire de Lérins, le 
repeupla en 1470 en y appelant quarante-huit familles de 
la vallée d’Oneille. Les lettres patentes du roi René, en 
date du 10 mars 1470, base de l’acte d’habitation, sont dignes 
d’intérêt. En voici une courte analyse : 

« Le roi dit que rien n’est plus glorieux à un prince que 
« de faire, de petits pays , des villes considérables, ou de 
« repeupler des terres abandonnées. Il fait remarquer que 
« les guerres et la peste ayant laissé Biot inculte, il voit 
« avec plaisir que des habitants de la vallée d’Oneille 
« veulent repeupler cette habitation comme ils ont fait à 
« la Napoule. Il leur abandonne donc toutes les tenes 
« délaissées et le pays avec le droit d’édifier, de construire 
« fours, moulinset autres maisons, de pêcher dans le district 
« de la mer libéré et impunè, de chasser, sans prétendre 
« pourtant toucher en rien au droit des coseigneurs. Il les 
« dispense de tailles pendant vingt ans. Il leur donne le 
« privilège d’élire syndics, conseillers, gardes-champs et de 
« s’assembler, etc. » (Tisserand, Histoire religieuse et 


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362 


civile de la cité de Nice et du département des Alpes- 
Maritimes, t. I, p. 306.) 

Vallauris fut donné aux moines de Lérins par les 
Grimaldi, seigneurs d’Antibes au XI e siècle, époque de 
terreur religieuse, où tous les seigneurs de la contrée se 
dépouillaient à l’envi en faveur de ces religieux. 

Un prieuré y existait déjà au XIII e siècle. Jean André de 
Grimaldi, évêque de Grasse, abbé commendataire de Lérins, 
donna le plan de la commune actuelle en 1501, et la même 
année, René Lascaris, sacristain de Lérins, la peupla an 
moyen de colons venus de Port- Maurice et d’Albenga. 

L’origine de Mons est plus lointaine et plus obscure. Un 
premier acte d’habitation avait été passé en 1260 entre le 
seigneur du lieu et des colons de la Rivière de Gênes. A la 
suite d’une émigration dont les causes sont inconnues, un 
second acte d’habitation fut dressé en 1468. Une nouvelle 
colonie venant aussi de la rivière de Gênes s’y établit, d’où 
peut-être le nom de Tardé venistis, que porte un quartier 
du territoire. Ce document, que je n’ai pas eu sous les yeux, 
d’ailleurs, n’en dit pas d’avantage, à ce qu’il parait ; mais 
il est permis de penser que les colons qui y sont désignés 
vinrent, sinon tous du moins en majorité, des hameaux de 
Figounia, commune de Vintimille. J’en trouverais la preuve 
dans la similitude des idiomes et dans le nom sous lequel ce 
langage est désigné dans toute la contrée. Les patois de 
Vallauris et de Biot sont appelés vulgairement ici lou Val- 
laurian, le vallaurien, lou bioutenc, le biotois ; celui de 
Mons et d’Escragnoles, particularité digne de remarque, 
n’est pas désigné comme les autres par le nom de la com- 
mune, on l’appelle lou figoun ; et c’est par ce même mot 
qu’à Vintimille, à Menton et dans tous les environs, on 
‘désigne un habitant de Figounia, ainsi que l’idiome qu’il 
parle. On dira de cet homme : c'est un figoun, il parle 
figoun. 

Il y a quelques années, un poëte du cru a composé sur 
la rivière de Siagne un poëme en dix chants, dont six en 
français, deux en provençal et deux en langue figoune. Je 


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363 — 


prends au hasard une strophe du neuvième chant et je la 
fais suivre de la traduction : 

A ra cassa, a ra pesca 
L’éran quada matin, 

Et ra bonna aiga fresca 
Remplaçava rou vin. 

Alavour si pigava 
De truche et dou giber, 

Et se gne fricassava 
Souvengi à chen carner. 

A la chasse, à la pêche 
Ils étaient chaque matin, 

Et la bonne eau fraîche 
Remplaçait le vin. 

Alors il se prenait 
Des truites et du gibier, 

Et il s’y fricassait 
Souvent à plein caraier. 

» 

Je n’ai pas beaucoup de renseignements sur l’histoire 
d’Escragnoles. Toutes les chroniques s’accordent à dire que 
cette localité, dévastée par Raymond-Turenne, Tut repeuplée 
par quelques familles pauvres venues de Mons. Les uns font 
remonter cet établissement à 1468 ; d’après les autres, il 
aurait eu lieu en 1562 avec permission de Françoise de 
Grasse, dame d’Escragnoles. 

Les quelques faits que je viens de rappeler expliquent 
suffisamment, ce me semble, les origines des patois de 
Biot, Vallauris, Mons et Escragnoles. 

Ces quatre communes ne sont pas les seules de la contrée 
qui aient été peuplées ou repeuplées par des colons venus 
de la Rivière de Gênes. Plusieurs autres sont dans le même 
cas ; je me bornerai à signaler les suivantes : 

Saint-Laurent-du-Var. — Cette commune avait été 
dépeuplée par la grande peste. L’évêque de Vence, son 
seigneur, la repeupla au moyen de trente familles d’Oneille. 
L’acte d’habitation est de 1480. 


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— 364 — 

Cabris. — Cette commune avait été désertée à la suite 
des dévastations de Raymond-Turenne. Son seigneur, 
noble et généreux personnage BaLthazar de Grasse, la 
repeupla au moyen de quarante-huit chefs de famille, dont 
vingt-cinq de Menton, treize de Sainte-Agnès et dix 
d’Oneille. L’acte d’habitation fut dressé au village de 
Cabris et en la salle du chasteau d'îceluy, l'an de l’incar- 
nation salutaire de N. S. Jésus-Christ H96 et le premier 
jour de mars. 

Auribeau. — (Selon bien des probabilités, les Home a de 
la table de Peutiger et de l’Itinéraire d’Antonin). Ce lieu 
avait été donné à l’abbaye de Lérins par le comte de Pro- 
vence en même temps que Biot : la peste l’ayant entièrement 
dépeuplé, Jean-André de Grimaldi, évêque de Grasse, 
abbé commendataire de Lérins, prévôt de l’église de Grasse 
et, en cette dernière qualité, seigneur d’ Auribeau, le repeupla 
au moyen de vingt-cinq familles, venues du diocèse d’ Albenga 
et de Menton. L’acte d’habitation fut dressé, le 5 juin 1497, 
au lieu d' Auribeau, proche le chkteau démoli et près 
l'église de N. D. k présent découverte et en partie abattue. 

Si ces communes ont complètement perdu leur patois 
originaire et n’en ont plus d’autre que notre provençal, il 
faut l’attribuer évidemment aux conditions dans lesquelles 
elles se sont trouvées : Saint-Laurent est sur la grande 
route d’Italie, Cabris et Auribeau sont à quelques kilomè- 
tres de Grasse, et, dès leur origine, ont été en relations 
quotidiennes avec cette ville pour la vente du bois de chauf- 
fage et pour celle des olives, à mesure que la culture de 
l’olivier prenait plus d’importance. Quant à la Napoule, dont 
il est parlé dans les lettres patentes ci-dessus du roi René, 
après avoir été dépeuplée par la peste, elle avait été repeu- 
plée par ses nouveaux seigneurs, les de Villeneuve, au 
moyen de colons de la Rivière de Gênes. L’antique Epulia 
n’est plus aujourd’hui qu’un petit hameau de la commune 
de Mandelieu ; il n’est pas étonnant qu’il ait perdu toute 
teinte de son origine en raison de ses relations quotidiennes 
avec Cannes. En ce qui concerne l’émigration génoise, que 


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365 


signalent les actes d’habitation précités, je crois qu’on peut 
lui attribuer une double cause : d’une part, les conditions 
favorables faites aux nouveaux venus par les seigneurs qui 
ne retiraient plus rien de leurs terres abandonnées ; d’autre 
part, l’état de guerre et de révolutions continuelles dans 
lequel s’est trouvée la République de Gênes, pendant toute 
la seconde moitié du XV e siècle. 

Les lettres patentes relatives à Biot, que j’ai citées plus 
haut, donnent une idée des conditions qui étaient faites aux 
nouveaux habitants. Ces conditions se trouvent reproduites 
dans les divers actes d’habitation, dont la base, d’ailleurs, est 
l’emphythéose perpétuelle. Ces conditions devaient paraître 
avantageuses et attrayantes aux malheureux cultivateurs de 
la Rivière de Gênes, tourmentés par les dissensions inces- 
santes de leur République. 

Cette République, dont l’existence a été si violemment 
troublée, fut loin en effet de trouver le calme èt le repos dans 
la seconde moitié du XV e siècle. Son histoire à cette époque 
est remplie de ses guerres avec les Sforza de Milan, la 
République florentine et les rois d’Aragon , au milieu 
des luttes des Adorne, des Fiesque, des Frégose et 
des révolutions incessantes qu’elles amenaient. C’est à 
peine si l’on constate une dizaine d’années de calme 
sous la domination des ducs de Milan François Sforza et 
Jean Galéas, son fils. Les troubles renaissent à la mort 
tragique do ce dernier ; ils se compliquent d’une nouvelle 
guerre malheureuse avec les Florentins et se prolongent 
jusqu’aux dernières années du siècle où la grande peste et 
l’invasion de Charles VIII viennent mettre le comble à tous 
ces maux. 

Il est facile d’admettre qu’au milieu d’une situation aussi 
intolérable, bon nombre de pauvres cultivateurs peu éloi- 
gnés de la frontière aient répondu à l’appel des seigneurs de 
la Provence, alors surtout qu’on leur faisait dans notre pays 
une position relativement excellente. 

Il est, d’ailleurs, à observer que ce mouvement d’émigra- 
tion n’a jamais cessé et que nous le voyons tous les jours se 


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366 


continuer. Des familles . de la Rivière de Gênes et de la 
province de Coni nous arrivent sans cesse. Ce sont des journa- 
liers qui commencent par louer leurs oeuvres, qui prennent 
ensuite une propriété à colonage partiaire, lorsqu’ils se sont 
familiarisés avec nos cultures, et qui finissent assez souvent 
par devenir propriétaires. Le manque de bras et l’élévation 
du prix de la main-d’œuvre, qui en est la conséquence, 
nous valent ces travailleurs, sans lesquels nos moulins à 
ressence chômeraient souvent et nos campagnes seraient à 
peu près désertes. 

Il va sans dire que ces étrangers sont aujourd’hui noyés 
parmi nous et qu’au lieu d’importer lé\ir idiome, ils ont 
bien vite appris notre provençal. 

P. SÉNEQUIER. 

Grasse , 15 mai 1878 • 


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RÉSUMÉ 

DIB 

OBSERVATIONS MÉTÉOROLOGIQUES 

Faites à Nice en 1870 


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368 


Résumé des observations météoroloça 


Les thermomètres de M. Teysseire, excellents instruments sortant de cbei lnü 
au-dessus du sol ; ils font face au N-N-E et dominent un vaste espftœooipn * 
moitié nord du compas. Le baromètre (Gay-Lussac) est observé à 2 heures;L*^ 


— 

MOIS 

BAROMÈTRE 

% 

THERMOMÈTRES CENTIGRADES 

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Janvier .. . 

767.30 

777.5 

751.5 

5.34 

L»i 

+0.7 

12.15 

14.9 

9.0 

8.74 

16 


Février. . . 

762.10 

771.4 

749.6 

5.32 

9.5 

+0.1 

13.16 

17.2 

9.2 

9.24 

16 

T 


Mars 

755.88 

764.7 

746.1 

7.02 

10.1 

2.1 

15.35 


6.0 

11.18 

H 

\ a vf 


Avril 

760.26 

767.6 

753.4 

9.56 

13.5 

5.2 



14.2 

13.75 

11 

l 

D V 


Mai 

759.80 

766.7 

753.0 

12.20 

15.4 

7.6 



15.3 

16.56 

14 

H 

; ** 


Juin 

760.34 

764.7 

752.5 

16.65 

21.0 

14.2 

25.15 

29.2 

22.4 

20.90 

n 

5 

‘1 

! 

Juillet 

762.80 

767.0 

755.5 

19.53 

22.8 

16.4 

28.29 


24.5 

23.91 

21 

i 

1 ^ 


Août 

762.20 

766.2 

751.0 

19.96 

23.2 

12.3 

27.77 


22.7 

23.86 

22 

j j u 


Septembre 

761.70 

768.0 

752.9 

14.31 

17.8 

10.4 

23.56 

26.1 


18.93 

19 

0 

1 U 














• 

4 l* 


Octobre.. . 

761.51 

769.1 

752.5 

13.88 

18.2 

10.3 

21.51 


16.1 

17.69 

20 




Novembre 

760.30 

766.9 

753.4 

8.50 

13.9 

3.3 

14.90 

18.7 

8.2 

11.70 

10 

15 

5 * 


Décembre. 

756.70 

771.3 

738.7 

7.68 

11.8 

3.1 

13.86 

17.2 


10.77 

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Sommes . . 

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Moyennes. 

760.90 

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11.58 

» 

» 

19.55 

> 

> 

15.60 

> ; 




Maximum 

» 

777.5 

» 

» 

23.2 

» 

» 

30.4 

» 

> 

», 

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Minimum 

> 

» 

738.7 

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+0.1 

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6.0 

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s à, Nice en 1876, par M. Teysseire 


iusement contrôlés, sont placés à une fenêtre du 4 œe étage de sa maison, à 16 mètres 
des maisons basses et des jardins ; ils reçoivent directement tous les vents de la 
> de température et au niveau de la mer. Le psychromètre est observé à midi. 


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DE VENT 

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PSYCHROMÈTRE 

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REMARQUES 

PARTICULIÈRES 


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20 

5 

mm 

44.2 

°/o 

64.5 

° l. 
86.0 

°/o 

34.0 

0 

0 

0 

0 

0 


l 

24 

1 

8.1 

63.0 

81.0 

32.0 

0 

0 

0 

0 

0 

Lacunes de 9 jours pour 

l 

18 

0 

76.2 

57.2 

91.0 

10.0 

0 

0 

1 

1 

0 

l’état de l'atmosphère et de 

10 jours pour les vents. 

4 

23 

3 

137.1 

68.3 

93.0 

28.0 

2 

0 

0 

0 

1 


0 

19 

2 

50.4 

59.2 

85.0 

38.0 

1 

1 

0 

0 

1 


2 

27 

1 

72.7 

58.6 

72.0 

45.0 

5 

0 

0 

0 

0 


1 

29 

0 

3.0 

59.6 

71.0 

44.0 

0 

0 

0 

0 

0 


4 

21 

0 

29.5 

61.0 

72.0 

25.0 

1 

0 

0 

0 

0 


3 

25 

0 

0.0 

64.8 

78.0 

38.0 

0 

0 

0 

0 

0 


10 

20 

1 

83.1 

65.0 

92.0 

26.0 

0 

0 

0 

0 

0 


3 

25 

2 

89.8 

64.7 

90.0 

86.0 

0 

0 

0 

0 

0 


3 

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4 

153.4 

73.9 

97.0 

51.0 

0 

1 

1 

0 

0 


62 

275 

19 

747.5 

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2 

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1 

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63.3 

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» 

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97.0 

> 

> 

> 

> 

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> 

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10.0 

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» 

» 

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» 



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— 370 


La pression atmosphérique en 1876 (760.90) a été légêre- 
mentinférieure à la moyenne de vingt-cinq ans (76 1.10). C’est, 
comme à l’ordinaire, janvier qui a présenté la moyenne la 
plus élevée (767.30) et mars la moyenne la plus basse 
(755.80). Le maximum et le minimum absolus, se sont pro- 
duits, le premier, le 24 janvier (777.50) par un ciel sans 
nuages, le second (738.70) le 21 décembre par un temps très 
pluvieux et orageux. La différence de ces deux chiffres, 
c’est-à-dire l’écart absolu en 1876, a donc atteint 38“",8 ; il 
a dépassé de 3 mm ,6 l’écart moyen annuel qui, d’après mes 
nombreuses observations, est de 35“”, 2. 

La température moyenne nycthémérale, c’est-à-dire 
déduite des minima de la nuit et des maxima du jour, ne 
s’est élevée qu’à 15°, 60 ; elle a donc été légèrement infé- 
rieure à lamoyenne de vingt-huit ans (15°, 67). 

Les températures trimestrielles résultant du tableau, sont 
les suivantes : 


Hiver 9°, 72 

Printemps 17 °, 07 

Eté 22°,23 

Automne 13°, 39 


Comme toujours, la moyenne mensuelle la plus basse 
appartient à janvier (8°, 74) et la plus haute à juillet (23°,91). 

La plus forte chaleur a été observée le 8 août (30°, 4) par 
une faible brise du S. E., et le plus grand froid s’est produit 
dans la nuit du 6 au 7 février (+ 0°,i). Le thermomètre n’est 
donc pas descendu une seule fois au point de congélation à 
ma fenêtre ; mais il n’en a pas été de même à la campagne, 
où l’on a vu de la glace le 7 et le 8 dans la matinée; quelques 
plantes délicates telles que les Sparmannia , les Aralia, les 
Datura arborea, etc., ont souffert de ces gelées, qui pourtant 
n’ont atteint que leurs fleurs et leurs rameaux supérieurs. 

La moyenne annuelle d’humidité relative donnée par le 
psychromètre d’Auguste a été de 63,3 0/0 ; c’est 2 0/0 de 
plu3 que la moyenne ordinaire : les mois les plus humides 
ont été décembre, avril, octobre, septembre et novembre ; 


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— 374 — 

décembre surtout a fourni une moyenne très élevée pour 
Nice (73,9 0/0), puisqu’elle a dépassé de 10 0/0 la moyenne 
ordinaire de ce mois. 

Les mois les plus secs ont été mars, juin, mai et juillet ; 
mars qui a été comme toujours , le plus sec de tous, n’a 
donné que 57,2 0/0, chiffre qui dépasse pourtant sa moyenne 
normale (55,7 0/0). Si l’on groupe les moyennes mensuelles 
par trimestres, on obtient les chiffres suivants : 

Hiver 61,6 0/0 

Printemps 62,0 — 

Eté 61,8 — 

Automne 67,9 — 

On voit que l’hiver de 1876 a été, comme c’est l’ordinaire 
à Nice, la saison la plus sèche, et l’automne la plus humide. 
Le maximum absolu d’humidité s’est produit le 7 mars par 
un ciel sans nuages et sous l’influence d’un fort coup de 
mistral qui a porté, dans l’après-midi de ce jour, la diffé- 
rence psychrométrique à 11°, 4 (thermomètre sec 20°, 2); l’hu- 
midité relative n’était donc, en ce moment-là, que de 10 0/0 
et la tension de la vapeur atmosphérique ne dépassait pas 
l mn, ,63 : ce qui indique un degré de siccité peu ordinaire et 
qui se réalise assez rarement, même à Nice. Quant au maxi- 
mum absolu, très accentué aussi, il a été noté le 21 décem- 
bre par un temps de pluie abondante qui durait depuis la 
veille, et pendant laquelle la différence psychrométrique était 
tombée à 0°,2 (thermomètre sec + 8°, 2) : l’humidité relative 
et la tension de la vapeur atmosphérique, donnée par les 
tables, d’après ces chiffres, était, la première de 97 0/0 et la 
seconde de 7 ma, ,90; on voit combien l’atmosphère était char- 
gée de vapeur d’eau ce jour-là, puisqu’il eût suffi d’une aug- 
mentation de 3 0/0 pour que le point de saturation fût atteint. 
C’est l’état hygrométrique le plus prononcé qu’il m’ait été 
donné d’observer dans ce pays. 

La nébulosité du ciel a été de 43 0/0, exactement égale à 
celle de l’année précédente ; elle a correspondu à cent qua- 
tre jours nuageux ou couverts : ce qui est un chiffre consi- 


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372 


dérable pour Nice, où la moyenne annuelle ne dépasse guère 
quatre-vingt-six jours. 

Le nombre de jours plus ou moins pluvieux a été de soi- 
xante-six, légèrement supérieur à la moyenne de Vingt-huit 
ans, qui est de 64,7. La couche d’eau de pluie mesurée à mon 
pluviomètre a été, pour l’année entière, de 747 mm , 5 ; et ce sont 
les mois d’avril et de décembre qui ont donné les plus forts 
contingents, comme on peut le voir au tableau : les mois les 
moins pluvieux ont été février, juillet et septembre; ce der- 
nier n’a pas eu une goutte de pluie. 

Le nombre des jours sans nuages ou très peu nuageux n’a 
pas dépassé cent quatre-vingt-sept; c’est vingt-un de moins 
que la moyenne de vingt-huit ans ; les mois les moins favo- 
risés ont été mars, avril, novembre, et décembre, qui n’ont 
eu , à eux quatre , que quarante-deux beaux jours. 

L’année 1876 doit donc être mise au rang des moins belles; 
il y en a trois, seulement, sur les vingt-huit que j’ai déjà ob- 
servées, qui aient été moins belles encore : 1869, 1872 et 
1875. 

Les vents ont soufflé avec force pendant soixante-deux 
jours (18 jours de moins que la moyenne de 28 ans). Ce sont 
les mois de mars, de mai et d’octobre qui ont eu les plus 
forts contingents ; les moins venteux ont été juillet, juin, 
septembre, novembre et décembre. Les forts vents d’est 
et de sud-ouest, ont, comme toujours, soufflé le plus fré- 
quemment ; ce dernier, en effet, a régné vingt-quatre jours, 
et le premier vingt jours. Viennent ensuite le nord-est (12 
jours), l’ouest (3 jours), le nord-ouest ou mistral (2 jours) et 
le sud-est (1 jour) ; quant au nord et au sud, ils n’ont pas 
été notés une seule fois. Les vents faibles ou modérés ont 
eu un long règne de deux cent soixante-quinze jours ; et ce 
sont les légères brises du sud-est et du sud, si bien faisantes 
et si caractéristiques de notre climat, qui ont, comme à l’or» 
dinaire, eu la priorité. La première, en effet, a régné qua- 
tre-vingt-onze jours et la seconde soixante-dix-neuf. Les 
brises modérées d’est et de sud-ouest occupent le second 
rang avec un contingent de cinquante-neuf jours pour la 


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373 


première et de vingt-six jours pour la seconde. Enfin il y a 
eu dans l'année, dix-neuf jours de calme complet, où nulle 
brise ne s’est fait sentir; et ce sont surtout les mois d’hiver 
qui ont joui de cette faveur. 

J’ai noté, en 1876, seulement neuf orages avec tonnerre, 
juste autant que l’année précédente ; — c’est cinq de moins 
que la moyenne de vingt-huit ans. — La foudre est tombée, 
pendant l’orage du 1 er avril, sur le sémaphore du cap Ferrât 
(Villefranche) ; elle a pénétré, en suivant le fil télégraphique, 
dans la tour des veilles, qu’elle a parcourue dans toute sa hau- 
teur ; les carreaux des croisées ont été brisés, et une pierre de 
plus de 2 mètres cubes a été lancée à une certaine dis- 
tance ; le guetteur chef est resté étourdi pendant plusieurs 
heures, mais les autres guetteurs n’ont rien ressenti ; le pla- 
tine terminant le paratonnerre a été volatilisé. Le 25 juin 
la foudre a frappé le château à l'Anglais et y a fait quelques 
dégâts matériels, sans blesser personne. 

Il est tombé deux fois un peu de grêle mêlée de pluie pen- 
dant les orages du 1 er mai et du 20 décembre ; et quelques 
grains de grésil pendant ceux du 18 mars et du 21 décembre. 

Nous avons eu de la neige le 22 mars ; elle a blanchi pen- 
dant vingt-quatre heures les montagnes environnantes : sur 
les collines voisines delà ville il n’y en avait plus la moindre 
trace le lendemain matin. Quant à celle qui est tombée sur 
la ville même, elle a fondu en touchant le sol ; le thermo- 
mètre a oscillé, ce jour-là, entre le minima de-|- 2°,1 et le 
maxima de + 6° 0. 

Enfin j’ai noté deux brouillards, l’un sur les collines le 
19 avril, par un temps pluvieux; l’autre sur la ville même, 
le 30 mai au matin ; mais il n’était pas très dense, puisqu’on 
distinguait les maisons à une distance de 500 mètres; il s’est 
d’ailleurs dissipé très rapidement, et le soleil brillait dans 
tout son éclat dès 9 heures du matin. 

Je dois, en terminant, mentionner deux phénomènes ex- 
ceptionnels observés tous les deux en décembre, et presque 
aux mêmes heures: 1° le 21, à 5 heures du soir , légère se- 
cousse de tremblement de terre ressentie à Nice et à Cannes; 


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— 374 — 

2° dans la nuit du 21 au 22, ras de marée épouvantable : les 
vagues ont envahi la promenade des Anglais, qu’elles ont 
couverte, sur plusieurs points, d’une couche épaisse de sable 
et de galets ; elles sont entrées dans beaucoup de jardins, 
ont détruit certaines parties du perré qui soutient la chaus- 
sée des piétons, et arraché en plusieurs endroits la haie 
d’atriplex qui sert de brise-vent à la promenade. — La 
quasi-simultanéité de ces deux phénomènes n’indiquerait-elle 
pas une certaine identité dans les causes qui les ont pro- 
duits? 

J. Teysseire, 

Membre de la Commission météorologique du département. 


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SÉANCE PUBLIQUE ANNUELLE 

dn 13 Avril 1878 

SOUS LA PRÉSIDENCE DE M. DONIOL, PRÉFET DES ALPES-MARITIMES 


M. le préfet a ouvert la séance par le discours suivant: 

« Messieurs, 

« Votre société comptera bientôt dix-sept ans de date. 
Elle représente, en quelque sorte, le côté intime de la vie 
intellectuelle dans cette ville de Nice, où la vie extérieure et 
déplaisir tient naturellement tant de place, qu’il semblerait 
n’en pas rester pour les travaux de l’esprit. 

» Vous avez rendu des services réels : à deux reprises, en 
1866 et tout dernièrement, vous avez amené ici le Congrès 
scientifique. Grâce à vous, le comité de Nice a été ainsi rat- 
taché au courant d’études des érudits et des savants des 
autres provinces françaises. Vous avez signalé à l’attention 
les monuments anciens de ce pays, assuré leur conservation 
en faisant connaître leur importance historique. Les con- 
cours annuels de la Sorbonne ont reçu de vous des commu- 
nications très-appréciées. Ce sont là des titres de sympathie 
publique que tout le monde reconnaît, et je serais heureux 
que ma présence au milieu de vous pût leur donner une 
sanction nouvelle. 

» Vous avez voulu, Messieurs, décerner une médaille ex- 
ceptionnelle à des travaux qui vous ont tout particulièrement 
honorés. C’est une vive satisfaction pour moi que de remettre 
à M. Sardou cette distinction très-méritée. M. Sardou et 
moi, nous avons une petite passion commune, celle de la 
vieille langue des Gaules. Il me semble que je deviens votre 
collègue à couronner ainsi l’un des doyens de votre compa- 
gnie qui s’est plu, comme moi, à ce que l’on peut appeler 
l’archéologie des langues latines. 


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376 


» En vous mettant à môme de publier les poëmes proven- 
çaux du XIII 0 siècle qui s’appellent la Vie de saint Hono- 
rât et le Martyre de sainte Agnès, M. Sardou avait déjà 
droit à votre gratitude et à celle des érudits attirés par votre 
ancienne littérature nationale. Il y a ajouté encore par son 
ouvrage sur l’idiome niçois, qui présente des vues nouvelles 
et fournit la réunion de textes niçois pleins d’intérêt pour 
l’histoire de la langue. La médaille décernée par vous à 
M. Sardou sera pour les jeunes membres de la société un 
motif d’émulation. Pour vous comme pour eux, je forme le 
souhait que des récompenses pareilles soient bien d’autres 
fois recherchées et remises par le préfet de ce département. » 

Cette allocution a été couverte par d’unanimes et chaleu- 
reux applaudissements. M. le docteur Macario, vice-président 
de la Société, a pris ensuite la parole et a fait l'exposé sui- 
vant des travaux de la Société durant le cours de l’année 1877. 

Mesdames, Messieurs, 

« Je ne m’attendais pas à l’honneur de présider la Société 
des Sciences, Lettres et Arts du département des Alpes- 
Maritimes en cette occasion solennelle. C'est un deuil récent 
de notre honorable président qui m’y a appelé en ma qua- 
lité de vice-président. 

» Pris au dépourvu, j’ai donc dû rassembler à la hâte les 
travaux qui se sont produits dans le sein de la Société pen- 
dant l’année qui vient de s’écouler et les analyser avec une 
hâtive rapidité. Aussi, l’exposition de ces comptes rendus 
doit-elle se ressentir nécessairement de la précipitation avec 
laquelle elle a été rédigée. C’est pourquoi je réclame toute 
l’indulgence des auditeurs qui nous font l’honneur d’assister 
à cette séance. 

» Cela dit, j’entre en matière sans autre préambule. 

» M. le D r de Labordette a communiqué à la Société une 
notice sur un travail de M. Groult, dans laquelle il fait res- 
sortir avec l’auteur l’utilité des musées cantonaux, où les 
pièces d’histoire naturelle, les instruments de l’industrie et 


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377 


de l’agriculture de notre contrée, seraient classés avec ordre 
et une légende d’après les données de la science moderne, 
de manière à les rendre abordables et utiles au public ordi- 
naire. Ce serait là une véritable attraction pour les étran- 
gers qui viehnent passer l’hiver parmi nous. 

» Notre savant secrétaire, M. Brun, a fait une fidèle des- 
cription des chars gaulois qu’on a trouvés dans le départe- 
ment de la Marne. 

» Il a lu, en outre, une notice sur le nom de l’antique 
Cemelenum , le chef-lieu dos Alpes-Maritimes de l’époque 
romaine. Cemelenum viendrait de Keméné, mot celtique 
qui signifie chef-lieu. Ce mot a été traduit au moyen âge 
dans les chartes bretonnes par le mot commendatio. 

» M. Brun nous a fait également connaître l’étymologie 
des noms des tribus celtiques des Alpes-Maritimes et nous a 
donné la description du théâtre antique découvert à Vinti- 
mille par M. le professeur Rossi. 

» L’architecture de ce théâtre se rapprocherait, d’après 
lui, de celle des théâtres grecs comme disposition générale ; 
cependant les moulures, quoique fort élégantes, ne sont 
point grecques. 

» Notre collègue pense que la construction de cet intéres- 
sant édifice remonte à la fin do la République ou au commen- 
cement de l’Empire romain. 

» Enfin, le même auteur nous a donné lecture d’un épi- 
sode du siège de Chàteaudun en 1870, qu’il va vous commu- 
niquer et dans lequel il fait ressortir l’héroïque courage 
d’une jeune fille de dix-huit ans, Léontine Proux, dont le 
nom mérite de passer à la postérité. 

» Toujours infatigable M. Brun a lu, à la Sorbonne, deux 
remarquables mémoires , dont l’un sur l’importance des 
étymologies dans les recherches archéologiques, et l’autre 
sur deux autels dédiés à Apollon et à Mercure, découverts à 
Cimiez. Il en a tracé le dessin avec le plus grand soin. 

» Enfin il a adressé cette année à la Sorbonne, pour le con- 
cours, une rectification de Y Itinéraire d'Antonin entre Nice 
et Vintimille, travail important rempli d’aperçus nouveaux. 


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378 


» Dans tous ces travaux notre éminent secrétaire a fait 
preuve d’une érudition vaste et de bon aloi. 

» M. d’Izalguier a analysé avec soin l’onvrage du célèbre 
naturaliste de Montpellier, Charles Martins, sur l'origine 
paléontologique des arbres, arbustes et arbrisseaux du 
midi de la France, où perce l’idée transformiste. 

» C’est en outre à la suite de sa proposition faite à la 
Société, dans sa séance du 1 er juin 1877, et de son mémoire sur 
l’établissement des cours public d’enseignement supérieur, 
présenté le 18 juin, que lut fondé Y Athénée sous le patronage 
de la Société des Sciences, Lettres et Arts, lequel jeta tant 
d’éclat pendant la saison qui vient de s’écouler. M. d’Izalguier 
occupa lui-même une piace importante dans notre Athénée 
par son cours d’économie politique. 

» M. Peragallo, directeur des contributions indirectes, a 
dressé un catalogue détaillé des insectes coléoptères du dé- 
partement des Alpes-Maritimes.C’est une oeuvre importante, 
qui a coûté de nombreuses recherches à son auteur et qui 
mériterait assurément d’être publiée, car elle complète 
l’histoire naturelle de notre contrée. 

» A la demande du célèbre félibre Mistral, l’auteur de 
Mireille, nous nous sommes empressés de créer à Nice une 
commission félibresque, qui netarderapas à donner les fruits 
que nous en attendons. 

» M. Teysseire a formé le projet d’une colonne météorolo- 
gique destinée à être élevée au Jardin-Public, à l’instar de 
celles qui existent dans plusieurs villes de Suisse et d’Alle- 
magne, afin que les étrangers puissent se rendre un compte 
exact de la douceur de nos hivers. C’est là le moyen de com- 
battre, avec efficacité, la médisance qu’on ne cesse de diri- 
ger de toutes parts contre notre climat. 

» M. Teysseire, enfin, qui depuis trenteans prend avec une 
grande exactitude les observations météorologiques à Nice, 
continue d’en communiquer les résumés à nos Annales. 

» M. le docteur Henry a parcouru, en explorateur intelli- 
gent, nos Alpes-Maritimes pendant la saison d’été, et y 
aurait constaté, à l’exemple de Montgreege, des traces de 


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379 


glaciers antiques. Cette découverte, si elle venait à se con- 
firmer, serait d’une haute importance scientifique ; car 
jusqu’ici on a toujours cru que l’époque glaciaire n’avait pas 
fait son apparition en Italie et dans le midi de la France à 
partir de Nimes, si je ne me trompe. Cette opinion est fondée 
sur l’absence d’ossements de rennes dans ces régions. Aussi 
devons-nous garder une certaine réserve à l’égard de l’asser- 
tion de MM. Montgreege et Henry. 

» Le même hauteur nous a communiqué également une 
intéressante étude sur l’abaissement de température qui a 
lieu à Nice au coucher du soleil. L’écart thermique est alors 
considérable ; mais la température ne tarde pas à se relever. 

» Moi-même j’ai attiré, dès 1860, l’attention sur cet impor- 
tant phénomène, dans mon livre sur l'influence médicatrice 
du climat de Nice: c’est pourquoi je conseillais aux valétu- 
dinaires de se soustraire à ces brusques transitions, en se 
hâtant de rentrer dans leurs appartements., d’où ils pouvaient, 
si cela leur convenait, sortir de nouveau sans inconvénient 
quelques heures après, c’est-à-dire vers 7 heures lj2 ou 
8 heures. 

» M. Edm. Blanc, l’éminent archéologue a recueilli avec 
soin dans l’arrondissement de Grasse plusieurs inscriptions 
qu’il s’est empressé de nous communiquer. 

» L’idiome niçois, ses origines, son passé, son état pré- 
sent, a été étudié avec une profonde sagacité par notre savant 
président honoraire, M. Sardou, le digne père d’un fils dont 
vous connaissez tous les œuvres et que l’Académie française 
a appelé dans son sein. 

» M. Sardou nous a encore communiqué un travail sur la 
position géographique de YÆgytna de Polybe, qui se trou- 
vait, parait-il, à l’emplacement de Cannes. 

» Les nombreux et importants travaux de notre collègue 
ont - déjà valu des distinctions académiques à notre Société, 
qui ne saurait trop se montrer reconnaissante du zèle et du 
dévouement du doyen de ses membres. A l’unanimité nous 
avons décidé de lui faire agréer un témoignage public de 
notre gratitude et de notre estime. 


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380 


» M. Mougins de Roquefort nous a adressé une notice 
très-bien faite sur les poteries sigillées d'Antibes. 

» M. Baldy nous a fait plusieurs lectures fort intéressantes 
sur le siège de Beauvais en 1472. — Dans ce travail, l’auteur 
a eu surtout pour but de mettre en lumière le courage des 
femmes de Beauvais personnifié dans Jeanne Hachette. Les 
dames actuelles de cette ville sauront sans doute gré à 
M. Baldy d’avoir ainsi glorifié leur sexe. 

» Un jeune poète, M. Fabre des Essarts, nous a récité 
deux charmantes poésies : Y Arc-en-Ciel, en réponse au 
Désespoir, poésie sublime mais sombre de Mme Ackermann, 
et üélos. Cette dernière pièce a été jugée digne d’un prix 
(un souci ) aux jeux floraux de Toulouse. 

» Vous allez bientôt juger vous-mêmes de leur mérite. 

» Moi-même j’ai exposé devant la Société une nouvelle 
théorie sur la multiplicité des centres dans l’Univers. Cha- 
que nébuleuse, à mon sens, formerait un organisme à part 
dans les abimes de l’espace, et il y aurait autant de centres 
qu’il y a des nébuleuses. Celles-ci ne s’attireraient point 
entre elles, à cause des immenses distances qui les séparent 
les unes des autres. 

» Cette théorie me parait être la seule qui puisse s’accor- 
der avec l’infinité de l’espace admise par les philosophes et 
les mathématiciens. 

» Enfin, c’est à notre Société que l’on doit la réunion à 
Nice de la 44 e session du Congrès scientifique de France, qui 
a eu lieu au mois de janvier dernier et à laquelle elle a pris 
une part active ; et, il faut l’avouer à l’honneur de notre corps 
médical, la section de médecine, que j’ai eu l’insigne hon- 
neur de présider, s’y est distinguée d’une manière toute 
particulière. 

» Tels sont les travaux que notre Société a produits dans 
le courant de l’année. Tous sont remarquables à des titres 
divers, et sont dénaturé à attirer sur elle la considération des 
hommes sérieux et instruits. Aussi les demandes d’admission 
sont-elles fréquentes : il ne se passe presque pas |de séance 
où quelque candidat no sollicite l’honneur d’en faire partie. 


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384 — 


» Outre les travaux communiqués à la Société, plusieurs 
membres ont publié dans le courant de l’année des ouvrages 
qui ont été remarqués. Je citerai entre autres les Soixante 
jours en Italie, où, après tant d’écrits sur la Péninsule, 
M. Teysseire a trouvé encore le moyen de faire du nouveau. 

» L’Essai de Psychologie appliquée aux sciences mathé- 
matiques de M. le commandant Cugnin, ouvrage d’une haute 
valeur qui a été jugé digne d’être couronné par notre Société. 

» Une très-belle étude bibliographique sur le centenaire 
de Pétrarque par M. de Berluc-Pérussis, dont le nom est 
très-connu dans les Lettres. 

» La 2* éditoin des opérations sur le terrain, avec notice 
sur les instruments diostimométriques de MM. Peucellier 
et Wagner, par M. Brun. 

» Enfin la description du musée Kmers de Saint-Germain 
par le marquis de Croizier, le fondateur de la nouvelle Société 
indo-chinoise , le même qui a fait un remarquable rapport 
sur mon livie intitulé : de la Genèse des mondes et des lois 
qui la régissent. Je suis heureux de lui témoigner ici toute 
ma reconnaissance. 

» Tel est l’état, moral et intellectuel de la Société des Scien- 
ces, Lettres et Arts des Alpes-Maritimes. Son état financier 
n’est pas moins prospère, à tel point qu’il peut nous per- 
mettre de vivre pendant plusieurs années, abstraction faite 
des cotisations annuelles de ses membres. 

» A tous les points de vue, comme vous le voyez, notre 
Société mérite donc les encouragements des amis du pro- 
grès. Aussi avons-nous lieu d’espérer que les promesses 
réitérées qui nous ont été faites, prendront enfin un corps 
et qu’elle ne tardera pas à être déclarée d’utilité publique. » 

Diverses lectures ont été faites à la suite de cette intéres- 
sante communication du D r Macario. 

M. Fabre des Essarts a lu deux charmantes poésies, dont 
l’une a été couronnée cette année aux jeux floraux de Tou- 
louse. 

M. Ch. Deslys a su captiver l’auditoire par son sympathi- 
que talent de lecteur et le charme tout particulier de la 

u.-. 


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382 


nouvelle intitulée : Pierre, qui, à juste titre, a déjà été 
récompensée par l’Académie française. 

M. Brun a fait connaître avec succès l’épisode héroïque 
peu connu de la défense de Châteaudun, signalé dans le 
discours précédent du docteur Macario, et qui fait le plus 
grand honneur au courage et au patriotisme d’une jeune fille, 
M 11 " Léontine Proux. Toutes ces lectures ont été chaleu- 
reusement applaudies. 

Aprèsla remise solennelle, parle préfet, à M. A.-L. Sardou, 
de la médaille qui lui a été décernée par ses collègues 
de la Société pour son dévouement, son zèle et ses impor- 
tants travaux sur la langue provençale, M. le Préfet a remis 
aux lauréats les médailles qui leur ont été décernées par 
l’Institut des provinces, à l’occasion de la 44* session du 
Congrès scientifique, tenue à Nice. 

Voici la liste des récompenses obtenues : • 

MÉDAILLES D’ARGENT 

m 

A la Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes ; 

A la Société d’ Agriculture , d’ Horticulture et d’ Acclimatation de 
Nice ; 

A la Société de Médecine et de Climatologie de Nice, pour ses tra- 
vaux et pour la création du journal Nice-Médical, œuvre d’émulation 
et d’intérêt régional. 

MÉDAILLES DE BRONZE 

A la Société académique de Cannes ; 

A M. le chevalier G. Rossi, pour ses découvertes archéologiques ; 

A M. le docteur Millot, d’Hyères, pour ses études sur l’application 
de l’électricité à la chirurgie ; 

A M. Teysseire, pour ses savantes observations météorologiques ; 

A M. le commandant Ramakers pour ses inventions scientifiques 
appliquées au sauvetage. 


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STATUTS 


DE LA SOCIÉTÉ DES LETTRES, SCIENCES ET ARTS 
DES ALPES-MARITIMES 


ARTICLE PREMIER 

La Société a pour objet de propager le goût des travaux intellectuels 
dans le département des Alpes-Maritimes, et d’encourager, par tous 
les moyens dont elle pourra disposer, l’étude des lettres, des sciences 
et des arts. 

Elle s’occupe particulièrement des monuments, de l’histoire, de la 
géographie, des sciences naturelles et de la linguistique, en ce qui 
concerne le département des Alpes-Maritimes et la principauté de 
Monaco. 

ART. Il 


La Société se compose : 

1° De Membres honoraires ; 

2° De Membres titulaires ; 

3° De Membres correspondants. 

Le nombre des Membres est illimité. 

art. in 

Les Membres titulaires participent seuls aux élections et aux 
délibérations de la Société. 


art. iv 

La présentation des Membres honoraires est faite par le bureau, 
ou sur une demande signée de trois Membres titulaires. 

art. v 

Pour être élu Membre titulaire ou correspondant, il faut adresser 
au Président une demande écrite, qui devra être appuyée, dans une 


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séance ordinaire, par deux Membres titulaires , chargés d’exposer 
les titres du candidat. 

Le vote aura lieu à la séance ordinaire suivante, au scrutin secret et 
à la majorité des trois quarts des Membres présents. Il en sera de 
même pour les Membres honoraires. 

Nul ne peut être nommé Membre correspondant s’il habite Nice, 
ou s’il y passe habituellement l’hiver. 

ART. VI 

La Société se réunit deux fois par mois, excepté pendant les mois 
de juillet, août et septembre , époque de ses vacances. Tous les 
Membres titulaires, honoraires ou correspondants peuvent assister à 
ces réunions. Le Président peut toujours convoquer la Société extraor- 
dinairement. Il est tenu de le faire sur la demande écrite de cinq 
Membres titulaires. Les motifs de la convocation extraordinaire 
devront être indiqués dans les lettres d’invitation. 

art. vn 

La présence du quart des Membres titulaires, et la majorité absolue 
des suffrages, sont nécessaires à la validité des décisions. 

Cependant, quand une décision n’aura pu être prise faute d’un 
nombre suffisant de Membres présents, la question en délibération sera 
reportée à l’ordre du jour de la séance suivante, et spécialement indi- 
quée dans des lettres de convocation. Elle pourra alors être votée, quel 
que soit le nombre des Membres présents. 

art vra 

Le bureau de la Société se compose : d’un Président, d’un Vice- 
Président, d’un Secrétaire, d’un Trésorier-bibliothécaire-archiviste, 
d’un Secrétaire-adjoint et d’un ou plusieurs conservateurs des collec- 
tions. 

Ils sont tous rééligibles. 

En cas d’absence du Président et du Vice-Président, le plus âgé des 
Membres présents les remplace. 

Le Président représente la Société en justice et dans les actes de 
la vie civile. 


ART. IX 

Le Préfet du département, le Général de Division et l’Evèque du 
diocèse sont, de droit, Présidents d’honneur de la Société. 


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385 


La Recteur de l’Académie d’Aix est, de droit, Membre honoraire et 
l’Inspecteur d’Académie en résidence a Nice est, de droit, Membre de 
la Société. Il fait toujours partie de la Commission de publication et 
de celles qui sont nommées pour juger les mémoires présentés aux 
concours ouverts par la Société. 

Les séances ordinaires ne seront pas publiques ; cependant, les 
personnes étrangères qui seraient présentées par un Membre titulaire, 
pourront assister à une ou deux séances, avec l’agrément du Président 
ou du bureau. « 

art. x 

Tous les ans, dans la première séance de janvier, le Trésorier pré- 
sentera la situation financière de l’exercice précédent. Une commission 
de trois Membres, prise en dehors du bureau, sera chargée de vérifier 
les comptes ; elle fera son rapport dans la séance suivante. Dans la 
seconde séance de janvier, la Société, après l’audition du rapport de la 
commission des finances, réglera son budget et fixera le taux de la 
cotisation pour l’année courante» 

Elle procédera ensuite à l’élection des Membres qui doivent composer 
son bureau. 

Le nouveau bureau entrera immédiatement en fonctions. 

Dès qu’il sera installé, la Société nommera trois Membres titulaires, 
qui formeront, avec le bureau, le Conseil d’administration. 

ART. xi 

Le Conseil d’administration est convoqué par le Président aussi 
souvent que les besoins l’exigent. Il doit se réunir au moins une fois 
tous les deux mois, même pendant les vacances. 

ART. XII 

Le Président fixe l’ordre du jour des séances, dirige les délibérations 
et fait partie de droit de toutes les commissions, à l’exception de celle 
dont il est parlé à l’article x. 

En cas de partage dans les votes, la voix du Président est prépon- 
dérante. 

ART. xm 

Le Secrétaire est chargé de la correspondance, il rédige les procès- 
verbaux qui devront être signés par le Président et par lui. 

art. xiv 

Le Trésorier-bibliothécaire-archiviste recueille les fonds destinés à 
la Société et paye les dépenses, sur mandats signés par le. Président et 


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386 


par le Secrétaire. Il est chargé de la conservation et de la garde des 
ouvrages, plans, gravures, etc., appartenant à la Société. 

art. xv 

L’exercice financier commence au 1 er octobre ; mais les cotisations 
ne sont mises en recouvrement qu’après la deuxième séance du mois de 
janvier suivant. 

Tout Membre nouveau devra la cotisation entière de l’année, quelle 
que soit la date de sa réception. 

Les ressources de la Société se composent : des cotisations de ses 
Membres, des subventions qui lui sont allouées, des produits de la 
vente des ouvrages qu’elle publie, des dons et legs qu’elle sera auto- 
risée à recevoir. 

Les délibérations relatives à l’acceptation des dons et legs, aux 
acquisitions, aliénations ou échanges d’immeubles, seront soumises à 
l’approbation du Gouvernement. 

art. xvi 

Les excédants de recette qui ne sont pas nécessaires aux besoins de 
la Société sont placés, conformément aux décisions du Conseil d’admi- 
nistration, en fonds publics, en obligations du Crédit Foncier ou en 
obligations de chemin de fer auxquelles un minimum d’intérêt est 
garanti par l’Etat. 


ART. X\il 

La Société se réunit tous les ans en Assemblée générale. 

Elle pourra tenir, tous les ans, une ou plusieurs séances publiques 
où elles rendra compte de ses travaux, et où il sera donné lecture des 
mémoires littéraires, scientifiques et artistiques présentés par ses 
Membres, et préalablement approuvés en séance ordinaire. 

Si la Société a ouvert un concours, les manuscrits couronnés feront 
l’objet d’un rapport, et la distribution des prix aura lieu dans cette 
même séance publique. 


art. xvi i 

Les listes des Membres de la Société, les comptes rendus et les pro- 
cès-verbaux des séances de l’Assemblée générale ainsi que des exem- 
plaires dea travaux publiés, sont adressés au ministre de l’Instruction 
publique et au préfet des Alpes-Maritimes, 


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ART. XIX 

La Société s’interdit de traiter dans ses réunions et dans ses publi- 
cations des questions politiques ou religieuses. 

Elle s’interdit également d’introduire dans ses publications des 
travaux de polémique ou de propagande religieuse ou politique. Le 
Conseil sera chargé de la rédaction du règlement intérieur, qui sera 
adopté en séance générale convoquée ad hoc . 

art. xx 

En cas de dissolution de la Société, la dévolution et l’emploi de son 
avoir, tant mobilier qu’immobilier, feront l’objet d’une délibération du 
Conseil qui sera soumise à l’approbation du Gouvernement. 

art. xxi 

Les présents statuts ne pourront être modifiés qu’en vertu d’une 
délibération du Conseil d’administration et de l’approbation du Gou- 
vernement. 


Nice, le 22 mai 1879. 


Le Président , Le V. Président, 

D ? MACARIO. D’ MAURIN. 

Le Secrétaire, 

BRUN. 

Vu à la Section de l’Intérieur, le 5 août 1879. 

Le Rapporteur, 

Signé : H. de VILLENEUVE. 


Ces statuts ont été délibérés et adoptés par le Conseil d’Etat, dans 
sa séance du 7 août 1879. 

Le Maître des Requêtes, Secrétaire général du Conseil d'Etat , 
Albxàndm FOUQUIER. 


Pour copie conforme : 


Le chef du Bureau des Archives, 
H. VALMORE. 


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DÉCRET 


DU PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE DÉCLARANT QUE LA SOCIÉTÉ 
EST RECONNUE COMME ÉTABLISSEMENT D’UTILITÉ PUBLIQUE 


Le Président de la République Française , 

Sur le rapport du Ministre de l’Instruction Publique et des 
Beaux-Arts , 

Vu la demande formée par la Société des Lettres, Sciences 
et Arts des Alpes-Maritimes, dont le siège est à Nice, à l’effet 
d’être reconnue comme établissement d’utilité publique ; 

Vu les Statuts de ladite Société, l'état de sa situation finan- 
cière et les autres pièces fournies à l’appui de sa demande ; 

Vu l'avis favorable du Préfet des Alpes-Maritimes; 

Le Conseil d’Etat entendu; 

Décrète : 

ARTICLE PREMIER 

La Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes est 
reconnue comme établissement d'utilité publique. 

art. 2. 

Les Statuts sont approuvés tels qu’ils sont annexés. 

Aucune modification ne pourra y être apportée sans l’autorisation du 
Gouvernement. 

art. 3. 

Le Ministre de l’Instruction Publique et des Beaux-Arts est chargé 
de l’exécution du présent décret. 

Fait à Paris le 25 août 1879. 

Signé : Jules GRÉVY. 

Par le Président de la République : 

Le Ministre de l'Instruction Publique et de* Beuux-Arts , 

Signé : Jules FERRY. 

Pour ampliation : 

Pour le chef du Cabinet et du Secrétariat , 

Le chef du bureau des Archives, 

H. VALMORE. 


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LISTE 

DES MEMBRES DE DA SOOIÊTÉ 


Président Honoraire 

M. A. L. Sàrdou, y, 0. # 


Membres Honoraires 

S. A. S. Charles III, Prince de Monaco. 

Le Préfet du Département /président d’honneur) . 

Mgr l’Evêque de Nice (président d’honneur). 

M. le Recteur d’ Académie d’Aix. 

M. Camille Flammarion, *, astronome (1 er avril 1873). 

M. Gazan, 0. #, colonel d’artillerie en retraite (3 juin 1873). 

M. Gambart, consul d’Espagne (1 er avril 1876). 

M. Dumoncel Ch., *, membre de l’Institut (1 er avril 1876). 

S. A. le duc de Parme (11 mai 1876). 

M. Garnier, sénateur (11 mai 1876). 

M. César Daly, # , # , architecte , directeur de la Revue 
d* Architecture (16 février 1878). 

M. Fréd. Mistral , # , littérateur , Capoulié du Fédibrige 
(16 juin 1878). 

M. Delestràc, 0. ife, #, Inspecteur général des Ponts e^ 
chaussées (16 octobre 1878). 

M. Victorien Sardou, 0. #, membre de l’Académie française 
(16 octobre 1878). 

M. Ch. Robert, >g<, membre de l’Institut (16 décembre 1878).' 

M. Gustave Vallier, > 8 «, numismate à Grenoble (1 er mars 1879). 

M. de Sor, géologue, professeur de l’Université, à Neufchàtel 
(17 mars 1879). 

M. le baron Boyer de Sainte-Suzanne, 0. >gc, gouverneur 
général de la principauté de Monaco (12 avril 1879). 

M. William Boyne, numismate à Nice (16 mai 1879). 

M. Fr. Guessard, #, membre de l’Institut, ancien professeur à 
l’Ecole des Chartes (16 décembre 1879). 

M. Bischoffsheim, #, à Paris (16 janvier 1880). 


BUREAU 


Année 1879 


Président 

Vice-Président 

Secrétaire 

Secrétaire-Adjoint . . 
Trésorier-A rchiviste . 


D r Macàrio. 
D r Maurin. 

M. F. Brun. 
D r Niepce fils, 
M. Thénard. 


Année 1880 

D r Maurin. 

M. Seligman. 
M. F. Brun. 

D r Niepce fils. 
M. Thénard. 


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390 


Membres Titulaires 


MM. 

F. Brun, architecte à Nice, 
membre fondateur, rue Sainte 
Etienne, 29 (14 novembre 1861). 

Juge, ingénieur des mines, membre 
fondateur, rue Saint-Etienne, 24, 
(14 novembre 1861). 

P. Marguet , # , conseiller de 
préfecture, rue Chauvain, 7 (5 
février 1863). 

Niepce, O. #, docteur en médecine, 
quai Masséna, 5(16 février 1865). 

Teysseire , météorologiste, rue 
Croix-de-Marbre,2 (8 mars 1866) 

F. Lagarrigue, C. >$c , consul de 
Turquie et de Portugal, rue 
Gioffredo, 45 (6 décembre 1866) . 

A. Funel de Clausonne, avocat, 
rue Gioffredo, 52 (5 décembre 
1867). 

A.-L. Sardou Q. O. >$<, ancien 
chef d’institution, rue Adélaïde, 
3 (19 mars 1868). 

Blond, agent-voyer à Grasse (1 er 
septembre 1868). 

Piccon, #, > 5 «, avocat, ancien dépu- 
té, rue Saint-François-de-Paule, 
24 (1 er septembre 1868). 

E. Corinaldi , propriétaire, rue 
Masséna, 13 (13 novembre 1868.) 

L. Giraud, docteur en médecine, 
rue Saint-François-de-Paule, 11, 
(13 novembre 1868). 

Germain, conducteur des ponts 
et chaussées en retraite, rue de 
France, 32 (11 février 1869). 

Chevallier, architecte à Nice, 
avenue de la Gare, 28 (16 mai 

1873). 

Macario, >Ss docteur en médecine, 
rue Croix-de-Marbre, 2 (17 no- 
vembre 1873). 

Carré (Charles), HS*» artiste musi- 
cien et compositeur, place Saint- 
Etienne, 18 (16 janvier 1874). 


MM. 

Bonn al, docteur en médecine, rue 
de la Buffa, au Hammam (16 
janvier 1874). 

Faraut (Henri), docteur en méde- 
cine , rue Saint-François-de- 
Paule, 20 (16 janvier 1874). 

Proll, docteur en médecine, di-. 
recteur des eaux de Gastein 
(Autriche), rue du Temple, 20 
(16 janvier 1874). 

De Coppet (G.-C.), chimiste, à sa 
• villa des Baumettes (19 février 

1874) 

Henry, docteur en médecine, rue 
Palermo, 5 (1 er décembre 1874). 

Collongues, docteur en médecine, 
rue Masséua, 24 (16 décembre 
1874.) 

Lambron, O. docteur en méde- 
cine, rue Beaulieu, villa Michel- 
Ange (4 janvier 1875). 

Bonnaffé, propriétaire, rue Pas- 
torelli, villa Bonnaffé (16 avril 

1875) . 

Domergue, géologue, rue de Paris, 
7, villa des Epis (16 avril 1875). 

Desforges, notaire, rue de la Pré- 
fecture, 10 (16 avril 1875). 

Baréty, docteur en médecine, place 
Saint-Etienne, 18 (3 novembre 

1875) . 

Thaon, docteur en médecine, mem- 
bre du Conseil général, rue Mas- 
séna, 4 (3 novembre 1875). 

De Montbrial, ancien magistrat, 
chef d’institution, avenue de la 
Gare, 23 (1 er décembre 1875) . 

Regnier (An tony), artiste-peintre, 
à Marseille (1 er mars 1876). 

Cugnin, O. commandant du Gé- 
nie, rue du Paillon, 29 (12 avril 

1876) . 

Masse, notaire, rue du Pont-Neuf, 7 
(12 avril 1876). 


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391 


MM. 

Bessat, procureur général à la cour 
d’appel d’Aix (11 mai 1876). 

Chiris (Léon), *, député, à Grasse 
(11 mai 1876). 

Dieudé-Défly (Auguste), >Ss ar- 
chitecte, rue de France, 15 (11 
mai 1876). 

Duràndy, #, ingénieur civil, con- 
seiller général, rue Saint-Michel, 
10 (11 mai 1876). 

De Fontanes, avocat, ruede France 
(11 mai 1876). 

Gilly (Jules), villa Giulia, montée 
de Villefranche (11 mai 1876). 

Roissard de Bellet, député, place 
Masséna, 2 (11 mai 1876). 

Bai.hstre, docteur en médecine, 
professeur adjoint à la Faculté dé 
Montpellier, place Charles-Félix, 
3 (10 juin 1876). 

Chauvain (Pierre), quai Saint-Jean- 
Baptiste, hôtel Chauvain (16 juin 

1876). 

Risso A., avocat, rue Ségurane, 4 
(16 juin 1876). 

Steinbruck , hôtel d’Angleterre , 
place du Jardin-Public (16 juin 

1876). 

Maurin, #, docteur en médecine, 
ruePapacino, 8 (16 octobre 1876). 

Thénard, artiste-peintre, rue Gar- 
nieri, 10 (3 novembre 1876). 

Arnulphy (Bernard), docteur en 
médecine, place du Jardin-Public, 
6 (8 janvier 1877). 

DeBarrême (comte), rue de France 
60, (6 janvier 1877). 

Labordette (de) O. #, #, docteur 
en médecine, place Masséna , 6 
(8 janvier 1877). 

Niepce (Alexandre), fils, docteur 
en médecine, quai Masséna, 5 (8 
janvier 1877). 

Grandvilliers, docteur en méde- 
cine, avenue de la Gare, 8 (18 jan- 
vier 1877). 


MM. 

Desprez , docteur en médecine , 
avenue de la Gare> 27 (16 février 

1877). 

Conduzorgues-Lairolle (E. ) avo- 
cat, rue Longchamp, 7 (2 mars 

1877). 

D’Izalguier , professeur libre et 
publiciste, rue Gioffredo, 47 (16 
avril 1877). 

Alàux, 9 . docteur ès-lettres, pro- 
fesseur de philosophie au lycée de 
Nice, rue Saint-Etienne, 25 (2 mai 

1877) . 

Defly (A) , ancien consul , rue 
Saint-Etienne, 31 (2 mai 1877). 

Arène (Edouard), négociant , rue 
Pastorelli, 18, maison Cabasse 
(3 novembre 1877). 

James Bruyns Andrews, proprié- 
taire , villa Pyganti, à Menton 
(16 novembre 1877). 

Peragallo (Al.) , directeur des 
contributions indirectes, rue Pas- 
torelli, 18 (15 décembre 1877). 

J andin , président du tribunal de 
commerce, à Lyon (9 janvier 

1878) . 

Lambert, docteur en médecine, rue 
Garnieri, 5 (9 janvier 1878). 

Petit-d'Ormoy, propriétaire, quai 
Masséna, 13 (16 février 1878). 

Tiengou des Rovaries, rue de la 
Paix, 1 (16 février 1878). 

Schouvaloff (comteP.), villa Mon- 
ticello (1 er juin 1878). 

Delestrée, inspecteur d’académie, 
rue Gubernatis , 21 (l* r juin 

1878). 

Séligman, O. #, président du tri- 
bunal de l re instance, rue Pa- 
lermo, 5 (1 er février 1879). 

Commandré , docteur en médecine, 
rue de la Paix, 1 (8 février 1879). 

Ducoux, docteur en médecine, ave- 
nue de la Gare, 37 (l er mars 1879). 


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392 


MM. 

Lovenstein (L.), villa Lions, pro- 
menade des Anglais, 51 (1 er mars 
1879). 

Desjardins (P. A.) , docteur en 
médecine, chalet Bounin, à St- 
Barthélemy (17 mars 1879). 

Harris, artiste-peintre , villa des 
Rochers, ancienne route de Vii- 
lefranche (17 mars 1879). 

Aimé Martin, négociant, conseil- 
ler général, rue Palermo, 1 (16 
avril 1879). 

Barbe, père, ancien maire de Can- 
nes (3 novembre 1879). 


MM. 

Prkirk, avoué, ancien juge de paix, 
rue du Pont-Neuf, 1 (3 novem- 
bre 1879). 

Dupeyron , docteur en médecine, 
rue du Pont-Neuf, 1 (3 janvier 
1880). 

Schmelt, docteur en médecine, rue 
Gioffredo, 46 (3 janvier 1880). 

Deville (Louis), rue Garnieri, 8 
(2 février 1880). 

D r Troque, avenue de la Gare, 24 
(16 février 1880). 


Membres Correspondants 


MM. 

De Berluc-Pérussis, président de 
la Société académique, à Aix, rue 
Cardinale, ou au château de Por- 
chères, par Forcalquier. 

Lombard (Alexandre), à Genève. 

Tarbé (Prosper), correspondant de 
l’Institut, à Reims. 

Mougins de Roquefort. #, con- 
seiller à la Cour d’appel d’Aix. 

Mougins de Roquefort, #, doc- 
teur en médecine à Antibes. 

Malval, ancien chef de division à 
la préfecture, rue Blatin, 90, ù. 
Clermont-Ferrand . 

Parrocel, à Marseille. 

Lescouvé, #, premier président à 
la Cour d’ Appel de Limoges. 

D’Aüvàrre, G. O. >jc, général 
de division en retraite, place Cas- 
sini, maison Astraudo. 

Luigi, pasteur évangélique à l'école 
de Sainte-Philomène, près Nice. 

Cabrol , O. docteur-médecin, 
hôpital militaire Saint^Martin, à 
Paris, 


MM. 

Cassagne, (Armand), artiste-pein- 
tre, rue du Bac, 12, à Paris. 

Durenne, $*, maître de forges, rue 
de la Verrerie, 20, à Paris. 

Rivière, correspondant du mi- 
nistre de l'Instruction publique, 
rue du Bac, 93, à Paris. 

Milliers, naturaliste, à Cannes. 

Blanc (Edmond), y, archéologue, 
correspondant du ministre de 
l’Instruction publique , rue du 
Faubourg -Poissonnière , 68 , à 
Paris. 

Cortambert (Emile), conserva- 
teur à la Bibliothèque nationale 
(dépôt des cartes), à Paris. 

Heuzey (Léon), conservateur au 
Musée du Louvre. 

Azais (Gabriel) , littérateurà Béziers. 

Von Sigmund, docteur en méde- 
cine, à Vienne (Autriche). 

Santiago Garcia de Mendoza, 
consul de Portugal, à Marseille. 

Vingtrinier, membre de la Société 
littéraire de Lyon. 


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393 


MM. 

Didier (l’abbé), directeur du petit 
séminaire de Brignoles. 

Mazard, conservateur de la bi- 
bliothèque du Musée de Saint- 
Germain . 

Duhamel, archiviste du départe- 
ment de la Corse. 

Sénequihr (Paul), juge de paix à 
Grasse. 

Chevrier (Jules), directeur du Mu- 
sée de Chàlons-sur-Saône. 

Fàraut (Félix), $*, ingénieur civil 
à Saigon. 

Pierrugues (l’abbé) , vicaire , à 
Grasse. 

Lecocq , (Georges) , avocat , à 
Amiens. 

De Puymaigre (comte de), mem- 
bre de l’Académie de Metz. 

Bacquias, docteur en médecine à 
Troyes. 

Bersezio (Victor), auteur drama- 
tique, à Turin. 

Guébhard (René), ingénieur-topo- 
graphe, à Zurich. 

Bélin (Gaspard), homme de lettres, 
à Lyon. 

Raillard (l’abbé) , rédacteur du 
journal scientifique les Mondes , 
à Paris. 

Sémerie, (Henri), propriétaire à 
Biot. 

Rovery, $$, maire de Saint-Etienne 
des-Monts. 

Roumanille, *, littérateur à Avi- 
gnon. 


MM. 

De Croizier, consul de Grèce, à 
Versailles. 

Rossi (G.),>5s inspecteur des fouil- 
les de la province de Vintimille. 

Baldy, ancien proviseur à Beuu- 
vais. 

Deslys (Ch.), littérateur, à Paris. 

Dubarle, (Achille), homme de let- 
tres, à Boulogne-sur-Mer. 

William Ch. Bonaparte-Wyse, 
littérateur et propriétaire en Ir- 
lande. 

Mougins de Roquefort, proprié- 
taire, à Grasse. 

Desjardins (Tony), #, président 
de l’Académie de Lyon. 

Saunière (Faul) , littérateur à 
Paris. 

Grellety, docteur en médecine , 
rue Lafayette, 137, à Paris. 

Jolïvet (Ch.), Q f secrétaire du 
gouverneur général de la princi- 
pauté de Monaco. 

Macê, docteur en médecine, à Aix- 
les-Bains. 

Bourguignat, *, géologue, à Saint- 
Germain-en-Laye. 

Likutaud (V.) bibliothécaire de la 
ville dé Marseille. 

Bénard, secrétaire en chef de la 
mairie, à Boulogne-sur-Mer.' 

Bottin, receveur des postes et télé- 
graphes, àSaint-Vallier-de-Thiey 
(Alpes-Maritimes) . 

Lazard, ingénieur-civil, à Paris. 


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394 


ARTICLE NÉCROLOGIQUE 


Dans le courant de l’année 1879 et le mois de janvier 1880, 
notre Société a perdu quatre de ses membres : M. le comte 
de Montalivet, M. Walferdin, membres honoraires; MM. le 
colonel Féraud et Charles Nègre, membres titulaires. Une 
courte notice sur chacun d’eux sera insérée dans le prochain 
volume de nos Annales. 


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TABLE DES MATIÈRES 


Pag* 

Discours du docteur Lambron , président de la Société, à la 

séance publique annuelle du 19 mars 1877 5 

Deux vieilles tours au Cannet, près Cannes, par M. A. L. Sardou 27 
Epigraphie antique du département des Alpes-Maritimes. — 
Deuxième partie : arrondissement de Nice et de Puget-Thé- 

niers, par M. Edmond Blanc 50 

Les patois de Biot, Vallauris, Mons et Espagnoles, par M. Paul 

Sénéquier 357 

Résumé des observations météorologiques faites à Nice en 1876, 

par M. Tesseyre 367 

Séance publique annuelle du 13 avril 1878. — Discours du Préfet. 

— Exposé des travaux de la Société par le docteur Macario. 

— Distribution de médailles 375 

Statuts de la Société 383 

Décret du Président de la République française déclarant que la 
Société des Lettres, Sciences et Arts des Alpes-Maritimes, 

est reconnue comme établissement d’utilité publique 388 

Liste des membres de la Société 389 

Article nécrologie 394 


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Imprimerie et Papeterie Malv&no-Mignon, rue Gioflfredo, G2 


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